TREMBLEMENTS - Après l’inoubliable Ixcanul, Tremblements. Après la campagne, ses croyances et ses mystères, la ville. La société dans ce qu’elle a de pire, sa rigidité pseudo rationnelle, l’absurde de l’uniformisation nécessaire à son fonctionnement, et comme le disait Freud depuis longtemps: tous les sacrifices qu’elle implique.
Après la nature, le bitume. Après la condition de la femme, celle de l’homme qui trouve les limites de son pouvoir dans l’expression de ce qu’il a de plus propre: son intimité... Mais en filigrane et de façon presque identique, toujours la solitude implacable de l’individu face au collectif et au déterminisme.
L’exercice des « thérapies de conversion » pratiquées au Guatemala pour endiguer "la plaie" de homosexualité, avère un monde terrifiant, prêt à tout et surtout au pire pour justifier de son bienfait. Cet engrenage de l’auto justification de la tyrannie morale est édifiant, et donne fort à penser sur les dérives que peuvent facilement prendre les régimes dits démocratiques…
Si l’accusation contre le pouvoir qui se fait rétrograde au nom d’une religion qui perd de sa force, renvoie plutôt bien l’écho à une réalité brûlante dans toute l’Amérique latine, les personnages se figent dans ce tableau de société démonstratif.
Reste une atmosphère visuellement superbe, assez dépaysante, par moments poignante, dans une mise en scène soignée, évocatrice qui rend parfaitement compte de ce qu’il y a de plus crasseux dans ces combats “contre le diable”.
NOTE 13/20 - C'est le syncrétisme religieux et culturel d'une terre habitée et tourmentée par des forces magiques et telluriques que nous dépeint encore ce cinéaste courageux.
Un film nécessaire, un tout petit peu trop pédagogique pour être réellement émouvant, et prendre la dimension promise du “tremblement”. L’ensemble reste tout à fait convaincant malgré tout.