2019 Grenoble, Anaïs

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2019 Grenoble, Anaïs
Les veines du marbre - part. I
Jour blanc
Désolé, les vœux, cette année, ils ne viennent pas. Une autre fois. Il y aura une fois. Ou pas. Perdu la veine. Perdu la foi. Ou quoi ? Jour de l’An, jour blanc. Un blanc, une banquise, un monticule de boîtes vides, en polystyrène blanc, sur une chaussée mouillée, avec personne devant, personne derrière, une ville désertée. Des vœux comme autant de boîtes vides. Rien d’autre à vous offrir cette année. Je ne vais pas non plus jouer au nostalgique de la veille. Touché, coulé. C’est fait. Et maintenant ? Cet Abri Durif va-t-il à son tour devenir une coquille vide, une maison aux courants d’air. Ouvert en 2012, fermé en 2020 ? Ce n’est pas comme si la partie était déjà jouée. Pas encore. À cette minute, petit pois je me vois. Je démarre l’année tout en bas, au ras. Tu n’as qu’à sécréter une sorte d’angoisse pour la résoudre. J’y suis. Il n’y a pas de sursis, c’est maintenant ou jamais, ça ne commence pas demain. Ce jour de l’An, s’il est prémonitoire, eh bien, ce qui vient, ça ne va pas être marrant. C’est dans ces moments-là que l’on aimerait avoir recours à une drogue forte. Champagne ou je meurs ! Je me contenterai de ce que j’ai. La solitude, ça rend fou ? ou c’est un feu à construire, une façon de se consumer soi avant d’entrer dans la folie d’un autre ? Si cet Abri n’en est plus un, il n’est pas non plus sépulture, lieu d’une fermeture. Quand je suis entré dans les pompes funèbres, je reconnaissais avoir besoin des autres pour avoir le sentiment d’exister, mais j’ai aussi appris que les autres ne m’appréciaient qu’à partir du moment où je leur rendais un service, les faisais exister à leur tour. Il n’y a pas de relation désintéressée. Pour sortir de l’homme et des tourments qu’il trimballe, il faudrait accueillir en soi tour à tour le règne animal, le règne végétal, ou le minéral. Se faire patient comme la pierre ou puissant comme le végétal qui soulève la pierre.
Have a full pantheon of bastards. Only two of them wear any kind of pants.
Mes mots
LA DROGUÉE
Coton maculé de rouge, Coton maculé de noir, Et son front, et son corps en sueur ;
Ses jambes tremblent, Ses veines gonflent, Son cœur palpite ;
C'est un mois d'août, À son chevet, La droguée se démaquille.
Et cette mer avec la clarté des profondeurs Coulait sang de mes veines et fait battre mon coeur
Apollinaire, Alcools