PikaGirl
Chapitre 14 : Le Secret des Pokemon
- Allons-y, insista Nanami.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et le tira par le bras. Ils s'enfonçaient peu à peu dans l'obscure forêt. Le dresseur était à l'affût, sur ses gardes. Tandis que la jeune fille suivait d'un pas déterminé les petites bêtes. La forêt était de plus en plus menaçante, les Pokemon qui s'y cachaient scrutaient les deux humains. L'endroit était tellement sombre qu'on ne distinguait pas le jour de la nuit.
Au bout de quelques minutes de marche les Pikachu s’arrêtèrent. Devant eux se trouvait un énorme rocher qui ressemblait à tous les autres rochers qu'ils avaient vu dans cette forêt. À l'exception d'une chose. Quand les Pikachu s'approchaient, la surface du rocher luisait étrangement.
- Qu'est-ce qu'on fait là ? demanda Satoshi qui ne comprenait rien depuis tout à l'heure.
- Regarde, lança la jeune blonde comme si elle savait exactement ce qu'il se passait.
L'une des souris posa ses pattes avant sur la paroi luisante et envoya un courant électrique dans la pierre. Le garçon, qui avait appris que la pierre était un isolant, fut surpris de constater que le courant traversait le rocher. Il s'illumina, puis s’effaça complètement, révélant un chemin.
- Je n'y crois pas . . . murmura le jeune homme.
Les petites bêtes firent mine de les inviter à entrer. Ils se faufilèrent dans la grotte et s’enfoncèrent dans les ténèbres qui l’habitaient. Plus ils avançaient et plus la lumière s’éloignait d’eux. Il était assez difficile de respirer cet air empreint d’humidité. Une odeur de mousse se dégageait des parois. Nanami, ne voyant pas plus dans le noir qu’un autre être humain posa sa main sur le mur le plus proche par réflexe. Elle la retira aussitôt, quelque peu dégoûtée d’avoir touché la mousse gluante sur la pierre ruisselante d’eau.
Au bout de plusieurs mètres ils atteignirent un espace moins étroit, faisant penser à une salle. Par terre était répandu dans toute la salle des sortes d’œufs. Les grosses souris produisaient de l’énergie en petite quantité pour éclairer la grotte aux humains.
- Non . . . Ça serait . . . bafouilla le dresseur.
- Et bien ce sont leurs œufs . . . lança la jeune fille perplexe. Quelque chose te dérange ?
- Je sais que ce sont leurs œufs ! s’exclama-t-il. C’est de pouvoir les voir qui est incroyable !
- Hein ? Comment ça ?
- On a déjà trouvé des œufs de Pokemon et c’est grâce à cela que l’on sait comment ils naissent, mais on a encore jamais trouvé leur nid. Sans doute à cause de ce genre de tanière avec des sortes de rochers magiques qui bloquent l’entrée aux autres espèces.
- Ouah, ça devient compliqué.
Une des petites bêtes essaya d’attirer l’attention de Nanami.
- Il veut encore me montrer quelque chose je crois.
Satoshi n’écouta pas la petite blonde. Quelque chose le gênait encore. Si la tanière des Pikachu était censée rester secrète, alors pourquoi avaient-ils voulu que des humains y entrent ? Cela ne pouvait pas venir du simple fait que Nanami ait un lien avec les créatures. Celle-ci laissa le garçon à ses réflexions et suivi la petite bête en faisant attention à ne pas écraser un des œufs qui trainaient au sol. L’expression « marcher sur des œufs » s’appliquerait plutôt bien si elle venait à écrabouiller la progéniture de leurs hôtes.
Elle comprit immédiatement ce à quoi réfléchissait Satoshi lorsqu’elle vu une des créatures étalée par terre, agonisante, les flans lacérés et des traces de morsures dans la nuque. Son regard se posa alors sur des restes d’œufs cassés, dégoulinant d’un liquide épais transparent tranché de filaments rouges. Elle eut un haut-le-cœur. Elle détourna les yeux le temps d’appeler le dresseur qui semblait enfin sorti de ses pensées. Le jeune homme se pencha au-dessus de l’animal et fouilla dans son sac. Il en tira une potion et l’appliqua sur ses blessures.
- J’ai utilisé plus de potion que pendant mes combats aujourd’hui, dit-il en plaisantant.
Il termina ses soins quand son attention se porta sur une touffe de poils de couleur écru à côté du Pikachu. Il l’examina.
- Je crois savoir ce qu’il s’est passé ici, déclara-t-il d’un air sévère.












