La blockchain pour les nuls
La blockchain ouvre des perspectives, bien quâelle ne soit pas sans risque. Lâengouement pour cette technologie commence Ă prendre. Certains nâhĂ©sitent pas Ă voir en elle une future rĂ©volution digitale. Le temps le confirmera. Pour lâheure, la question essentielle est de maĂźtriser les aspects techniques, du moins en thĂ©orie.
De quoi sâagit-il exactement ?
Que permet-elle de faire ?
Quels sont ses champs de mise en oeuvre ?
Quels sont ses avantages (question classique mais ĂŽ combien essentielle) ?
Présente-t-elle des limites et des inconvénients ?
Voici, autant dâinterrogations lĂ©gitimes quâun nĂ©ophyte ne manquera pas de se poser.
Ce qui va suivre est un exposĂ© simple et abordable, donc intelligible, pour tous ceux qui nâont jamais entendu parler de la blockchain, qui ont en entendu vaguement parler ou, qui souhaitent juste mieux comprendre. Il sâadresse Ă©galement aux lecteurs qui nâont quâune connaissance superficielle de lâunivers de lâInternet et du monde de lâinformatique. Câest parti
Vocabulaire : traduction et définition
Et si, pour commencer, on tentait de traduire ce mot anglais. La traduction française ne figure pas encore au Journal officiel de la RĂ©publique française. LâAcadĂ©mie Française, pour sa part, nâa encore proposĂ© aucun Ă©quivalent. Cela tient sans doute au fait que lâexpression est trop rĂ©cente. Il faudra donc se dĂ©brouiller seul, comme un grand, sans les grandes instances habilitĂ©es Ă se prononcer sur les vocabulaires en usage dans la langue française. En dĂ©cortiquant le terme, on obtient « block » dâune part et « chain » dâautre part. LittĂ©ralement, on dira donc quâil sâagit dâune chaĂźne de blocs ou dâune chaĂźne formĂ©e de plusieurs blocs. La suite de lâarticle donnera plus dâĂ©claircissement sur le choix de ce vocable.
LĂ oĂč il y a transaction, la blockchain mĂ©rite lâattention. LĂ oĂč un Ă©change sâopĂšre, la blockchain se montre nĂ©cessaire. LĂ oĂč tout est dangereusement confus, la blockchain apporte de lâordre et de la confiance. Câest lĂ que la rĂ©volution est en train de se produire: la blockchain rend possible le dĂ©ploiement du systĂšme pair Ă pair dans moult opĂ©rations que lâhomme est appelĂ© Ă rĂ©aliser Ă faire dans sa vie, quel que soit le domaine concernĂ©. Autrement dit, grĂące Ă une blockchain, il nâest plus besoin de passer par des intermĂ©diaires. La supervision dâune autoritĂ© centrale devient inutile. Les contacts sont directs. Il sâopĂšre donc une dĂ©centralisation des relations. Lâautonomie devient la norme.
Une illustration pour mieux comprendre la blockchain
Monsieur Durant est nĂ© Ă lâĂ©tranger et il vit aujourdâhui en France, Ă Toulouse. Un jour, il a besoin de constituer un dossier administratif pour se prĂ©senter Ă un concours dans la fonction publique. Les deux piĂšces Ă fournir sont une copie intĂ©grale dâacte de naissance et la photocopie certifiĂ©e du diplĂŽme de Master quâil a obtenu Ă la facultĂ© de droit dâune universitĂ© parisienne.
Pour le premier document, il doit donc faire une demande en ligne ou envoyer un courrier au service central dâĂ©tat-civil de Nantes. Il recevra lâacte au bout de quelques jours. Concernant le second document, il sâadresse au rectorat de Paris. AprĂšs plusieurs semaines, son dossier est enfin complet. Il le dĂ©pose auprĂšs de lâorganisme chargĂ© de lâorganisation du concours. Pour travailler plus vite, et raccourcir les dĂ©lais, cet organisateur dĂ©cide dâinstaurer une inscription intĂ©gralement en ligne en passant par la mise en place dâune blockchain. Le service Ă©tatique de Nantes et les autoritĂ©s universitaires endossent alors le rĂŽle dâintermĂ©diaires.
DĂšs lors que monsieur Durant procĂšde Ă son inscription sur Internet, en renseignant correctement les champs sur son identitĂ© et son parcours universitaire, le dispositif de blockchain de lâorganisateur va sâatteler Ă des contrĂŽles automatiques: il vĂ©rifie instantanĂ©ment, simultanĂ©ment Ă lâinscription, lâexistence rĂ©elle dâun acte de naissance Ă Nantes et sâassure auprĂšs de lâUFR concernĂ©e de lâobtention du diplĂŽme mentionnĂ©. Au moment oĂč monsieur Durant valide ses informations, le systĂšme confirmera ou rejettera sa demande en fonction des donnĂ©es quâil a collectĂ©es.
Câest rapide et câest pratique pour les deux parties. Monsieur Durant nâa plus de courrier manuscrit ni de courriel Ă envoyer tandis que lâorganisateur du concours nâa plus Ă attendre que le candidat finisse de complĂ©ter son dossier pour lâĂ©tudier et contrĂŽler les informations.
Un systÚme complexe mais hautement structuré
Le cas prĂ©sentĂ© en illustration appelle la question de la sĂ©curitĂ©. Pour ĂȘtre sĂ»r de la fiabilitĂ© des informations recueillies par son blockchain, lâorganisateur du concours doit crĂ©er un rĂ©seau. Dans cette optique, une collaboration digitale est scellĂ©e avec le service des Ă©tats civils des mairies de France et de Nantes. Les universitĂ©s françaises sont Ă©galement intĂ©grĂ©es dans son dispositif. Le rĂ©seau existant compte donc quatre entitĂ©s : monsieur Durant, lâorganisateur du concours, lâUniversitĂ© et lâadministration.
Une fois que le futur candidat a complĂ©tĂ© les champs de la plate-forme dâinscription, un bloc dĂ©crivant cette inscription est créé en ligne. La blockchain lâenvoie Ă Nantes et Ă la facultĂ© de droit pour validation des informations sur la naissance et le diplĂŽme de monsieur Durant. Lorsque ces deux membres du rĂ©seau valident les donnĂ©es saisies, le bloc de demande dâinscription de monsieur Durant vient sâemboĂźter avec les autres blocs relatifs aux inscriptions rĂ©alisĂ©es par dâautres postulants. Lâensemble des blocs finissent par former une chaĂźne, dâoĂč le nom de la technologie: blockchain.
Les validations rĂ©unies de lâensemble des membres du rĂ©seau sĂ©curisent tout le processus : monsieur Durant ne peut fournir de fausses donnĂ©es sans quâil soit dĂ©masquĂ©, car lâUFR et Nantes corroborent ou dĂ©mentent la vĂ©racitĂ© des informations quâil enregistre. Bien Ă©videmment, les interactions numĂ©riques entre les membres du trio sont la partie cachĂ©e de lâiceberg. Le public constate juste que le dossier dâinscription a mis quelques minutes pour ĂȘtre constituĂ© et pris en compte par le service concernĂ©.
Les domaines dâapplication prĂ©sents et futurs
Il existe un secteur oĂč la blockchain a fait ses preuves. Il y a quelques annĂ©es, le panel de modes de paiement existant sâest enrichi dâune solution supplĂ©mentaire : le BitCoin (BTC) ! HĂ© oui, cette monnaie cryptographique fonctionne en blockchain ! Mais cette technologie est appelĂ©e Ă se rĂ©pandre. Les secteurs oĂč elle est susceptible dâĂȘtre mise Ă profit sont nombreux. Si lâon en croit les observateurs et les professionnels de ce secteur vouĂ© Ă un bel avenir, la finance internationale est pressentie pour ĂȘtre le deuxiĂšme terrain dâexpĂ©rimentation en grandeur nature, sur une large Ă©chelle, de lâutilisation de la technologie de la blockchain.
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ParallĂšlement, dâautres domaines dâapplication sont en train dâĂȘtre relevĂ©s. On se permet de citer:
les contrats dâassurance,
la gestion des titres de propriété,
les transactions impliquant des sommes dĂ©risoires (par exemple, lâenvoi Ă un prestataire de 0,01 euro),
le tourisme international (lâĂ©change des devises devient inutile),
les titres non cotés,
la certification administrative et juridique des documents.
Puisquâil serait trop long de citer tous les domaines, voici 7 catĂ©gories oĂč la mise en place de la blockchain rendra un prĂ©cieux service:
les instruments financiers,
toute la « paperasserie » administrative,
les contrats (privés et semi-privés),
les clĂ©s nĂ©cessaires Ă lâactivation dâobjets connectĂ©s,
les documents en jeu dans le droit de la propriété intellectuelle,
moult documents inclassables (les cartes sim par exemple).
La popularisation de la blockchain pourrait aboutir Ă la disparition de plusieurs modĂšles Ă©conomiques rĂ©pandus Ă lâheure actuelle.
Pourquoi la blockchain intĂ©resse-t-elle tant ? Outre le gain de temps quâelle offre, câest probablement parce quâelle promet la mise en Ćuvre dâun rĂ©seau oĂč tout se vĂ©rifie, oĂč tout nâest que vĂ©ritĂ©, oĂč les tricheries sont impossibles. La chaĂźne de blocs qui se constitue progressivement est en fait un registre. Ce dernier recense lâhistorique de chaque opĂ©ration effectuĂ©e au sein du rĂ©seau.
Il est permanent puisquâil est consultable Ă tout moment, aussi bien par lâintĂ©gralitĂ© des membres du rĂ©seau que par tous les internautes. Ce registre nâa pas de durĂ©e de vie : tant que le rĂ©seau existe, il ne peut ĂȘtre endommagĂ©, ne peut se perdre ni disparaĂźtre suite Ă un bug par exemple. Enfin, les tentatives de modification sont vouĂ©es Ă lâĂ©chec dans la mesure oĂč il sâagit dâun registre cryptĂ©.
Des avis de personnalités aguerries
Beaucoup dâentreprises nâhĂ©sitent plus Ă investir sur des projets blockchain, convaincues des atouts du dispositif pour eux, mais aussi pour leurs clients. La profusion de documentations disponibles depuis quelques annĂ©es prouve Ă©galement que la blockchain capte lâattention, fascine, Ă©pate.
Des experts lancent mĂȘme des sĂ©ries de confĂ©rences pour expliquer les tenants et aboutissants du systĂšme. Dans cette masse dâinformations, il existe une prĂ©sentation Ă voir coĂ»te que coĂ»te parce quâelle est trĂšs bien faite. Elle est une des rares introductions Ă la blockchain qui favorise la comprĂ©hension rapide, et sans grand effort intellectuel, de cette technologie dont le cĂŽtĂ© abstrait la rend difficile Ă saisir.
Cette dĂ©monstration concrĂšte, câest le talk pĂ©dagogique de Claire BALVA organisĂ© au Palais de la Bourse Ă Lyon. Son intervention a Ă©tĂ© filmĂ©e puis mise en ligne sur la chaĂźne YouTube de la communautĂ© TEDx. On est vite impressionnĂ© par la fluiditĂ© de ses propos et la concision de ses explications. En un quart dâheure Ă peine, la cofondatrice de Blockchain France fait entiĂšrement le tour de la discipline, Ă©voque ses diffĂ©rents aspects tout en mettant en avant les enjeux qui y sont liĂ©s.












