Yoyo The Solo
Il est 2h du mat. On est le 20 mars 2020. Et j’avais déjà commencé à écrire. Mais j’ai tout enlevé parce que ce n’était pas clair. J’ai pris un peu l’air en descendant les poubelles. J’ai un peu traîné et croisé deux passants, seulement. On est toujours en confinement de 22h à 5h du matin ici à Bruxelles.
Là, je suis prêt à raconter un peu ma vie. Putain, j’ai 29 ans et je suis plus perdu qu’avant. Tout à l’heure quand je me suis posé en bas à l’entrée pendant une heure, je me suis demandé si j’étais en dépression(?). En grandissant, j’ai toujours traversé ma dépression en solo. Certes j’ai ma famille, des amis, des gens qui m’ouvrent leur bras... mais j’sais pas. Peut-être le rejet. Ah oui, le rejet! Le mot qui m’a toujours dérangé et qui est là depuis bien longtemps.
Le rejet, je l’ai eu depuis gosse. J’étais le petit garçon qui suivait les traces de ses cousines pour ne pas rester seul. J’étais le petit garçon qui ne sortait pas trop de chez lui et qui se goinfrait de nourriture pour combler la solitude. Je n’avais vraiment pas le profil du gosse à qui les autres gosses se voyaient traîner. Mais parce que j’étais aussi le gosse qui se faisait tabasser par son père pour des bêtes raisons et qui sa mère ne faisait pas vraiment grandes choses pour le protéger. Bref, j’étais le gosse qui pue la merde haha.
Ado, j’étais celui qui était fidèle à ses cousines. Où qu’elles allaient, il y était aussi. À tel point que l’une d’elle en a eu marre et lui dit d’aller trouver d’autres gens avec qui traîner. Mais j’étais surtout l’ado qui a été privé de la vérité parce que sa maman lui a privé de son coming-out. Je suis devenu ensuite l’ado dont le père avait honte de son fils. En fait, j’étais l’ado qui prétendait être bien dans sa peau mais qui se posait milles questions... Mais putain, il n’avait personne à qui les poser.
Et puis je suis devenu un jeune adulte. Le jeune adulte qui avait décidé de changer sa vie en perdant plus de 40 kg. Cependant j’étais aussi le jeune adulte qui avait vu son rêve s’écrouler sous les yeux de sa maman. Les études de cinéma n’était pas fait pour lui. Malgré ça, j’étais le jeune adulte qui n’a pas baissé les bras. Je me suis donné une seconde chance et j’ai continué ma vie estudiantine en tourisme. Et j’en suis diplômé. Et je décide enfin de m'assumer pleinement. “Sortir du placard” c’est juste le meilleur moment de ma vie !
Eh cool tout ça!
Là il est 2h50 et je suis un adulte de 29 ans qui relis tout ce qu’il vient de taper et qui s’est auto-motivé. Dépression, quoi!? Bref, you got this yoyo as always! “Yoyo The Solo” mes couille...









