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On en est que là.
J’aurai pas dit mieux…
Voilà, exactement.
Francophone
Je recherche des blogs dont les "propriétaires" sont francophones! Rebloguez si c'est votre cas. Merci!
when she says she doesn’t send nudes
when guys objectify women and expect them to send nudes
when someone asks you about your nuclear plans for russia
When Russia sends you nudes
#what the fuck happened here
This is my favorite post in all of tumblr
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#DesFleursPourDanielle : Quand les Internets se mobilisent pour envoyer des fleurs !
Parfois, les gens savent faire des bêtises utiles sur Internet ! Dans le contexte des événements tragiques du 13 novembre, les interviews des “vrais gens” n’ont pas tardé à fleurir sur l’ensemble des chaines de télé. Mais parmi tout ce que l’on a pu voir, une femme a su marquer les téléspectateurs. Avec ses mots francs et directs elle à déclencher une vague d’admiration et de remerciements sur le web
C’est très important d’apporter des fleurs à nos morts et de lire ‘Paris est une fête’ d’Hemingway. Nous sommes une civilisation très ancienne et nous porterons au plus haut nos valeurs. Nous fraterniserons avec les 5 millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment et nous nous battrons contre les 10.000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah
Mais ça ne s’est pas arrêté là. Un internaute (plus têtu que les autres) s’est lancé un défi
Et le petit joke a vite pris de l’ampleur.
La blague est même entrée sur le territoire des marques :
Et par la magie de l’internet on a fini par identifier la personne en question. Est alors né le hashtag #desfleurspourDanielle :
Les médias ont aussi pris le relais de l’engouement :
Et puis la cagnotte a commencé à déraper, au point de dépasser les 10O00 euros !
Devant ce fait, il a été proposé d’offrir ces dons, en remettant le choix de l’association à Danielle :
Mais en attendant, Danielle a tout de même reçu ses fleurs :
Alors, c’est pas beau parfois les internets ?
Et que dire de l’attitude des marques et medias autour du buzz #DesFleursPourDanielle ?
- Leetchi s’est engagé à ne pas prendre de frais sur cette cagnotte
- Interflora à gérer l’envois des fleurs de son propre chef
- BFM a su surfer sur le phénomène, mais n’a pas préempter le buzz et ne pas apparaître en tête de fil de l’enquête
Le cinquieme verre
Cinquième verre. C’est ton cinquième verre de vin, t’es un peu bourré et tu racontes ta petite vie sympa à ton pote au chaud dans son canap’, t’en fais des caisses comme d’habitude. Ton téléphone sonne. C’est ton petit Maxou qui t’appelle. Il veut surement aller en boîte. Et ben non en fait, il veut savoir si t’es toujours en vie. « Il y a eu une fusillade au Carillon. »
What. The. Fuck.
Alors là, il y a un truc qui s’enclenche dans ton cerveau que t’as jamais connu. 1, 2, 3, 4, tu penses aux quatre personnes qui t’ont vu grandir, ta famille, tu veux savoir s’ils sont sains et saufs. Papa, maman, frère, sœur. Tu penses à ta petite sœur qui a gerbé la semaine dernière à cause d’un bobun du Petit Cambodge. Elle répond pas tu paniques. Tu pleures. Tu appelles tout le monde et ta mère répond pas. Tu pleures. Ta sœur te rappelle et tu pleures parce que t’as vraiment eu beaucoup trop peur.
Là t’as juste besoin d’un gros câlin, et forcément, tu penses à cet ex que t’arrives pas vraiment à oublier et qui reste, malgré le temps et la rancune, la cinquième personne de ta petite liste mentale. Il va bien. Tu pleures tu pleures. Tu pleures plusieurs fois ou une seule fois c’est pareil parce que de toute manière t’arrives pas à t’arrêter. Y a ton pote qui te serre dans ses bras parce qu’il aime pas te voir comme ça et qui se retient de céder à la panique et qui n’arrive pas à te calmer. Ta maman, ton frère, qui te disent que tout va bien. T’es un grand mais t’es toujours le bébé qu’ils ont protégé pendant si longtemps.
Tu te trouves égoïste, forcément, à être aussi soulagé en voyant la mention « Lu » et en voyant cette petite bulle apparaître qui veut dire que ton pote est en train de te répondre. A ce moment-là tu regardes pas la télé et les images des gens morts, tu regardes cette petite bulle qui te délivre pour quelques secondes de l’angoisse dans laquelle t’es bloqué. T’es tellement égoïste, mais tu peux tellement pas faire autrement.
Tu descends de là où t’es. A cent petits mètres du Carillon. Les gens paniquent dans la rue, y a une grosse dame qui tente de passer le barrage en hurlant, elle a l’air désespérée. Tu vois des brancards pénétrer dans l’hôpital. C’est joli les couvertures de survie, ça reflète la lumière. Tu te rends pas trop compte parce que t’es bourré et légèrement hystérique.
Le Carillon, c’est ton bar préféré du quartier. C’est en bas de chez toi. Celui où tu vas tout le temps boire des coups avec tes potes, celui où t’as fêté ton dernier anniversaire, celui où tu finis immanquablement bourré, celui où il manque toujours des chaises en terrasse. Les murs de ce bar connaissent toute ta vie et ont vu tous tes potes. Ils sont cools les patrons du Carillon même s’ils ont arnaqué un pote à toi un jour.
Le Petit Cambodge tu y étais dimanche dernier, t’as pris un bobun avec des nems prédécoupés – trop bon. Le Petit Cambodge c’est le resto que tu critiques tout le temps parce qu’il y a vraiment beaucoup trop de hipsters dedans. En vérité t’adores en être.
Le MacDo de la rue du Faubourg du temple, c’est là que tu vas le samedi soir engloutir en deux-deux un double cheese avant d’aller te bourrer la gueule.
Le Bataclan, tu y as hurlé mille fois ton amour de la musique, et même que la première c’était pour aller voir Zazie quand t’étais en troisième. Tu passes tous les matins devant pour aller au travail.
Tu vas te coucher. Tu te réveilles avec une barre au front et évidemment, tu check Twitter. Parce que tu fais partie de cette génération de gens qui ont le nez collé à leur iPhone. C’est leur fenêtre sur le monde. Mais ce samedi matin, il n’y a pas d’écran de téléphone ou de télévision pour te protéger de l’horreur. Il suffit de ranger son téléphone, de descendre les six étages de ton immeuble, et de marcher une petite minute.
Tu arrives dans cette rue Alibert que tu aimes tant, y règne le seul bruit que la mort ne connaisse : le silence. En vrai, le seul bruit perceptible ici, c’est celui du sable qui crisse sous tes pieds, le sable déposé sur le sang des victimes comme on dessinait des feuilles de vigne pour cacher les sexes. Putain de cauchemar.
Tu penses à la génération d’après. Tu penses à tes copines qui viennent d’avoir des gosses. Patou, Hélène, Agathe et les autres. Tu te demandes comment elles vont pouvoir expliquer à leur marmaille à quoi ça rime de se faire exploser la cervelle en buvant un Picon bière.
« Des fous de dieu », on te dit. Mais Dieu n’existe pas. Ce sont donc des fous tout court. T’as l’impression que plus la vie des gens est nulle, plus ils croient en leur dieu tout claqué, et t’as envie de leur dire qu’ils se plantent, qu’il faut pas croire en ces choses-là. T’as aussi envie de dire aux Ricains qu’ils sont gentils avec leur hashtag #PrayForParis mais que non en fait, on a pas besoin de prières parce qu’on pense que ça sert à rien.
L’année dernière, c’était pas pareil. Y avait comme un écran entre toi et les morts. T’étais Charlie évidemment, t’es même journaliste, donc toi aussi t’as eu peur. Mais là c’est pas pareil. C’est ta maison sur laquelle on vient de tirer, c’est tes potes, ou les potes de tes potes qu’on vient de buter. C’est le peuple des tatouages, des cigarettes roulées et des burgers au Comté qu’on vient de fusiller.
« T’as perdu quelqu’un ? » Cette absurde question que tu poses à tous tes amis, que tous tes amis te posent. C’est vraiment l’horreur « du côté de chez vous ». Le seul mal qu’on ait fait – que ces 129 personnes ont fait - sur cette terre, c’est celui qu’on a fait à nos anciens amours. Pas bien grave. Mais voilà, il paraît que tu vis dans la « capitale des abominations et de la perversion » et que c’est pour ça que tant de gens sont morts.
Alors on va arrêter de raconter des conneries : évidemment qu’on a peur. Not afraid, pas cette fois-ci. Evidemment qu’on se dit que ça aurait pu nous arriver et que ça peut encore nous arriver. Mais est-ce qu’on va renoncer pour autant à nos petites abominations, à ces instants de délice qui font que nos vies sont tout de même assez cools ?
Non, surement pas. On va se la coller tous les week-ends. On va danser comme des fous car la musique adoucit les meurtres, et on fera toujours plus l’amour, aussi. Les garçons avec les filles, les garçons avec les garçons, les filles avec les filles, les juifs avec les arabes et tout le reste et on les emmerde. De toute façon, c’est tout ce qu’on sait faire.