Lâexode urbain : ma douce rĂ©flexion
Jâai grandi dans le beau et profond Cantal. Depuis 12 ans, je vis plus ou moins en ville, pour les Ă©tudes, puis pour le travail. Jâai alternĂ© des pĂ©riodes de vies en grandes villes (Paris, Lyon) et de voyages (Australie, Chemin de Compostelle pour les plus marquants). En quĂȘte de sens, de trouver ma place, jâexplore les opportunitĂ©s, les modes de vies... Jâapprends, je grandis.Â
Mes voyages mâont reconnectĂ© Ă la Nature, Ă la campagne, Ă Â ce rythme de vie plus doux, voir hors du temps... Je me projette retournant vivre Ă la campagne. Je songe Ă tous les atouts de la vie en campagne, et jâen oublie volontairement les contraintes que jâai bien expĂ©rimentĂ© durant mon adolescence.Â
Cette derniĂšre annĂ©e a Ă©tĂ© particuliĂšrement enrichissante pour moi. Jâai quittĂ© Lyon, avec lâenvie de retourner vivre en campagne, de refaire vivre un territoire. Jâai alors fait quelques woofings pour explorer cette piste, en Allier puis en ArdĂšche. Jâai aimĂ© vivre en campagne car nous Ă©tions toujours en collectif. La vĂ©ritĂ©, câest que lâisolement peut trĂšs vite se faire ressentir et quâil faut ĂȘtre bien entourĂ©.Â
Alors, quand le moment a Ă©tĂ© venu pour moi de retrouver un nid douillet (et oui, je nâadhĂšre pas encore Ă la vie de nomade qui me demande beaucoup dâĂ©nergies), toutes mes illusions dâexode urbain ont alors Ă©tĂ© mises Ă rudes Ă©preuves.Â
OĂč vivre ? Dans quel contexte ? En collectif ? En simple colocation ? La campagne proche de la ville ? La campagne tout court ? La ville ? ... Et voilĂ que mon cerveau part en vrille sur lâĂ©tendue du possible.Â
En rĂ©sumĂ©, jâai la trentaine, je suis cĂ©libataire, je nâai pas de potes motivĂ©s Ă monter une colocation Ă la campagne... Sur le papier, jâĂ©tais dĂ©jĂ mal barrĂ©e pour monter ce projet de âreconnexion Ă la vie de campagnardâ ! Alors, jâai commencĂ© mes recherches, jâai Ă©pluchĂ© les annonces Le Bon coin encore et encore... Colocation 0 ... Choix difficiles !Â
Ouverture du site au moins 10 fois par jour.... Comme si, dâune heure Ă lâautre, le graal de la colocation parfaite dans le bled idĂ©al allait tomber du ciel.Â
Sur le papier, ma recherche Ă©tait claire : rejoindre une colocation de jeunes, dans une petite ville aux alentours de Clermont-Fd, connectĂ©e par le train, sympa et dynamique... Claire mais pas simple.Â
AprĂšs plusieurs semaines de recherches, jâai vite compris que les colocations ne couraient pas les rues des petites villes, encore moins celles des villages. De plus, les gares encore en service ne sont pas celles qui desservent les plus beaux villages. Enfin, aprĂšs avoir testĂ© de vivre dans un petit hameau et constatĂ© que je devenais totalement dĂ©pendante de ma voiture et que mon compte en banque fondait plus vite que la pompe Ă essence, jâai vite compris que mon exode urbain nâallait pas ĂȘtre aussi idyllique que prĂ©vu.Â
Jâai alors fait fasse Ă tout un tas de peurs qui ont traversĂ© mon esprit si jâacceptais de partir vivre Ă la campagne (jâentends alors vivre dans un hameau, pas Clermont-Fd ahah...) : quâallait devenir ma vie sociale ? Allais-je vraiment devenir lâesclave de mes 4 roues ou serais-je capable dâenfourcher mon vĂ©lo par monts et par vaux ? Est-ce que mes ami-e-s viendraient me visiter ou est-ce que ça les feraient juste bien chier ? Â
Bref, vous lâavez compris, la cacophonie a gagnĂ© mon cerveau ! L'utopiste en moi voulait renouer avec ses racines, tandis que la trentenaire pragmatique gardait gentiment les pieds sur Terre : avoir une vie sociale intĂ©ressante mais aussi ne pas dĂ©pendre de la crise Ă©nergĂ©tique. Car oui, quand on vit en campagne, et quâon veut se dĂ©placer, on devient tout de suite dĂ©pendant de sa voiture. Les transports publics Ă©tant quasi inexistants ou trĂšs pauvres, il est nĂ©cessaire de prendre sa voiture.Â
Au final, quâest-ce qui est le plus viable : vivre Ă la campagne, avec plus de sobriĂ©tĂ©, avec la possibilitĂ© de cultiver ses propres lĂ©gumes par ex. mais de dĂ©pendre globalement dâun unique mode de transport et au pĂ©ril dâune vie sociale moins riche. Ou vivre en ville, se dĂ©placer en vĂ©lo, proposer des initiatives vertes et profiter de son cercle dâami-e-s Ă porter de main.Â
Peut-on oeuvrer sereinement pour faire revivre les campagnes quand rien nâest fait pour nous y encourager ? Arriverons-nous Ă retourner en campagne et Ă crĂ©er des espaces de sociabilitĂ© viable, joyeux et solidaire ? La voie du collectif me semble ĂȘtre la rĂ©ponse Ă ces problĂ©matiques. RĂ©flexion en cours !Â









