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Les rouleaux de ton corps, les vagues de ton âme
On croit bien se connaître et la tempête arrive
C'est comme avant l'orage, un air lourd, étouffant
De mer d'huile tu deviens houleuse comme l'océan
Je cherche du regard un amer, une rive
Moi, je n'avais en vu qu'un cap pour mes rames
Les rouleaux de ton corps, les vagues de ton âme
J'avais toute confiance dans notre météo
Calme plat, pas de vent, risque nul de dérive
Mais j'aurais dû penser, pour qu'un amour survive
Il faut savoir surfer, pas gérer un rafiot
Oui mais je ne pensais qu'à l'objet de ma flamme
Les rouleaux de ton corps, les vagues de ton âme
Alors, vents et pluies, Beaufort et déferlantes
J'ai dû en essuyer de ces coups de tabacs
Qui m'ont laissé transi, la cale pleine de rats
Délaissant mon compas et pleurant mon amante
Moi, qui n'avait qu'un but, faut-il que tu m'en blames
Les rouleaux de ton corps, les vagues de ton âme
Délaissant ma barquasse j'ai opté pour un cotre
Pour mieux te retrouver, j'ai repris mon sextant
Orienté mes voiles dans le sens de tes vents
De ma proue fendant l'eau je file tel un vautre
Parti reconquérir parmi toutes les femmes
Les rouleaux de ton corps, les vagues de ton âme
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Illustration image: no reference
Quand l'orage vient
Parfois, les introductions doivent venir à la fin.
Les vagues d'air lourd d'avant l'orage roulent sur nos têtes, pesantes, chaudes, et le peu de vent peine à les déplacer. Dans mon bain, je me languis, impatient, alors qu'une très jeune femme fait couler lentement de l'eau tiède sur mes épaules et passe ses mains douces sur mon corps. D'un geste nonchalant, je lui signifie de cesser. Elle s'éloigne et disparaît de ma vue mais je sais qu'elle reste attentive à mes moindres désirs, prête à se précipiter si j'en manifestais le besoin.
Le ciel est menaçant, plein de boursouflures dont la densité des gris indique la maturité. Au-dessus de la montagne, l'atmosphère est quasiment noire. Je plains les retardataires qui tentent désespérément de redescendre, voyant dans leur dos s'élever ces masses menaçantes... Mais ici dans ce bain, je m'ennuie. Je m'emmerde. Vais-je rappeler la femme ? Sa façon de me regarder et de s'adresser à moi me plaît et peut-être pourrais-je lui proposer une activité plus... divertissante.
Mais il fait si chaud... Finalement je ne me sens pas de m'agiter et je sors du bain. Nu, je traverse les jardins et contourne la villa. La voie publique est vide. Il y a souvent des véhicules qui passent devant la demeure, mais aujourd'hui tout le monde se terre devant la lourdeur de l'atmosphère et la voie est vide, silencieuse, en attente. Je pousse le grand portail et marche vers la voie. Mes pieds nus cuisent un peu au contact du sol qui a emmagasiné la chaleur du soleil avant que les nuages ne se forment, cependant, au bout d'un moment, je m'y habitue.
J'avance sur la voie. Ma peau nue sèche rapidement malgré l'absence de vent. Bientôt des perles de sueur s'y formeront, mais pour le moment je me sens bien et j'avance tranquillement sur la voie déserte, passant ici et là d'autres villas aux volets fermés contre la chaleur. De temps à autre je vois dans un jardin une âme qui n'a pas fui vers sa demeure. Les yeux me suivent et je les vois qui, rapidement, balaient la voie devant et derrière moi, comme si ma nudité était difficile à contempler. Pourtant, je suis beau. Toutes les femmes me le disent.
Une place s'ouvre, devant moi sur la droite, avec quelques arbres qui ne fournissent plus d'ombre sous le ciel de basalte. J'y pénètre. Quelques jeunes filles s'y tiennent assises sur des bancs, se ventilant comme elles le peuvent. Elles discutent mais leur conversation semble leur demander trop d'efforts pour être soutenue comme il se doit. Calmement, je passe devant elles, mes cheveux bouclés ondulant gentiment à chacun de mes pas. Ma peau dorée brille maintenant légèrement alors que mes bras et mes jambes bougent au rythme de la marche.
Les filles semblent fascinées, m'observent marcher, têtes pivotant peu à peu pour suivre ma progression. Du coin de l'œil je les vois se pencher l'une vers l'autre, échanger des commentaires frénétiques. Je les aperçois même sourire lorsque mes fesses, à croquer m'assure-t-on, se retrouvent visibles de leur point de vue. Voilà que devant moi d'autres personnes se dirigent dans ma direction. Plusieurs femmes, un ou deux hommes. Ils sont tout sourire mais clairement étonnés. Glorieux, je leur fais face jusqu'à ce qu'ils parviennent à moi.
Deux femmes s'agenouillent devant moi et me parlent, me demandent mon nom, d'où je viens. Elles sourient toujours en m'observant. L'une touche mes cheveux blonds en une caresse timide. Le ciel est maintenant noir, la chaleur appuie sur nos épaules et colle les tissus légers sur la peau de mes admiratrices. Soudain, un appel retentit à travers la place ! Quelqu'un court vers moi. La jeune femme de la villa. Elle pleure, ouvre les bras, et me serre, m'enfouit contre elle en parlant à toute allure, éperdue. Me gardant dans ses bras comme le trésor précieux que je suis à ses yeux, elle échange rapidement avec les autres personnes puis nous reprenons le chemin de la villa.
Un flash éblouissant me surprend, immédiatement suivi d'un claquement sec. L'orage est là, la pluie aussi, drue, dure, nous frappant sans pitié. Mais je suis porté, aimé, protégé. J'ai trois ans et je suis heureux.
Ceci est en fait une histoire de famille, évidemment écrite ici d'une façon intentionnellement ambigüe pour une conclusion surprenante et amusante, lorsqu'une de mes tantes, adolescente à l'époque, et qui me surveillait dans mon bain alors que j'avais entre deux et trois ans, eut un bref moment d'inattention et retrouva le bassin vide du petit garçon que j'étais. Me cherchant dans la maison de ma grand-mère, elle mit du temps à réaliser que j'avais pu sortir dans la rue et partir à l'aventure. Mais tout s'est bien fini 🙂.
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La visiteuse
Cette nuit j'ai rêvé d'une femme à l'enfant
Venue tout près de moi pour mettre dans ma bouche
Sa langue.
L'odeur de ses cheveux était dans cet instant
Si présente et si vraie que du fond de ma couche
Je tangue.
Et son corps, sa chaleur traversant nos habits,
Alimentait le feu qui de joie gonflait mon
Pénis.
Venu des profondeurs embrumées de l'esprit
Le désir est monté de mes reins pour de longs
Délices.
Visiteuse imprévue ton visage est resté
Abrité sous tes mèches mais tes yeux me mettaient
À nu.
Ce bout de souvenir de toi je j'ai gardé
Mais ton rire éclatant, ta voix, sont à jamais
Perdus.
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Les bulles
Un petit peu de facétie, via un récit court originellement une entrée dans un challenge entre écrivains (sans prétention) : produire un texte court sur une image imposée (ci-dessous).
"Le champagne va te monter à la tête !". La remarque de son mari l'avait irritée. Alors, en forme de défi, elle buvait régulièrement les flûtes que lui servait tout aussi régulièrement un serveur amusé. Petit à petit, elle sentait sa tête devenir légère et se demandait s'il s'agissait là de l'ivresse tant décriée par la société et qu'elle n'avait, en jeune femme sage, jamais expérimentée. Les convives autour d'elle participaient à cette convention sociale appelée "small talk" par les Anglo-Saxons, des échanges de sons sans portée, presque sans signification. De toute façon, ils avaient perdu tout sens lorsqu'ils parvenaient à ses oreilles, et elle n'avait pas le courage de se pencher du côté de son mari pour saisir les bribes d'une conversation sur la finance dont elle savait déjà qu'elle n'en avait rien à faire. Peut-être d'ailleurs n'avait-elle rien à faire non plus de la personne de son mari, un homme dont elle se demandait encore pour quelles raisons elle lui avait dit oui deux ans plus tôt...
Perdue dans ses pensées, portée par le brouhaha informe de la salle du restaurant, elle s'était mise à se balancer d'une fesse sur l'autre, comme ça lui arrivait lorsqu'elle s'ennuyait, ce qui avait le don d'irriter cet homme qui, étonnamment, se revendiquait comme son mari. Celui-ci se détourna d'ailleurs un instant de son interlocuteur pour lui lancer un regard déjà courroucé, mais elle n'y prêta pas attention, absorbée par un curieux phénomène : les rebonds d'une fesse sur l'autre lui semblaient progressivement s'accentuer, comme si elle était assise sur un lit à ressort ou une chaise au rembourrage très élastique. Amusée, elle camoufla ses expérimentations en petite danse ondulante au rythme de la musique sud-américaine jouée par l'orchestre. Lorsque, prise au jeu, elle se mit à faire rouler ses épaules, elle sentit son buste presque porté par l'air, une sensation un peu similaire à celle qu'elle ressentirait dans l'eau mais sans la pression du liquide autour d'elle. Vidant une autre flûte, elle décida, facétieuse, que les bulles devaient s'accumuler dans son corps, même si ses souvenirs du lycée lui suggéraient que, le gaz carbonique étant plus lourd que l'air, elle ne devrait pas s'en sentir plus légère pour autant...
Sur une poussée plus appuyée de ses pieds, elle eut soudain l'impression que son postérieur ne reposait plus aussi fermement sur la chaise. Une autre poussée un peu plus affirmée lui confirma le phénomène, en même temps qu'elle ne put retenir un petit cri de surprise à se sentir nettement décoller puis mollement retomber sur l'assise. Ceci lui valut un nouveau regard sous des sourcils froncés de l'homme avec lequel elle était venue, regard qui glissa rapidement vers la flûte de champagne mais sans rien voir qui puisse confirmer le soupçon ; le serveur prenant bien soin de retirer le verre vide en plaçant le nouveau. Elle ne se sentait plus comme soutenue par de l'eau, mais plutôt comme soumise à la gravité lunaire, comme elle l'avait vu aux informations à la télévision quelques mois plus tôt, lorsqu'elle avait vu ces hommes en scaphandre faire des bonds à la fois lents et gracieux sur la surface poussiéreuse de la Lune. Quelle drôle de chose... Serait-elle également capable de s'envoler ainsi en un bond long et lent ? Ma foi, une seule chose à faire : essayer ! Alors elle poussa de toutes ses forces sur les pointes de ses pieds, abandonnant derrière elle cet homme dont elle ne savait plus où elle l'avait rencontré.
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Illustration image: Melvin Sokolsky
De la douloureuse beauté des femmes
Surfaces veloutées, volumes accaparants,
Lèvres entrouvertes, si joliment bombées,
Ces images de vous, nues, en sous-vêtements,
Emplissent mon esprit d'envies un peu osées...
Mais dans les rues aussi, sauf à fermer les yeux,
Je ne peux ignorer vos formes révélées
Par ces tissus moulants ou légers, facétieux,
Lorsque, cheveux au vent, vous venez me croiser.
À chaque année qui passe, je me trouve plus encore
Envoûté par vos traits, charmé par vos regards.
Vos yeux étincelants me semblent un trésor
Pour lequel je retrouve une vigueur barbare.
Mais derrière l'attrait un autre sentiment
Me travaille : un malaise, en fait une douleur
Subtile, légère, mais qui serre mon cœur pourtant.
Alors je me demande : où se situe l'erreur ?
Est-il une Minga* d'où vous seriez sorties,
Le corps voluptueux, le regard envoûtant,
Condamnant qui vous croise à en perdre l'esprit ?
Non, non, ceci n'est pas ; une histoire, un roman...
Cette douleur alors, une vue de l'esprit ?
Hélas, trois fois hélas, c'est du côté du temps
Qu'il me faut regarder, du temps qui me flétrit,
Qui m'éloigne de vous et me rend transparent.
L'âge n'enlève rien aux désirs, aux envies,
Et j'aime ainsi les formes que j'ai déjà aimées.
Au travers des années, à chaque décennie,
Il me faut donc souffrir vos douloureuses beautés.
* La Minga est une forteresse sur Vénus dans "Black Thirst" ("Soif noire"), de Catherine L. Moore, où des lignées de femmes vénusiennes sont sélectionnées génération après génération pour augmenter leur beauté, devenue insoutenable pour l'esprit humain.
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Illustration image: Stasya Shpits by koyokin_photo
Les murs ont des oreilles
J'ai déjà parlé de ma partenaire nommée Patricia dans une précédente entrée. Ce récit se place à un point clef de notre relation. En rétrospective, le point le plus intense érotiquement mais également le point où j'ai senti le filet se serrer plus solidement autour de moi, et à partir duquel j'ai commencé à me désengager...
Patricia, oh Patricia, tu as de la suite dans les idées... Je pensais que tu avais fini par t'accommoder de m'avoir dans ton lit de temps à autre. Je pensais que ces weekends, certes épisodiques, mais aux baises enthousiastes et inventives, te seraient satisfaisants. Oui, je vois parfois d'autres filles entre-temps, et je ne te l'ai pas caché. À l'évidence - des commentaires glissés ici ou là, sans acrimonie mais bien présents - tu préférais que ce soit différent. Je comprends, mais nous avions un deal. Et puis j'ai aussi besoin de soirées et weekends pour moi, tranquille et solitaire, pour bosser mes matières et ne pas me vautrer aux exams qui s'approchent. Tu devrais d'autant plus le comprendre que nous suivons quasiment les mêmes cours ! Faut croire que je suis plus laborieux que toi dans l'acquisition des connaissances. Et puis, au lit, on apprend ensemble, on révise ensemble, on s'examine mutuellement. Alors quel besoin de me mettre encore plus le grappin dessus ?!
Je comprends que tu apprécies quand, au matin, je descends acheter des croissants pour le petit déj. Je comprends que tu apprécies que je ne rechigne pas quand tu as tes règles. On a découvert le plaisir de l'anulingus ensemble, un peu fortuitement : te voir te mettre ainsi en levrette - tu adores la levrette - à la sortie de la douche, ta taille fine en vue plongeante, ton cul haut placé, si doublement rond et me faisant de l'oeil de sa rosette froncée, bah je ne sais pas... Impulsivement, j'ai posé la langue sur ton œillet. J'entends encore ton "Hé, qu'est-ce que tu fais !?!" de surprise incrédule et un peu gênée. Mais tu ne t'es pas dérobée, bien au contraire, et on a découvert ainsi un truc de plus. Les séances de masturbations et fellations, et parfois de sexe, toujours bruyant avec toi, dans la baignoire d'une salle de bain dont les évents de ventilation donnaient sur la cuisine de la colocation... Ça faisait enrager un de tes colocs peut-être jaloux. Ça aussi, ce sont de bons souvenirs. Bref, je comprends.
À quel moment baiser ensemble à intervalles nous fait glisser de sex-friends à en couple ? C'est simple, je crois : lorsqu'il y a des sentiments mutuels. Oui, je t'avais dit que je ne sortirais pas avec toi. Mais j'ai mes faiblesses, moi aussi. Disposer quasiment à volonté d'un corps doux, moelleux et désirant est d'un attrait terrible, une drogue. Ainsi, lorsqu'à la fin d'une période d'éloignement solitaire, trois bonnes semaines d'abstinence, je t'ai demandé si tu aimerais que je vienne dormir (baiser !) chez toi et que tu m'as répondu - futée - que tu étais prise ce weekend-là mais serais ravie de m'emmener dans tes bagages, j'aurais dû refuser. Mais, poussé par l'envie de sexe, j'ai accepté, et je te demande rétrospectivement pardon pour ça. Ce long weekend, tu retrouvais comme quasiment tous les ans tes amis de longue date et, tout particulièrement, ta meilleure amie. Je pensais être une pièce rapportée, plus ou moins ignorée par tous et laissée tranquille dans son coin, ce qui me convenait très bien. Mais tu avais parlé de moi, surtout à elle, ton amie d'enfance, ta confidente. Je ne le savais pas, mais l'attraction, ce serait moi.
Alors, tôt ce samedi matin, nous nous retrouvons tous deux à l'arrière de la petite voiture d'un couple de tes amis. Tes cuisses pleines et dorées attirent irrésistiblement mes yeux, et bientôt ma main. Elles émergent de ta courte robe estivale comme deux courants d'eau fraîche aux yeux de l'assoiffé. Il faut dire que tu m'as maintenu sous pression en me laissant dormir seul la nuit passée puisque - prétexte, prétexte... - tu hébergeais ce couple. Nous voilà donc partis pour deux bonnes heures de route vers une maison sur la côte de Coutances. Dans le ronronnement du moteur, les conversations finissent par s'étioler. J'ai posé ma main sur ta cuisse, fait glisser mes doigts sur ta peau. J'en savoure la douceur, tu savoures le contact, mais également l'attrait que ton corps a sur moi. Taquin, je glisse les doigts de plus en plus haut, retroussant l'ourlet de la petite robe. Tu souris sans me regarder, oscille sur les fesses pour permettre à la robe de remonter un peu. Je change de main pour pouvoir me tourner vers toi, plonge le bout de mes doigts dans ta culotte. Si la passagère avant se retourne pour te parler, elle va te voir en train de te faire doigter.
Les joues devenues rosées, tu me laisses cependant faire, mais tu poses ta main en paravent. Je glisse sur ta toison, effleure la conjonction de tes lèvres, là où se cache ton bouton de rose. J'ai envie de t'embrocher de deux ou trois doigts plongés dans le moelleux de ton vagin, le pouce qui tourmente ton clito, mais je me contente de taquiner celui-ci, légèrement au début, puis - pris dans l'excitation de la situation - de façon plus appuyée.Tu poses ton autre main sur ma cuisse, mais elle glisse rapidement vers ma braguette. Un instant, je me demande si - juste symétrie - tu vas sortir ma queue et me masturber. Non, tu te contentes de ressentir la bosse que fait mon érection sous ta paume. Je presse, je tapote, glisse le bout des doigts autour de ta propre petite bosse, la pince entre deux doigts, et recommence, et recombine. Tu as fermé les yeux et je peux voir tes seins se soulever au rythme irrégulier de ta respiration. J'imagine ta culotte peu à peu imbibée de ta mouille, et ça me fait soudain bander encore plus dur. Tu ne me regardes toujours pas, et ça augmente mon excitation. De temps en temps je te vois mordre ta lèvre inférieure. Tu finis par t'incliner vers moi pour me chuchoter à l'oreille d'arrêter avant que tu ne répondes plus de rien. Je retire ma main, et lèche ostensiblement mes doigts en t'observant. Tu as sur le visage cette expression qui t'est très particulière : un mélange de fierté et de satisfaction, fierté à avoir osé se laisser faire en public ? Satisfaction de me voir braver la morale publique pour toi ?
Notre chauffeur et sa compagne, qui ont semblé n'avoir rien remarqué de nos manigances, finissent par nous amener à bon port : une grande maison à deux étages, probablement début XXe, sur un terrain ombragé protégé par une haute haie d'un genre de conifère dense et sombre. Nous ne sommes pas très loin de la côte, et cette haie a probablement été plantée pour abriter la maison des vents d'ouest en hiver. Tu m'expliques que ce bâtiment appartient à la mère de ta meilleure amie. Achetée ou peut-être bâtie par les grands-parents pour abriter leurs enfants et petits-enfants, cette demeure n'a jamais eu la destinée prévue : à la mort des grands-parents, personne d'autre n'y habitait. Leurs enfants s'étaient égaillés dans les changements sociétaux des années 60. Il s'agit maintenant d'une maison de vacances, pratique par son nombre de chambres et sa grande cuisine. En familière des lieux, tu me guides avec empressement vers quelques personnes attablées sur la terrasse devant les restes d'un petit déjeuner. Je me présente pendant qu'on me sert du café. Celles-là sont arrivées hier pour préparer les lieux ; le reste des invités est attendu tout au long de la journée.
Parmi les personnes attablées, une jeune femme blonde m'observe avec une intensité inattendue. Dans une étrange approche indirecte, elle s'adresse à toi plus qu'à moi alors que ses questions portent sur mes centres d'intérêt, mon historique envers toi, et autant de sujets plutôt personnels. Tu entames les réponses et je les termine. Je finis par réaliser qu'il s'agit d'elle, ton amie et confidente. Ses questions révèlent sa franche curiosité envers moi, mais aussi une attitude ouvertement protectrice envers toi, son amie, dont la vie sentimentale est plutôt mouvementée. Mon inconfort grandit à la mesure de son intérêt envers le "mec" que tu t'es dégottée et dont il apparaît maintenant que tu lui en as parlé en long et en large... Mon inquisitrice finit cependant par ranger ses outils alors que de nouveaux invités se présentent peu à peu. Tu viens t'asseoir près de moi, une expression paisiblement satisfaite sur le visage. Ai-je passé le test ? Aux regards échangés entre vous, j'ai eu l'impression que oui. Mais de quel test s'agissait-il vraiment ? Mon inconfort ne diminue pas : je ne te pose pas la question mais mon intuition me souffle qu'il ne s'agissait pas là d'une épreuve pour laquelle j'avais signé...
Au fur et à mesure de l'arrivée de nouvelles personnes, de la préparation d'un picnic pour tout ce monde, de l'ouverture de bouteilles de bière, mon malaise s'estompe. L'atmosphère est détendue, sympathique, joyeuse, BCBG aussi vu les vêtements que j'observe. Et toi, Patricia ? Tu es hyperactive, souriante, heureuse je dirais même. Ta petite robe courte ne passe pas inaperçue, pour ton plus grand plaisir. L'après-midi glisse ainsi vers une soirée autour d'un barbecue. Un peu plus tôt, nous avions participé à la distribution des chambrées. Les quelques couples obtiennent des pièces pour eux, les autres invités dormiront façon dortoir dans les chambres restantes. Pour nous, ton amie a réservé une petite pièce plus isolée que nous atteignons au bout de méandres de couloirs, passages et traversées de pièces. À l'origine une chambre de bonne, elle est équipée d'un grand lit et d'une grande armoire normande dont les deux portes sont équipées de grands miroirs en pied. Il y a à peine la place pour se déplacer autour du lit. Ainsi, te dit-elle, taquine, nos ébats ne dérangeront pas les autres invités. Si cette remarque te fait glousser, je me demande à quel point ton amie est au courant de ton expressivité remarquable au lit. Probablement, elle l'est... Vers une ou deux heures du matin, tout le monde va se coucher. Je me fais la réflexion qu'ils sont bien sages.
Seuls dans notre petite chambre, nous nous enroulons l'un autour de l'autre. La tension sexuelle du trajet en voiture est toujours présente, d'autant plus que depuis ce midi tu as adroitement utilisé ta robe comme un objet érotique entre nous. Alors, pendant que ma bouche dévore la tienne, que ma langue préfigure ce que je veux te faire, mes mains retroussent fébrilement ta robe. "Attention !", tu me dis de crainte que j'en craque les coutures. Que c'est érotique, une femme avec une robe moulante remontée sur sa taille, exposant son cul au désir du partenaire ! Tu ris pendant que je retire le bout de tissu qui voile encore tes fesses. Je le hume et il sent toi, délicieusement : ton arôme de fumeuse et ton excitation à notre jeu de voyage. Malgré la fatigue, tes yeux brillent lorsque je plonge entre tes cuisses. Je les écarte un peu rudement dans mon impatience à te goûter, et ça te plaît : d'une main derrière ma nuque, tu colles mon visage contre ta chatte. Je te fouille, écarte tes pétales, suce intensément ton bouton de plaisir. Mais ça ne dure pas : tu t'arques brutalement et, rauquant ton plaisir, tu es traversée par un orgasme qui me paraît singulièrement intense. Sur le lit ne reste plus qu'une poupée pantelante, rendue amorphe par la violence de sa jouissance. J'ai terriblement envie de m'enfoncer en toi, mais nous sommes tous les deux crevés ; tu es presque endormie, déjà. Je ne veux pas d'un coup rapide alors, pendant que tu bafouilles que tu es désolée de me laisser dans cet état, je t'aide à retirer la robe, je cale ma queue douloureuse de rigidité contre tes superbes fesses, et nous nous endormons instantanément l'un contre l'autre.
La belle lumière d'une nouvelle journée déjà lancée nous réveille. Les volets sont passés à l'as, hier... La maison est calme ; encore personne sur la terrasse sous notre fenêtre. Je te regarde me regarder, grands yeux bleus pétillants et sourire aux lèvres. À cette distance, tu me vois à peu près net ; tu peux te passer de tes lunettes, et moi aussi. De toute façon, un peu de flou ne peut que renforcer le charme. Sous le drap, tu glisses ta main vers moi et saisis ma verge en affichant une expression de fausse surprise effarouchée. Oui, je bande. Sauf situation anormale, je bande toujours en me réveillant près d'une femme ; encore maintenant, tant d'années après. Mais là, je ne pense pas que le verbe bander soit adéquat, représentatif, bref, à la hauteur. Il faudrait inventer un verbe rien que pour ça, "priapiser”, peut-être, ou ”colossiser”, que dis-je, "séquoiaser" ! Ce n'est pas la nuque que j'ai roide mais bien le vit : la tige sous pression, droite comme un obélisque, veinée comme un bras, le gland, violacé, plus proche d'une balle de tennis lisse et brillante que de son habituelle et modeste élégance. Enfin, voilà, je séquoiase sous tes doigts. "Ça ne va jamais rentrer !”, tu t'exclames, mutine. Oh, que si, ça va rentrer. Pas parce que, devenu Hulk, je vais forcer le passage sans ménagement, non. Mais parce que tu es vraiment large, en bas, raison de ta préférence marquée pour les levrettes.
De toute façon, s'il y avait un atome d'inquiétude réelle chez toi, il vient d'être balayé avec le drap que tu repousses d'un coup pour exposer ma virilité. Juste le temps d'un coup d'œil appréciateur et tu plonges pour engouffrer ma bite. Engouffrer. Vraiment. Ce n'est pas une exagération littéraire, cette fois : tu es littéralement vorace lorsque tu fais une fellation. Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres hommes que tu accueilles dans ton lit, mais j'ai toujours une petite appréhension avec toi, la crainte de prendre un coup de dents, que tu me décalottes trop brutalement, etc. Je t'ai souvent dit de prendre ton temps, t'ai expliqué le délice érotique de sentir ma queue, mes testicules, désirés avant consommation. Mais, non : j'ai toujours l'impression d'entendre "miam !" quand tu plonges sur ma queue... Enfin, là, la taille remarquable de mon gland semble te donner du fil à retordre ; c'est une première ! Donc, tu cherches un angle d'attaque, tu l'enrobes partiellement de tes jolies lèvres, tu embouches puis relâches, tu lèches pour te reposer. Là, j'ai de l'érotisme ! Te voir faire est un délice, surtout ainsi, à plat ventre, les jambes battant l'air comme la queue d'un chat qu'on taquine, ton cul rebondi caressé par cette lumière matinale. Le reflet du grand miroir m'offre un point de vue différent du spectacle direct. J'apprécie.
Je te laisse nous régaler un moment mais mon besoin de passer à l'action est trop fort ! Je t'enlève ton jouet de la bouche, te bascule sur le dos. Tes seins apparaissent, tels deux monts Saint-Michel miniatures, fermes, pointus, parfaits pour une Normande. Tu frémis et gémis lorsque je les attaque, mais jamais tu ne les retires. Au contraire, tu fais des contorsions ophidiennes pour que mon attention soit également distribuée. Ma lance pulse et luit, oh, si prête ! Je sais que, toi aussi, tu es en train de fondre, entre tes jambes : cette main te trahit, que je surprends du coin de l'oeil revenir d'entre tes cuisses pour mieux y repartir. N'y tenant plus je viens te chevaucher ; ma verge laisse une traînée visqueuse de ton sein droit à ton ventre doux et plat. Enserrée par mes cuisses, bras plaqués sur le drap au-dessus de ta tête, poignets bloqués par mes mains, tu attends que ma bouche se pose sur la tienne, que nos langues s'explorent. Puis en accord silencieux, je me retrouve entre tes cuisses ouvertes, ma queue placée contre tes lèvres intimes. Je reste immobile un petit instant, juste le temps de te tester, juste le temps pour que, d'impatience, tu bascules ton bassin pour tenter de me faire coulisser en toi. Et là, je pousse.
Avoir conscience de mon gland qui écarte les nymphes d'une femme, percevoir intimement l'accueil que me fait le fourreau serré de son vagin, le sentir qui m'accommode alors même que mon membre le dilate, éprouver ce délicieux frottement langoureux de mon gland contre le velours de sa paroi, autant de sensations que j'associe pleinement à l'expérience du sexe en tant qu'homme. Et là, à ce moment, je ressens chaque millimètre de mon glissement onctueux dans tes profondeurs : mes dimensions temporairement remarquables compensent les dimensions généreuses de ton temple. Tu le sens également : yeux bleus écarquillés plantés dans les miens, lèvres roses et bombées formant un O plein de surprise et d'érotisme. Pour quelques instants je me sens surhomme. Pour quelques instants, je suis dans la peau d'une star de porno. Pour quelques instants, je me dis que - tout de même - la taille compte. Alors, je pousse mon avantage, je soulève tes cuisses, place tes chevilles sur mes épaules. Le O s'agrandit: dans cette position, ta chatte est bien plus serrée sur ma hampe.
Je démarre, genre locomotive à vapeur, le piston puissant mais lent au départ, puis progressivement plus rapide jusqu'à mon rythme de croisière. Pour un peu, la vapeur me sortirait des oreilles avec un "woohoooo !” retentissant. Plus je pousse à chaque coup de reins, et plus je fais monter tes jambes. Je te plie, te tord, t'écrase sous moi. À chacun de mes coups de bassin, tes seins si fermes oscillent sur leur base ; on les dirait montés sur des ressorts. Leurs tétons sont tellement gonflés, si glorieusement pointés, que je m'interroge : est-ce délicieux pour toi ou un peu douloureux ? Action, réaction : le cadre du lit bat la mesure contre le mur et je me demande si les pieds vont tenir... Lorsque j'abaisse mon regard vers la conjonction intime de nos deux corps, je vois la mécanique du plaisir en action : mon axe de chair qui te baratte, la répétition du choc élastique de nos bassins. Toi, les jambes rabattues contre ton ventre, les bras derrière la tête, en appui contre le mur pour ne pas venir t'y cogner, tu es passée des gémissements aux halètements, et maintenant tu cries à chacune de mes poussées. Action, réaction : lorsque tu sens venir ton orgasme, tu essaies de t'arquer sous moi, de dégager tes jambes. Mais je te bloque de mon poids, je te veux purement réceptrice : pliée comme tu es, tu ne peux rien contrôler, rien diriger. Tu ne peux que laisser l'explosion t'envahir lentement. Je suis fasciné par ton visage crispé, par ta bouche ouverte, par les sons qui en sortent, si proches de ceux de la souffrance, et pourtant... T'ai-je déjà fait jouir de la sorte ? Maintenant, je te taraude, je me fiche en toi comme jamais et, lorsque dans un dernier cri, tu es balayée, je suis à mon tour traversé, de l'anus au bout du gland, et je me vide en longs jets tout au fond de ton corps.
Dans le calme soudain, il n'y a plus que nos respirations hachées. Je te libère de mon poids. Tes jambes glissent de mes épaules. Je me désengage de tes profondeurs huilées. Tu restes amorphe. Je roule sur le côté. Le miroir nous renvoie l'image de ta vulve ouverte, enflammée, de tes jambes écartées comme elles sont retombées. Ta respiration se régularise. Je ne suis plus l'avatar d'un dieu du sexe. "Eh bé...", je t'entends dire, "bonjour les courbatures...". Bien que j'en aie apprécié chaque seconde, je me sens soudain un peu honteux de m'être ainsi imposé physiquement. Lorsque je me tourne vers toi, cependant, tu es tout sourire. "Mais, quel pied !”, tu ajoutes. Mais déjà tu me presses pour aller prendre notre petit déjeuner avant qu'il n'y ait plus rien à manger. C'est vrai qu'il fait faim après un tel effort. Tant pis, la douche sera pour après... Je tire encore sur mon t-shirt que tu me guides déjà dans le dédale pour parvenir à la grande cuisine.
Lorsque nous en franchissons la porte, les voix que nous entendions en nous approchant s'éteignent : une bonne douzaine de paires d'yeux nous fixent. Suivant leurs propriétaires, les regards sont amusés, goguenards, hilares, intéressés, émoustillés, voire légèrement réprobateurs. Et puis l'ovation éclate. Nous restons immobiles, debout près de la longue table, interloqués, hésitants. Quand les rires et commentaires grivois, bien que bons enfants, s'apaisent, une voix claire retentit : l'amie d'enfance de Patricia qui lui lance, "Celui-là, dit donc, tu le gardes !". Abasourdi, rouge de confusion et de gêne, je finis par comprendre que le mur de la chambre de bonne, la chambre d'où nous ne gênerions personne, ce mur contre lequel le lit battait la mesure, ce mur sur lequel tu prenais appui, ce mur à trente centimètres de ta bouche d'où jaillissaient si librement tes cris de plaisir, ce mur donne sur la cuisine. C'est ainsi que, pendant plus d'une heure, toutes les personnes présentes dans cette pièce ont pu suivre les moindres péripéties de notre partie de sexe alimentée par des semaines d'abstinence et de désirs retenus...
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Je te mange
Je te mange avec les yeux.
Mon regard effleure et lèche,
Se perd dans tes fins cheveux,
Goûte aux reflets de tes mèches.
Je te mange avec les doigts.
À la source de tes lèvres
Je tâtonne et te pourvois
De l'empreinte de ma fièvre
Je te mange avec l'esprit
Qui ne s'est pas rassasié
Pourtant si longtemps épris.
Est-ce ceci être extasié ?
Je te mange avec le cœur,
Pulsant, battant la cadence
De mes reins contre ta fleur,
Mon amour sans échéance.
Je te mange de tout mon corps.
Toute ma peau qui caresse,
Tous mes os sans un remord,
Toute ma chair en liesse.
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Le sauna
Cette histoire est intégralement basée sur la notre mais j'ai tissé le fil érotique un peu plus serré que nous ne l'avons perçu à l'époque. C'est plus fun comme ça.
Berlin. Berlin-Est, précisément. Le mur est tombé il y a cinq ans mais l'ex-RDA n'a pas encore eu le temps de se transformer. La population est encore sous le coup de ce changement énorme : la démocratie et la liberté de circuler, mais aussi la fermeture des entreprises d'État mettant des dizaines de milliers d'hommes et de femmes au chômage. Jusqu'aux laboratoires des universités qui ferment... Les choses iront mieux dans le futur proche mais personne ne le sait encore.
Tout l'Est de la ville est en niveaux de gris. On pourrait se croire dans un film en noir et blanc des années 50. Des Trabans poussives pétaradent et enfument l'air des rues; les grosses Mercedes sont encore rares de ce côté. Il est vrai que les rues sont en piteux état et qu'il n'y a pas grand chose à faire pour les ex-Allemands de l'Ouest de ce côté de la nouvelle Allemagne, en dehors d'affaires plus ou moins officielles. Sur leur crépi sombre, les bâtiments portent encore les traces des balles de la Seconde Guerre Mondiale. Il est commun de croiser un convoi de véhicules militaires de l'Armée Rouge. L'URSS est encore en train de vider ses casernes...
Nous sommes venus à l'invitation de Katarina, la correspondante allemande de ma compagne, Lelmera. Elles échangeaient depuis de nombreuses années, mais ne pensaient jamais se voir. Alors, dès l'été suivant la chute surprise du mur et l'effondrement de l'URSS, elles ont cherché à s'organiser pour cette rencontre. Trois ans plus tard, à l'été, nous arrivons au volant d'un véhicule emprunté à mes parents. Katarina habite chez ses parents, dans le quartier Köpenick de Berlin Est. Ses parents lui ont laissé leur appartement pour qu'elle puisse nous accueillir pendant les trois jours de notre séjour.
Dans la lumière déclinante du début de soirée, notre véhicule tressaute sur les pavés de la rue bordée d'arbres qui s'ouvre devant nous. Les longues ombres projetées par le soleil couchant, bas dans notre dos, rendent difficile d'éviter les nids de poules. Carte de Berlin sur les genoux, ma compagne essaie de se repérer pour nous guider vers notre destination. Le soleil vient de disparaître derrière les bâtiments lorsque nous trouvons la rue transversale, puis l'immeuble. Alors que nous sortons de la voiture, un appel nous fait lever la tête : Katarina. Elle savait à peu près l'heure de notre arrivée après 1500 Km, mais cette surveillance est l'indication de la charge émotionnelle que cette visite a pour elle.
Nous atteignons l'étage. Deux personnes nous attendent avec un sourire qui leur fend le visage : Katarina, et un jeune homme blond avec une petite moustache fine. Nous comprenons que Armin est le copain du moment de notre hôtesse. Ma compagne et Katarina se prennent dans les bras, pleurent et rient en même temps, parlent à toute vitesse en allemand, que je ne comprends quasiment pas. Puis Katarina se tourne vers moi. Elle est grande avec une jolie silhouette, une chevelure mi-longue brune et bouclée, un visage à la mâchoire inférieure un peu massive, mais plaisant et expressif, des yeux bruns et intelligents. Elle m'enlace et me sert contre elle, pressant de petits seins contre ma poitrine. Elle est chaude, et douce. Je la tiens contre moi jusqu'à ce qu'elle recule. Je vois qu'Armin a enlacé serré ma compagne, ses grandes mains dans le bas de son dos. Je me dis qu'il doit s'agir d'une coutume allemande, mais lorsque Armin se tourne vers moi, je n'ai droit qu'à une bonne poignée de main...
L'appartement est petit, deux chambres, une cuisine, un petit salon, un combiné salle de bain et WC. Une espèce de condensé d'un appartement des années 50 : gros interrupteurs électriques, abats-jour aux lampes, papier peint à motifs végétaux kitch, meubles formica, table basse à trois pieds obliques, etc. Cependant, il appartient en propre aux parents de Katarina. Une chance dans cette période de pertes d'emplois et d'augmentation dramatique des prix. Nous dormirons dans la chambre des parents, juste à côté de la chambre de Katarina. Elle et Armin ont préparé un dîner que nous prenons grand plaisir à partager avec eux, généreusement accompagné de bière. Il y a beaucoup de rires et de joie ce soir-là, mais la fatigue du voyage finit par avoir raison de nous. Une fois dans notre chambre, nous entendons un moment Katarina et Armin parler au travers de la fine cloison, préparant probablement la visite de Berlin Est prévue demain, puis nous sombrons dans le sommeil.
Lorsque nous nous levons tard dans la matinée, Armin est parti travailler. Il nous rejoindra ce soir. Katarina a préparé un petit déjeuner allemand qu'elle prend plaisir à nous décrire. Elle laisse le soin à ma compagne de traduire car elle ne parle quasiment pas anglais. Je l'observe pointer les mets et dire quelques phrases pour chaque. Elle est jolie lorsqu'elle sourit, habillée en jeans plutôt moulants et T-shirt. Pas de soutien-gorge pour Katarina : au hasard de ses mouvements le vêtement un peu lâche vient parfois se plaquer contre sa poitrine peu abondante. J'attends avec intérêt les moments où ses tétons frôlent et tendent le tissu. Se dessinent alors deux délicats renflements qui tracent des pistes jumelles éphémères sous le tissu et dans mon esprit.
La visite de la ville en sa compagnie est émouvante, en particulier lorsque nous atteignons les restes du fameux mur, couverts de magnifiques graffitis du côté Ouest, terminé d'être démantelé un an auparavant. Elle nous décrit les fuites, les morts; des larmes brillent dans ses yeux. Nous passons devant Hohler Zahn (la « dent creuse »), une église partiellement détruite pendant les bombardements de Berlin en 1943, gardée telle qu'elle en mémoire de ces raids, puis nous nous rendons sur Checkpoint Charlie. Katarina nous parle de la difficile transition vers l'économie de marché pour les ouvriers comme Armin mais également de l'opportunité que cela représente pour les étudiants comme elle. Dans la soirée, fourbus, nous rejoignons Armin dans une brasserie. Au menu, porc sous toutes ses formes, pommes de terre, rollmops et, bien sûr, pintes de bière !
Armin semble particulièrement heureux de revoir ma compagne. Il est vrai que, plutôt petite, fine, avec de très longs cheveux noirs, elle incarne une certaine idée du charme et du sex-appeal français. En plus elle parle couramment allemand alors il peut la draguer, un peu lourdement peut-être, sous le regard légèrement réprobateur de Katarina qui ne souhaite pas voir son amie mal à l'aise. Après-demain Armin ne travaillera pas ; il propose donc que nous fassions l'expérience du sauna, que ni moi ni ma compagne ne connaissons. Intrigués, nous acceptons. L'atmosphère est chaude, joyeuse, légère et, si Armin fait du gringue à Lelmera, je constate que Katarina me fait subtilement du charme, peut-être en rétorsion ? Au retour vers l'appartement nous sommes tous légèrement ivres et joyeux. En charge du volant je roule au pas dans les rues peu éclairées de la banlieue de Berlin Est. Heureusement que la lune est pleine...
A l'appartement, une certaine confusion amusante se produit ce soir-là pour le partage de la petite salle de bain avant le coucher. Nous discutons dans la cuisine pendant qu'Armin va et vient torse nu. Il est fin, musclé, le ventre plat, les épaules carrées du fait de son emploi physique, une pilosité légère et claire. Plus tard cette nuit, Lelmera me dira qu'elle voit bien pourquoi Katarina l'a mis dans son lit. Il est vrai que les deux sont un peu dissonants, elle plutôt intello et lui clairement peu, mais l'attrait physique a ses propres impératifs. En attendant il se fait gentiment rabrouer par Katarina et lui cède la place. Elle ressort bientôt de la salle de bain en T-shirt, dévoilant de jolies cuisses, nous souhaite bonne nuit, et c'est notre tour.
Le lendemain le temps est radieux. Katarina nous accueille dans la cuisine. En culotte, elle est resplendissante dans une chemise claire qui ne descend pas bien bas sur ses cuisses. Le fin tissu laisse deviner ses petits seins lorsqu'elle passe dans le soleil qui illumine la pièce. Elle a effectivement de très jolies jambes bronzées et sa culotte, sage, souligne un derrière souriant. Lelmera a les yeux qui pétillent en me regardant : elle sait que j'aime les femmes en culotte et chemise, surtout quand celle-ci n'est pas trop couvrante... D'ailleurs, vu l'ambiance relaxée, elle n'a elle-même pas mis de pantalon. Quant à moi, j'ai toujours pensé qu'un homme en T-shirt et slip est généralement peu sexy, contrairement aux femmes...
Katarina n'est pas disponible pour nous accompagner aujourd'hui; nous passons donc tous deux la journée dans Berlin. La ville est immense à parcourir à pied et le temps est orageux mais nous parvenons secs au Reichstag qui n'est qu'un simple monument historique. Personne n'a encore osé parler officiellement de refaire de Berlin la capitale de l'Allemagne, au risque de réveiller certaines craintes. Le Bundestag est toujours à Bonn, la ville pépère des gouvernements allemands d'après-guerre. Poussant plus loin, une averse nous surprend alors que nous parcourons l'avenue Unter den Linden et, comme de nombreux Allemands, nous passons sous la porte de Brandebourg maintenant libérée du no man's land entre les deux parties de la ville. Nous sommes exténués lorsque nous rejoignons l'appartement et nos hôtes.
Pour cette soirée, Kararina et Armin ont prévu un dîner typique que nous les aidons à préparer. Dans la petite cuisine l'espace restreint nous contraint à nous tenir proches, parfois nous frôler en passant devant ou derrière les uns des autres. J'observe que je ne suis pas le seul un peu perturbé : Armin pose fréquemment les mains sur les épaules ou les hanches de Lelmera, histoire de la déplacer ou de lui donner un conseil. Je ne jurerais pas que ça déplaît à celle-ci... Je ne me permets pas la même chose avec Katarina mais lorsqu'elle passe si près je ne peux pas ignorer le parfum délicat qu'elle porte. C'est troublant. Le repas est excellent, la soirée longue. Katarina est curieuse au sujet de notre rencontre, vie de couple et même, délicatement, notre sexualité. Lelmera, confuse, traduit au mieux, et s'empêtre un peu dans son allemand pendant que je me demande où Katarina veut en arriver avec ses questions. Nous ne sommes pas prudes mais il est difficile de déterminer le niveau de réponse qu'il faut apporter... Finalement, crevés, nous allons nous coucher sans être plus clairs sur le sujet mais, vu les sons étouffés, doux et rythmiques, qui nous parviennent de l'autre chambre, certains ont un trop-plein d'énergie...
Le petit déjeuner du lendemain est toujours aussi plaisant. Lelmera a cependant passé un pantalon ; je soupçonne qu'elle essaie de calmer l'enthousiasme d'Armin, ne serait-ce que pour ne pas froisser Katarina. Celle-ci est encore en chemise et culotte. Décidément j'aime bien les petits déjeuners allemands... Il fait chaud aujourd'hui, alors les filles se mettent en jupes, les gars en shorts. Ce matin nous visitons Postdam, l'ancienne ville de résidence des rois de Prusse, célèbre pour son palais de Sanssouci. Malgré la proximité de Berlin l'atmosphère est champêtre, grâce aux parcs et au bleu du ciel, mais lorsque nous passons près de la ville militaire n°7, longtemps utilisée par le KGB, nous constatons que l'armée soviétique est encore bien présente dans le pays ; rappel glaçant que nos hôtes sortent d'un autre univers : ils parlent aussi russe, pas anglais...
Mais pour l'instant, les jupes légères de Katarina et de ma compagne me servent de contrepoison en flottant dans le vent léger qui dévoile facétieusement leurs cuisses par moment. Il me souffle ce que Souchon chantera bientôt, que la seule chose qui tourne sur cette terre c'est les jupes des filles. Lorsque, dans l'après-midi, il est temps de nous rendre au sauna, les heures nous semblent avoir filé dans une autre dimension elles aussi. Nous repartons vers Berlin-Est. Après avoir parcouru un dédale de rues, nous parvenons devant un vieux bâtiment. Une porte sans inscription particulière donne sur les locaux du sauna. L'intérieur est clair, propre. Nos hôtes semblent des habitués car ils nous guident sans hésitation vers une pièce présentant des casiers; un vestiaire, à l'évidence.
Nous nous déchaussons avant d'entrer pour ne pas salir le sol. Lelmera nous a pris des maillots de bain et nous cherchons encore des yeux les cabines pour nous changer lorsque les mouvements de Katarina et Armin attirent notre attention : ils sont très naturellement en train de se dévêtir. Il n'y a pas de serviettes non plus dans cette pièce... Je croise les yeux de ma compagne et je lui souffle "A Rome, fait comme les Romains". Nous nous retrouvons tous les quatre nus, plaçons chaussures et vêtements dans des casiers libres puis suivons nos hôtes. Nous sommes encore sous le coup de la surprise ; les fesses rondes et la taille fine de Katarina, le dos musclé et le membre viril un peu gonflé d'Armin ne s'impriment pas vraiment dans nos esprits mais nous commençons à comprendre les coups de sonde de Katarina la veille...
Nous débouchons sur un espace large et carré, illuminé par une verrière en guise de plafond. Sous la verrière, une piscine vide de baigneurs. Sur les pourtours, des cabines de sauna d'un côté, des ouvertures s'ouvrant sur un espace de conversation sur le côté opposé. Sur les deux autres côtés des douches, et des salles de relaxation où la lumière est très faible. Ici et là des hommes et femmes aussi nus que nous vont et viennent. Nos hôtes ne nous emmènent pas directement vers les cabines de sauna, ni vers les douches, mais font le tour de la piscine pour se diriger vers l'espace de conversation. Katarina nous dit que nous allons y boire un verre. Nous nous installons à une table dans une stalle pendant qu'Armin va commander au bar.
La population des lieux est dans l'ensemble plus âgée que nous mais il y a peu de personnes de plus de 60 ans. Plusieurs femmes sont particulièrement attractives et je fais attention à ne pas trop laisser traîner mes yeux avant de me rendre compte que ça mate pas mal autour de nous. Au temps pour l'approche naturelle de la nudité dans la culture allemande... ; ici au moins, les yeux parcourent les corps et les sourires s'attardent lorsque la plastique plaît. Armin revient s'installer avec nous; lui non plus ne laisse pas sa part au chat : un grand sourire aux lèvres, il dévore littéralement des yeux les jolis seins de Lelmera. Si elle est mal à l'aise, elle ne le montre pas et se comporte avec naturel malgré une légère rougeur.
Katarina ne semble pas trouver à redire à ça. Je suppose que dans le contexte du sauna les règles sociales sont différentes. Une fois nos boissons servies, rien d'alcoolisé de par la règle des lieux, et qu'une conversation va bon train avec Lelmera, j'en profite donc pour observer Katarina qui me fait face. Comme je l'avais deviné ses seins sont petits mais je peux maintenant voir qu'ils sont plaisamment perchés et présentent deux jolis tétons charnus. Son cou paraît long maintenant qu'il est dégagé d'un col, et ses épaules sont un peu étroites mais agréablement modelées. Je ne peux voir que le haut de sa taille fine et son nombril, mais quand je remonte les yeux je constate que ses tétons ont nettement commencé à s'ériger. Levant plus haut mon regard, je constate qu'elle n'est plus dans la conversation et me regarde avec un demi-sourire et une lueur d'intérêt dans les yeux, avant de reprendre le fil de la discussion.
Ce regard allume une étincelle en moi, et ma verge se gonfle en réaction... Tant que je reste assis derrière la table la sérénité publique sera respectée, mais il faut que je baisse pavillon avant de me lever ! Évidemment Armin choisit ce moment pour nous indiquer qu'il est temps d'aller suer un coup. Il se lève, et je peux constater que lui ne cherche nullement à cacher une demi-érection. Vu comment il se tient tourné vers Lelmera, il est même certain qu'il en est fier. Son engin, bien que pas particulièrement long, m'apparaît massif alors qu'il n'est même pas en érection complète. Je me glisse hors de la stalle à mon tour. Ma queue est gonflée mais pas suffisamment pour être dressée. Finalement je me dis que le résultat est moins ridicule, dans le contexte, qu'une érection rigide ou un membre tout recroquevillé... J'emboîte le pas à Armin non sans surprendre le coup d'œil de Katarina sur mon sexe et la rougeur maintenant plus prononcée de Lelmera qui, elle aussi, a constaté mon état.
Nous contournons de nouveau la piscine. Des gens s'y jettent en sortant des saunas puis nagent rapidement jusqu'à un escalier de sortie de l'eau. Katarina nous dit que c'est ce qu'il nous faudra faire également. Je me dis que, du coup, la sueur de toutes les personnes finit dans cette piscine... Mais, bon, à Rome fait comme les Romains, et puis l'eau semble cristalline ; je suppose qu'elle est filtrée efficacement. Nous prenons place dans une cabine. Sur les gradins de bois il y a la place pour une douzaine de personnes mais il n'y a que trois autres occupants. Katarina prend des serviettes propres dans un bac, nous en tend chacun une, et nous indique les bancs les plus bas. C'est ici que la température sera la plus basse et c'est préférable pour nous puisque c'est notre première fois. Elle s'installe sur le niveau au-dessus tandis qu'Armin s'installe plus haut.
La chaleur sèche fait rapidement perler des gouttes de sueur sur nos corps. Ça fait comme des bijoux sur le corps des filles. Les serviettes sur lesquelles nous sommes assis absorbent les perles qui leur roulent sur le cou, glissent lentement en traçant la courbe de leurs seins, sinuent le long des flancs et de l'évasement des hanches, avant de disparaître sous elles. Le thermomètre indique 70° C. 10° en moins pour nous, 20° en plus pour Armin. Katarina se tourne et s'incline pour lui parler. Sa hanche se soulève alors qu'elle pivote sur une fesse, dévoilant sa fente brillante. Fasciné, je ne pense même pas à détourner les yeux. A bien moins d'un mètre de moi, il me suffirait à peine de tendre le bras pour glisser les doigts entre ses lèvres mouillées de sueur...
Alors qu'elle se remet droit un employé du sauna entre dans la cabine pour verser un petit baquet d'eau sur la source de chaleur qui ressemble à des blocs de roche. Un nuage de vapeur envahit la cabine. Il ne fait pas physiquement plus chaud mais l'impression de cuire augmente nettement, en plus de la sensation d'étouffement. Je comprends maintenant le choix de nous installer en bas ! Au bout de 10 mn Katarina se lève et nous dit de la suivre. Sa toison bien entretenue est parsemée de joyaux, comme celle de Lelmera. Nous sortons de la cabine et suivons Katarina qui saute joyeusement dans la piscine. L'eau n'est pas vraiment glaciale, mais le contraste avec le sauna est vraiment saisissant et ne donne pas envie de batifoler ! Quand nous atteignons l'escalier, les tétons des filles sont resplendissants alors que mon pénis a perdu toute sa superbe...
Nous prenons une douche tiède pour nous laver de toute sueur que la piscine n'aurait pas enlevée, discutons un peu de l'expérience, puis nous retournons dans la cabine retrouver Armin. Nous faisons ce cycle deux fois de plus avant de sentir que nous avons notre dose. Après la dernière douche nous nous séchons pour de bon, jetons les serviettes dans un autre bac, et nous nous dirigeons vers les vestiaires. Lelmera pose une question au sujet des salles de relaxation. Katarina s'arrête et répond, l'air interrogateur mais souriante. Armin s'esclaffe. Lelmera secoue la tête en riant mais je sens de nouveau une certaine confusion. Alors que nous nous habillons elle me dit en a parté que ces salles sont parfois utilisées par des couples pour se "relaxer" sexuellement. Si la porte est ouverte, on peut rentrer, mais si la porte est fermée, prière de patienter. Katarina lui avait demandé si nous désirions nous "relaxer". Décidément, l'ex-Allemagne de l'Est est plus ouverte que je ne pensais...
Nous déposons nos hôtes à leur appartement et nous allons chercher un restaurant dans une rue pas trop loin : ce soir c'est notre tour d'inviter nos hôtes. Nos finances d'étudiants ne sont pas larges mais nous leur devons ça. Nous allons dans un restaurant français nouvellement installé et de bonne réputation mais qui n'a pas encore eu le temps d'être ruineux... Les réservations cependant sont requises. Armin et Katarina sont enthousiastes lorsque nous nous rendons au restaurant un peu plus tard dans la soirée. Les différents plats sont effectivement très bons, les déserts sont excellents, et nous faisons honneur aux vins. Les discussions tournent pas mal autour de nos réactions à l'expérience du sauna, les commentaires coquins fusent, les yeux brillent. Le sourire malicieux de Katarina me fait franchement regretter de dépendre autant de Lelmera pour communiquer... Le retour à l'appartement est un petit peu vacillant ; heureusement que nous sommes à pied !
Une fois dans la place, la cérémonie de la toilette prend place mais alors, celle-ci terminée, Katarina prend Lelmera dans ses bras pour une longue embrassade. Il est vrai que nous repartons demain. Elle cède la place à Armin et se tourne vers moi les yeux brillants. Je la prends dans mes bras et la sensation de ce corps chaud, peu vêtu et sentant ce même parfum que la veille, est plus que troublante; complètement tentante à vrai dire... Je respire son cou en la tenant aussi serré qu'elle me tient serré. Je réalise bien que nous sommes tous un peu pompettes, et je me dégage doucement. Y a-t-il une trace de regret dans son attitude ? Elle sourit, prend Armin, toujours enroulé autour de Lelmera, par la main et le tire à sa suite dans leur chambre au bout du couloir. Mais ils laissent leur porte ouverte...
Je me tourne vers Lelmera et je chuchote "La porte est ouverte...". Pour moi le signal est clair : nous sommes invités à nous "relaxer" en la compagnie de nos hôtes. Lelmera regarde la porte ouverte, me regarde, regarde la porte, puis souffle "Tu es bête...". Je regarde la porte, toujours ouverte, "Euh, non, je crois vraiment qu'ils attendent qu'on se décident...". Elle se décide, prend ma main, et m'entraîne. Dans notre chambre. Alors qu'elle ferme doucement la porte. Je la regarde en souriant et je lui dis tout bas "C'est dommage...". Mais mon aimée n'est pas prête. Peut-être un jour, mais pas aujourd'hui. Nous nous dévêtons sans parler et nous glissons nus entre les draps, trop vibrants pour pouvoir dormir. La tonalité de la soirée et ce dernier rebondissement ne tiennent pas que nous éveillés : dans le silence de la nuit un doux gémissement familier nous parvient. Je pose un baiser sur l'épaule de Lelmera, "Autant les accompagner, non ?". Pour réponse, elle se laisse aller contre moi pour un baiser où sa langue cherche la mienne.
Cette nuit-là, je l'avoue maintenant, ce n'est pas vraiment à Lelmera que je faisais l'amour. Et à ses réponses, je soupçonne qu'elle avait un certain jeune homme blond en tête. Tout en glissant la langue en elle, en tournant amoureusement autour de son clitoris, en lui tirant les mêmes doux gémissements qui nous venaient maintenant plus forts de l'autre chambre, j'ai la conviction qu'il en était de même pour nos hôtes. Qu'au travers de Katarina, Armin tirait les notes du plaisir de Lelmera et que Katarina enserrait ma tête entre ses cuisses pour goûter à la douceur de ma langue. Ainsi, nous avons joué les gammes du plaisir sur vos seins, nos pénis, vos clitoris, nos bouches, nos peaux pendant de longs préliminaires. Séparés mais réunis dans le même but, la même tension. Saisis dans vos bouches aimantes, léchées par nos langues gourmandes, explorés et retournées. Enfin, vous avez ouvert vos cuisses pour être pénétrées par nos membres gonflés. Lorsque je suis entré en Lelmera, écartant les lèvres de sa fente et glissant dans son fourreau, et que j'ai entamé ce va et vient vigoureux qu'elle aimait tant, c'était aussi une autre que je pilonnais. Lorsque Katarina a crié son plaisir sous l'assaut de nos queues, c'était également Lelmera que ces queues ramonaient. Séparés, mais pas vraiment.
De l'autre chambre viennent maintenant des cris mal étouffés de plaisir féminin, des halètements et gémissements d'un homme plongé dans ce délicieux effort du bassin et des cuisses. Je peux les voir dans mon esprit, Katarina et Armin, chevauchant le long du précipice, se synchronisant sur le bon moment pour sauter. Sous moi, le visage enfoui au creux de mon épaule, ses talons pressant sur mes fesses, encourageant le rythme, Lelmera vole. Elle, si mesurée d'habitude dans l'expression de son plaisir, émet un son qui semble jaillir par saccade du fond de sa gorge. Je veux la contempler, je veux voir sa bouche ouverte, ses yeux fermés par la concentration, ses joues rouges devant la vague qui vient, mais ses bras autour de mon cou me tiennent fermement, m'empêchent délibérément de changer le contact, l'angle d'attaque. Je halète et je gémis également dans l'effort soutenu. Ma queue est un piston puissant enchâssé dans un fourreau moelleux. Sa base caresse le clitoris de Lelmera à chaque poussée, faisant naître des étincelles dans sa tête.
De la chambre de Katarina et Armin monte soudain une exclamation modulée dans laquelle un rire de délice se discerne. Je sens alors Lelmera s'arquer sous moi. Ses cuisses douces me serrent fortement, et de sa gorge jaillit sa propre modulation. Je maintiens la cadence mais je la sens jouir sur un autre rythme : celui de Katarina ! Et j'ai soudain l'intuition que celle-ci s'aligne de son côté sur la jouissance de Lelmera. La vague passée, le corps de Lelmera se détend alors que dans l'autre chambre ne s'entendent plus que les grognements d'Armin. Il semble accélérer le rythme pour jouir. Au contraire, je ralentis le mien et je me fond dans la sensation qui m'envahit, qui part de mon anus et progresse vers mon gland. Je m'enfonce profondément puis ressort presque de Lelmera, et je recommence, et je recommence, et je recommence jusqu'à ce que l'orgasme me prenne. Lelmera est pantelante mais je l'entends jouir de nouveau, doucement à mon oreille, alors que je me vide au fond de son corps en une dernière contraction de mon anus et de mes testicules. Les jets sont forts. J'entends une voix qui dit son plaisir, et je réalise que c'est la mienne. De l'autre chambre se fait entendre un petit rire - Katarina - puis c'est le silence du sommeil.
Plus tard dans la nuit Lelmera se lève pour uriner et nettoyer le sperme qui lui coule doucement entre les cuisses. Lorsqu'elle revient contre moi elle murmure "Pas étonnant qu'on les entendait aussi bien : les deux portes étaient ouvertes..."; la leur qu'ils avaient à l'évidence laissée ouverte, et la nôtre qui s'était largement entrouverte parce qu'en la fermant sans vouloir faire de bruit Lelmera ne l'avait pas vraiment clenchée. Je souris et lui répond "Et on n'a pas été vraiment discret non plus...", mais elle ne fait pas de commentaire. Finalement l'invitation librement donnée a été fortuitement acceptée.
Le lendemain nous nous habillons, préparons nos affaires car nous partirons tout à l'heure, puis retirons les draps. Une belle auréole trahit nos activités de la nuit... Ceci m'amène à me demander comment me comporter envers Armin et Katarina ce matin. Je pose la question à Lelmera et constate qu'elle se questionne aussi. Bon, nous verrons bien... Dans la cuisine nous retrouvons nos hôtes. Armin a un grand sourire et me fait un clin d'œil ; pas de soucis de ce côté au moins. Katarina nous dit bonjour mais son comportement trahit un léger embarras, et lorsque les regards des deux filles se croisent leurs visages rougissent rapidement. Je trouve ça tout à fait charmant. Katarina n'évite cependant pas de me regarder dans les yeux et je peux y retrouver la lueur d'intérêt qui s'y trouvait au sauna. L'attitude très posée, pratique, d'Armin finit rapidement par nous rattraper et le petit déjeuner se déroule sans allusion à la nuit précédente. Cependant, lorsque Lelmera glisse à l'oreille de Katarina le sujet du drap taché, celle-ci se contente de secouer la tête et de lui prendre la main avec un sourire. Lorsqu'il est temps pour nous de les quitter, Armin s'enroule autour de Lelmera puis me sert la main avec un nouveau clin d'œil. Katarina se presse à tour de rôle dans nos bras. De sa part nous avons droit à une coutume française : une bise, qui me semble nettement plus prononcée que strictement nécessaire, et qui laisse une agréable sensation sur ma joue.
Katarina et Armin viendront nous rendre visite en France deux ans plus tard, mais le contexte étant différent les portes resteront fermées... Un an encore et Katarina aura fait le tour du bel Armin puis sera partie étudier en Angleterre. Trois ans après, elle sera à un poste à responsabilités internationales. Pas mal pour une fille ayant grandi derrière un mur et qui ne parlait, parce qu'il le fallait bien, que russe comme langue étrangère. Et je continue à me dire que nous aurions dû franchir le seuil de cette porte ouverte...
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Culottes
Je t'aime dans ces culottes offertes à mes regards,
Le soir dans notre lit, le matin au lever,
Secondes peaux joyeuses moulant une œuvre d'art,
Dont le doux rebondi jamais ne m'a lassé.
Noires ou colorées, elles mettent en valeur
Tes cuisses de velours qui s'y joignent en secret,
Pour mieux s'en échapper tels deux traits de vapeur
Dans lesquels j'aime tant me sentir embrumé
Elles me donnent le choix, par le haut, par le bas,
Pour naviguer ton corps, y poser mes repères.
Si je les prends de haut, il faut que par à-plats
Je trace de la langue la forme de tes mystères.
Si je m'y glisse tout bas, il faut que je retrousse
La lisière du tissu sur ta peau frémissante,
Mouvement de mes doigts, effleurant, sans secousse,
Pour exposer enfin tes fesses opalescentes.
Quand tu vas et tu viens, tes culottes, sémaphores,
Signalent à ma conscience le ciseau de tes jambes,
Je te regarde, ému, désirant tout ton corps,
Espérant t'embarquer où le plaisir flambe.
Tendue sur un trésor, une fleur jolie,
Seconde peau soyeuse ? Plutôt un traquenard...
Que ce soit le matin ou bien toute la nuit,
Que j'aime ta culotte offerte à mes écarts.
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Confusion (partie 2/2)
Ce récit est la suite, et la conclusion du récit précédent. S'il s'enracine dans la réalité, ce récit prend toutefois peu à peu sa liberté, se déploie dans l'imaginaire, dans ce qui aurait pu être mais n'a pas été. Et c'est là que vous intervenez : je vous laisse décider où vous-même préférez placer cette transition, dans cette première partie, entre les deux parties ou dans la deuxième partie, présentée ici.
Lorsque Laurent se retrouve chez elle, il se demande ce qu'il fait vraiment là. Il se rappelle la route sinueuse et sombre dans les collines, il se rappelle leur discussion en chemin, comment elle lui explique avoir cherché qui elle est vraiment, son enfance puis son adolescence à ne jamais coller, se sentir autre, avoir vraiment apprécié les filles au point de sortir avec certaines mais préférer les garçons sans pour autant pouvoir se penser comme gay. Et puis la réalisation, à 17 ans, qu'elle n'est pas là où elle doit être, que son corps lui semble décalé, absent. En cachette elle s'habille en fille, met les sous-vêtements de sa grande sœur, s'observe dans les miroirs. Il lui faut encore quelques années pour s'admettre femme perdue dans un corps d'homme, pour s'informer auprès de la communauté LGBT, pour comprendre enfin qu'elle ne sera jamais elle-même si elle ne transitionne pas. Alors qu'il l'écoute, il se dit qu'il est lui-même sous le coup d'un genre de choc, un trop plein de réalisation d'une facette de lui-même qu'il ignorait. Une fois chez elle, il pense même à repartir, mais le corps de Claire, son sourire aussi, l'ancre dans cette nouvelle réalité.
Laurent la regarde, souple, soyeuse, préparer un thé, un détoxifiant, lui dit-elle, après l'alcool qu'ils ont bu. Elle lui sourit, ses yeux pétillent.
"— J'ai beaucoup aimé ce que tu m'as dit avant que je te suce.
— J'étais sincère."
Oui, sincère, mais il a toujours cette question qui vrombit dans sa tête : à quoi pensait-il vraiment lorsqu'il a dit ça ?
"— Tu sais, il m'a fallu du temps. Il fallait que je puisse comprendre physiquement la femme que je suis, la faire émerger de sa gangue."
Elle se lève et tourne sur elle-même pour se faire admirer.
"— Galatée !
— Pardon ?
— C'est une sculpture de Rodin, une femme qui se détache du marbre. Ça fait référence à une sculpture de Pygmalion qu'Aphrodite a rendue vivante. Enfin bref, tu es très jolie..."
Elle lui lance un sourire éclatant.
"— J'ai toujours été fine, enfin, fluet lorsque j'étais homme."
Par dessus les tasses de thé qui refroidissent doucement, elle lui raconte le traitement aux hormones, une réinjection des graisses pour les seins et les fesses, un peu de chirurgie pour le nez et le menton.
"— Pour la voix, malheureusement, il n'y a pas grand chose à faire...”
Un silence se fait dans lequel il se débat. Doucement, Claire se laisse aller contre lui, lève son visage vers le sien. Laurent l'embrasse, d'abord presque timidement, puis le feu vient. A l'oreille, elle lui souffle.
"— Je veux te sentir rentrer en moi. Je veux sentir tes doigts, je veux sentir ta queue."
Il sent son corps réagir comme une mécanique bien huilée, sa main glisse le long d'une jambe gainée, passe sous la robe, touche la peau lisse et chaude au-dessus du bas, s'arrête... Claire ouvre le pantalon, glisse ses doigts sous le boxer et se met à traîner lentement ses ongles sur la longueur de son pénis. La caresse lui tire des soupirs. La voix basse est toujours à son oreille :
"— J'ai vraiment envie que tu me déculottes..."
Ce moment qu'il adore tant, où ce léger bout de tissu glisse et révèle les merveilles qu'il protège, ce moment, il est là, une part de lui le clame. Laurent se sent rougir en tirant sur le joli tanga brodé. Rougir ! Claire soulève les hanches pour laisser le passage sous ses fesses. Il tire sur la lingerie ajourée en faisant attention à ne pas en faire craquer les coutures, mais Claire reprend les choses en main et il l'observe faire ce délicieux mouvement sinueux qui libère les jambes de leur entrave colorée.
À ce point, il serait déjà en train de retrousser cette robe, d'écarter avec un semblant de fermeté les cuisses de sa partenaire. Il se pencherait vers les délicats pétales nichés à la confluence des lignes douces qu'il remonterait de la langue. Mais il y a cette bosse sous cette robe, pas définie au point de le faire fuir mais indéniablement présente. Confusion.
"— Ne te sens pas obligé..."
La voix de Claire est douce, presque tendre. Laurent ne répond pas, remonte la robe pour exposer un pénis et des bourses parfaitement épilés. Celles-ci sont compactes, bien délinéées. La verge présente un gland circoncis. Elle n'est pas encore gonflée dans sa plénitude mais sa taille lui semble plutôt modeste. En silence, Claire prend sa hampe entre pouce et index et se masturbe lentement, ne lâchant pas son regard. Il se sent tiré vers ce gland presque radiant de sa propre lumière dans l'ambiance tamisée, poussé comme si Claire avait gentiment mais fermement appuyé sur sa nuque. Mais il n'a aucun doute que le mouvement vient de sa propre volonté, de sa propre curiosité. Lorsque son visage n'est plus qu'à quelques millimètres du barreau vivant, il sent l'odeur intime de sa compagne, agréable sans qu'il puisse définir pourquoi, mais pas du tout semblable à ce qu'il connaît de son propre arôme. Laurent ouvre la bouche, et entoure cette chair à la fois si familière et si inconnue. Sa langue tourne, tâte, un peu comme on ferait d'une dent qui manque, pour rétablir notre cartographie mentale. Il goûte la saveur et la texture de la peau fine du gland, un petit peu sèche au début puis rapidement souple, le léger sucré du liquide pré-séminal. La pensée qu'il n'a jamais eu quelque chose d'aussi gros dans la bouche lui traverse l'esprit. Et puis, oui, et puis... il observe, il constate, il comprend, il admet qu'il aime ça.
Il s'active quelques instants, teste quelques allers-retours plus profonds, glisse sa langue le long de la hampe. Le son du soupir de Claire, puis sa voix, le fait revenir de son introspection.
"— On n'est jamais trop sûre avec vous, cishet."
Elle se dégage gentiment de sa bouche mais le sourire qui éclaire son visage ne lui laisse de doute ni sur son appréciation, ni sur la taquinerie. "Cishet", un des mots clefs de la communauté LGBT. Il désigne les personnes qui se reconnaissent dans leur genre, cisgenres, et ont des relations sexuelles avec le sexe opposé, hétérosexuelles. Laurent grogne,
"— Plus trop cishet, du coup...
— Oh, mais si. Mais plus ouvert, comme on vous préfère. Allez, viens."
Elle lui tend la main, le tire du futon, l'entraîne vers sa chambre. Elle se jette sur le lit, l'attire à elle et l'embrasse fougueusement pendant qu'il passe les mains sous la robe. Il apprécie ses cuisses douces, la rondeur de ses fesses. Il dézippe la robe pour avoir accès à la chaleur du creux de son dos. Claire retire le vêtement mais le laisse dégrafer le soutien-gorge. Il est de nouveau en terrain familier. Sa main parcourt les reliefs attendus, les rondeurs élastiques, la peau douce et tendue sur la charpente osseuse, le ventre plat. Mais lorsqu'ils glissent plus bas, ses doigts heurtent le pénis de Claire, et lorsqu'il roule sur elle il le sent s'imprimer dans son abdomen ou croiser le fer avec son propre pénis. Laurent finit par en rire,
"— Il y a trop d'équipements, là en bas !
— Peut-être que si tu y penses comme un clitoris un peu plus imposant que d'habitude ?
— Non, non, c'est plutôt excitant comme ça. J'ai juste pas l'habitude.”
Elle se tourne sur le ventre.
"— De ce côté, c'est mieux ?
— Tu es magnifique."
Il ne ment pas. Il embrasse ses fesses lisses et rondes, se retenant de les mordre au passage. Pose un baiser dans la cambrure de son dos, se déplace peu à peu vers son cou tout en la caressant et suivant sa topographie des lèvres. Il note que son grain de peau est subtilement différent de ce dont il a l'habitude. Laurent se demande vaguement si les hormones agissent sur l'épaisseur de la peau. Il finit par enjamber ses cuisses, l'enserre ainsi entre ses propres jambes, pétrit les globes élastiques de ses fesses. Elle lui indique le tiroir de la table de nuit.
”— Prend le lubrifiant et prépare-moi, tu veux ? Il y a aussi des capotes."
Il a parfois sodomisé des partenaires. Ce n'est pas une habitude mais quand elles aiment ça, il trouve cette pratique très excitante. Claire tient ses fesses écartées pour lui faciliter l'accès, un geste certes utilitaire mais dont il a peu de doute qu'elle en use à visée érotique. Ça marche très bien, d'ailleurs, mais il est un peu nerveux : plutôt que de réchauffer le gel froid au contact de ses doigts, il en fait couler directement sur la rosette qu'elle lui présente. Claire pousse un petit cri, immédiatement interrompu lorsqu'il y pose le gras du pouce et la masse doucement. Il lui faut peu de temps pour constater que son doigt s'enfonce sans plus de résistance. Claire a commencé à gémir ; probablement plus à son intention que sous l'effet de la caresse. Cependant son impatience se manifeste lorsqu'elle saisit la main qui la sonde, sélectionne index et majeur puis les place en position. Obligeant, Laurent les enfonce lentement. Claire ondule au rythme des pénétrations. Quelques instants plus tard il ajoute spontanément un troisième doigt à la paire. Il sent les sphincters résister un instant à l'intrusion puis, sur un gémissement de sa compagne, accepter ses phalanges. La respiration de Claire se fait plus haletante, marque une pause audible à chaque fois que ses doigts reviennent la dilater.
Lorsqu'elle n'y tient plus, lorsque l'envie est trop forte, Claire le repousse pour se mettre en position, le cul haut, les épaules basses. Elle le regarde s'équiper du préservatif, écarte ses jambes pour lui permettre de se mettre en position derrière elle. Il caresse son dos, ses fesses rebondies, réalise qu'il cherche l'ouverture d'un vagin inexistant. Il rit doucement, suscitant la curiosité amusée de Claire.
"— Quoi ?
— Il y a moins d'options..."
Elle rit,
"— Il faudrait savoir, tout à l'heure tu m'as dit qu'il y avait trop d'équipements !"
Il ne répond pas, positionne son gland contre la mince ouverture ourlée et luisante, et pousse lentement. Claire plonge le visage dans l'oreiller; il la voit serrer ses omoplates, bomber un peu le dos, mais le doux et long gémissement qu'elle émet lui indique que tout va bien. Laurent s'enfonce jusqu'à la croupe tendue et attend un instant que Claire l'accommode complètement. Il a besoin de la pause également : la sensation de son membre presque douloureux d'engorgement si délicieusement serré dans la gaine chaude de la femme est jouissive. Au signal de sa compagne il entame le mouvement retour mais les vas et viens lui posent un problème inattendu de stabilité : moins de prise sur des hanches un peu moins larges... Lorsqu'il lui explique sa difficulté, elle le traite gentiment de débutant et se positionne pour lui permettre de saisir le haut de ses cuisses. Les difficultés techniques résolues, le reste du moment n'est que plaisir partagé. Il suit les indications de Claire, s'enfonce fermement pour qu'elle ressente la dilatation mais se retire plus lentement pour la laisser jouir de la délicieuse sensation qui accompagne la contraction du rectum. Il est attentif aux vagues de plaisir qui traversent sa partenaire. Lorsqu'elle tire une serviette de bain sous elle et commence à se masturber, il se lâche un peu plus, se perd dans l'hypnose du contact rythmique de son bassin et du cul souple, dans les exclamations de plaisir de Claire. Lorsque celle-ci atteint l'orgasme, chacune des contractions intimes de sa partenaire emmènent Laurent plus près de sa propre reddition. Dans les derniers instants avant qu'il ne soit traversé par la décharge orgasmique, il pousse tellement fort que Claire se retrouve allongée et lui s'effondre sur elle. Respirant lourdement, il se retire lentement du rectum qui palpite encore et bascule sur le dos, la libérant de son poids.
Quand elle retrouve ses forces, Claire se tourne vers Laurent, place une cuisse sur les siennes, lui fait un bisou tendre sur la joue. Il se dit que c'est tellement ça, tellement normal, deux personnes qui se sont données du plaisir, qui ont partagé ces moments intenses et intimes. Un bisou, un calin ensuite.
"— C'était bien. Très bien. Très très bien.”
Laurent rit doucement, la secoue un peu pour lui indiquer que ce n'est pas la peine d'en faire des caisses.
"— Non, je t'assure. C'est si rare pour moi d'atteindre l'orgasme comme ça. La première fois en plus. D'habitude, il faut que je me masturbe.
— Tu t'es masturbée pendant, non ?
— Je veux dire d'habitude, c'est après, pour finir. Là, le plaisir était déjà suffisant pour que je sois prête pendant; je n'ai pas eu à me toucher beaucoup.
— Et c'est mieux ?
— Bien, bien mieux !”
Elle lui pose de nouveau un bisou sur la joue. Il sourit.
”— Les hormones ne te gênent pas trop pour ton plaisir ?
— Un peu, ça dépend des jours."
Claire réfléchit un peu.
"— C'est compliqué, tu sais. Si, psychologiquement, tu ne veux pas d'érection, alors tu en auras pas ou peu et ta queue diminue de taille. Moi, je n'ai pas de souci de ce côté. Alors, si j'ai besoin, je prends un petit cachet bleu. De toute façon, j'ai trop peur de la chirurgie, alors ma bite est là pour rester !”
Ils rient ensemble.
”— Parlant de ma bite, aimerais-tu que je m'en serve sur toi ?”
Il réfléchit. Il sent qu'il pourrait aimer tenter, qu'il en a même probablement envie, mais pas de suite. Il lui faut d'abord assimiler toute l'expérience.
”— Si ça te dit, Claire, on pourra peut-être se revoir de temps à autre ? Et je suis sûr que tu me sauras me persuader."
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Confusion (partie 1/2)
Ce récit s'enracine dans des faits réels de mon passé. La fête du début a bien existé, les échanges sont restitués aussi fidèlement que ma mémoire le permet, les personnages existent vraiment. Seuls leurs noms ont été changés. S'il s'enracine dans la réalité, ce récit prend toutefois peu à peu sa liberté, se déploie dans l'imaginaire, dans ce qui aurait pu être mais n'a pas été. Et c'est là que vous intervenez : je vous laisse décider où vous-même préférez placer cette transition, dans cette première partie, entre les deux parties ou dans la deuxième partie, qui suivra bientôt. Bonne lecture.
"— Hey.
— Hey."
Deux yeux sombres allongés par le khôl, la bouche très rouge et pleine arquée en un sourire un peu tordu, la femme attend. De près, elle coche plus encore de critères dans sa liste des filles désirables.
Dans le brouhaha des conversations, elle lui sourit, patiente. Lui se creuse la tête pour produire une phrase. Manque de préparation...
"— Je ne t'ai jamais vu. Tu es un ami de Jana ?"
Une voix chaleureuse, au timbre grave, un "vocal fry" marqué.
— Une connaissance plutôt. C'est la première fois que je suis invité chez elle."
La femme hoche la tête, son regard toujours attentif. Elle repositionne son corps, se déhanche, juste un peu. Il ne peut retenir son regard, glisse sur le tissu légèrement tendu. L'orbe d'un sein, l'ellipse d'une hanche se dessinent.
"— Je ne place pas ton accent... Tu es d'où ?
— C'est un compliment. Je suis Français.
— French lover, hein ?
— Une seule solution pour savoir.”
Elle rit. Sourire charmeur, regards obliques: le petit jeu les amuse tous les deux.
"— Je croyais que Jana croque les Français au petit déjeuner...
— Elle semble m'avoir à la bonne.
— Une bonne chose ; je n'aimerais pas être dans son collimateur !”
Cette fois ils rient ensemble : Jana est un monument plutôt qu'une simple personne, une femme d'une tête plus grande que la plupart des hommes, plus lourde aussi d'ailleurs, taillée comme une barrique, "une baleine échouée", disait-elle parfois. Mais elle a un cœur d'or pour qui sait ne pas s'arrêter aux apparences.
Leur bavardage s'étiole un instant. Il la regarde parcourir la petite foule du regard. La peau mate, les cheveux longs noirs, un visage plutôt long; il pense qu'elle incarne à merveille l'expression "avoir du chien". Les épaules nues et musclées lui font irrésistiblement penser à une nageuse. De sa courte robe noire émergent deux longues jambes gainées de ce qu'il imagine être des bas. Il a la vision soudaine de cette robe retroussée, culotte repoussée pour qu'il lèche passionnément sa propriétaire.
”— Je m'appelle Claire."
Les yeux sombres sont revenus le scruter. S'il était timide il rougirait sûrement de s'être fait surprendre dans sa rêverie.
"— Laurent."
Bras tendus, elle s'appuie sur ses mains posées sur la table derrière elle. Il note que le geste fait ressortir sa poitrine. Elle le voit le noter, fait légèrement basculer son bassin. Cette fois il garde ses yeux fixés sur les yeux sombres.
"— Tu es aux US depuis longtemps ?
— Non, un an environ, mais je venais régulièrement depuis quelques années.
— Dans la région de la Baie ?
— Oui toujours à San Francisco ou pas loin.
— Les particularités des communautés locales ne te dérangent pas ?"
Il tourne la question dans son esprit. L'allusion est transparente. Cette soirée en est d'ailleurs une illustration : mêlées aux interactions classiques d'une "party”, il a remarqué les femmes qui s'embrassent sur la bouche, les hommes qui se tiennent par la taille, l'atmosphère qui se fait peu à peu plus charnelle qu'il n'est habituel.
"— Non. Je trouve ça intéressant."
Claire semble le soupeser, laisse encore plus traîner sa voix.
"— Intéressant... ?"
Dans une soirée, il faut s'attendre à être interrompu. Dans ce cas précis, il n'en est pas mécontent : l'homme qui vient les saluer lui évite d'avoir à clarifier sa pensée. De plus, il le connait et sait ne pas avoir à le compter comme un compétiteur : Jeff, un collègue, est gay. Il admire la bouche souriante de Claire alors qu'elle discute gaiement avec l'homme. Ses lèvres soigneusement dessinées sont luisantes de gloss qu'elle prend grand soin de ne pas effacer en buvant sa bière. Il se demande si son rouge laisse des traces lorsqu'elle suce ; Claire agenouillée devant lui, lèvres arrondies sur sa queue, coulissement dans sa bouche accueillante. La pensée qu'elle puisse être lesbienne lui traverse l'esprit. Mais, non, elle flirte gentiment avec lui. Il fantasme un bref instant à l'idée qu'elle puisse être bi; ça serait fun. Jeff se tourne vers lui, sourcils arqués, facétieux.
"— Ooh, toi ici ? Eh bien... Je ne m'attendais pas à te voir dans cet endroit de perdition.
— Je n'hésite jamais à parfaire mon éducation."
Jeff s'esclaffe bruyamment.
"— Fais attention à ce que tu demandes... De toute façon tu es entre d'excellentes mains. Je vous laisse."
Laurent reporte son attention sur Claire, manifestement amusée.
"— Je dois m'inquiéter ?", tente-t-il de plaisanter.
"— Je ne mords pas... Sauf quand je perds le contrôle.
— Alors il faudra que je me restreigne."
Cette remarque un peu risquée la fait rire. Il apprécie la façon qu'elle a de ne pas se retenir lorsque quelque chose l'amuse, sa bouche ouverte, les yeux qui étincellent.
"— Tu es avec quelqu'un en ce moment ?"
Pile la question qu'il préparait pour elle.
"— Non. Je n'ai pas encore les codes...
— Ouh, vive la masturbation alors !”
La spontanéité de Claire parvient à le décontenancer alors même que la surprise le fait éclater de rire. Elle ne lui laisse pas le temps de souffler.
"— Et tu sais, les codes... Je ne vais pas te donner mon numéro de téléphone et attendre trois jours. Moi c'est plutôt, Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?”
Elle chantonne cette question en français, en l'accompagnant d'une ondulation de tout son corps.
"— J'en serais honoré.
— Tu es bien un Français !"
Elle s'esclaffe mais le laisse s'agiter au bout de son fil. Sans le quitter des yeux elle désigne, d'un geste de la tête, un meuble derrière eux, dont tous les niveaux sont remplis de DVD.
"— Tu sais ce qu'il y a là-dedans ?”
Il se trouve qu'il sait. Alors qu'il l'observait de loin au début de la soirée, il a jeté un œil aux jaquettes : quelques centaines de films pornos gays, lesbiens ou bisexuels, exposés le plus naturellement du monde. Il acquiesce.
"— Et qu'est-ce que ça te dit ?
— Que Jana est très à l'aise avec ses goûts en sexualité ?
— Certainement. Mais sinon ?"
Il a l'impression de passer une sorte de test. Et plus : il a le désagréable sentiment de le rater...
"— Ah, Laurent !”
Cette voix qui tonne est impossible à confondre : Jana.
”— Je vois que tu es en bonne compagnie, bien que je ne sois pas sûre que ce soit bien américain..."
La référence est claire pour lui : Jana lui "enseigne" régulièrement comment devenir un bon Américain, en achetant un gros véhicule 4x4 bien polluant, en apprenant à faire cuire au barbecue des travers de porc longs comme l'avant-bras, ou encore en appréciant les armes à feu plutôt que de faire la moue à l'évocation de calibres et portées. La référence est claire mais pas son intention. Malgré son sourire amusé, elle semble le jauger quelques secondes de toute sa hauteur avant de lui lâcher tout à trac :
"— Tu as compris que je suis une femme transgenre, hein ?”
Non, il n'avait pas compris. Et ça doit se lire sur son visage. Il doit paraître bien plat dans l'échange qui suit mais Jana semble satisfaite de l'entendre exprimer son intérêt pour sa transition.
"— Je savais bien que ça ne te choquerait pas. Fais attention, tu pourrais trouver une femme transgenre à ton goût !"
Sur cette espièglerie, elle continue le tour de ses invités.
Claire l'observe un instant, met son bras sous le sien :
"— Sortons un peu prendre l'air."
Il se laisse conduire, intensément conscient des mouvements de son corps, de la chaleur qu'elle dégage. Il sait qu'elle se colle intentionnellement contre lui et son pénis réagit déjà. Ils s'éloignent un peu dans l'obscurité du petit jardin, éclairé par les grandes baies de la maison. Spontanément, il pose un baiser sur la jonction du cou et de l'épaule de Claire. Elle sent un parfum floral discret. Il ne s'attarde pas, lui laissant la décision de le rejoindre dans son désir si elle le souhaite.
”— Tu n'es pas trop fleur bleue, j'espère ?"
Il n'a pas répondu qu'elle a déjà les doigts qui frôlent la bosse de son pantalon.
"— Je sais m'ajuster. Depuis tout à l'heure, j'ai des visions de toi, robe retroussée et cuisses sur mes épaules, de tes lèvres autour de ma bite, de ton cul levé pour que je m'y enfonce."
Laurent la sert avec force contre lui, ses mains empoignent les fesses fermes, sa bouche cherche les lèvres apprêtées. Elle rit mais ne le laisse pas lui ravir la bouche. Elle le repousse même gentiment.
"— Attend, attend ! Il faut d'abord que je m'assure d'un truc.
— J'ai des capotes, mais dans mon sac, dans la maison...
— Non, non, autre chose...
— Tu peux me sucer, j'ai dit vrai tout à l'heure."
Elle rit de nouveau de l'entendre si pressant, lui prend la main, la pose sur son sein droit. Il serre gentiment.
"— Descend.”
Il caresse l'attirant volume, glisse en dessous, pose la main à plat sur le ventre qu'il sent se contracter.
"— Descend..."
Il a compris, laisse glisser sa main sur le pubis de Claire, s'aventure sur le tissu qui recouvre l'espace entre ses cuisses. Il pousse, creuse la robe pour atteindre la chair qu'il sait offerte, la moiteur qu'il devine. La respiration de Claire devient plus rapide. Elle aussi est en attente. Il pousse encore, attentif à poser les doigts sur le clitoris malgré le voile de la jupe et la probable culotte. Voilà, il touche enfin au but. La chair est ferme, élastique. Il descend d'un cran, tâte un peu latéralement. Le souffle de Claire est presque haché. Elle a le visage niché dans son cou, sa main droite posée sur la main qui l'explore, l'autre main dans le creux de son dos comme pour l'empêcher de s'éloigner. Il est embarrassé. Il ne parvient pas à placer ses doigts sur le haut de la vulve de Claire. Il plaque toute sa main entre les cuisses de la femme. Il l'entend brusquement aspirer l'air. Confusion... Et puis il réalise. Il réalise ce qu'il touche. Un barreau de chair dure. Une queue.
Ils restent immobiles. L'un contre l'autre. Elle suspendue, lui sur le bord.
”— Tu n'avais pas compris, hein ?”
La voix de Claire est basse, presque murmurée à son oreille.
"— Non.
— Tu ne me trouve plus attirante ?"
Silence.
"— Si.”
Laurent n'a pas enlevé sa main. Il sent toujours la barre chaude sous ses doigts. Il la sent aussi s'assouplir lentement.
"— Tu veux savoir ?”
Il ne répond pas verbalement mais caresse le sexe de Claire. Légèrement d'abord, puis plus fermement. Elle pousse un soupir, lui lèche le cou, lui prend le visage, l'embrasse, lui enfonce sa langue dans la bouche, lui suce la langue lorsqu'il essaie de répondre. Lui ne sait pas où il est. Ne sait plus. Il a envie d'elle, fort. Mais est-ce parce qu'elle ressemble à une femme ou parce qu'il a une part d'homosexualité ? Il décide de laisser son corps faire, de suivre son désir. Il réfléchira plus tard. Là, il veut vivre le moment.
”— Je veux ta bouche. Je te veux à genoux. Je veux glisser ma queue entre tes jolies lèvres. Je veux que tu me bouffes les couilles, que tu m'aspires à t'étouffer, que tu me boives !"
Claire s'exécute, s'agenouille, ouvre la braguette du pantalon. Elle sort sa queue déjà bien gonflée, l'embrasse, lèche doucement le bout de son gland qui commence à apparaître. Il la regarde faire, belle comme toutes les femmes qui offrent, excitante aussi dans sa manière de lécher sa hampe de plus en plus rigide. Claire abaisse le slip pour mettre ses testicules à l'air. Sa langue les effleure, les berce, les enveloppe. Il gémit. Elle gobe une couille, puis l'autre, les enduit de salive. Il halète. Elle lève les yeux, s'assure qu'il la regarde, ouvre la bouche et fait glisser toute la longueur de sa queue dans sa gorge. Il pousse un peu par réflexe, restreint le besoin brutal d'aller et venir avec son bassin. Elle recule la tête lentement, lui offrant le spectacle de son sceptre luisant émerger de sa bouche, dur et raide comme il ne l'a pas été depuis longtemps.
"— Oh, wow, c'est bon !”
Elle sourit, reprend son gland en bouche et le masturbe au rythme des mouvements de sa tête. Sa langue virevolte, se plaque en une succion qui lui creuse les joues. Il sent sa jouissance monter, progresser depuis son anus, gonfler son gland à un point où douleur et plaisir se confondent. Son orgasme explose. Laurent oscille, les cuisses crispées, le bassin animé de chocs au rythme de son éjaculation. Lorsqu'il a fini, Claire se relève, glisse la verge encore gonflée dans son sous-vêtement, referme la glissière, l'embrasse à pleine bouche. Elle a le goût du sperme.
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Illustration image: Olga Volodina M2F Project
Le papillon et l'orchidée
Sous le feuillage redressé,
Une jolie fleur est révélée.
Au papillon qui passe par là
La vue suave met le holà.
"Fleur", commence-t-il, plein de foi,
"Veux-tu prendre langue avec moi ?"
Celle-ci se déploie et rosit
Sous l'attention de notre ami.
"Vu la longueur de votre trompe",
Répond-elle avant qu'il s'estompe,
"Vous pourriez me gamahucher
Sans même avoir à vous poser !"
À ces mots, le lépidoptère
Met ses six pattes sur le parterre :
"Loin de moi de vous faire languir,"
"Votre bouton vais faire reluire !".
C'est ainsi que cette nuit-là,
Un nectar abondant coula,
Sous la langue d'un papillon
Qu'une orchidée trouva mignon.
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Illustration image: Louis-Marie Aubert du Petit-Thouars (1758-1831), "Histoire particulière des plantes orchidées recueillies sur les trois îles australes d'Afrique". Paris 1822. Pl.69
Exposition au Louvre
Parfois, ce n'est pas dans un chemin boisé ou au coin d'une ruelle qu'on rencontre l'inattendu, la personne qui nous met sous les yeux plus que l'on s'attendrait à - et souvent ne voudrait - voir. Parfois, ceci arrive dans les musées, y compris un des plus célèbres au monde.
Il fait chaud cet été, très chaud. Ma femme et moi marchons dans le matin de Paris, calme en ce mois d'août, direction le musée du Louvre. Les rues et boulevards sont peu peuplés; les Parisiens sont ailleurs et les touristes ne sont pas vraiment nombreux cette saison. J'apprécie Paris dans ces moment. Nous arrivons sur l'esplanade. Devant la pyramide, seules quelques étudiantes japonaises prennent des selfies les unes des autres, tout sourire devant l'objectif, faisant presque toujours un V de leurs doigts levés, un signe de paix, et pouffant de rire derrière. Sous la masse de verre épais, pas de presse aux caisses cette fois-ci pour visiter ce musée que nous apprécions beaucoup.
Nous aimons démarrer par les salles des civilisations antiques au rez-de-chaussée. Je suis, comme d'habitude, ému en contemplant les restes de la vie quotidienne des gens de ces époques et lieux : leurs couteaux et assiettes, les petites statuettes des dieux et déesses qui veillaient sur eux, les peignes et les boîtes à fards, et, discrètement dans un coin de cette étagère une série de phallus en bois, bronze ou pierre polie qu'une étiquette nous présente comme votifs mais qui, comme me le souffle ma femme, semblent directement venir des tiroirs de la chambre de quelque noble Égyptienne ou Assyrienne...
Cette année les aficionados des selfies sont une plaie et, pour admirer certaines statues, il faut attendre que tous et surtout toutes passent les uns après les autres pour avoir leur sourire accompagné pour l'éternité par la mine sévère d'un dieu antique qui ne s'attendait certainement pas à être adoré de la sorte aux temps modernes... Cependant certaines de ces jeunes femmes sont orientales et la plupart ne dépareraient pas les salles d'exposition si elles s'y baladaient en fourreaux moulants et légers, khôl, et gros bijoux de pierres semi-précieuses. L'attente en est plus aisée...
La population de visiteurs est plus jeune que d'habitude, probablement en raison de la chaleur. Elle est généralement féminine, probablement étudiante. Leurs homologues masculins sont peut-être moins portés à la visite de musées... Nous avons tout de même une compensation pour les attentes et la circulation dans cette foule : dans la chaleur de cet été, les corps de ces jeunes femmes sont assez largement exposés par les jupes courtes et hauts légers, et s'offrent plaisamment à la caresse des regards.
Aux étages commencent l'interminable succession de tableaux grands et petits. Cependant, alors que nous nous attendions à retrouver les couleurs sombres et boueuses habituelles aux vieilles toiles, nous avons la surprise de voir exposées des œuvres rénovées, nettoyées, pleines de détails, dont les couleurs paraissent éclatantes en comparaison des toiles restées dans leur jus. Déambulant le long des salles nous progressons lentement dans notre visite. Finalement, nous débouchons dans la Grande Galerie du Louvre. Dans ce long et large couloir, des divans ronds et bas sont disposés de loin en loin pour le repos des visiteurs fatigués de errer d'œuvre en œuvre.
Dans une des salles dédiées à l'école italienne j'aperçois, vautrée sur un des divans, une jeune femme brune aux cheveux courts. Elle est loin encore, mais elle attire nos regards; sa position retrousse sa jupe claire et dévoile bien haut de jolies cuisses pleines, dont la blancheur de peau paraît luire dans la lumière de la galerie. Notre déambulation peu pressée nous approche d'elle peu à peu. Je ne peux pas m'empêcher de lui jeter un coup d'œil de temps à autre, entre la contemplation des tableaux représentant des nobles Italiens pour le moins peu amènes.
Au coup d'œil suivant, je la surprends nous regardant franchement, ses cuisses toujours aussi largement exposées. Elles paraissent belles, ses cuisses. Pas bronzées mais bien galbées. Ses jambes sont longues. Ses pieds sont chaussés par des bottines à plateau, noires, qui semblent bien lourdes pour ce temps. La fille est plutôt jolie également, avec un visage fin et des lèvres maquillées rouges, un buste sans beaucoup de poitrine.
Nous sommes maintenant peut-être à dix mètres d'elle. Sans nous regarder directement, elle écarte nonchalamment les cuisses. "Eh ben..." fait ma femme pendant que, par réflexe, je baisse mon regard pour l'empêcher de plonger dans cette jolie vallée... Cependant dans l'ombre légère j'ai eu le temps d'entre-apercevoir le blanc de la culotte.
Nous avançons encore pour arriver au niveau de "Vénus, Satyre et l'Amour endormi", du peintre Corrège. La fille est à environ cinq mètres de nous. Elle est jeune, peut-être entre vingt et vingt cinq ans, les yeux apparemment de couleur sombre. Un sourire flotte sur ses lèvres rouges alors qu'elle nous observe. Elle a pivoté suffisamment pour toujours nous faire face si nous la regardons. Ma femme reste face aux tableaux mais, évidemment, je tourne la tête...
Sans changer d'expression et nous observant toujours la jeune femme écarte de nouveau les cuisses, cette fois plus franchement. De mon côté je laisse mon regard suivre les lignes pâles jusque sous l'ombre légère de la jupe... Je m'aperçois que la surface claire entre-aperçue précédemment n'est nullement une culotte mais bel et bien son pubis sans toison en dessous duquel je distingue sans ambiguïté la fente de sa vulve où se devinent, rosées, deux petites nymphes échappées.
J'ai à peine le temps de relever le regard vers son visage, me demandant quelle va être la suite, que la jeune femme se lève en lissant sa jupe courte, nous fait un gracieux sourire puis se dirige à grands pas de ses longues jambes vers un des passages latéraux où elle disparaît. À aucun moment elle ne se retournera ou ne fera mine de vérifier si nous la suivons, ce que nous ne ferons pas.
Nous ne l'avons plus croisée au cours de la suite de notre visite, mais je me suis demandé si elle avait trouvé satisfaction lors de ces quelques minutes. J'ai essayé de me représenter son excitation croissante alors que nous nous rapprochions, son inquiétude d'être dénoncée peut-être aussi. J'ai imaginé son sexe s'humidifiant au fil de nos pas, finalement luisant de sa propre audace. J'ai aimé penser qu'elle raconterait ses sensations à un ou une amante ce soir, pour jouir plus encore. Et après tout, le Louvre n'est-il pas l'endroit parfait pour une exposition, ce vieux terme officiel pour les exhibitions ?
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Illustration image: no reference
Au clair des deux lunes
Le nuage de tissu
glisse des lunes jumelles
Lorsque mes doigts ingénus
En tournent la manivelle.
Face à la lueur sélène,
Je suis Pierrot, fasciné,
Mais pour toi ma douce reine
Ma chandelle est engorgée.
Point n'est besoin de briquet
Pour y démarrer le feu,
Car je sens déjà brûler
Le désir au bout du nœud.
Entre les globes, une étoile.
Elle a besoin de ma plume
Pour clignoter sous la toile.
Alors tout mon corps s'allume !
D'une langue délicate
Je te prie d'ouvrir la porte.
Je te voudrais écarlate
Sous le plaisir qui t'emporte !
Tout mon amour est écrit
Dans ce glissement des sens,
Ces humides grivoiseries,
Et, bien sûr, ma turgescence.
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Comment séduire Cléo ?
Qui n'a pas vécu ces moments de vie où un visage, un corps, un rire a attiré notre attention, plus que notre attention. Alors nous déployons toutes nos capacités de séduction, notre charme. Mais, tout n'est pas toujours simple...
Oh, cette fille, cette fille ! Brune tirant sur le roux, volcanique, les yeux noircis par le Khôl, les cheveux longs toujours en queue de cheval fou ou en tresses de fouet. Cette fille ! Mais d'où vient-elle ? Un jour elle n'est pas là, et le lendemain tous les gars de la promo n'ont plus d'yeux que pour elle : compacte, musculaire, le corps qui remplit chaque espace de son jean et son T-shirt. Pas ronde, du tout, mais... moulée. Comme une baguette viennoise fumante de laquelle on ne rêve que de prendre une bouchée. Et cette voix, cette voix. Comment décrire une voix ? Pas vraiment grave, mais nettement plus basse que celles des autres filles ; un hautbois avec un petit souffle dedans, une voix qu'on veut entendre murmurer à son oreille, la nuit.
Elle vit avec un gars, un médecin selon certains, un ingénieur d'après d'autres. Mais tous s'accordent sur son âge : au moins le double de cette nana. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien trouver à un croûton pareil ? Lui, je n'ai aucun doute. Mais elle ? Je ne pige pas. L'argent ? Elle n'a pas l'air vénale. Mais lui ne lésine pas sur la dépense pour elle : l'autre jour, elle a descendu l'amphi habillée en tailleur mi-cuisse. Classe. Super classe même. Vous savez ce signal débile que des mecs envoient lorsqu'une fille montre un peu haut ses jambes en descendant les travées : "Cuiiiiissssssssss". Gros lourds en manque... Et bien là, rien. Ils étaient probablement tous bouche bée à la contempler descendre les marches. En tout cas, moi je l'étais.
Qui es-tu, Cléo ? Punaise, rien que son prénom me fait bander... Apparue comme un claquement de tonnerre depuis je ne sais où dans le sud. Du sud, elle a le corps magnifique et voluptueux d'une actrice italienne, un visage de Madone, les lèvres pulpeuses, la peau mate. Elle me rend lyrique, tient : une Vierge au corps de courtisane, comme aurait pu en peindre Raphaël, ou plutôt non, bien mieux : un modèle pour Le Caravage ! Ce corps, elle sait si bien le faire bouger devant les yeux des garçons ; des filles aussi à ce que je comprends, que sa sensualité ne laisse pas indifférentes. Il se chuchote d'ailleurs parmi mes informatrices qu'elle a une langue particulièrement agile. Ça laisse rêveur... Allumeuse, aguicheuse, je ne crois pas, mais séductrice, certainement.
Et pas qu'un peu provocatrice : ces deux gars, pas vraiment des amis à moi mais des connaissances depuis longtemps, en ont fait les frais. Beaux gosses, plutôt machos mais dans un style qui plaît aux filles. Beaucoup ; je leur envie leur facilité et leurs aventures. Bref, cigarettes au bec, ils discutaient avec moi. À leurs yeux, j'ai vu qu'ils avaient perdu d'un coup le fil. Je me retourne : Cléo passait. Elle me voit et là, surprise, vient me claquer la bise, demande où se passe le prochain cours, puis repart en ondulant sans un regard pour mes compères. L'un d'eux en a même laissé tomber sa cigarette. A leurs regards, une fois détachés des fesses de Cléo, j'ai vu que j'avais obtenu un nouveau statut. Usurpé, soit, mais l'aura est plaisante.
Ok, mais moi aussi l'épisode m'a surpris. Qu'y avait-il dans ta tête, Cléo ? J'étais le prétexte pour voir mes compères de plus près ou quoi ? Maintenant, je me surprends à essayer de surprendre un regard dans ma direction, un sourire, un geste, quelque chose quoi ! Est-ce un hasard que je sois à portée d'oreille lorsqu'elle discute expériences intimes avec des filles hilares mais fascinées ? Et ses yeux ne sont-ils pas posés sur moi quand elle lance ces remarques, l'air de rien, un coin de lèvre relevé, qui laissent sous-entendre des profondeurs d'expériences insoupçonnées ? Ses bises aléatoires me semblent toujours plus sensuelles. J'ai la caboche qui travaille, qui chauffe ! Tu es un peu trop là-dedans, Cléo. Semaine après semaine, je ne sais plus où est la réalité, où sont mes désirs.
Des désirs, ça j'en ai ! Des visions torrides qui s'imposent à l'esprit au gré de ses mouvements. Le grain de sa peau sous mes mains, quand elle lève les bras et que son pull dévoile un peu son ventre. L'arrondi de ses fesses offert à mes yeux, alors qu'elle se penche en avant. Les pointes de ses seins dans ma bouche, alors qu'elle s'étire. Oh, l'amener dans ma chambre, explorer avec elle l'usage de ces objets qu'elle ne nomme jamais mais dont ses sous-entendus les rendent si délicieusement attractifs ! Placer ma tête entre ses cuisses pleines, poser ma bouche sur la fleur de sa vulve, darder ma langue pour la butiner. Faire jaillir de son contralto des arias de plaisir. Plonger en elle comme dans une source et la remplir de mon propre plaisir.
Et un jour, miracle ! J'apprends qu'elle a quitté son médecin. Alors ça ne fait pas un pli, la question débarque, puis me taraude : comment séduire Cléo ? Je marine là-dedans depuis un moment quand l'occasion se présente : une soirée étudiants chez une de mes connaissances, dans un mois. Je le connais, ça va être bruyant, plein de monde et chaud ! Pas de problème pour amener ta pote me dit-il, il y a de la place au château. Ouais, ce gars loue un château, enfin une partie d'un manoir. Froid et humide la plupart du temps, mais pour les teufs, c'est quelque chose ! Faut juste penser à ne pas casser les grands lustres... Donc un mois, j'ai un mois pour intéresser suffisamment une certaine Cléo et la persuader de m'accompagner.
Sans mentir, l'approche est plus difficile que je ne pensais. Oh, elle semble m'apprécier. Mais comme un copain. Donc, opération sourires engageants, discussions légères, propositions de manger ensemble, d'aller voir un film. Moi qui suis plutôt plus direct, avec un taux de succès plutôt mitigé, je nage en eaux inconnues : soulever l'attention, l'intérêt. En un mot, le désir. Créer un champ d'attraction suffisamment fort pour qu'elle me suive à cette soirée. Alors, je lui en parle, je la lui vante. Je fais miroiter l'ambiance festive à venir. Ses yeux sombres me jaugent. Ils sont beaux ses yeux, bruns noisette avec un pourtour d'eau de mer. Je m'y noierais bien un peu plus longtemps. Ses lèvres à croquer sourient à demi. Bien sûr qu'elle n'est pas dupe; il y en a trop comme moi après elle. Mais elle ne me repousse pas. Elle observe mes efforts. Alors je marne, je marne...
Toute peine mérite salaire, dit-on. Le dicton a fonctionné cette fois : Cléo a accepté ! Elle m'a glissé ça, comme si de rien n'était, comme si finalement, elle n'avait rien de mieux à faire à cette date. Moi, j'en ai eu la cervelle qui a disjoncté pendant un instant. Bon, première étape passée. Pire que les partiels comme effort ! Alors maintenant je nage en plein fantasme : elle, à genoux, ses lèvres autour de ma verge gonflée, puissante, plongeant dans sa gorge. Elle, bouche ouverte, haletant son plaisir pendant que mes doigts impérieux s'activent entre ses jambes offertes. Elle encore, ondulant au-dessous de mon corps, mains sur mes épaules, les seins épanouis qui balancent au rythme de son bassin, écartelée sur mon axe qui remonte loin en elle. Mes masturbations n'auront jamais été aussi fréquentes ni aussi frustrantes !
Enfin, le jour arrive, le jour des douceurs à portée des mains, des réalisations, des fantasmes qui s'incarnent ! Je n'ai jamais été aussi à l'heure à un rendez-vous : à 18h tapantes, je suis sans faute à son minuscule appartement. Je vous jure, quand elle apparaît sur le seuil, maquillée, les cheveux relevés en tresses, en robe longue pas mal moulante, un haut bras nus mais sage, fendue à mi-cuisse, j'en ai le souffle coupé, j'en oublie les compliments. A ton aisance, Cléo, j'ai bien perçu que tu as vécu ces situations bien plus souvent que moi. Ok, j'ai aussi fait un effort de vêture, mais ma garde-robe n'a rien du même niveau... De même, ma pauvre 4L est un bien pâle carrosse. Mais, hue Rocinante ! Conduisons sans tarder notre dulcinée à la soirée promise, et faisons la tomber dans nos rets !
Vu que le manoir est à une dizaine de kilomètres de la ville, j'ai largement le temps de me rattraper sur les éloges. Et aussi de jeter des coups d'oeil sur la cuisse dévoilée à mon côté. Je note que Cléo est de bonne humeur, elle prend mes flatteries avec le sourire. Ses yeux sont brillants : je me dis, la soirée va être bonne ! Arrivés au manoir, la sono est déjà bien en marche. Nos hôtes organisent toujours bien les choses : les grands plats d'un traiteur signalent que nous ne mourrons pas de faim. Bouteilles et amuse-bouches s'accumulent peu à peu avec l'arrivée des invités. J'espère que ça ne sera pas trop beuverie tout de même... La grande salle du manoir fait toujours son petit effet avec son lustre imposant. Les petites pièces autour sont équipées de sofas et coussins, défraîchis mais accueillants. Cléo semble sous le charme. Maintenant, il faut qu'elle tombe sous le mien.
Sans surprise, je retrouve des connaissances, collègues et amis dans la petite foule. Le monde festif universitaire est petit. Mais quelqu'un à eu l'idée de faire passer l'invitation à des assistants et chargés de cours ; c'est surprenant pour une soirée étudiants... Tiens par exemple, cet Australien qui fait déjà tourner les têtes : il nous donne nos cours d'anglais. Il a un charme fou, il est mignon en diable. Heureusement qu'il est gay parce que toutes les filles lui tomberaient dans les bras ! De mon côté, j'apprécie l'attention que Cléo soulève lorsque je la présente ici et là. Elle est très à l'aise, manifestement appréciative de l'intérêt qui lui est porté. Mais pas de chaperon pour elle : avec un sourire et un petit mot à mon oreille, genre "Je te retrouve tout à l'heure", la voilà qui disparaît. Il va falloir que je joue plus serré si je veux l'emballer...
Le plein d'invités, et même un peu plus, est fait : la soirée commence à donner. Le buffet est déjà bien entamé, les boissons aussi. Dans la grande salle, je ressens très physiquement les pulsations que la sono nous balance. J'ai remis le grappin sur Cléo : elle était avec un de nos assistants. Un gars brillant, fils d'un écrivain très connu, bel homme malgré sa petite moustache et barbiche soignée à la D'Artagnan. Cinq ans de plus que nous peut-être, en voilà encore un qui fait jaser les filles. Et celui-ci est visiblement intéressé par ma Cléo. A la fac, il ne peut pas, mais ici... Je la ramène donc sur le parquet de la grande salle. Cléo danse devant moi, tout sourire. J'admire les contours oscillants de son corps dans les lumières pulsatiles. Je tourne autour d'elle, joue sur le rythme des mouvements pour entrer en contact avec elle : la main, une épaule, la taille. Toujours le sourire, alors je m'enhardie. Pour cette dernière passe, elle ondule contre moi, reste accueillante lorsque mes mains se posent sur ses fesses – ce cul ! – rebondies mais décidément musclées sous le tissu léger, accepte un petit bisou dans le cou. C'est chaud !
Je la travaille aussi à chaque pause : dans une des petites pièces où nous nous réfugions pour reprendre haleine et boire un verre, je la baratine pendant que mes doigts frôlent ses bras nus, son cou. Je sens encore aux creux des paumes la chaleur de ses fesses. Je pose ma main sur sa joue, nos langues se touchent. L'instant est électrisant. Pour moi. Cléo, elle, est distraite. Sa langue glisse plutôt mécaniquement sur la mienne; une caresse pour un gentil garçon mais sans plus. D'ailleurs ses yeux parcourent la pièce plutôt que moi... Je pose une main sur sa cuisse, la fente de la robe s'y prête bien. En douceur, elle bloque la main que je m'apprêtais à envoyer en exploration. Bordel, c'est plus facile quand les filles font le premier pas ! Je me lève pour nous chercher à boire et je percute presque notre D'Artagnan. Qu'est-ce qu'il foutait dans mon dos ?
Deux verres à la main, je reviens en négociant mon passage dans la foule pour n'arroser personne. Cléo n'est plus sur le sofa où je l'ai laissée. Ok, j'ai mis un peu de temps, mais tout de même... Je tourne, je cherche, et je la retrouve. Mais ? Que... ? Elle est assise sur une table, les jambes, ses jambes si joliment galbées, croisées derrière les genoux de D'Artagnan penché sur elle. Il lui roule une pelle magistrale. Qui dure... Sa main est apparemment glissée entre les cuisses de la belle, qui ne semble pas désirer la bloquer. Je reste figé, l'air complètement con avec mes deux verres dans les mains. Cloé passe les bras derrière la nuque du bellâtre pour l'attirer plus près d'elle ; ce n'est plus là peine d'en rajouter : j'ai compris le message.
Ben oui, mon vieux, pour une fille ayant le vécu de Cléo, qui t'es, sinon un gentil garçon qui lui a servi de chauffeur. Comment voulais-tu faire le poids face à D'Artagnan ? Plus beau, plus mûr, plus assuré. Pfiou, t'as été balayé. Comment séduire Cléo ? Peut-être avec cinq ou dix ans de plus, et nettement plus d'expérience. Une présence près de moi : une fille qui me prend un des verres des mains et me tapote l'épaule dans un geste compatissant. Je la regarde, toujours sous le choc. C'est Anne-Sophie, une fille de la promo, croisée en début de soirée avec son mec. J'ai l'impression qu'elle mesure bien ma déconvenue. Elle me prend la main pour m'emmener hors de la pièce, vers la piste de danse. Mais mon cœur n'y est pas. Elle me pose sur la joue une bise de consolation. Allez, rien ne sert de se battre contre des moulins à vent. On rentre, Rocinante.
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Illustration image: no reference
Analogies digitales
Du bout des doigts tu suis la ligne
De mon compas bien à l'équerre,
Tracé tendu vers tes mystères,
Géométrie sans feuille de vigne.
Et je t'embrasse à pleine bouche
Pour signaler que je désire
De ma langue te faire venir.
Ce soir je te veux peu farouche !
Du plat de la main tu me pousses.
Un peu d'onguent au bout des doigts,
C'est mon œillet que tu prépares !
L'index qui tourne, je me trémousse.
Deux doigts qui sondent, oui c'est grivois !
C'est drôle comme tout ça m'accapare...
Allers-retours et coulissements.
Ton autre main sur mon phallus,
Tu retiens toute mon attention !
Allers-retours et tremblements.
Gémissements, montagnes russes !
Cette giclée signe mes émotions.
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Illustration image: Jelsin Igten