Le mois de mars en Roumanie est riche en célébrations. Il symbolise le renouveau, l'arrivée de printemps, la fin de l'hiver rude et glacé.
La fête du printemps est officiellement le 1er mars. C'est ce jour-là que les commerçants envahissent les rues et les places publiques pour vendre ce que l'on appelle des "Marţișor".
Les "Marţișor" sont des petites figurines ornés d'un cordelette rouge et blanche, allant du coeur au fer à cheval, ou du trèfle à quatre feuilles au signe zodiacal, pour les plus traditionnels. Cependant toutes sortes de figurines sont désormais vendues, même si elles n'ont aucun rapport avec Marţișor. J'ai pu apercevoir quelques Bob L'Eponge et autre personnages de dessin-animés qui, à mon goût, brisent totalement cette belle tradition.
La corde associe deux symboles : le rouge pour l'hiver, et le blanc pour cette fleur, le perce-neige, qui symbolise l'arrivée du printemps et le renouveau.
Les Marţișor s'offrent généralement aux personnes que l'on aime. Ce cadeau est un porte-bonheur, un signe de chance pour le printemps et toute l'année. On le porte au poignet ou en broche, puis on l'attache, en faisant un voeux, dans le premier arbre en fleur que l'on aperçoit.
Du 1er au 9 mars, c'est une période que les Roumains appellent "Zizele Babe", grossièrement traduit "Jours des Vieilles". C'est une période aux multiples célébrations : la fête du printemps le 1er mars que j'ai développé plus haut, la journée de la femme le 8 mars, et la journée des Martyrs le 9 mars.
La journée de la femme est d'une très grande importance ici en Roumanie. J'ai été très agréablement surprise par la manière dont cette journée est honorée, et par son importance. En effet, le 8 mars, chaque femme employée dans une organisation reçoit, de la part de son directeur, une petite somme d'argent et une journée de congé pour profiter au mieux de ce jour leur étant dédié.
Ce n'est pas une obligation et ce n'est encré dans aucune tradition. C'est plutôt une habitude qui s'est installée. C'est pour cela que le 8 mars, en Roumanie, la ville appartient aux femmes ! Les cafés sont bondés, envahis de gloussements, de tablées de dix filles mangeant chacune une grosse par de gâteau à la crème en se prenant toutes ensemble en photo pour cette occasion. Impossible de trouver un endroit où s'installer, nous avons écumé trois "cofetarie" (cafétérias destinées uniquement à la consommation de gâteaux, sucreries... Un paradis gustativo-calorique) avant de trouver une table et profiter également de cette délicieuse journée.
La journée du 9 mars, ou la journée des Martyrs, n'est certainement pas marquée de la même euphorie. C'est une date en mémoire des 40 Martyrs de Sébaste. Pour célébrer ce jour, les hommes on l'occasion de boire 40 verres de vin. De plus, si leur épouse est un fin cordon-bleu, ils peuvent déguster de bons "mucenici" maison. J'ai eu la chance, ce jour-là, d'être conviée à en manger.
Les mucenici, (prononcer mut-ché-nitch'), peuvent être cuisinés sous plusieurs aspects. La seule chose qui ne diffère jamais, c'est leur forme, représentant un huit. On peut les manger en pâtisserie, mais aussi comme des pâtes barbotant dans leur jus. Dans tous les cas, les mucenici sont saupoudrés de noix râpées et de miel.
Il y a aussi cette tradition, entre le 1er et le 9 mars, où chaque personne a sa journée. Si vous êtes né un 6 septembre, votre journée sera le 6 mars, par exemple. Mais si vous êtes né un 23 juillet, il vous faut additionner le 2 et le 3 de votre jour de naissance. Ainsi, votre "ziua Babe" sera le 5 mars.
S'il fait beau le jour de votre "ziua Babe", votre année sera heureuse et prospère. Cependant, si le mauvais temps est de rigueur, vous traverserez une année difficile.
Pour plus d'informations concernant l'origine de toute cette tradition, un petit tour ici et ici.