QU'EST-CE QU'UN SERVITEUR DE DIEU ?
Un texte de Joël Badjonné
Maintenant que la foi chrétienne est devenue dans le monde un amalgame de toutes sortes de choses, il est aussi devenue difficile d'avoir une bonne connaissance des choses basiques de la bonne doctrine de l'évangile de Jésus-Christ. Il me souvient un temps où les chrétiens avaient un peu plus de respect de la part du monde à cause de leur Dieu qu'aujourd'hui. C'est dommage de constater que le milieu chrétien général maintenant devienne toujours plus éloigné de la volonté de Dieu que jamais.
Quelle image a t-on d'un serviteur de Dieu aujourd'hui ? Tant de choses se disent, tant de choses se font que les gens ont perdu de vue ce qu'est un vrai serviteur de Dieu. Et plusieurs âmes sincères envers Dieu ne savent plus qui suivre, tant les séducteurs, les manipulateurs et les imposteurs sont en grands nombres. Il est vrai que de manière générale, tous les enfants de Dieu sont des serviteurs et des servantes de Dieu parce que tous servent d'une manière ou d'une autre leur Seigneur qui les a racheté et qui a fait d'eux des sacrificateurs pour Dieu. Mais Dieu a voulu réserver et mettre à part quelques hommes qui le servent d'une façon particulière. C'est d'eux que nous parlons.
Aujourd'hui, un serviteur de Dieu, aux yeux des gens, c'est un homme qui est orateur, éloquent et capable de développer des sujets intéressants. Il a reçu une formation officielle dans le milieu pour être un prédicateur professionnel (car c'est maintenant sa fonction sociale). Il a ainsi un diplôme ou une attestation de réussite de ladite formation, qui certifie qu'il est un professionnel et qu'il peut exercer partout où on reconnaît cette attestation de profession, même s'il n'a aucun appel de Dieu à servir.
Il a un titre, et il y tient, il en va de ses honneurs. Le titre peut lui avoir été donné de ses précepteurs. Mais il peut aussi lui même prétendre être du rang d'un tel ou d'un tel autre. On ne peut l'appeler que par son titre, et il ne doit jamais être considéré, pas une seule fois, comme un simple frère comme les autres enfants de Dieu.
Il a une église, où il est un conducteur principal. Il a le dernier mot sur tout et il ne se trompe jamais, il n'apprend pas des autres, c'est lui seul qui doit prêcher aux autres. Sa place est spéciale, et peut-être mieux que cela. Si les autres s'assoient sur une simple chaise, pour lui, un trône royal est requis. Son entrée lors d'un culte doit attirer l'attention de tout le monde, sa montée sur un pupitre pour prêcher doit requérir des ovations (acclamations), son vêtement doit être distingué de celui des autres, etc.
Il a une femme qui l'accompagne dans le ministère. Non, plutôt il a une femme qui est son associé dans le ministère. S'il est pasteur, sa femme l'est aussi automatiquement. S'il est prophète, sa femme l'est aussi. S'il est apôtre, sa femme l'est aussi. On parle alors de couple pastoral, prophétique ou apostolique. Eux seuls sont mis en valeur sur la chaire, sur les affiches, sur les lèvres et dans les émissions radio ou TV.
Il a une autorité outre mesure qu'il impose aux autres. Il a un ton intimidant et une fierté mal placée. Quand il le veut il peut chasser quelqu'un de l'église. On le consulte comme on consulterai un PDG d'entreprise, et très souvent, par un long protocole.
Mais ce ne sont pas seulement là les choses qui décrivent les serviteurs de Dieu, aux yeux du peuple. D'autres, par contre, pensent qu'un serviteur de Dieu, c'est quelqu'un de zélé, qui aime parler de Jésus, qui est actif dans l'évangélisation, etc. Mais la vérité, c'est que ce ne sont pas là les choses qui permettent de reconnaître un serviteur de Dieu. Et l'on doit comprendre que l'activisme, ce n'est pas le service de Dieu, non plus que la simple direction d'une église ou l'habitude à parler régulièrement de Dieu.
Un vrai serviteur de Dieu l'est par appel et par sa vie. Ce n'est qu'ensuite que son service est considéré. Par appel, cela signifie que Dieu l'appelle à Le servir de façon pratique dans un couloir de Son œuvre. Dieu l'appelle simplement comme il a appelé Simon, Jean, Jacques, André, Lévi, Paul, Barnabas, etc. L'appel n'est pas un talent oratoire. L'éloquence a son utilité lorsqu'il est bien utilisé mais il n'est qu'un talent naturel et n'a rien avoir avec l'appel de Dieu à servir. Plusieurs sont appelés et utilisés par Dieu, mais ne sont que de piètres orateurs. Bien parler ne fait pas un vrai serviteur aux yeux de Dieu, même si les hommes acclament et disent amen.
Un serviteur de Dieu l'est ensuite par sa vie. C'est ici le point le plus négligé aujourd'hui. Pourtant, un bon arbre porte de bons fruits, cela est connu de tous. Et on reconnaît un vrai serviteur de Dieu à sa vie, et pas à son titre, mais cela les gens n'y prêtent pas attention. Celui que Dieu envoie, Dieu le sanctifie et l'amène à se consacrer profondément, Dieu le façonne à l'image de son Fils afin que le serviteur ressemble à Jésus-Christ dans son caractère et sa manière de servir. Dieu l'équipe du dépôt nécessaire pour servir et lui donne des instructions par rapport à comment servir.
La vie du serviteur de Dieu est alors une première prédication, avant toute parole parlée. Avant qu'il ne prononce douceur, on voit la douceur dans sa vie. Avant qu'il ne recommande de ne pas se metre en colère, lui-même sait se maîtriser et rester calme, et on le voit régulièrement maître de lui-même. Avant de prêcher de s'abstenir du péché, lui-même montre un exemple strict de sanctification et de justice selon Dieu. Avant d'exhorter les autres à manifester l'amour de Dieu et la compassion, on le verra être charitable, et plein d'attention.
Un vrai serviteur de Dieu, je le répète, l'est d'abord par sa vie, avant son service. S'il ne peut avoir une vie digne d'un serviteur de Dieu, une vie exemplaire de vertu, de grâce, de patience, de support et de bienveillance, il ne peut pas non plus exercer son service comme Dieu le veut. Toute sa vie doit être la concrétisation de sa doctrine, sinon il perd son temps.
Un serviteur de Dieu, ce n'est pas un homme à la belle allure, bien habillé. Tout le monde peut se procurer un costume élégant. Mais celui-là est un vrai serviteur de Dieu qui est un homme brisé, qui s'humilie et ne cherche pas à être estimer, qui n'a pas le cœur aux plaisirs du monde et à l'orgueil de la vie, mais qui concentre son coeur sur la vie de Dieu et la pureté de sa voie.
Il ne cherche pas être servi, mais il cherche à servir les autres. Il ne cherche pas à ce qu'on lui donne, il cherche à donner aux autres et se sent heureux de vivre ainsi. S'il reçoit des autres, il est reconnaissant, et continue son chemin. Il ne cherche pas à ce qu'on lui donne de grands honneurs, quoi qu'il inspire l'honneur par sa vie, mais il sait s'appliquer à honorer les autres d'une façon juste, à honorer ses aînés, à honorer même l'un de ces plus petits dans le royaume des cieux. Dans une assemblée locale, il sera celui qui rend le plus service aux autres, celui qui est le plus disposé à soutenir les autres spirituellement, et émotionnellement, voire financièrement.
Avant d'être un bon prédicateur sur une chaire, il est d'abord un bon mari dans son foyer, attentionné envers sa femme et ses enfants, doux dans ses paroles et non blessant, patient et tempérant dans ses actes et non agressif ou dominateur. S'il est colère, et s'emporte rapidement dans ses décisions et ses relations, son service finira par s'avilir et perdre de sa valeur devant Dieu. S'il ne vit pas seul, Il est un bon cochambré digne d'être admiré par son compagnon de chambre. Si à l'église on le loue, et que ceux qui vivent avec lui dans la même concession n'ont que son nom dans la bouche en mal, il perd son temps à servir.
Avant d'être immergé pleinement dans son ministère pour le Seigneur Jésus-Christ, il manifeste une vie de piété qui convient à un serviteur de Dieu. Dans sa vie de tous les jours, il est un exemple à suivre, tant en paroles qu'en actes, par sa douceur, par sa patience, par sa clémence, par sa simplicité, par sa rigueur envers les choses de Dieu, par sa consécration, par son zèle, par sa vie de prière et d'obéissance, par sa promptitude à être utile aux autres, etc.
S'il n'est pas marié, il sait s'éloigner de l'impudicité avec sagesse et garder son coeur de tout ce qui pourrait l'éloigner de la vie qui est en Christ, de peur d'être entraîné loin de la pureté et de devenir une occasion de chute pour les âmes. S'il est marié, il sait gérer son mariage pour avoir à être un époux aimant, aimable, et compréhensif, et un père avec les mêmes qualités. S'il est occupé à un travail, il sait bien faire son travail et cherche toujours à être un modèle afin de laisser derrière lui un bon témoignage partout où il passe. Et s'il n'a pas toujours un travail fixe, il sait néanmoins ne pas être toujours à la charge des gens avec le prétexte d'être serviteur de Dieu devant vivre de l'évangile. Bien qu'il soit respecté au milieu des saints, il sait aussi respecter son patron au travail, ou s'il est patron, respecter ses employés et les féliciter. Il ne se limite donc pas à être un bon moralisateur dans les réunions de l'église, mais est littéralement un exemple à suivre dans tout ce qu'il fait. C'est par un tel serviteur que le service est louable devant Dieu et les hommes spirituels.
Un serviteur de Dieu est un homme simple dans sa vie comme Jésus-Christ l'était, humble et pieux dans ses sentiers, brisé dans ses sentiments, et prude dans son allure. C'est un homme bon, bienveillant, hospitalier, joyeux et capable de communiquer la joie aux autres. C'est un homme vertueux, affable et agréable à Dieu et aux hommes par sa sympathie et sa gentillesse. C'est aussi un homme qui prêche droitement la parole de Dieu selon que le Seigneur Jésus-Christ l'a envoyé. Il ne s'écarte pas du chemin que Dieu a tracé pour lui, juste parce qu'il convoite le titre ou la position de quelqu'un d'autre. Il ne cherche pas à plaire aux gens dans son évangile, mais cherche avant tout l'approbation de Son Seigneur à qui il sait qu'il doit rendre des comptes, quitte à déplaire à la majorité de ceux qui l'écoutent.
Le critère de réussite dans le ministère, pour lui, n'est pas tant le nombre de fidèles qu'il instruit ou évangélise, ou le nombre de ceux qui le reconnaissent comme un serviteur de Dieu. Il ne mesure pas son succès en voyant à la beauté des décorations des chapelles d'église, ou à sa durée dans le ministère. Mais il mesure le succès de son service en voyant au nombre de ceux qu'il a concrètement bâti en Jésus et à la qualité de leur vie devenue accomplie et affermie, et pour qui il a travaillé dur en souffrant les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que Christ fut formé en eux. Il évalue sa réussite en découvrant et en considérant ce que Dieu lui a ordonné, le comparant à ce qu'il fait, savoir si cela est en accord et en accomplissement de ce pour quoi il a été appelé. Ainsi il sera capable de dire : j'ai combattu le bon combat, et j'ai achevé ma course et mon service. C'est là un serviteur de Dieu, peu importe le don qu'il a dû recevoir pour servir dans le champ de Dieu. C'est là un serviteur que Dieu aime et un serviteur dont Dieu est fort fier.
Es-tu ce genre de serviteur de Dieu ? Si oui, gloire soit rendue à Dieu, continue donc à suivre ce chemin étroit que peu empruntent. Si non, qu'attends-tu pour le devenir, toi à qui tant de reproches sont faits tous les jours ? Es-tu un serviteur aventurier qui n'a jamais été appelé spécifiquement par le Seigneur et qui continue néanmoins à être actif ça et là sans être là où Dieu veut que tu sois ? Et toi, projettes-tu de servir Dieu dans l'avenir pour vivre comme les prédicateurs modernes parce que tu admires leurs richesses et leur éloquence, et pas plutôt en aspirant à te dépouiller, renoncer à toi-même, et attendre que Dieu t'envoie où il souhaite que tu le serves et dans le couloir qu'il veut, même si c'est au détriment de ta fierté ?
Et toi, quel genre de serviteur de Dieu suis-tu ? Sur le modèle de qui marche-tu ? Qui aspire-tu à imiter ? Les enseignements et la conduite de qui reçois-tu ? Qui est-il, ce serviteur de Dieu ? Dieu le considère-t-Il comme Son serviteur, comme toi tu le considères ?