Road trip : ON
Les voyages forment la jeunesse -il parait. En l’occurrence on est jeunes - encore un peu- et on voyage -encore un peu. Du coup ça nous forme. De façon quotidienne, et intense : pas une journée ne se passe sans que nous puissions en tirer une leçon de vie -au moins ça.
Vendredi 3 mars
Douche de 30 minutes -en prévision de notre future vie sauvage (grr). : Check
Faire tenir toutes nos affaires dans la voiture : Check -au grand étonnement de Pete.
Chalet astiqué, balayé –casaaa toujours pimpaaannn : Check
Banana Cake cuisiné par Pete dans la glacière : Check
Bouteilles d'eau congelées pour refroidir la glacière : … échec.
Chargeur de téléphone : Check
Camping réservé pour ce soir : Check -de justesse, mais check quand même.
Bisous à Pete : Check
Bisous à Belinda : Check
La larme à l'oeil : Check
Allez, on est ready, salut la compagnie, on va voir ailleurs si vous y êtes !
Frein à main, pied gauche au sol, boite de vitesse réglée sur recul, on y v.... « Vous avez vérifié que tout était ok sur la voiture ? » nous lance Pete. Ah non, tiens...
Liquide de refroidissement– un détail... : Check
Niveau d'huile– un détail... : Check
Bon allez, cette fois c'est la bonne, on file ! Frein à main, pied gauche au sol, boite de vitesse réglée sur recul, on y v.... « La portière arrière est ouverte » me dit Manon. Ah oui, tiens...
Fermer toutes les portes de la voiture : Check.
Allez, fini les bêtises : frein à main, pied gauche au sol, boite de vitesse réglée sur recul, on y va ! Adios amigos, ciao les nazes, à plus dans l'bus, on s'casse.
Quelques heures plus tard, toujours en vies, nous arrivons dans notre premier camping. Toutes excitées de notre liberté soudaine - Pete et Belinda nous ont tellement couvées qu'on à l'impression d'être en pleine émancipation- on file s'acheter des bières. WOUHOUUUU. Fatiguées des repas copieux et élaborés, nous sommes toute excitées de nous cuisiner un vrai repas de Backpacker : DES NOUILLES CHINOISES -Wouhouuuu again. C’est en préparant ce repas particulièrement élaboré que nous est venue notre première révélation :
Leçon n °1 : Ranger ses affaires dans une voiture demande une nouvelle forme d'organisation, excluant toute autre logique que celle-ci : « range à portée de main ce que tu utilises le plus » - et peu importe si l'huile d'olive est rangée dans la même boite que les céréales et le liquide vaisselle.
Samedi 4 mars
Après une réorganisation totale de la voiture, on repars en direction du Hell’s gate, à Rotorua. La bande de zigotos qui me servent de potes nous ont offert à Manon et moi des tickets valables pour l’entrée du parc + bain de boue + bain de souffre. Rotorua est une ville volcanique, elle est connue pour ses bains chauds et ses lacs aux couleurs saturée, mais surtout pour l’odeur de souffre qu’il y règne. Pour tout ceux qui n'ont jamais eu la chance de faire trempette dans des bains naturels en montagne, je vais la faire courte : Rotorua est une ville qui pue l'oeuf pourri.
Six heures plus tard, on déambule dans un parc naturel, entre geyser à 100° et baignoires de boue bouillonante, avant de nous glisser dans un bain de boue épaisse puis un bain de souffre bien chaud -le bonheur. NB : Avant de repartir, on à même pu prendre une douche...: LE PARADIS ON VOUS DIT !
Aussi sympa que soient cette odeur de souffre qui règne dans toute la ville, on décide de se remettre en route, direction Taupo, où on arrive à la tombée de la nuit. On trouves notre spot du jour : un très grand camping gratuit aux abords d’une rivière. Dès l’entrée du camping, on réalise qu’il est déjà bien remplis. On descend peu convaincues, à la recherche d’un coin sympa (ou un coin tout court) où garer notre carrosse. Et là, on la voit : comme une apparition, une place au bord de la rivière, abritée par un joli pin, pas trop loin des toilettes, avec suffisamment de place pour sortir la table de pic-nic. ALLELUIA. Ni une ni deux, la pilote qui est en moi à déjà fait un drift à 180 pour orienter les fesses de Kumara vers la rivière (très important, question intimité), et quelques secondes plus tard -oui oui- nous voilà assise sur nos chaises de camping, du saucisson sur la table.
Leçon n°2 : Ne pas se garer sous des pins - ou tout autre type d'arbre qui perd de la sève. Ca colle. D'ailleurs tant que j'y suis, ne pas non plus s'assoir sur un tronc d'arbre clairement dégoulinants de sève avec un pantalon beige. « Ca va sans dire mais ça va mieux en le disant » comme dirait ma sœur.
Dimanche 5 mars
Taupo est une ville sympa, située aux abord d’un lac, proche de plusieurs sommets : elle attire cyclistes, skieurs, kayakistes et autres sportifs.
La ville est proche du mont Tongariro et surtout le Mont Ngauruhoe - aka la montagne du destin pour les fans du seigneur des anneaux. C’est l’activitée principale de la ville: les fans inconditionnels, les un peu moins fans, les gens qui en ont entendu parler, les gens qui ont vu un poster du film, ceux qui aiment marcher, ceux qu’on à forcer à venir, et moi -bref tout le monde- se retrouvent à faire la marche du Tongariro Alpine Crossing à un moment donné de son voyage en Nouvelle-Zélande. Elle permet de faire une traversée dans le parc Tongariro sans nécessairement escalader jusqu’en haut du mont -même si c’est possible- offrant une vue imprenable sur la fameuse montagne, un cratère rouge, un lac émeraude, le mont Tongariro, et tout un tas de fesses et de sac à dos de touristes. Elle est faisable en huit heures, et accessible à tous -soit disant.
On y échappera pas : on réserve une navette pour le lendemain matin à 6h30. Elle doit nous emmener du parking d’arrivée de la marche -où l’on aura garé la voiture- au départ de la marche. Le tout est à environ une heure de Taupo, alors on décide de se mettre en route vers un camping gratuit qui se trouve dans les environs du mont Tongariro -parce que 6h30 du matin, c'est quand même beaucoup trop tôt pour conduire une heure.
Afin d'être sûres de trouver une place avant la nuit cette fois, on se met en route en début d’après midi, direction un camping du DOC (Department Of Conservation) -l'équivalent du conservatoire du littoral- armées de nos applications mobiles pour aventurier 2.0 sans le sou. Ces applications fonctionnent pour la plupart en mode “hors connexion”, ce qui est un bel avantage dans un pays ou le 3G coûte l’équivalent de ce que gagne Liliane Bétancourt en une heure -c’est vous dire !- et que la couverture réseau est très... parcellaire -foireuse, donc. Elles sont rapidement devenues notre unique référence pour nous déplacer...
Leçon n°3 : Lorsque tu cherches un camping officiel régulé par une organisation nationale, et que tu ne vois aucun panneau d'indication signalant la présence dudit camping sur le bord de la route, ne t'engage pas sur un chemin forestier, et ce même si sur ta carte numérique -d’une précision très douteuse- le camping semble super proche. Tes yeux tu ouvrira, ta 3G tu allumera, et le camping tu trouvera -t’évitant ainsi de rouler à 10km/h sur un chemin de gravier pendant 40 min, de perdre patience, de te chamailler avec ton copilote et de te fâcher tout rouge.
Lundi 6 mars
Debout comme prévu à 5h du matin, on est fraiche comme le gardon en hiver. Couchées la veille à 20h -à la tombée de la nuit,en fait, coucou la vie de camping- on a quand même dormi 9h. Et comme dit la grand-mère de Manon, les heures avant minuit comptent double. Du coup ça fait 4x2 = 8 + 5 = 13 : on à dormi 13h -je sais je suis super forte en math. Bref, on pète la forme. À 6h30 du matin quand la navette pars, le parking est déjà complet. La marche dure 8h pour 20km de marche, avec un dénivelé de près de 1000 m -pour ceux qui comme nous, s'en tiennent à la marche principale, sans grimper sur aucun des deux sommets qui l'entourent. Du coup, nous partons avec : chaussures de marche, chaussettes épaisses, leggins, jogging, seconde peau, polaires, K-way, écharpes, bonnets, gants, lunettes de soleil, crème solaire, 2l d'eau chacune, amandes, snickers, sandwichs, appareils photos et téléphones -juste ça.
Pour rappel, ni Manon ni moi ne sommes particulièrement férues de marche en montagne -pour ne pas dire qu'on ne marche absolument jamais- et après 7 ans d'études incroyablement studieuses -et alcoolisées, et fast foodisées, et série télévisées- on ne peut pas dire qu'on soit au top de notre forme physique. Mais tout le monde nous l'a dit : «c'est pas si terrible», «franchement ça se fait en 6h, facile», «c'est à la portée de tous». Alors on part plutôt sereines, sachant notre sac à dos bien trop rempli...
Leçon n°4 : NE JAMAIS croire les conseils d'une personne de 20 ans OU qui pèse 45 Kg pour 1m60 OU qui est vêtue de vêtements techniques des pieds à la tête. Pour les gens comme vous et moi -enfin en tout cas comme moi- qui sont super fiers d’avoir investit dans un K-Way Décathlon avant de partir, qui commencent déjà à se dire tout les matins “j’ai plus 20 ans”, et qui pèse... ses mots : la réelle durée d'une marche est celle donnée par les documents officiels. TOUJOURS. Eventuellement un peu plus. Jamais moins. JAMAIS.
Au final, on à mangé tout ce qu’il y avait dans le sac, on à bu tout ce qu’il y avait dans les bouteilles, on à mis sur notre dos toutes les couches de vêtements qu’on avait emportées, on à perdu nos genoux, nos pieds, et notre énergie, mais ça en valait la peine. On à vu des paysages magnifiques, des toilettes à 400m d’altitude au milieu d’un paysage magnifique, des humains marcher en file indienne au coeur d’un paysage magnifique, on à payé le prix d’une journée de travail pour une navette de 20 minute qui nous à emmené voir un paysage magnifique, et on a vu des backpackers de 18 ans grimper en Nike et en short, une bouteille d’eau de 500ml à la main, dans un paysage magnifique. Bref, c’était magnifique.
Une fois la marche finie, on à beau être fatiguées, il nous faut trouver un endroit ou dormir. On pourrait retourner au camping de la veille, mais il n’est pas vraiment sur la route de Wellington, alors on décide de partir vers un nouveau camping gratuit - qui n’est pas réellement sur la route mais quand même un peu plus que l’autre qui est moins sur la route que celui là. Après plus d’une heure de conduite, nous voilà arrivée à un camping, extrêmement grand et surtout vide, au abords d’une rivière où des chevaux sauvages viennent s'abreuver. Géniale hein ? Non. Ce qui est REELLEMENT génial, c'est qu'il y à des toilettes avec une chasse d'eau -ce qui implique qu'elles ne dégagent pas une odeur nauséabonde la nuit, et qu'elle n'attirent pas toute les bêtes de la terre- un espace clos pour se doucher -ce qui veut dire pouvoir se déshabiller en entier pour se laver VRAIMENT -des tables de picnic – ce qui veut dire une table stable que quand tu coupe le saucisson, le qui est dans ton verre y reste- et des barbecue.
Leçon n°5 -qui tient particulièrement à cœur à Manon : Ne jamais partir en road trip sans Chamalow dans le coffre. JAMAIS.
Mardi 7 mars
J’ai mal. J’ai mal partout, j’arrive à peine à sortir du lit. Du coup, j’en sors à peine : on fait glisser nos sacs à dos à l’arrière de la voiture, on rampe vers les sièges avant, et on repars, direction Wellington. On à décidé de descendre rapidement vers le nord de l’île du sud, pour une raison parfaitement arbitraire : on à pas assez d’argent pour faire notre road trip entier, et on espère y trouver un travail gratifiant et enrichissant qui paye bien. Ceci dit, il n’est pas question de traverser la Nouvelle-Zélande sans faire un arrêt à Wellington. Premièrement, c’est la capitale du Pays, deuxièmement, j’ai un copain rencontré à Copenhague qui y habite, troisièmement, il parait que c’est une ville super sympa, et quatrièmement, Manon doit faire une procuration pour les élections à venir. Sauf que, dormir dans sa voiture gratuitement en Nouvelle-Zélande est SUPER facile, mais pas près des grandes villes. Alors j’ai fait chauffé l’internet de Liliane à la recherche d’un Couchsurfing. Du coup, ce soir on dors chez Lars. Lars est Allemand -surprise !- Lars travail dans l'industrie du cinéma d'animation, et à le plaisir de passer ses journées à créer la texture d’arbres et autres cailloux - des cailloux. Et des arbres. Les deux. Lars est employé dans l'une des plus grosses boites d'animation du monde, à qui l’on doit les effets spéciaux de Lord of the Ring -of course...- Avatar, King Kong, et autre. Lars est sympa, Lars est accueillant, et Lars est vraiment très pratique. On lui cuisine des croque madame, on discute, et on rigole de nos incompréhensions respectives face au mode de vie Kiwi -Lars à par exemple cru pendant longtemps qu’un de ces collègue lui disait “Sweet ass” (beau cul), au lieu de “Sweet as” (cool). Fatiguées nous finissons par aller nous coucher l'une sur le canapé et l'autre sur un matelas gonflable -le luxe ! ...
Leçon n° 6 : Toujours vérifier que la valve d’un matelas gonflable est bien fermée avant de s’y installer pour la nuit.
Mercredi 8 mars
Lars est parti tôt ce matin pour s'occuper de ses cailloux, mais nous a laissé les clefs de l'appartement. Ravies, nous prenons le temps de nous lever tranquillement, et même -folie- de prendre une douche chaude -comment ça je passes mon temps à parler de douches et de toilettes ?- et de nous laver les cheveux - non, on ne se fout pas de ce détail. C’est un détail qui à changé notre journée.
Une fois propres, on pars à la découverte de Wellington. Le centre ville laisse une grande place aux piétons, il y a des graffitis partout des jeunes gens en slim avec des pulls en laine trop grands, des cafés et des bars à chaque coins de rues, et même des Kebab qui sentent bon : bref, on se croirait en Europe. C’est donc sans surprise que nous y avons croisé un bon paquet de français, se plaignant à tout va en fumant des clopes.
En passant par le musée, on y à même découvert que les kiwis s’étaient battus au côtés des anglais pendant la première guerre mondiale. Je vous laisse méditer sur l’étrangeté de cette information.
Leçon n°7 : Dans une ville coincée entre la mer et l’océan, penser à toujours sortir avec son Kway et son écharpe même si il fait 20° et que le soleil tape depuis des heures sur la ville.
Jeudi 9 mars
Plutôt contentes de quitter un Wellington un peu trop « windy » à notre goût -sérieusement, on a perdu au moins 15° entre Paihia et Wellington- nous voilà dans le Ferry. On a plus envie de grignoter que de greloter : on se rue sur des sièges au chaud avec vue sur le détroit de Cook.
Bon appechips !













