COUCOU ME REVOILOU (avec classe, donc)
GROSSE SURPRISE, j’me carapate encore.
Je vous entends déjà : « On s'en doutait », rapport au nom du blog, tout ça tout ça...certes. Mais cette fois-ci ce n’est pas d’ma faute. J’vous jure. Même si, je sais, on ne jure pas Marie Thérèse.
On m’a proposé de partir à deux, marcher la tête à l’envers. On m’a dit que je verrai des paysages magnifiques, que je perfectionnerai mon anglais, que je profiterai de l’été en plein hiver, que je danserai avec des dauphins, des hobbits et des rugbymans...(can’t wait).
On m’a dit que je pouvais avoir un visa valable un an, que je pourrai travailler, lire, écrire et me balader, tout ça dans la même journée.
On m’a dit que je mangerai des kiwis, que je verrai des kiwis (la nuit) et que je rencontrerai ... (gros suspens)... des kiwis !
On m'a dit que la pinte de bière était à 10 euros et qu'il me faudrait faire trente trois heures d'avion pour y aller, du coup j'ai diwi.
Partir, ça je sais faire. Parler Anglais, je devrais m'en sortir. Prendre l'avion, c'est ok. Alléger mon bagage... je vais essayer. Mais partir sans autre but que celui de voyager, partir à deux, partir pour une durée indéterminée, ça, non, je ne sais pas -encore- faire. Alors c’est partis pour de nouvelles aventures, direction la Nouvelle-Zélande.
10 decembre 2016
10h00 (heure locale)
Aeroport Roissy-Charles de Gaulle
Après deux mois de préparation – comprendre par là, planter notre tente chez décathlon et acheter tout ce qui rentre dans notre budget ET dans nos valises. Voire plus - Manon découvre avec une grande joie que malgré une année de vie commune chargée, au cours de laquelle j'ai cumulé deux masters -je le souligne pour la gloire- je peux toujours atteindre un niveau de stress supérieur. Parce que oui, après avoir parcouru des milliers de km en train et en avion, je trépigne jusqu'à ce que nos bagages s’engouffrent derrière les lamelles de plastique pour se faire martyriser par des bagagistes mal réveillés. Parce que oui, j'ai les mains moites quand je vois la taille de la file d'attente au contrôle de sécurité, de peur que quelque chose ou quelqu'un nous retarde. Peut être effectivement que j'ai eu tendance à tourner autour de Manon en soufflant lorsqu'un douanier inspectait sa valise pour y trouver je ne sais quoi. (Peut être aussi que j'ai réitéré à l'aéroport d'Abu Dhabi. Et à celui de Hong Kong). Soit... on a quand même finies par rentrer dans l’avion à temps -pour ne pas dire en avance. Après s'être battues avec le plaid, pris le temps de comprendre le fonctionnement de notre tablette tactile et écouté les consignes de sécurité interdisant à qui que ce soit de voyager avec un samsung galaxy note 7 à bord de l'appareil, nous voilà parties pour sept heures de visionnage de films -comme n'importe quel dimanche après midi d'automne.
10 decembre 2016
20h50 (heure locale)
Aeroport d'Abu Dhabi
Le changement de vol est rapide, on sort d'un avion, on marche dans les couloirs façon mouton de panurge, et c'est reparti : montre, ceinture, portable, vestes, ordinateur. Ordinateur, vestes, portable, ceinture, montre... et on s'engouffre dans de nouveaux couloirs, marchant le plus vite possible sur les tapis roulant façon super héros -supeeeeer puiiiisaaaaaaance.
Après avoir été bousculées à droite et à gauche par des asiatiques qui ne semblent pas connaître le principe d'espace vital, on découvre avec une immense joie que nous sommes placées sur deux sièges isolés pour les sept prochaines heures, en direction de Hong Kong. Et comme une bonne nouvelle n'arrive pas seule, je réalise, avec une immense tristesse, qu'au cours des vingt dernières minutes, le mode avion de mon téléphone a été désactivée -par moi hein, soyons honnête- mais pas l'option « itinérance des données ». Note pour les prochains : le coût local d'un Mega octet de data est annoncé par mon opérateur à 18 euros. J'ai reçu une trentaines de notifications, évidemment, j'avais eu la bonne idée de narguer tous mes contacts avant de décoller. « Ca fera une bière de moins à Auckland », me suis-je alors résignée.... Sauf que, oui, mais non. Petit exercice mathématique :
Une jeune femme oublie de désactiver l'accès à internet de son téléphone intelligent (mais pas radin, apparemment), lors d'un déplacement à l'étranger, et reçoit au cours d'une période de 20 minutes, une trentaines de notifications. Sachant que 30 notifications équivalent à 2,2 Mega Octets de consommation internet, et que un Mo coûte, dans le pays où elle se trouve, 18 euros. Sachant également que le prix moyen d'une pinte de bière dans son pays de destination finale est de 9 NZD*. Combien de bières devra-t-elle se priver de boire à cause de cette erreur ? A combien de litre de bière cela correspond-t-il ? Pouvons nous alors considérer que les Emirats Arabes Unis ont rendus service à cette jeune femme ?
*(1 New Zealand Dollar étant équivalent au jour de l'erreur à 0,6217 euros)
Bon allez, j'vous simplifie la tâche, les réponses, sont dans l'ordre : 7 // 3,5 // Probablement -Choukran Abu Dhabi.
Nous disions donc : Nouvel avion, nouvelle ambiance. Entourées d'êtres humains de type asiatiques, nous sommes à nouveau comme chez nous. Découvrant avec grande joie une petite pochette fournissant un cache œil, des boules quies et... des chaussettes -???. Nous passons donc les sept prochaines heures à dormir, manger, et regarder la reine des neiges -enfin moi, parce que Manon, elle, n'a fait que bouffer...
11 decembre 2016
9h10 (heure locale)
Aeroport de Hong Kong
Après 14 heures d'avion, fraiches comme des truites à la plage, nous voilà en Asie, pour la première fois de nos courtes vies ! Enfin... dans un aéroport qui se situe en Asie... et qui ressemble à tous les aéroports que nous avons vu jusque là. Très adaptées à l'heure locale et sans trop savoir combien d'heures nous avons dormi, nous décidons que c'est l'heure du petit déjeuner. Ma maman qui-nest-pas-juive-mais-presque nous à laisser partir avec des croissants frais, qui ne le sont plus que très moyennement, mais qui sont, à cette heure ci, plus appétissant que du canard laqué aux noodles. Me voilà donc, chevaleresque, et surtout plus bilingue que ma coéquipière, partie pour commander un chocolat chaud. Une tâche relativement simple pour moi qui ai taaaaaant bourlingué. Sauf que non. Parce que là vie est toujours là pour te remettre à ta place. Et voilà que l'histoire se répète. Again and again.
Face à un serveur qui semble aussi bien réveillé que moi, je balance ma question, sûre de moi : « Hello, do you have hot chocolate ? ». Jusque là tout va bien, ou presque, me direz-vous ? Pas du tout. S'en est suivi une discussion confuse et absurde au cours de laquelle il semblerait que j'ai réussi à commander deux chocolats. Un avec du lait concentré sucré, l'autre sans -sachant que Manon n'aime habituellement pas ça, j'ai préféré ne pas prendre de risque. Une fois la commande passée, je dégaine une carte bleue sur laquelle l'option internationale est activée -prévoyante que nous sommes Manon est. Elle ne fonctionne pas. Ayant déclarée partir en Nouvelle-Zélande, et étant actuellement à Hong Kong, je préfère abandonner avant de la bloquer. Toute réveillée que je suis, je réalise que nous sommes dans un aéroport -Oui, je suis une lumière, je sais. Je demande donc au serveur s'il accepte les euros. Je comprend que oui. Je fonce chercher le billet et les pièces qu'il me reste et les tends, fière de moi. Les trois personnes en service qui commencent à me reconnaître me regarde avec un air désolé. Ils n'acceptent que les billets. Me voilà donc repartie, pour trouver une seconde carte bleue, et paye enfin ces foutus chocolats. Soit. Je retrouve Manon, m'assied, lui explique la situation, lui tend son chocolat et prend le mien. Amusée de cette incompatibilité entre accents français et asiatiques, je sirote mon breuvage, rêvant d'un lit douillet.
Je suis donc en train de boire mon chocolat pas excellent mais quand même très potable, quand Manon me fait remarquer que le chocolat asiatique ne vaudra jamais un chocolat français. Je connais son goût pour le chocolat chaud maison, j'acquiesce. Cinq minutes plus tard, Manon finit par me proposer le sien, me disant que c'est vraiment trop mauvais. Etonnée, je goûte le sien, et manque de le recracher façon lama. Effectivement il est... parfaitement dégeulasse. Effectivement, il n'y a ni lait concentré ni lait tout court là dedans, mais probablement uniquement de l'eau et de la poudre de cacao. Un peu refroidie par les premiers échanges laborieux, je me rends au comptoir en moonwalk -pas littéralement, hein.
(Si vous voulez aller faire pipi c'est maintenant, vous vous doutez bien que cet échec ne s'arrête pas là)
Nouvelle situation, nouvelle serveuse. Je lui raconte mon histoire sous l'oeil amusé des deux préparateurs de sandwich derrière elle, qui tentent d'aider sans aucune efficacité, pendant qu'elle me regarde avec un air des plus blasé. Elle semble ne rien comprendre. Comme d'habitude, je me dit qu'elle doit probablement être idiote puisque je suis parfaitement bilingue. J'attrape donc le menu, et montre du doigt le premiers truc que je vois avec inscrit dessus « condensed milk » -soyons honnête, ce mot est imprononçable. Je la regarde, une lumière semble s'être éclairée dans son esprit, me voilà rassurée. Elle vide le reste du chocolat de Manon dans le lavabo et jette le gobelet, à mon grand étonnement puisque je voulait simplement qu'elle y rajoute du lait, mais soit. Elle me tend ensuite une boite lumineuse en plastique -le genre qui vibre et clignote quand la commande est prête- et me fait payer … une certaine somme dans une certaine monnaie -au point ou j'en suis, vous vous doutez que je n'ai pas essayé de comprendre le taux de conversion entre ma monnaie et la leur. La voyant préparer ce fameux chocolat-qui-vaut-de-l'or, je décide d'attendre au comptoir et repose le boitier lumineux : je ne suis plus à une minute près, et j'en ai marre de faire des allers retours. Elle me tend le verre. Je le prends, et rejoins Manon.
Gorgée.
Lama.
Demi tour.
Je lui demande cette fois très clairement du lait. Les deux préparateurs du fond me regarde avec un air mi-amusé mi-compatissant, comme pour dire « on se doutait bien qu'un chocolat à l'eau ça devait être dégeu mais bon, le choc des cultures, tout ça... »
Je goute.
Je demande du sucre.
Je goute.
C'est un chocolat chaud. Un bon. Sans lait concentré sucré dedans -?, peu importe. « Incroyable mais vrai, j'ai commandé deux chocolats chaud à Hong Kong », me dis-je, même si cela m'a pris 30 minutes. Je passe outre l'improbabilité de cette histoire, et m'apprête à amener le saint graal à Manon, qui s'est probablement endormie sur une partie de candy crush en m'attendant. C'est à ce moment là que la serveuse me tend une assiette, surmontée de ce qui semble être une ENORME tranche de pain de mie de 3 cm d'épaisseur, imbibée d'un liquide blanc/jaune.
Bref, j'ai regardé le plat. Je l'ai regardé, elle. Elle m'a regardé, moi. Elle a regardé le plat. Elle avait l'air soulagée. J'avais l'air de rien, je comprenais que dal. Quechis. Niet. Nada.
Passablement agacée, je lui dis que je n'ai jamais commandé ce ... truc (avec tout mon respect pour la gastronomie asiatique). Elle m'a regardé l'air mi-apeuré mi-insistant. Les spots se sont allumés dans ce qui me sert de cerveau, et j'ai enfin compris. En faite, j'ai surtout compris qu'on ne s'était pas comprises. Le boitier lumineux, c'était pour ce truc. Son air soulagé, c'est parce que j'étais enfin revenue le chercher. Le liquide indéfini, c'est du lait concentré sucré. Le plat qu'on m'a servi, c'est celui que j'ai montré sur le menu.
Bref, j'ai souri. J'ai pris le plat. Je suis retournée m'assoir. J'ai tendu à Manon son chocolat, et je me suis mise à bouloter l'énorme pain de mie sucré. Pour oublier.