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Une Bonne Idée
Une corde nouée autour de la taille, 24h/24, elle avançait sur un fil de verre tissé par un « artiste slasheur artisan magicien » qui était à l’origine du Big Bang Humain. La promesse de cette corde était celle d’une sécurité vaguement possédée mais surtout louée en échange de fatigues mensuelles versées à son créateur. Sans père ni mère, ils étaient tous nés sur la route de ce masson-concepteur, adepte des dentelles blanches.
De temps à autres, il lui arrivait de faire face à la rage des embouteillages dont le poids temporel pouvait l’inquiéter. De rêve en rêve et d’angoisse en angoisse Melisa voyageait à travers les saisons tantôt chaudes tantôt froides, tantôt jaunes, tantôt vertes. Tantôt sur-fringuée, voire déguisée en années folles, tantôt à poil, souvent, elle écrivait un livre pendant qu’elle poursuivait sa parade. Elle aimait par-dessus tout accompagner ce loisir littéraire par une tasse de thé rose que lui préparait sa boutique préférée, tenue, comme tous les commerces, par un retraité de la marche rapide. Pour ce faire, elle avait construit une étagère dépliante qu’elle accrochait à son jean troué. Ainsi, quand elle devait tourner une page ou éternuer, elle pouvait y déposer les objets encombrant, sans jamais s’arrêter. En constant entrainement pour un examen qu’il faudrait bien un jour passer, elle s’aidait d’un GPS ultra technologique qu’elle s’était offerte l’an dernier, en échange de quelques inventions personnelles, pour mieux trouver son chemin.
Des fenêtres s’ouvraient sur son parcours situés dans les cieux noirs et étoilés, sur ce monde dépourvu de terre et de mer, sans abscisse ni ordonnée. De vieilles dames écartaient alors des rideaux tous ennuyeusement parfumés au safran, pour s’adosser sur les rebords et lui faire part de leurs histoires qu’elles prenaient le temps d’embellir. Pour revivre une vie plus jolie à travers ces monologues, elles s’écoutaient réinventer leurs passés, plus qu’elles ne s’intéressaient à la satisfaction des « entendeurs », proies de ces moments d’égocentrismes mérités. Poliment, Melisa hochait de la tête aux moments de dénouement de ces récits qui souvent étaient loin d’être correctement rédigés à ses yeux. Bien qu’un peu agacée par ces dérangements répétitifs, elle trouvait toujours des mots, qui sorties de leurs contextes, parvenaient à l’inspirer. Elle prenait des notes en pensant à ses futures proies auxquelles elle était convaincue de pouvoir, quand son heure sera venue, offrir une bien meilleure qualité imaginaire.
Son premier devoir était de ne jamais s’arrêter. Le monde, lui-même bougeait autour d’elle ! Comment se plaindre d’un devoir éprouvant quand chacun y mettait autant du sien pour entretenir le mouvement vital de la galaxie ? Les marcheurs avaient la chance de pouvoir tout prendre « à emporter ». Aussi, dans son petit sac à dos en bois, elle rangeait ses trésors du passé. Les trésors d’un passé qui avait tendance à prendre du poids sans jamais considérer quelconque régime à la mode.. Le passé avait pour objectif l’obésité morbide. Le jour où un passé était rassasié, les conteurs se mettaient à zéro et il explosait, puissance supernova, en milles petits bébés, qui s’accrochaient au dos d’un nouveau marcheur pour l’accompagner. Melisa possédait des photos, des petits cailloux, des tartes au citron qu’elle préférait regarder plutôt que manger, des amies, des garçons, des scènes d’amour imaginés, des films qui étaient toujours en train de jouer, des pièces de théâtre, des acteurs, des chats, des oiseaux, des « le saviez-vous ? » étonnants qui continueraient toujours à l’étonner..
La nuit, alors qu’elle se mettait sur des rollers en mode automatique, elle prenait le temps de sourire pour réviser ses expressions, loin des armes des chasseurs qui en mettaient les destins en péril. Elle était une discrète rebelle qui ne pardonnerait jamais ce que subissaient les espèces en voie de disparition. Quand elle pensait au dernier « fou rire » qui avait été abattue sauvagement l’an dernier, elle avait du mal à empêcher ses larmes d’occuper ses pupilles sans défense. Cela lui coutait à chaque fois, une centaine de kilomètres difficiles à parcourir, puisque durant l’indisponibilité oculaire, elle ne pouvait voire clairement où ses pieds l’emmenaient.
De temps en temps, ses copines lui rendaient visite pour une promenade enchantée. Elles essayaient inconsciemment de provoquer des occasions de reproduction créatrice entre des blagues et des situations décalées dans l’espoir que la Magie opère et dépose un fœtus « d’éclat de rire » sur un des visages fécondables. Mais ça ne prenait pas.. Peut-être avaient-elles trop peur de la pollution, trop peur des chasseurs ? Peut-être avait-elles perdues foi, ou encore, peut-être ne connaissaient-elle pas aussi bien que les générations passées ce que représentait ce fantasme qu’elle essayaient d’orgasmer..
Quoi qu’il en soit, Melisa restait assidue au niveau de son rythme de croisière. Elle avait désormais obtenu sa licence de marcheuse experte. Elle ne craignait plus une retraite anticipée. Cette éventuelle défaite punitive lui semblait pourtant pouvoir se transformer en bénédiction les jours où elle se sentait trop « individuelle », trop « pièce détachée », trop mécanique, et quelque peu perdue sur les rails de ces voies ferrées qui semblaient changer d’avis sur sa destination. A ses yeux, cet écosystème vivant ressemblait un peu à un auteur qui ne cessait de perdre les pages clés d’un roman alors qu’elle cherchait à en entre-apercevoir le dénouement.
De temps à autre, elle changeait de chaussure, pour apporter un peu de couleur à sa route et épicer un peu le niveau du défi quotidien pour l’équilibriste né qu’elle était. Fière de prouver à son entourage sa capacité à ne jamais briser la glace avec des talons aiguilles, elle ne pouvait tout de même s’empêcher d’avoir par ci par là des sueurs froides dans le dos, en songeant à l’éventualité de tomber au nom d’un jeu ridicule et non une cause noble. Elle était furtivement hantée par l’idée de finir primée par un Darwin Award..
Un Guide de survie existait pourtant.. mais les modes de Voyage Sur Le Fil De Verre n’avaient pas encore été exhaustivement mis à l’épreuve en raison de la lâcheté compréhensible des marcheurs universels. De plus, des légendes venaient souvent contredire les écrits. Une de ses histoires préférées était celui de l’homme qui aurait réussi à s’installer sur un canapé. En dessous de ce bien mobilier, il aurait monté des roulettes dont l’installation n’aurait en rien mis en péril la solidité de son support naturel qu’était le fameux fil de verre blanc-bleu… Si l’on devait croire ce genre de fantaisies, la science, la logique, la raison ne seraient qu’une sorte de mauvaise blague qu’on aurait fait à l’humanité, qui, incapable d’utiliser la totalité de son cerveau, ne pouvait exploiter qu’un certain pourcentage bien ridicule de l’univers qu’ils habitaient.. Ce genre de réflexions excitait Melisa, mais elle préférait faire attention à la tentation pour maintenir sa réputation de fille modèle, traversée à fréquence acceptable par des folies passagères.
Puis un jour, alors qu’elle s’amusait à lire de la poésie en sentant discrètement sa jupe flirter avec le vent du soleil, elle sentit un parfum boisé et une présence qui la dévisageait. Elle leva les yeux, et fut giflée par le choc de ce qu’elle découvrait. Un jeune homme magnifiquement aromatisé avait tissé une toile autour du chemin de la jeune femme. Il était immobile comme l’Empire State Building et semblait boire joyeusement les compliments déboussolés que les yeux de la charmante demoiselle lui projetaient. Etait-il fou ? Mais qu’il était beau ! Était-il mort ? Était-ce un fantôme ? Était-elle morte puisqu’elle pouvait le voire ? Quelle audace ! Quelle fougue ! Il avait osé !!! Il avait osé s’arrêter et ne semblait communiquer aucun regret.
Quel ne fût pas sa seconde onde de choc volcanique quand elle s’aperçut qu’à son tour, elle avait à aussi cessé de bouger. Elle se dit tranquillement « Ça y est ! Je suis en train de vivre ce que très peu de chanceux sur ce monde ont dû pouvoir expérimenter ! Un miracle qui deviendrait sans doute à son tour une légende pour ceux qui ne seraient pas là pour en témoigner. Quelle chance rare ! Quel sentiment d’importance ! Quelle peur joyeuse ! ». Des frissons venaient embrasser son corps naïf. Il lui tendit la main et sans même réfléchir elle lui confia ses doigts tremblants. C’est alors que très silencieusement elle sentit craquer en dessous de leurs pieds les fils de verre qui avaient jusqu’alors été leurs « façon d’exister ».
Etait-ce la fin du monde ? Elle fût prise de panique et se mit à pleurer en regardant ses ballerines qui quittèrent ses pieds et se mirent à flotter. Le garçon se mit alors à rire. Lui aussi surpris par cette expérience surnaturelle, avait mis moins de temps que sa nouvellement découverte moitié, à comprendre que désormais, ils allaient pouvoir se reposer l’un sur l’autre, et sans besoin de verre ou de fer, se supporter.
Ensemble, main dans la main, ils éclatèrent de rire, alors que le monde, furieux et jaloux, autour d’eux tournait. Ils étaient audacieusement en train de quitter la matrice, sans même en demander la permission. Mais une fois les vexations grandioses digérées, tout finit par se calmer.
Les deux amants achetèrent un clic clac deux-place bordeaux, se préparèrent du café dans de jolies tasses en velours céramique et vidèrent leurs sacs pour échanger leurs trésors. Ils laissèrent partir la population qui habitait leur dos depuis des décennies tel des antilopes libérées. Alors que le dernier habitant des « monts épaules privées » cherchait à désengourdir ses jambes avant de sauter sur un fil de verre disponible, elle le rattrapa et défi le nœud qui entourait sa taille pour lui tendre la corde dont elle n’aurait plus usage. L’acteur accepta ce cadeau, mais inspiré par l’esprit avant-gardiste de son ancienne kidnappeuse, il poursuivit son chemin en commençant à effiler la corde pour se fabriquer une contrebasse. Désormais, il poursuivrait son chemin en tant qu’artiste compositeur plutôt qu’imposteur d’émotions non vécues de première main.
Les deux amoureux ne gardèrent que ce qui brillait et ce qui pourrait servir de combustible les jours de grand froid durant l’été. Ils firent de la place pour une future collection commune pouvant les protéger contre les chasseurs de bonnes idées.
L’examen qui devait se trouver au bout de la route ? Encore une mauvaise blague, dont ils se promirent de démentir l’existence auprès de tous les marcheurs qui pourraient les croiser.
FIN.
Nesem Ertan
Photo de couverture : Le zèbre Alastair Magnaldo
lol ça me fait trop penser au début du Loup de Wallstreet
A beautiful summer evening must sound like this... Close your eyes, and smell the flowers from the trees and the warm breeze over your shoulders... #EnPleineMeditationAuTaff
CES RARES MOMENTS OU JE ME TAIS
Je cherche cette émotion, d’un lecteur de roman.
"Où tu nages dans les nuages et les spectaculaires parfums d’orages"
Tu baises dans les parcs, et pour une fois tu chantes sur scène..
Tu pars sur de longues routes jaunes et lointaines.
Tu n'en as même pas l'âge mais tu pars en voyage.
Aussi agréable qu’un bébé.. qui quand il pleure..
Peut être rendu à ses parents..
Je cherchais ce moment de pause inter-dimensionnelle
Où tu t’adonnes à cette peinture exécutante de l’imagination d’un autre.
Le décalage entre la page de garde et l’histoire m’agaçant toujours,
Je joue au cadavre exquis en lisant des mots en diagonal dans le ventre du sarcophaaaage.
Une légende urbaine ou une banalité mondaine ?
Je cherche à découvrir ce qui s’y caaaache.
Et puis soudain !
Paniquée par le désespoir de ne jamais retrouver le parfum qui me convienne.
Je m’en vais en cuisine, tenter la création souveraine…
Et puis soudain !
Paniquée par le désespoir de ne jamais savoir, faire d’une recette la mienne.
Je m’en vais au cinéma, me remplir d’admirations unidirectionnelles..
Me déborder d’euphoriques sentiments d’appréciation et d’impressions d’avoir pris conscience d’une découverte faite de sens et de rareté exceptionnelle…. !
Mes amis vous le dirons..
Ça au moins.. je sais faire..
Puis tel un ballon.
Pshiiiit… je me calme, mon regard s'excite, mais je me tais… profitez du silence… car il ne sera pas éternel.
Une banale crise de MARS-attaque
Imagine une boite de conserve.
Imagine une personne.
Imagine-la se croyant faite pour voler.
Imagine-la absorbée.. imparfaitement.. par la boite.
Les pieds dedans, les bras éternuants,
Défiant son CONTENANT spécialisé dans « l’encapsulation express de poumons » !!
A force d'exercer une immobilité indésirable, elle transpire des yeux,
Elle les sèche. Indifférente. Au sèche-cheveux.
Elle devient moitié ciel, moitié métal,
Elle grrrrrrrrimace comme le ferait une limace,
Alors que, par terre, ses intentions s’étalent,
Personne n’apparait pour ramasser
Ce "supplément d’âme" qui lui a échappé.
Sa tête exaspérée souffle insolemment telle une adolescente mal élevée
Et s’en va traverser le trottoir
Pour ainsi mieux la voir
Statue hyperactive, 80% naïve / 20% garce,
Pleine de tentatives, 80% sérieuses / 20% farces.
Elle rêve d'un monde meilleur,
Où elle serait née sur Mars.
follow me on instagram @ http://instagram.com/jordienassif#
mouahahahaaaaaa
The Deluxe Family Show
Sergio Larrain // à visiter à la Fondation Cartier / Paris
Cailloux Magique
Elle n’avait pas prévu que mercredi, en ce dernier soir d’été,
Elle se métamorphoserait en une fillette de 30 ans
Séduisant avec douce malice les lumières, les rues, la rivière et les ponts.
A chaque pas, son lourd sac de piquenique dansait avec cadence, tout en la griffant.
Suite à une séance amicale, de rire, de parler, grignoter et boire,
Elle chantait son chemin au milieu de cette nuit rouge, orange et noire.
Des paroles lui tombaient aux lèvres sans lui crier gare,
Elles tombaient par paquet ou à l’unité et de façon irrégulière
Des arbres aux cheveux bouclés, des oiseaux qu’elle savait endormis,
Des parfums de quelques fleurs poivrés par celui de Paris.
En pleine improvisation du bonheur,
Elle remarquait.. doucement.. progressivement.. crescendo..
Qu’elle était de bonne humeur.
Se réservant tout de même ses mélodies légères
Elle jetait de temps à autre, un regard devant, un regard derrière
Pour s’assurer une solitude sur ces rues bien populaires.
En arrière-plan, pourtant (!) ..elle était suivie.
Par un Goût Surprenant d’Interdit
Puisqu’elle osait le courage d’un aveu personnel,
De bonheur qui par sa pleine conscience s’inscrivait quelque part dans l’éternel.
C’en était bouleversant, même pour elle
Heureuse.
Sans justification sans prétention mais avec méfiance
Malgré elle, elle avait invité des ombres dans la danse
Elle les évita et parvint à les fuir en s’accrochant à son chant
Et leur murmura rapidement et en a parte :
« Avoir, n’est pas retirer à autrui »
Bisous, amours et petites blagues privées
Que du bon bonheur bien niais (!)
Pava ensuite son chemin vers « Chez Nous ».
Ses pensées lui dessinèrent un sourire
Posé comme une petite fleur dans le coin
En bas
A gauche
De sa bouche.
Les chemins ôtaient leurs lourdes robes grises
Et se maquillaient « pomme et pêche » pour cette invitée surprise
Seule elle-voyait.
Ce que tout le monde..
Pié-tinait.
Ses rêves s’additionnaient au réel alors que tout obstacle partait en fumée.
Loin de toute euphorie.. elle était un peu saoule tout de même.
Calmement elle murmurait à une audience déguisée
Des rimes, des compliments, des mots, des sons, des mélodies, des hoquets.. des ooooookay…
Vidant sa tête qui dès lors n’avait plus besoin de penser
Elle se promettait qu’AUCUNE GESTE, AUCUNE EXPERIENCE ne devait se répéter.
Courant d’imprévus en inédits, elle respirait la redécouverte du familier singulier
Tel un sage ayant accompli toute mission introspective
Elle jouait au vent, au chant, à la main du peintre aux pinceaux invisibles, à la détective
Elle se laissa aller à l’incohérence,
A l’envie de tout donner, tout remettre au voyage
Sur le dos féérique d’une brise éphémère
Elle décida de VIVRE UNIQUEMENT POUR LE PLAISIR QU’ELLE AURAIT A AIMER
Toute une nouvelle politique !
Aimer tout, les gens, les langues, les mots, la science, les sorciers et les cerises
LES ERREURS, LES DANGERS, LES DRAMES ET LES DRONES !
Aimer. Tout simplement. De façon simple. Aimer.
Puisque la seule évidence existentielle était qu’il n’y avait rien de mieux à faire
Sur ce bout de
Cailloux
Magique
qu’était la Terre.
Justifications et gamifications
Assis sur le siège d’un avion longue distance
Ses jambes dansants et se balançant car trop courtes
Elle faisait du coloriage pour aider le temps à passer
Évitant les angoisses en cas d’éventuelles turbulences.
De temps à autre, elle levait les yeux vers sa fenêtre
Pour y contempler les horizons, le ciel
Comme s’ils posaient pour elle
S’interrogeant sur les couleurs qu’elle allait remettre sur sa page.
Des figures apparaissaient et disparaissaient sur sa feuille
A mesure que l’on avançait parmi les nuages.
Son imaginaire la projetait sur des toboggans arc-en-ciel
Elle dessinait des amis, des bateaux, des oiseaux, des hélicoptères…
Des feux d’artifices et des bombes !
Des chiens, des chats, des ours blanc-coca cola, peu de gens et beaucoup de monde..
Elle dessinait des enfants couchés par terre, des pères à genoux
Petite peintre aux sentiments et interprétations épileptiques
Sa main s’agitait à en trouer le papier
Ses yeux fixaient les interrogations à en choquer les vérités.
Si si, dites-le, elle avait un côté Benjamin Button déridé
Jeune du corps et une âme vieillissante à sauver..
Puisqu’elle entendait chaque jour les gens parler,
Puisqu’elle entendait ces voix informatiques
Et remarquait brillamment les « mots » de son cerveau non saturé
Puisque des « push » Le Figaro lui révélaient la mort de centaines de personnes dans les pays aux noms comportants des « i »
En même temps que les noms des politiciens dont le métier était d’occuper les esprits..
Alors qu’elle jouait à faire des gâteaux sur son jeu en application tablette iPad
Elle se disait que la vie était grave, mais pas si grave que si ses parents se trouvaient au chomâge..
Son esprit déconcentré changeait alors de chaîne
Un enfant ne devait traiter ce type d’incompréhensibles scènes
Et puis elle risquerait de finir chez le psy à prouver son bonheur et sa « normalité »
Progressivement sa frustration expérimentait une métamorphose des sens
Plus le vol se consommait plus le monde en bas perdait de ses couleurs
Plus elle usait de ses feutres, plus elle buvait la faune, la flore, la chair, le sang, les joies et les horreurs
Et pourtant elle connaissait les rires, les sourires, les respires sereines et les sommeilles tranquilles
Mais contrairement à ses cours de mathématiques ou de français
Les humains semblaient avancer sur des codes et formules sans arrêt revus et renouvelés
Des principes ! il en fallait..
Mais tout et son contraire semblait pouvoir se justifier.. alors à quoi bon comprendre ! plutôt observer et réagir, manipuler.. les problèmes, les objectifs et les solutions.
Elle dessina alors une balançoire et des notes de musique entrant dans l’oreille d’un petit garçon..
Qui se tenait debout.. à côté.
Il semblait hésiter.. ou encore ne pas connaître cet objet..
Ou plutôt même.. s’en méfier…
Alors que derrière un autre gamin plus décidé… mais pas forcément plus malin,
Courait au loin pour venir le devancer !
Elle s’arrêta alors de créer un instant pour regarder ce que les images à leur tour avaient à lui proposer
Elle vit le tableau d’un jeu, le scénario d’un film en cours, résumé en un carré
Où les perdants et les gagnants étaient tous deux innocents et dangereux
Elle décida de modifier l’expression de ces enfants
Mais tel une chirurgie esthétique,
Leurs visages retouchés n’en devenaient que moins authentiques
Elle voulait les faire sourire, les récupérer
Mais à chaque coup de crayon, ils devenaient un peu plus Dorian Gray
Heureux, insolents, imprévisibles, gentils, méchants, peureux, souffrants..
Il était hors de question qu’à son tour elle descende jouer
Ce dessin était tout bon à recommencer.