Un dimanche de merde
D’abord, le dimanche n’est pas un jour que j’apprécie particulièrement, et ce depuis mon adolescence. Mais quand le temps est beau comme aujourd’hui, je me sens déjà un peu mieux. Sauf…
Sauf quand c’est jour d’élection et que j’attends que Monsieur se réveille pour que nous allions voter ensemble, en mode petite balade à pied avec le chien. Comme il a travaillé toute la nuit (Monsieur, pas le chien), il se lève vers 14 h 30 et là, c’est le drame ! Il a un gros rhume. Il a mal dormi, il est bougon, râleur, il n’a envie de rien, sinon de jouer les hommes à l’article de la mort.
Il se cale devant le biathlon, car son activité préférée du dimanche, c’est de regarder toutes sortes de sports à la TV. Et quand je lui propose d’aller voter, il râle : on ira plus tard, il est fatigué, il a un truc à voir.
Pas de souci, je prends le chien et j’y vais sans toi ?
NON ! Ça peut bien attendre 15 minutes.
Pourquoi ? Je peux très bien y aller sans toi !
Ok ! Ben je n’irai pas voter !
C’est ta responsabilité, mon p’tit père ! Ce n’est pas moi qui t’en empêche.
Non mais on y va plus tard !
Mais non, je ne suis pas obligée d’y aller avec toi !
Bref, je prends le chien et je vais voter sous un beau ciel bleu et un soleil un peu froid. Et je me dis que tous les dimanches, depuis des années, on est à la maison, sans jamais rien faire, sauf pendant la saison des vide-greniers s’il y en a un pas trop loin. Et je lui en veux de passer sa vie sur le canapé. Ok, il bosse un week-end sur deux, mais on ne fait jamais rien.
Sauf que, forcément, je sais bien que je pourrais faire des choses par moi-même, prendre la voiture et aller me promener au bord de la mer, même si c’est à une heure de route. Mais je n’aime pas conduire et je galère à me garer, surtout quand les places sont limitées, comme à Granville.
En fait, c’est surtout le manque de complicité et d’interaction avec une personne qui me pèse. Parce que quand on est en bonne compagnie, on n’a pas forcément besoin de sortir. Mais Monsieur et moi, on ne parle que de boulot ou des enfants. On n’a pas les mêmes centres d’intérêt, ni les mêmes goûts en musique, en films ou en lecture. Plus rien de ce que je fais ne l’intéresse, et vice versa.
Je rêve encore de vivre une dernière belle histoire. Cela restera sûrement un rêve. Parce que je ne vais pas choisir quelqu’un par dépit. Je veux une véritable connexion.
Autant dire que je n’ai pas fini de vivre des dimanches de merde.











