C'est un peu ce que l'on se demande quand on est enfant et que l'on ne comprend pas les turbulences du monde des adultes. Un jour on se rend compte que l'on ne pouvait rien à l'histoire qui se jouait mais il est trop tard. Le mal dont nous pensions être à l'origine, nous nous l'infligeons un peu pour expier celui qui fut le berceau de notre souffrance. Alors qu'avec de simples mots, il suffisait d'expliquer, accompagner et éviter l'écueil de la culpabilité.
“Qu'est ce que j'ai fait de mal…” pour que tu t'en ailles. Malgré le fait que j'ai compris que je n'y étais pour rien, que seul toi n'était pas assez forte pour nous sauver et braver ton entourage, je porte toujours en moi, ce poids de ta souffrance que tu m'as laissée en héritage.
Celle qui me tue jour après jour, malgré moi. Celle contre laquelle je lutte pour enfin me réconcilier avec la petite fille, ce bébé que j'étais, Celle qui n'avait pas compris qu'elle n'y était pour rien à ton départ. Celle qui se bat pour apprendre à s'aimer car trop longtemps elle pensait qu'elle n'en valait pas la peine car elle devait forcément avoir fait quelque chose pour ne plus mériter ton intérêt. Celle qui apprivoise son estime de soi, car elle se pensait à un point monstrueuse pour que tu la quittes…
Qu'est ce que j'ai fait de mal pour faire partir maman…
Rien.
Tu n'as rien fait pour que la vie prenne ce tournant pour toi Tu n'as juste pas eu la chance d'avoir des adultes autour de toi qui t'ont expliquée avec bienveillance que la vie serait différente pour toi mais que ça ira, parce que quoiqu'il arrive tu es merveilleuse et que l'on te porte dans le coeur malgré le choix de te laisser dans d'autres bras …
Voilà ce qui aurait pu me sauver de ce mal que je m'inflige depuis…















