Assemblée pléniÚre du Conseil Départemental - Lundi 22 juin 2020
1 â Le DĂ©partement avant, pendant et aprĂšs la crise du Covid (dĂ©bat de politique dĂ©partementale)
Face au Coronavirus, la santĂ© des Seinomarins et la continuitĂ© des services publics dĂ©partementaux ont Ă©tĂ© la prioritĂ© de tous les Ă©lu.es du Conseil DĂ©partemental. Les Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s ont fait de nombreuses propositions innovantes et constructives. Certaines ont Ă©tĂ© suivies, au moins partiellement. Dâautres initiatives ont Ă©tĂ© prises par lâexĂ©cutif dĂ©partemental et le groupe « Pour les Seinomarins » les a votĂ©es.
Mais le DĂ©partement de Seine-Maritime, Ă lâĂ©vidence, nâa pas Ă©tĂ© aussi volontariste que dâautres DĂ©partements. Quâil sâagisse de lâĂ©quipement en masques de la population, du soutien aux familles des collĂ©giens, de lâaide alimentaire, du handicap, des aides Ă domicile, des assistantes maternelles ou des mineurs non accompagnĂ©s, lâengagement du DĂ©partement est souvent restĂ© sur la premiĂšre marche. Il a manquĂ© dâambition et cela a certainement limitĂ© son utilitĂ©. Â
En Seine-Maritime, les consĂ©quences de cette crise pourraient ĂȘtre plus fortes quâailleurs, car la majoritĂ© dĂ©partementale a, depuis plusieurs annĂ©es, fait le choix de rĂ©duire lâaccompagnement des Seinomarins au quotidien. Câest un fait, depuis 2015, ce quâon appelle souvent le « care », câest-Ă -dire le fait de « prendre soin des plus vulnĂ©rables », nâa cessĂ© dâĂȘtre malmenĂ© par la majoritĂ© dĂ©partementale. Les dĂ©cisions problĂ©matiques, prises bien avant la crise, par la majoritĂ© dĂ©partementale, prennent aujourdâhui un sens nouveau Ă la lumiĂšre de cette crise.
Il faut rappeler la suppression des bourses aux collĂ©giens, la rĂ©duction drastique de la dotation globale de fonctionnement des collĂšges qui entrave leur autonomie pourtant nĂ©cessaire actuellement, la fermeture de la crĂšche dĂ©partementale qui serait pourtant bien utile aujourdâhui (la crĂšche dĂ©partementale offrait 55 places, câest-Ă -dire un dixiĂšme de la capacitĂ© dâaccueil en collectif Ă Rouen) ou encore le recul continu du budget de lâAide Sociale Ă lâEnfance (ASE).
De mĂȘme, les retraits en matiĂšre dâAide DĂ©partementale FinanciĂšre Ăducative (ADFE), dâAide DĂ©partementale FinanciĂšre Individuelle (ADFI) ou encore dâaides au logement se font cruellement sentir. Ces aides seraient bienvenues aujourdâhui pour de nombreux foyers seinomarins, qui traversent des difficultĂ©s en raison de la crise sanitaire, Ă©conomique et sociale. RĂ©tablir les critĂšres dâattribution prĂ©cĂ©dents serait un signal fort de solidaritĂ© envers nos concitoyens. Â
Pour les mineurs non-accompagnĂ©s, leur protection reste insuffisante durant cette crise (ex : mise Ă lâabri avant Ă©valuation), alors mĂȘme que la loi et le juge obligent le DĂ©partement Ă assumer cette responsabilitĂ© en toutes circonstances.
Enfin, il faut se souvenir que la droite seinomarine nâa eu de cesse de rĂ©pĂ©ter, durant la campagne des Ă©lections dĂ©partementales en 2015, quâil y avait « en Seine-Maritime 500 agents de plus » par rapport aux DĂ©partements de mĂȘme dĂ©mographie. Une fois aux responsabilitĂ©s, la majoritĂ© dĂ©partementale sâest mise Ă supprimer des postes dans les services dĂ©partementaux. Cela a pour consĂ©quence des services publics dĂ©partementaux affaiblis, des capacitĂ©s de rĂ©action et dâaccompagnement des Seinomarins amoindries. Or, face Ă une crise comme celle du Covid, câest la proximitĂ© et la rĂ©ponse des services locaux qui fait la diffĂ©rence.
Notre service public, la mobilisation des agents de la collectivitĂ© doivent ĂȘtre saluĂ©s. TrĂšs engagĂ©s, les agents dĂ©partementaux mĂ©ritent une reconnaissance durable. En revanche, il est regrettable que lâexĂ©cutif dĂ©partemental nâait pas Ă©tĂ© plus ambitieux et innovant. Ses dĂ©cisions semblent avoir Ă©tĂ© timides, comme bridĂ©es par la crainte de leur incidence financiĂšre.
Au final, lâengagement de la collectivitĂ© dans cette crise a Ă©tĂ© bien plus limitĂ© que ne le dit lâexĂ©cutif. Plusieurs exemples en tĂ©moignent :
Ă Les masques : contrairement au DĂ©partement de lâEure et Ă de nombreux autres DĂ©partements, le DĂ©partement de la Seine-Maritime ne sâest pas mobilisĂ© pour accompagner la fourniture de masques Ă lâensemble des habitants, malgrĂ© la proposition des Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s dâun groupement dâachat avec les intercommunalitĂ©s. Â
àLes assistantes maternelles : malgré la proposition de Christophe Bouillon lors de la commission permanente du 27 avril, le Département a refusé de les équiper en masques. Depuis, un guide national invite les Départements à équiper les assistantes maternelles, mais le refus perdure.
Ă Les aides aux collĂ©giens : le soutien financier du DĂ©partement a Ă©tĂ© rĂ©servĂ© aux seules familles habituellement bĂ©nĂ©ficiaires du plafond maximal de lâaide Ă la restauration (90 %), pas celles qui relĂšvent des plafonds intermĂ©diaires. Sâagissant des masques, aucune dotation nâa Ă©tĂ© envisagĂ©e par le DĂ©partement Ă destination des collĂ©giens.
Ă Les mineurs non accompagnĂ©s : les Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s ont interpellĂ© le PrĂ©sident du DĂ©partement sur la prise en charge, Ă lâissue de lâurgence sanitaire le 10 juillet, des jeunes devenus majeurs durant le confinement. La rĂ©ponse reçue nâest pas rassurante : la continuitĂ© de la prise en charge dĂ©pendra de ce que le gouvernement dĂ©cidera. Or, connaissant les orientations du gouvernement en la matiĂšre, on peut sâattendre au pire.
Ă Lâaide alimentaire : le DĂ©partement sâest engagĂ© Ă verser les subventions annuelles aux associations de maniĂšre anticipĂ©e, mais lâannonce dâautres initiatives permettant dâamplifier ce soutien habituel est restĂ©e jusquâalors sans suite.
Ă Le handicap : de vives tensions avec plusieurs associations importantes du secteur sont apparues au sujet de lâĂ©quipement en masques (tardivetĂ© des dotations aux associations relevant de la tutelle du DĂ©partement) et des exigences administratives de la collectivitĂ© (inadaptĂ©es au contexte).
Et que dire des dĂ©cisions prises derniĂšrement, complĂštement Ă rebours du contexte de crise dans lequel nous nous trouvons ? Que dire Ă©galement des silences de lâexĂ©cutif dĂ©partemental sur de nombreux sujets pourtant essentiels aux Seinomarins ?
Ă La baisse des aides aux organisations syndicales, votĂ©e par la majoritĂ© dĂ©partementale en commission permanente le 15 juin dernier. Câest une dĂ©cision incomprĂ©hensible dans le contexte de crise sociale actuel, car le rĂŽle jouĂ© par ces corps intermĂ©diaires en termes de mĂ©diation et dâaccompagnement du monde du travail nâa jamais Ă©tĂ© aussi essentiel.
Ă Le revenu de base : silence total du PrĂ©sident du DĂ©partement sur ce sujet alors quâil est portĂ© par dâautres PrĂ©sidents dâautres DĂ©partements. Pourquoi pas la Seine-Maritime ?
Ă La Chapelle dâArblay : câest un enjeu social et Ă©cologique majeur, qui justifierait de faire entendre la voix du DĂ©partement, comme avant 2015. Le PrĂ©sident dĂ©clare que « le DĂ©partement est la collectivitĂ© de la fraternitĂ© ». Il sâagit de traduire les mots en actes et soutenir la Charpelle dâArblay est un minimum pour cela.
Ă La participation citoyenne : câest un sujet central pour construire ensemble le monde dâaprĂšs, notamment au plan local, en Seine-Maritime. Les associations dâusagers peuvent constituer une ressource pour une participation citoyenne Ă©clairĂ©e (cf. lâenquĂȘte rĂ©alisĂ©e Ă lâĂ©chelle nationale par France Assos SantĂ© et qui sâintitule « Vivre â Covid 19 »). Il est regrettable que la majoritĂ© ait supprimĂ© dĂšs 2015 le Conseil consultatif dĂ©partemental. De mĂȘme, il est regrettable que la majoritĂ© dĂ©partementale ait rejetĂ©, fin 2018, la proposition des Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s dâorganiser une confĂ©rence dĂ©mocratique, Ă©cologique et sociale en Seine-Maritime, avec les forces vives et les habitants. Câest pourquoi le groupe « Pour les Seinomarins » renouvelle sa proposition. Dans une dĂ©marche non-partisane, il sâagit de penser collectivement comment nous vivrons ensemble demain. Il soutient lâappel en faveur de « Fabriques des transitions territoriales », dont Guillaume Coutey, conseiller dĂ©partemental PS, maire de Malaunay, est Ă lâorigine avec dâautres acteurs des territoires.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » a demandĂ© au PrĂ©sident du DĂ©partement de mobiliser les marges de manĆuvre disponibles afin dâadapter la rĂ©ponse du DĂ©partement Ă la crise.
2 â Le DĂ©partement sâĂ©loigne de ses habitants (dĂ©libĂ©rations financiĂšres)
Chaque annĂ©e, lâexamen du compte administratif met en Ă©vidence les marges de manĆuvres dont dispose le DĂ©partement pour rĂ©pondre aux besoins des habitants et du territoire. LâexĂ©cutif dĂ©partemental indique que le compte administratif 2019 et les ratios comptables qui lâaccompagnent « tĂ©moignent dâune amĂ©lioration significative des principaux indicateurs financiers du dĂ©partement en 2019. ». Le problĂšme est que la mission du DĂ©partement nâest pas seulement de rendre de beaux ratios comptables. La raison dâĂȘtre de la collectivitĂ© est de prendre en compte la dimension humaine, dâĂȘtre attentif aux habitants et de prĂ©parer lâavenir du territoire.
Au moment de la construction des budgets, la majoritĂ© dĂ©partementale explique chaque annĂ©e que le poids de la contrainte est telle, quâil faut dĂ©gager des Ă©conomies tous azimuts, y compris dans les solidaritĂ©s sociales et territoriales. Et face aux demandes de ses partenaires, alors que des marges de manĆuvres existent, pour rĂ©pondre aux besoins sociaux, aux besoins des EHPAD, ou pour Ă©viter des baisses de subventions, la majoritĂ© depuis 2015 refuse systĂ©matiquement, au motif de prĂ©tendues difficultĂ©s financiĂšres.
Le budget supplĂ©mentaire confirme que le DĂ©partement recule. Il confirme aussi le caractĂšre minimaliste des rĂ©ponses apportĂ©es par le DĂ©partement face Ă la crise sanitaire. En outre, il augmente nos inquiĂ©tudes quant Ă lâadaptation des rĂ©ponses du DĂ©partement Ă la crise sociale devant nous.
DĂ©jĂ , avant cette crise, le DĂ©partement nâĂ©tait pas au rendez-vous des besoins de la Seine-Maritime. Toutes les dĂ©cisions budgĂ©taires ont Ă©tĂ© exclusivement consacrĂ©es au dĂ©sendettement, « quoi quâil en coĂ»te » en matiĂšre dâactions solidaires. A nouveau, les marges de manĆuvre intĂ©grĂ©es au budget 2020 vont uniquement au dĂ©sendettement : au moins 71 M⏠en 2020. « Quoi quâil en coĂ»te »âŠ
Le compte administratif 2019 et le budget supplĂ©mentaire 2020, encore plus que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, sont le triste reflet de la dĂ©gradation significative de la situation de nombreux Seinomarins, dâune grande part des agents de la collectivitĂ© et de ses partenaires. Le DĂ©partement sâĂ©loigne dâeux. Câest le fruit des choix politiques de la majoritĂ© dĂ©partementale. Dâautres choix sont possibles, il est temps dâen changer.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » a voté contre le compte administratif 2019 et le budget supplémentaire 2020.
3 â Les projets sociaux de territoire (PST) au service du dĂ©veloppement local social
Les PST ont Ă©tĂ© mis en place par la gauche au DĂ©partement et conservĂ©s par la majoritĂ© actuelle. Avec le recul, on voit tout lâintĂ©rĂȘt des PST qui permettent la rĂ©alisation dâactions spĂ©cifiques en fonction des besoins et des ressources dâun territoire. Ils se font dans la co-construction et avec des co-financements. Cette dĂ©marche partenariale favorise lâinnovation sociale et lâĂ©volution des pratiques.
Mais les PST ne compensent ni ne cachent l'ensemble des coupes réalisées par la droite seinomarine dans le reste de l'action départementale, notamment les désengagements concernant les bourses, les CHRS, les aides financiÚres individuelles ou les centres sociaux.
La philosophie qui prĂ©sidait Ă la crĂ©ation des PST Ă©tait celle dâun dĂ©ploiement de crĂ©dits supplĂ©mentaires Ă ceux dĂ©jĂ engagĂ©s dans les politiques sociales dĂ©partementales existantes. Ces crĂ©dits spĂ©cifiques ont Ă©tĂ© maintenus, Ă hauteur de 550 000âŹ, mais, dans le mĂȘme temps, certaines aides dĂ©partementales sont soumises Ă des critĂšres dâattributions plus durs (le Fonds de SolidaritĂ© Logement et lâAide DĂ©partementale FinanciĂšre dâurgence (ADFI) par exemple).
Face Ă la crise sanitaire, qui aura des consĂ©quences socio-Ă©conomiques importantes, les PST sont un outil de rĂ©ponse de proximitĂ© adaptĂ© pour les Seinomarins en difficultĂ©. La lutte contre lâisolement des plus fragiles, la lutte contre la fracture numĂ©rique, le soutien Ă la parentalitĂ© et lâaccompagnement de la rĂ©ussite Ă©ducative des jeunes, le soutien aux associations et aux acteurs culturels sont les prioritĂ©s des semaines Ă venir dans nos territoires.
Lâurgence nâest pas de rĂ©flĂ©chir Ă la mĂ©thode, mais aux actions et aux moyens pour aider nos concitoyens les plus fragiles. Lâurgence rĂ©clame aujourdâhui dâaugmenter le budget des PST. Â
Les PST ont montrĂ© leur intĂ©rĂȘt et leur efficacitĂ© comme outil de dĂ©veloppement local social. Le Groupe « Pour les Seinomarins » a demandĂ© lâaugmentation du budget qui leur est dĂ©diĂ© et a votĂ© leur prolongation pour 2021.
Le plan climat 76 couvre la pĂ©riode 2020-2025. La prioritĂ© y est donnĂ©e aux actions contribuant Ă la rĂ©duction des gaz Ă effets de serre et Ă lâadaptation aux effets induits par le changement climatique.
Il comporte deux axes : « Agir pour la transition Ă©nergĂ©tique et Ă©cologique avec les territoires et les habitants » et « Une administration dĂ©partementale engagĂ©e dans la transition Ă©nergĂ©tique et Ă©cologique ». La volontĂ© de rendre les bĂątiments plus vertueux mĂ©rite dâĂȘtre soulignĂ©e car les bĂątiments reprĂ©sentent 12% de lâĂ©mission de gaz Ă effets de serre Ă lâĂ©chelle de la collectivitĂ©.
Certaines actions envisagĂ©es manquent toutefois dâadĂ©quation avec le contexte actuel, par exemple lâobjectif de signature dâune charte de gestion des espaces verts dans les collĂšges. Aura-t-elle un impact significatif, alors que de plus en plus dâĂ©tablissements ont recours Ă des prestataires pour assurer ces tĂąches ?
Sâagissant du projet de rĂ©alisation dâun collĂšge « passif », dont le montant du surcoĂ»t est ignorĂ©, les Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s considĂšrent quâil ne devrait pas ĂȘtre un projet isolĂ©. La politique Ă©nergĂ©tique du DĂ©partement doit ĂȘtre plus volontaire et intĂ©grer de maniĂšre gĂ©nĂ©rale la question de la production dâĂ©nergie et de la construction de bĂątiments Ă Ă©nergie positive.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » a voté ce rapport.
5 â Une ambition Ă peu de frais pour les collĂšges de Seine-Maritime
En 2016, lors de la prĂ©sentation du plan « ambition collĂšges » initial couvrant la pĂ©riode 2017-2024, le PrĂ©sident Martin avait annoncĂ© la fermeture Ă venir de plusieurs collĂšges dans les agglomĂ©rations du Havre, de Rouen et de Dieppe. Câest le collĂšge Guy MĂŽquet, au Havre, qui a Ă©tĂ© le premier Ă faire les frais de cette nouvelle « ambition ».
Depuis 2015, la majoritĂ© dĂ©partementale a fait de lâĂ©ducation une cible privilĂ©giĂ©e de ses coupes sombres budgĂ©taires, avec la suppression des bourses aux collĂ©giens, la baisse des dotations aux collĂšges ou carrĂ©ment la fermeture de certains collĂšges. Depuis 2015, les inquiĂ©tudes nâont cessĂ© de croitre pour les collĂšges en Seine-Maritime. La DGF se situait pour 2019 Ă 14,68 MâŹ, soit 288 ⏠par collĂ©gien, contre 322 ⏠en 2015. La DGF a poursuivi sa diminution, pour prĂšs de 300 000 ⏠en 2020. Il faut revenir Ă 2007 pour retrouver un niveau semblable (14,80 MâŹ).
Sâagissant du Contrat de rĂ©ussite Ă©ducative dĂ©partementale (CRED), la majoritĂ© nâa cessĂ© de diminuer les crĂ©dits : 1,8 M⏠au budget 2019 contre 2,5 M⏠en 2015. En outre, elle a encore retirĂ© 150 000 ⏠au CRED en dĂ©cision modificative. Il nâest restĂ© que 1,65 M⏠pour le CRED en 2019.
La rĂ©alitĂ© de lâambition de la majoritĂ© pour les collĂšges de Seine-Maritime apparaĂźt dans le compte administratif car ce qui attend les Seinomarins avec ce plan câest le dĂ©calage entre les ambitions affichĂ©es et le sous-investissement constatĂ©.
Les budgets de la majoritĂ© annoncent chaque annĂ©e des montants toujours plus ambitieux, mais ils ne sont jamais rĂ©alisĂ©s. Alors que la rĂ©alisation de ce qui Ă©tait annoncĂ© dans le plan collĂšge 2017-2024 peine Ă se concrĂ©tiser, le nouveau plan pour la pĂ©riode 2024-2030 risque de subir, lui aussi, le dĂ©ficit dâinvestissement dont pĂątissent les collĂšges depuis 2015.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » prend acte du plan collĂšges 2024-2030. Il reste vigilant et demande une accĂ©lĂ©ration de la mise en Ćuvre du plan en cours. Il a votĂ© ce rapport.
6 â Valoriser les sites et musĂ©es pour tous les Seinomarins
Le plan stratĂ©gique de dĂ©veloppement des sites et musĂ©es affiche lâobjectif de « valoriser et dĂ©velopper les sites et musĂ©es au sein du territoire dĂ©partemental ». Mais qui va bĂ©nĂ©ficier de cette valorisation ? Ce plan devrait avoir pour ambition lâaccĂšs de tous les Seinomarins Ă ce patrimoine dĂ©partemental.
Les sites et musĂ©es doivent avant tout ĂȘtre des outils dâĂ©ducation et de culture pour tous. Le service public dĂ©partemental rĂ©gresse lorsque les possibilitĂ©s dâaccĂšs pour tous les Seinomarins, notamment ceux ayant le moins de ressources, se rĂ©duisent.
DĂ©jĂ , en mars 2017, en commission permanente, le groupe « Pour les Seinomarins » sâĂ©tait opposĂ© Ă la suppression de lâaccĂšs gratuit au Parc de ClĂšres pour les 155 Ă©coles des rĂ©seaux dâĂ©ducation prioritaire de Seine-Maritime (REP et REP+). CâĂ©tait un nouveau coup portĂ© aux publics les plus fragiles, Ă lâĂ©ducation et Ă la culture. Pourtant ce dispositif social pour lâaccĂšs au Parc de ClĂšres avait Ă©tĂ© créé par la majoritĂ© de droite en 2001.
Ce mauvais coup venait aprĂšs lâaugmentation des tarifs des entrĂ©es dans les musĂ©es et sites dĂ©partementaux en 2015, puis la majoration des tarifs de groupe pour les scolaires en 2016.
Le plan stratĂ©gique 2020-2027 sâinscrit en grande partie dans cette logique du tout comptable, du rabotage des dispositifs facilitant lâaccĂšs aux sites et musĂ©es Ă tous les Seinomarins, pouvant aboutir Ă ce que certains aient un accĂšs privilĂ©giĂ©.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » demande plus de solidaritĂ© pour les Seinomarins dans lâaccĂšs Ă leurs sites et musĂ©es. Il a votĂ© ce rapport.
7 â « Un Ă©tĂ© au Havre » : un dĂ©sĂ©quilibre pĂ©rennisĂ© dans le soutien du DĂ©partement Ă lâanimation culturelle des territoires
« Un Ă©tĂ© au Havre » devient une opĂ©ration rĂ©currente, installĂ©e dans le paysage pour un temps dĂ©sormais indĂ©fini. Le soutien demandĂ© au DĂ©partement pour la pĂ©riode 2021-2026 est un nouvel engagement de la collectivitĂ©. Il nâa pas Ă©tĂ© annoncĂ© lors des dĂ©libĂ©rations relatives au soutien apportĂ© Ă lâopĂ©ration initiale « Le Havre 2017 », ni lors du renouvellement du soutien pour 3 ans en juin 2018, ni mĂȘme lors du vote du budget 2020 (alors que la prorogation en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du GIP a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e le 17 octobre 2019).
Les Ă©lu.es socialistes et apparentĂ©s sont profondĂ©ment attachĂ©s Ă lâanimation culturelle, mais quand celle-ci bĂ©nĂ©ficie Ă tous les territoires de Seine-Maritime. Câest pourquoi, ils ont soutenu le financement consĂ©quent (1 million dâeuros) de « Le Havre 2017 ». Cela pouvait sâentendre, de la mĂȘme maniĂšre que le DĂ©partement soutient tous les 5 ou 6 ans lâorganisation de lâArmada. « Le Havre 2017 » Ă©tait par dĂ©finition exceptionnel.
En 2018, ils avaient alertĂ© sur le risque que les prolongations en 2018, 2019, 2020 dĂ©bouchent sur une pĂ©rennisation. Câest ce qui est finalement arrivĂ© avec une nouvelle prolongation pour six ans de plus. Avec un soutien aussi Ă©levĂ© (1,9 M⏠au total), le parallĂ©lisme avec lâArmada invoquĂ© par la majoritĂ© ne tient pas. Le financement annuel dâ « Un Ă©tĂ© au Havre » instaure de fait des dĂ©sĂ©quilibres dans les soutiens de la collectivitĂ©.
Le Groupe « Pour les Seinomarins » rĂ©affirme que la prioritĂ© doit ĂȘtre donnĂ©e Ă lâanimation culturelle de tous les territoires de la Seine-Maritime. Comme en 2018, il sâest abstenu sur ce rapport.