[Video] [Interview] : Polo x Pan x David Tomaszewski
J’ai découvert, par hasard, et par le biais de Barrère et Simon (précédemment interviewées), ce clip incroyable de David Tomaszewski pour le morceau Dorothy de Polo & Pan.
C’est complètement farfelu et parfaitement acidulé. Ça nous sort de la grisaille automnale dans laquelle on commence à s’enfoncer et puis, surtout, ça fait du bien, aux yeux, aux oreilles et au coeur.
Qui êtes-vous ?
David : Je suis David, fils d'un père pianiste et d'une mère peintre, et récemment père de famille. Réalisateur depuis quelques années, essentiellement dans le clip.
Polo & Pan : Nous sommes Polo & Pan. Polo comme polocorp , dj/producteur /fondateur du label humble musique ; et Pan comme alex Pan , dj/producteur/directeur artistique de radiooooo.com
Qui de vous est fan du magicien d’Oz ?
D : Polo ou Pan. De mon côté, ma copine Naila, c’est son film culte, ce qui m'a beaucoup encouragé à faire ce projet.
P&P : Nous avons l’habitude de puiser dans la nostalgie pure. C’est polo qui a amené la référence, c’est son coté franco-américain qui a pris le dessus.
J’adore cette esthétique. Ca m’évoque un peu le travail de Pierre et Gilles. Quelles sont vos sources d’inspiration ?
D : Je ne sais pas comment je dois le prendre, concernant Pierre et Gilles... Surement la SF des années 50, pour le coup, et le Technicolor, en général, pour le clip de "Dorothy". Mes sources d'inspiration sont multiples, tant dans le cinéma que la peinture, la poésie, la littérature, la musique, l'art contemporain, mais aussi les grandes villes, le design, la cuisine, l'alcool... Pour Dorothy, je dirai beaucoup que c'est de la cuisine flambée à l'alcool, whisky, chartreuse verte et fée verte, je pense... Je rajouterai aussi que mon fils et mes jeunes neveux m'inspirent beaucoup.
P&P : Nos principales sources d’inspiration communes gravitent entre les films fantastiques et merveilleux de notre enfance (Dark crystal , l’histoire sans fin ,Willow, Disney ou encore les chefs d'oeuvre de Miyazaki,), et la science fiction (2001, la planète sauvage , la quatrième dimension, ou encore le manga Akira)
La musique et la vidéo collent vraiment bien (oui oui, il y a vraiment des monteurs talentueux à Paris), on sent que vous partagez les même envies/inspirations. Vous vous connaissez depuis longtemps ?
D : Merci ;) On s'est rencontrés avec Alex sur le tournage du clip d'Irfane/Outlines - "I CANNOT THINK", dans lequel Alex interprétait malgré lui le 1er fan et lanceur de la mode involontaire créée par Irfane... Puis on se croisait parfois quand Alex mixait, on se serrait toujours la main avec une platine entre les 2, et Alex, une main sur la console, casque audio sur les oreilles...
P&P : On se connait via le baron qui nous sert de labo musical et l’agence Tête d'affiche qui nous réunissait régulièrement autour d'événements comme le Festival de cannes ou encore Calvi on the rocks.
Nous avons cette vision commune de vouloir rendre indissociable l'image et le son, comme l'ont fait avant nous Michel Gondry, Chris Cunningham ou encore David Tomaszewski ;)
Il s’agit principalement d’un travail de montage et d’étalonnage. Ca peut paraître rien du tout, mais au final, combien de temps la réalisation de ce clip a-t-elle pris, en comptant tout le travail de recherche ?
D : Je rajouterai aussi de compositing. Certains films se trouvent au sein d'un même plan, incrustés l'un dans l'autre, et pas mal de petits effets rajoutés, comme des banderoles, des lasers, et petits effets visuels divers. En tout et pour tout, avec le travail de recherche inclus, comptons environ 200 heures.
Les blind tests c’est cool, mais j’ai quand même besoin de savoir : quels sont les films que l’ont retrouve ici ?
D : Wizard of Oz - The war of the worlds - Forbidden planet - This island earth - Earth VS the flying saucers - When worlds collide - The jungle book - Lutiny on the bounty - The tiger of eschnapur - Fantastic voyage - Dark crystal - Journey to the center of the earth - Barbarella - Peter pan - Tom sawyer
Pourquoi avoir associé ces images à cette musique ?
D : C'est parti du brief: Dorothy, les références à OZ pour les personnages et le titre. Puis les mots clés donnés par Polo & Pan: "SPACE JUNGLE". Tout est parti de là, et ensuite, j'ai voulu limiter la période cinématographique des années 30 (décennie du MAGICIEN D'OZ) aux années 50, 60, pour rester cohérent visuellement.
P&P : Nous avions comme idée de départ un hommage au magicien d'oz. Ce "tribute" nous a amené à aller voir plus loin dans le cinéma des années 50. C’est un hommage plus global à cette décennie très riche en production de films qui collait a notre vision. David, lui, a rendu possible par ses références et son savoir-faire la parfaite osmose entre l'image et notre morceau.
Des projets à venir ?
D : Je viens de terminer 2 clips, et 1 vient d'être tourné. Un pour l’artiste Québecois, Karim Ouellet "DÉCEMBRE", un pour le jeune groupe MISSION CONTROL intitulé "THE RISING", et je suis en post-prod sur le nouveau single de Mademoiselle K, "ARE YOU SWIMMING"...
P&P : Pas mal de dates à venir notamment en Belgique et au Mexique. Nous serons par ailleurs présent sur la bande originale du film "éden" réalisé par Mia Hansen-løve.
A l’occasion de la sortie du clip d’Elliphant featuring MØ « One more » je suis allée poser quelques questions à Tim Erem, le jeune et brillant réalisateur qui est derrière cette vidéo.
Du haut de ses 23 ans, Tim a déjà travaillé avec Elliphant et MØ mais aussi Katy Perry ou encore les frenchy de Total Warr.
Mesdemoiselles, Tim sera bientôt de passage à Paris. N’hésitez pas à lui écrire. http://www.timerem.com/
Qui es-tu ?
Juste moi bébé.
Tu as déjà travaillé avec Elliphant et Mo. Aujourd’hui, c’est toi qui réalise le clip de leur duo. Comment vous connaissez-vous ? De part votre longue relation était-ce une évidence pour elles que tu réalises leur clip ?
J’ai rencontré Elli quand j’ai été commissionné par Universal pour réaliser son clip « Down on Life » il y a environ deux ans. On est devenu de bons amis suite à cela. J’ai rencontré Karen sur le tournage de son clip « XXX » que j’ai aussi réalisé. Je les adore autant l’une que l’autre. C’est vraiment cool de sortir chiller avec elles, ces filles sont vraiment des bad ass. En fait, c’est le jour précédent le shoot que Karen, Elli et moi nous nous sommes retrouvés pour la première fois. Nous avions déjà essayé de nous voir tous les trois avant à LA ou en Suède mais nos agendas ne collaient jamais, du coup on se voyait mais séparément. Si je devais rester coincé sur une île déserte pour le reste de ma vie j’emmènerai de bonnes enceintes, de la bière et je choisirai Elli et Karen pour m’accompagner…
Pourquoi avoir choisi le thème des Geishas ?
Sans raison particulière. On a passé une journée à chiller au studio avec Elli, à brainstormer sur le clip et on a évoqué l’idée de donner un style « Ali G » à la vidéo, donc clairement un gros contraste avec le look geisha. On a décidé de mélanger les deux styles, ça aurait pu être un vrai désastre mais le résultat est chouette. Violetta la styliste a fait du super boulot. Et puis ça fait au moins 5 fois que j’essaie d’avoir ces tongs à plateforme LED, personne n’en avait voulu jusqu’à maintenant. Du coup je suis assez content.
Pendant tout le clip, on ne voit que Elliphant et Mo. Aucun mec. Elles sont assez masculines en plus. Est-ce qu’il y a un message féministe ici ? Du genre « les filles fortes n’ont pas besoin des mecs » ?
Je ne fais pas dans le clip à message. D’ailleurs y a un plan d’un conducteur de taxi de dos. Elli et karen débordent toutes les deux d’énergie devant la caméra. De manière assez différentes mais le mix des deux est parfait. L’idée derrière la vidéo est assez simple, mais je ne pense pas qu’il y ait tant d’artistes qui auraient pu faire une vidéo simple tout en y apportant un aspect aussi intéressant.
Pourquoi les suivre toute la nuit dans un taxi ?
Pour conserver ce côté simple, claustrophobe et étrange tout en montrant a quel point elles sont géniales. Finalement, c’est juste le trajet en taxi entre deux soirées, mais sous Ecstasy.
Quels sont tes projets futurs?
Je suis en train de terminer une vidéo pour Icona Pop, ensuite j’enchaîne sur un projet pour un groupe de RnB Suédois qui s’appelle Ansiktet. Après on verra. Je suis en compétition sur de gros projets que j’aimerai vraiment faire.
Who are you?
It’s just me baby.
You’ve been working with Elliphant and Mo previously. Today, you do the music video of their duo. How do you all know each other? Was it obvious to them you would be directing this video because of a strong relationship your share?
It’s a duette! I met Elli through Universal when I was commissioned the Down On Life video about two years ago, we’ve been hanging out a lot since then. I met Karen in LA for the ’XXX’ shoot. I just love them both, they are so cool to hang out with, they are two bad ass girls. It was actually the day before the shoot me Karen and Elli hung out together for the first time. All of us have tried to hang out together in LA and in Sweden before but our schedules don’t go well together, so we’ve just been hanging out separately. If I was stuck on an island for the rest of my life with a speaker and beer I would choose take with Elli and Karen with me, haha...
Why the theme of the geishas?
There is no reason for it. I hung out with Elli in the studio for a day and we were brainstorming ideas and thought of the idea of having an Ali G style to the video, so obviously a huge contrast to that would be a geisha look. We kind of came up with the idea of mixing both looks, an idea that could’ve turned out to be awful but it the result was great, Violetta the stylist did a great job. I’ve also tried to get those shiny LED high platform sliders in a video like five times now but no one wanted them till now. So I’m happy.
During the whole video, we only see Elliphant and Mo. No boys. They are quite manly as well. Is there any feminist message here? Such as « strong girls don’t need boys »?
I don’t do messages, we actually have one shot of a male taxi driver from behind. Elli and Karen are both very energetic in front of the camera in different ways and the mix between them is perfect. The idea behind the video is very simple so I don’t think it’s many artists that could’ve done a simple video like this and yet make it interesting.
Why follow them all night in a taxi?
To keep it simple, claustrophobic and weird yet showing how amazing they both are. It’s basically the taxi ride in between parties, but on Ecstasy.
What are your upcoming projects?
I’m finishing a video for Icona Pop, then I’m doing a project for a Swedish RnB band called Ansiktet. We’ll see what I’ll do after that. I might jump on a big project that I’d love to do.
Cette semaine j’aimerais vous présenter le Ill-Studio. Plateforme de direction artistique fondée en 2007 par les très cool Thomas Subreville et Léonard Vernhet, bientôt rejoints par Pierre Dixsaut. Ces touche-à-tout (de la direction artistique, à la photographie, la vidéo et même la mode) travaillent avec les marques les plus branchées telles que Louis Vuitton, Chanel, Lacoste, Nike, Colette et bien d’autres. Mais ce qui nous intéresse là tout de suite c’est le clip qu’ils viennent tout juste de réaliser pour Joakim et Luke Jenner (The Rapture).
Comment s’est déroulée votre collaboration avec Joakim et Luke (The Rapture)?
On a rencontré Joakim il y a un certain temps déjà. On a collaboré avec lui sur sa marque de vêtements Tigersushi Furs il y a quelques années et nous avions aussi un projet commun de musique qui s’appelait Full Circle.
En dehors du facteur humain, on utilise de nombreuses références culturelles communes dans nos travaux respectifs et nous aimons travailler avec des personnes qui partagent le même langage créatif que nous. Du coup on a immédiatement dit oui quand Joakim nous a demandé de réaliser le clip de « Bring Your Love ». La rencontre avec Luke s’est aussi super bien passée.
Comment avez-vous pensé ce clip et quelles sont les références présentes ici ?
La première fois que nous l’avons entendu, le morceau nous a inspiré quelque chose d’assez précis ainsi que des références culturelles, elles aussi assez spécifiques. Art of Noise rencontre Miami qui rencontre Underground Resistance qui rencontre Jacno qui rencontre Godard qui rencontre Aphrodite qui rencontre Tinariwen qui rencontre Fitness qui rencontre Mendini qui rencontre R-Kelly... On pourrait continuer ainsi sans fin. On adore mélanger plein de références très différentes ensemble, qu’elles viennent du design ou de la culture populaire. Certaines d’entre elles (pour ne pas dire toutes) sont des références que nous aimons utiliser dans notre travail tandis que d’autres viennent directement de ce que nous a inspiré le morceau. Chaque fois que nous réalisons une vidéo, nous mettons un point d’honneur a livrer un film qui conserve les codes des projets Ill-studio tout en s’adaptant bien à l’ambiance du track. Mais encore une fois, nous partageons avec Joakim une culture commune, donc tout s’est fait assez naturellement.
Y a t-il une lecture particulière/narrative à adopter ?
Pas vraiment… On n’est pas de très bons storytellers donc on ne se force pas vraiment à l’être. On aime créer une atmosphère forte et ajouter à cela des sens cachés ou des allusions mais pas forcément de façon littérale ou narrative. La vidéo est une conversation abstraite entre Luke et la fille pour qui il chante cette chanson. Il y a un certain nombre de messages cachés… Certains plus évidents que d’autres, tels le visage d’Aphrodite divisé en deux, la photo déchirée de Luke, le drapeau des US… On aime laisser de la place à l’interprétation personnelle de chacun.
Ill-Studio: Twisted Objects on Nowness.com
A un moment on voit un livre qui se distord et cela rappelle votre film « Twisted objects ». Quelle était votre intention ?
Oui… Cette séquence fait référence à « Twisted Objects », un film que nous avons produit pour notre très récente exposition à 12 Mail, à Paris. Nous sommes déjà assez chanceux de pouvoir travailler dans des champs créatifs si différents et si intéressants et au travers de nombreux médias tels que l’édition, les films, la mode, les expositions, et que nous réalisions une vidéo, dessinions un magazine, ou organisions une exposition, nous le faisons toujours avec la même vision, d’où les similitudes. Disons simplement que nous avons des obsessions visuelles que nous adaptons a différents projets et produits.
Quels sont vos projets à venir ?
On a pas mal de choses sur le feu en ce moment. Notre objectif principal est de continuer à bosser sur des projets très différents, de continuer de toucher à tout. C’est ce qui rend notre boulot excitant !
ENGLISH VERSION
This week, I wish to introduce you to the Ill Studio. Ills-Studio is an art direction platform founded in 2007 by two cool guys, Thomas Subreville and Léonard Vernhet, soon joined by Pierre Dixsaut. The studio deals with nearly everything, from art-direction, to photography, films and even fashion. They work with the coolest brands such as Louis Vuitton, Chanel, Lacoste, Nike, Colette and many more. But what interests us now is the music video they made for Joakim featuring Luke Jenner (The Rapture).
How did your collaboration with Joakim and Luke go?
We met Joakim quite a while ago. We collaborated with him on his clothing label Tigersushi Furs a few years ago and we also had a music project in common called Full Circle. It's a slow motion Goa music band made of Ill-Studio, Joakim and Alexis Le-Tan. Aside from the human factor, we use a lot of similar cultural references in our respective jobs and we like to work with people who speak the same creative language as us. So we naturally said yes right away when he asked us to direct the "Bring Your Love" video. Luke was also very easy going.
How did you think this music video through and what are the strong references present in this film?
Well, when we first listened to it, the track gave us a pretty precise direction and some specific cultural references. Art of Noise meets Miami meets Underground Resistance meets Jacno meets Godard meets Aphrodite meets Tinariwen meets Fitness meets Mendini meets R-Kelly... We could go on like this forever. We love mixing stuff together very different references, whether they come from the design field or popular culture. Some of them (not to say all of them) are references we like to use in our work and some others came from the inspiration the track gave us . Every time we direct a video, we make a point of doing a film that looks like an Ill-Studio project whilst fitting well with the atmosphere of the track. But again, we have in common with Joakim much cultural inspiration so it was all pretty natural.
Is there any particular reading/narration to this film ?
Not really... We are not very good storytellers so we don't even try to be. We like to create a strong atmosphere and add some undercurrent meaning to it all but not necessarily to be too literal or narrative. The video is an abstract conversation between Luke and the girl he is singing to. There are quite a lot of hidden meanings... Some more obvious than others like the split Aphrodite face, the torn up photo of Luke, the USA flag etc. We like to leave some space for people's own interpretation.
At some point we can see a distorted book and this reminds us of your film “Twisted objects”. What is the approach here?
Yes... This sequence refers to "Twisted Objects", a film that we produced for our recent exhibition at 12 Mail in Paris. Again, if you look at our recent projects you might notice quite a lot of similarities... That's what makes Ill-Studio what it is today. We are lucky enough to be able to work within different and interesting creative fields and through various media such as publishing, films, fashion, exhibitions… But whether we direct a video, design a magazine, or curate an exhibition, we always do it with the same vision. Let's say that we have visual obsessions that we like to adapt to many different projects and products.
What are your upcoming projects?
We have a lot of things on our plate right now. It is always hard to list projects that haven’t come out yet but let’s say that our main goal in 2014 is to keep working on many different projects. Direct videos, design clothes, publish books, work on exhibitions… again, we are lucky enough to be able to do it all and we really want to keep this privilege as long as possible. That's what makes our job exciting!
Souvent qualifié de "post-Bauhaus" le Groupe de Memphis, collectif italien, brise les codes de la sobriété du design italien. Il ouvre la porte au pop-art et use de la couleur comme éléments fondamental.
Lonely Band essaye juste de faire ce qu'il aime, soit de la musique avec des notes. De la pop music, plus tendance Beatles que Lady Gaga, sans compromis, qui s'écoute dans un chalet ou un hammam.
Il nous introduit à son prochain projet avec un clip de Dijor Smith sorti cette semaine et répond à quelques questions, posées dans les studios de Grande Ville à Montreuil.
Qui es tu ?
Martial Foe an tant qu'individu, Lonely Band en tant que producteur, 24 ans, Paris.
Des projets en cours ?
Cette année a été très productive, peu de sorties, mais beaucoup de travail. Nous élaborons un album avec mes compères de Grande Ville Records (ndlr: Myth Syzer, Oh Rare, El Sound, Jazzy Bazz, Jimmy Whoo et Monomite). À côté je finis un projet personnel, Lonely Band et deux collaborations, Avenue avec Jimmy Whoo et Broadwaves avec El Sound qui sortira avant 2015.
Comment s'est passée la collaboration avec les membres de GVS ?
La cohérence est là, on est tous plus ou moins influencés par la même chose, le résultat donne vraiment des coproductions, un grand mélange entre les voix, l'écriture, les productions. Tout s'entre-mèle dans un processus informel, une dynamique de groupe, ce qui est toujours plus facile pour voir naître une belle collaboration.
Par exemple, Jimmy va faire un son, moi je vais ajouter une ligne de basse, Lionel va poser une guitare et tout se mélange. Cet album regroupe des sons "participatifs" mais aussi un morceau de chacun des membres.
Cette sortie va nous permettre de prendre position, marquer là où on veut aller et ce qu'on veut faire.
Et pour ton projet solo ?
J'ai fait beaucoup de musique seul pour commencer. Si j'avais eu le choix j'aurais peut-être collaboré dès le départ mais c'est difficile de rencontrer des gens avec qui tu as une réelle entente. Finalement, même pour Lonely Band, je travaille beaucoup avec mes amis. Je travaille énormément avec Monomite qui est presque une partie à part entière de Lonely Band. Somebody Else n'aurait pas vu le jour sans lui
Ta prochaine sortie est prévue pour Juin 2014, ça sera un EP, un Album ?
Un Ep pour l'instant, je sortirais un album quand j'aurais les moyens d'enregistrer avec un orchestre symphonique ! Pour cette sortie, la production s'est faite naturellement, pas de thématique ou de concept prémédités mais une osmose pour arriver à un résultat.
Tu as pris le temps de préparer tes titres, de nos jours il y a une vraie boulimie musicale, beaucoup d'artistes répondent à cette demande en sur-produisant. Un avis ?
Il y a toujours eu des mouvements, en ce moment on est dans quelque chose de plus " modeux ". En apparence, tout peut être fait. Dans ce mode de production de plus en plus facile il y a peut-être trop de produits. C'est dommage, on sent que les gens perdent un peu leur sensibilité propre.
Les liens entre musique et image, sont de plus en plus marqués mais aussi plus ambigus, beaucoup d'artistes travaillent presque plus leur visuel que leur son...
S'il n'y a pas un univers autour du produit qui le structure, les gens sont perdus. Les artistes ont de plus en plus besoin d'aide pour définir ce qu'ils doivent montrer en termes visuels. Ça permet de donner des repères et de diffuser ton travail plus facilement.
Beaucoup de grands musiciens ont construit leur image, ça n'est pas venu naturellement. Malgré tout l'image peut suffire seulement pendant un moment, pas éternellement.
Cette semaine, j’aimerais vous présenter Jonas Akerlund. Peut-être pensez-vous ne pas le connaître, mais laissez moi vous dire que si.
C’est l’un des réalisateurs de clips les plus connus au monde, sinon le plus reconnu.
À moins que vous ne viviez dans une cage, quelque part sur une planète d’un autre système, vous avez déjà croisé son travail, au moins une fois dans votre vie ; qu’il s’agisse d’un de ses clips, d’un de ses films ou encore d’une de ses publicités.
Nous lui devons certaines oeuvres d’art audiovisuelles telles que Smack my bitch up des The Prodigy, Girl Panic ! de Duran Duran, Mein Land de Rammstein, Telephone de Lady Gaga et Beyoncé et plus récemment Doom and Gloom des Rolling Stones. Sans oublier son brillant long métrage Spun avec Brittany Murphy, Jason Schwartzman et Mickey Rourke.
Plus récemment, Jonas a réalisé deux clips pour l’album surprise de Beyoncé sorti le 13 Décembre 2013.
Pour nous, il a répondu à quelques questions au sujet du clip Superpower, que nous adorons chez Maison Nue.
Superpower - Beyonce par k-kayone
Tu as travaillé sur des clips mais aussi sur des publicités et des longs-métrages. Pour toi, quelles sont les spécificités du clip ?
Quand je fais des clips j’écris les idées et je suis le directeur artistique. Le but principal est le même qu’une publicité : il s’agit là aussi de vendre quelque chose. Tout au long de ma carrière j’ai réalisé des publicités et j’ai toujours adoré cela mais faire des clips m’a ouvert des perspectives différentes concernant mes choix artistiques. Travailler sur des productions différentes, dans des pays différents, avec des clients différents m’as inspiré créativement et nourri.
Pourquoi apprécies-tu ce format ?
Qui a dit que j’aimais ça ? Haha. Cela fait suffisamment longtemps que je suis dans cette industrie pour que mes raisons aient changé plusieurs fois. Je trouve encore de la motivation et du plaisir malgré le fait de n’en faire qu’un ou deux par an. J’ai toujours été un grand mélomane et j’adore travailler avec d’autres artistes. Ce qui est super avec la vidéo d’aujourd’hui est que grâce à internet le format est complètement malléable et qu’on peut casser les règles. Le monopole de MTV a tué la créativité mais faire des clips est redevenu fun. Le clip est l’un des rares médias où l’on peut penser différemment et où la créativité est encouragée et non compromise.
Que recherches-tu dans les clips (plus de créativité, de liberté, de fun… ) ?
Un artiste heureux, des millions de clics online et des émotions exacerbées.
Comment choisis-tu les clips que tu réalises ? Les artistes ?
En terme de disponibilité, de planning et d’idées, à moins d’avoir une bonne idée, je ne peux pas le faire. J’ai eu la chance de travailler avec des artistes extrêmement créatifs, avec le même niveau d’ambition que moi et en principe lorsque nous tombions d’accord sur une idée c’était un OK pour la suite.
Les morceaux ?
Il n’est pas impératif que j’aime la musique mais il faut que d’une façon ou d’une autre je connecte avec le morceau. Il ne s’agit pas tant de goûts personnels mais plus d’en être inspiré et de visualiser des images qui pourraient fonctionner avec tel ou tel genre de musique.
Ce qu’ils t’inspirent ?
J’ai eu de nombreuses sources d’inspirations au cours de ma carrière. J’adore la musique, l’art, la publicité, le cinéma, la mode… mais je suis arrivé à un moment de ma vie, il y a quelques années, où j’ai cessé de regarder le travail des autres et de me concentrer sur moi-même. Essayer de raconter des histoires et s’inspirer de ses propres expériences est difficile mais une fois qu’on y arrive correctement cela peut-être très fort. J’ai vu une grande différence dans ma créativité et je pense que c’est à ce moment là que mon univers s’est transformé en quelque chose de très particulier.
Tu as fait d’autres vidéos avec Beyoncé, comment ça marche entre vous deux ? Vous discutez ensemble de la vidéo ou elle t’accorde une confiance aveugle ?
Beyoncé est une artiste avec de grandes ambitions et elle aime faire des clips. Elle est très impliquée dans tous les détails du processus et nous travaillons ensemble pour que tout se passe bien. Il faut beaucoup d’e-mails et de discussions avant que nous nous mettions d’accord sur une idée. J’adore sa façon de penser et trouve que c’est une excellente artiste, cela me facilite la tâche.
Il me semble que dans ce morceau, Beyoncé traite du manque d’intimité dont souffrent les célébrités à Hollywood. La façon dont leurs relations et leurs familles sont sans cesse exposées au grand jour. Le clip se termine par une « guerre » à Los Angeles ; penses-tu que c’est ce vers quoi nous tendons actuellement?
Superpower comme Haunted sont tous deux vaguement inspirés d’une sorte de réalité et exécutés de manière très symbolique et surréaliste. Peut-être n’y a t-il aucune vérité ici mais tout est fait avec sincérité. Je ne prendrai jamais la parole pour un artiste avec qui je travaille mais il semble évident que Beyoncé est au centre de tout cela, étant donné l’artiste internationale qu’elle est aujourd’hui.
Contre qui les célébrités se battent-elles ici ? La société ? Les paparazzis ?
Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je ne pense pas qu’elles se battent pour quoi que ce soit d’autre que leur créativité et liberté en tant qu’artistes.
Tu utilises quasiment chaque fois des images de caméra de surveillance, peux tu nous expliquer pourquoi ?
Les caméras de surveillance m’offrent des perspectives différentes. C’est un aperçu de quelque chose que nous ne sommes pas censés voir et cela ajoute du réalisme à mes films. Et surtout, ça a un côté très cool.
Des projets à venir ?
Je viens juste de terminer un clip pour Coldplay et j’espère commencer très rapidement mon prochain long-métrage. ..
Margaux Beaumier
ENGLISH VERSION
This week, I want to introduce you to Jonas Akerlund. Maybe you think you don’t know him, but let me tell you, you do.
He is one of the most recognised music video directors, if not the most recognised.
Unless you live in a cage somewhere on a planet in another system, you have encountered his work, at least once in your life. Wether it was one of his music videos, or of any of his films or commercials.
We owe him art pieces such as Smack my bitch up for The prodigy, Girl Panic ! for Duran Duran, Mein Land de Rammstein, Telephone for Lady Gaga featuring Beyoncé and most recently Doom and Gloom for the Rolling Stones. Along with his brilliant feature film Spun, starring Brittany Murphy, Jason Schwartzman and Mickey Rourke.
Most recently, Jonas directed two music videos for Beyoncé’s surprise album which was launched on the 13th of December 2013.
He answered a few questions for us about Superpower, a music video that we love, here at Maison Nue.
You have worked on music videos as well as adverts and feature films. What do you consider the specificity of music videos?
When I do music videos I write the ideas and I’m the creative director. The main goal is the same as a commercial; it’s all about selling something. I've been doing commercials my whole career and I’ve always enjoyed it very much but music videos have been giving me a different perspective on my creative choices. Doing different types of jobs in different countries, with different clients has creatively always inspired me and fueled me.
Why do you enjoy making them ?
Who said I did? Haha. I’ve been around long enough to change my reason for doing music videos a few times. I still find motivation and joy even though I only do one or two a year. I've always been a music lover and it’s great to work with other creative people. The great thing with video today is that with Internet we can erase the format and break rules. Mtv’s monopoly killed the creativity but now it’s fun again. Music videos are one of very few mediums where you are allowed to think differently and where your creativety is encouraged and not compromised.
What are you looking for in music videos (more creativity, liberty, fun...) ?
A happy artist, millions of hits online and stirred emotions.
How do you select the music videos you make? the artists ?
Timing, schedule and ideas, unless I have a good idea, I cannot do it. I’m lucky to have been working with some very creative artists that have the same ambition level as me and once we agree on an idea it’s usually a go.
The tracks?
I don’t have to love the music but I need to connect with it somehow. It’s not about personal taste its more about getting inspired and seeing the visuals that work for the specific music.
What they inspire in you?
I have gone through a lot of different sources of inspiration throughout my career. I love music, art, advertising, movies, fashion, etc. but I came to a point in my life a few years ago when I stopped looking at what others do and I turned to myself. Trying to tell stories and get inspired by personal experiences is hard but once you get it right it could be very strong. I saw a big difference in my creativity and I think this is where my world suddenly turned into something special.
You have made other videos with Beyonce, how does it work between the two of you? Do you discuss the video or is it blind trust?
Beyoncé is one of the artists that has high ambitions and likes making music videos. She is very involved in all the details and we work close to figure it all out together. It’s a lot of emails and conversations before we settle on an idea. I love her brain and she is a great artist and this makes my job so much more fun and easy.
It seems to me that in her song, Beyonce expresses that lack of privacy celebrities have in Hollywood. How their relationships and families are always exposed to the bright light. The film ends in a war in Los Angeles; do you think this is where we are going with this system?
Both Superpower and Haunted are loosely based on some sort of reality and executed in a very symbolic and surreal way. There may be no truth to it but it’s all done with a sincere meaning. I would never speak for an artist I work with but obviously Beyoncé is right in the middle of everything being the big artist she is.
Against who are the celebrities’ fighting here? Society? Paparazzis?
This is not my question to answer. I don’t think they fight for anything but their creativity and freedom as artists.
You nearly always use video camera shots, can you explain why?
(I don’t understand this question but a assume you mean the security cam look I often have in my films) The surveillance cameras give me a different perspective. It’s a peek into something that we are not supposed to see and it adds to the realness of my films. And, it looks really cool.
Any upcoming projects?
Just finished a music video for Coldplay and my hope is to start my next movie very soon.
Connu pour ses perspectives corrigées à la fin des années 60, l'artiste néerlandais Jan Dibbets explore les champs de la photographie, du land art et de l'art minimal.
Maxime Velcovsky est un ceramiste d'origine tchèque. Il a fondé la maison d'édition/boutique Qubus, qui tend à promouvoir les designers émergents de son pays.
Wolgang Laib propose une recherche minimaliste dans le champ du Land Art. Il exploite des matériaux organiques qu'il récolte lors de long mois où il vit reclu dans la nature (pollen, riz). Cette base lui sert ensuite à créer des installations éphémères et monumentales qui remettent en perspective notre rapport au vivant.
Il dit lui même : "Pollen is more important than me."
Haas Haacke est un artiste conceptuel allemand dont les œuvres mettent en évidence certains phénomènes physiques et biologiques. Un travail subtil qui insère le spectateur dans une temporalité propre à chaque pièce.
À de nombreuses occasions il s'est engagé pour dénoncer les rapports entre politique et art, notamment à la Biennale de Venise de 1993. Accompagné de Name June Paik, il brise les dalles de marbre du pavillon allemand, batiment inauguré par Hitler en 1936.