24hrs in Photos, Erik Kessels
Le siècle dernier, la popularité des cartes postales augmente considérablement la quantité ainsi que le poids du courrier que la poste doit gérer. Aujourd’hui, les images que nous transmettons virtuellement ne pèsent absolument rien. Le nombre de photographies échangées chaque jour sur Internet se compte en centaines de millions et ne cesse de croître chaque année. À cette échelle, le volume devient totalement abstrait. C’est ce qui a poussé Erik Kessels, artiste Néerlandais, à imprimer Internet et essayer de lui attribuer une matérialité quantifiable.
24hrs in Photos cherche vraiment à nous immerger dans la quantité d’images que l’on partage au quotidien. On se retrouve entouré d’immenses piles de photos, sans avoir beaucoup de place pour se déplacer. On pourrait penser que l’artiste cherche à dire: « On a déjà trop d’images, au lieu d’en créer d’autres, pourquoi ne pas travailler avec celles que l’on a déjà ».
En 2019, j’ai eu la chance d’assister à une des expositions de ce projet, et dès que je suis rentrée dans la pièce, je me suis sentie submergée par ces immenses écroulements de photos, j’avais même l’impression de rentrer dans l’intimité de personne que je ne connaissais pas.
Et ce qui est très malin derrière ce projet, c’est que Kessels arrive à nous faire ressentir, d’une façon très intelligente et ironique, l’asphyxie médiatique à laquelle on est confronté chaque jour. Une idée mentale qui devient concrètement visible et évidente.













