Aller, première publication. On y croit ! Bon, non je ne vais pas parler avec mon anglais pitoyable... Je suppose que vous serez tous français et francophone pour lire mon travail, du coup...
Du coup je tiens à vous dire que ! Je reprend un peu l'histoire de la mop pour faire quelques petites vignettes. Enfin petites... Pas si petites mais bon... Je pense respecter suffisamment les personnages dans ce premier chapitre et je tacherais d'en faire de même tout au long de Chronique ! Bon... pourquoi un titre aussi naze..? Bah, j'en sais trop rien en fait... Je ne vais pas avancer comme dans un roman mais plus de scénettes en scénettes. Pour en faire des sortes de... Chroniques quoi. Bref, vous verrez bien !
Quand quel contexte ça se passe, à part que c'est la Mop..? En fait, je vais essayer de relater ce qui peut bien se passer avec Irion et Anduin (principalement) à partir du moment où ils se rencontrent, et donc... dans quelles circonstances ils se rencontrent.Pour ma défense, je vais essayer de respecter au mieux les événements du jeux. Je ne promet pas 100% de fidélité non plus, j'ai peur d'avoir oublier des petits détails en cours de routes qui risquent de me faire dévier un petit peu... mais pas de beaucoup je l'espère.
Petite attention, la relation entre Irion et Anduin risquent de virer au slash. M/M... De manière légère et sous entendu au fur et à mesure des chapitres, si toute fois je fais suffisamment de chapitres pour que ça arrive. Je tiens à le préciser car je comprendrai que nombre d'entre vous déplore ce genre de fanfictions. Moi j'aime bien et je regrette qu'il n'y en ai pas plus au sein de la communauté française.
Enfin voilà ! je vous laisse à la lecture ! Et puisse mon travail vous plaire~ <3.
==========================================
Le temps avait passé depuis que l'impatience d'un prince faillit lui coûter sa propre vie. Par tout les Titans que les humains pouvaient être stupides. Et pourtant, sans cet humain, la Pandarie aurait-elle pu se relever de ce que la Cloche Divine aurait déchaînée ? Fort possible... Elle en serait même ressortie plus forte. Néanmoins, le gringalet avait fait tout son possible pour empêcher cette catastrophe, sauver les siens mais aussi bon nombres de personnes, au détriment de sa courte existence. Remarquablement étonnant venant d'une chose aussi fragile. Il en fallait du cran pour se dresser face à une force de la nature telle que Garrosh. Surtout pour un rejeton humain aux allures de demies-portions comparé à la puissance de son géniteur. Ce furent les raisons pour lesquelles, dans sa plus grande sagesse draconique – curiosité maladive – , qu'Irion réclama de rencontrer le jeune prince humain.
Les blessures de ce jour maudit, l'humain les ressentirait durant longtemps. Même après des mois de convalescences, de repos... les os d'Anduin le faisaient encore souffrir... Une sorte de piqûre de rappel, un vaccin contre son idiotie héroïque. Son premier réveil restait flou dans sa mémoire. Il avait été réveillé par une douleur dans tout ces membres, sans toute fois pouvoir bouger quelque parti de son corps. Velen, son mentor, et des moines pandarens s'étaient déplacés jusqu'à lui pour le sauver in-extremis, apaisant à la fois ses douleurs et son père rongé par la colère et l'inquiétude. Varian, qu'aurait-il fait sans son fils ? Comment aurait-il pu se battre chaque jours contre ses vieux démons ? Comment aurait-il pu continuer à vivre, à être le roi qu'il était, si Velen ne lui avait pas rendu son fils ? La haine, la rage... Sa soif de vengeance l'auraient consumé jusqu'à se baigner dans le sang de ses rancœurs. Mais pour l'heure, le roi ne souhaitait pas y penser... Les yeux à peine ouverts de son fils suffisaient à tout lui faire oubl... ouverts... réveil... Le cœur à l'agonie de ce père pour qui son fils brillait comme la seule lumière de sa vie, se remplit de la chaleur douce et intense du soulagement mêlé à tout l'amour qu'il lui portait. À faire les cents pas dans la chambre du blessé, il faillit louper ce moment de détresse pour lui prendre la main dans une étreinte apaisante. Son état de nervosité laissa place au calme impatient de ceux qui guette le moindre mieux de leur progéniture. Entre ses mains, celle d'Anduin semblait ridiculement fragile.
Pâle comme un linge, le prince avait de quoi faire peur. Sa tête lui donnait l'impression de se balader sur un tourniquet et ses yeux d'être plongés sous l'eau. On l'aurait confondu avec un mort. Mais son cœur battait. Lentement. Doucement. Mais... il battait... Varian baragouiner des mots inaudibles pour ses oreilles. Comme si les sons se fracassaient dans l'eau pour ressortir en bruits sourds et diffus. Anduin voulu donner de la voix, rassurer cette présence proche et protectrice, mais elle resta muette... Puis il re-sombra dans le sommeil. Ce passage ressemblait plus à une sensation lointaine, moins encore qu'un sentiment.
Son deuxième réveil lui revenait mieux en mémoire. Le blondinet s'était éveillé dans une chambre vaguement familière, désorienté, incapable de savoir quel jour il était. Voulant se redresser, ses membres le rappelèrent à l'ordre. Il lui fallut quelques douloureux essaies avant de pouvoir se redresser entre ses couvertures et poser ses orteils sur le sol. Et encore, le craquement de ces toutes petites articulations rouillées par l'immobilité manqua de peu de lui arracher un lourd gémissement de douleur. Il se contenta de respirer profondément pour maîtriser son calvaire... Utiliser la lumière ? Disons que ce n'était pas tellement dans ses cordes, l'énergie lui manquait cruellement... Mais le crash test fut plus douloureux encore. Pas même remit de ses articulations endolories, l'entêté, trop impatient se leva dans un élan de détermination. Varian Wrynn entra au même moment. Seulement le prince n'était pas totalement debout que ses genoux le lâchèrent sous son poids, le laissant tomber contre le bord du lit. Même en s'étant vaguement rattraper sur le matelas, cette chute lui arracha un cri de douleur si intense que son cœur manqua d'arrêter de battre. La respiration saccadée, l'horrible douleur le paralysait...
Sous les feux du spectacle, son père, qui entrait à peine dans la chambre, se hâta vers lui pour l'aider... Mais même avec sa précieuse aide, le front du prince était trempe de sueur. Même avec toute la douceur du monde, Varian ne pu empêcher son martyr de le secouer. Le pauvre gosse en avait la lèvre inférieure en sang, tellement il la mordait pour se retenir de hurler. C'était comme si, une fois qu'il avait prit conscience de ce que bouger lui coûtait, la douleur s'intensifiait. Le souffle court et bruyant, il fini par se rallonger dans le lit et la douleur commença enfin à se calmer. Son père en avait le cœur serré de peines, et de colère... Pour sûr que les responsables le paieraient tôt ou tard... Néanmoins, il s'imposa le calme... Pour son fils.
« Tout ira bien, très vite tu te sentiras mieux... Je te le promet. »
Un peu minable, comme paroles de réconfort, mais ce fut tout ce que la maladresse permit à Varian de lui dire... Il aurait tellement voulu le prendre et le serrer dans ses bras. Lui montrer le soulagement qu'il ressentait de le voir en vie, lui dire à quel point il l'aimait. Et l'avorton, lui, aurait rêvé de se blottir contre lui, jouer les enfants en mal d'amour pour trouver refuge contre son père... Mais quoi qu'il espérait, ce fut à ce moment là que Velen, accompagné de quelques moines pandarens, firent leur leur apparition dans la pièce. Cela faisait près d'une semaine qu'ils venait chaque jour pour soigner malheureux téméraire.
« Roi Varian ? Comment se porte le prince ? Demanda Velen, inquiet.
– Il se réveille par moments. Mais la douleur lui est toujours insupportable. »
Il portait sur son fils un regard compatissant et profondément désolé de l'avoir laissé endurer ça. Seulement, une autre partie de son cœur ne pouvait réprimer une certaine agitation à son encontre... Quelle idée stupide d'être allé seul affronter Garrosh ! Et en plus d'avoir faillit y rester, c'est un des champions ainsi qu'une équipe de sauvetage entière dont il avait risqué la vie pour pouvoir le sauver ! Mais en même temps, le roi lui même n'aurait sut agir autrement, à la place de son fils. Une curieuse fierté transparaissait au travers ce flot émotionnel.
« Roi Varian ? » Velen s'avança de quelques pas devant les moines. « Puis-je vous demander de nous laisser seul avec cet enfant ?
De son fils, il avait commencé à s'écarter. Mais, perdu, ce dernier lui attrapa un pan de sa chemise ample pour essayer de le retenir. Un gémissement de douleur à peine étouffé et sa main lâcha. Mais le roi se retourna pour la lui rattraper avec douceur. Il posa genoux à terre pour être plus près d'Anduin et approcha son visage balafré jusqu'à son jeune front et le lui embrassa. Les marques d'amour n'étaient pas le fort de cet homme. Cependant, il ne pouvait se résoudre à laisser son fils souffrir sans rien faire... Puis le gamin sembla se calmer. Pas beaucoup, mais suffisamment pour le laisser s'en aller. En un dernier regard de sa par, l'adolescent su qu'il lui faudrait faire preuve de courage pour affronter ce qui l'affligeait. Doucement, la main de son père déposa délicatement la sienne. Lorsque, enfin, l'épuisement l'engloutis une nouvelle fois, Varian s'en alla, saluant les deux draeneïs à l'entrée.
La suite ne fut qu'une série de soins et de prières de guérisons pour remettre ce mortel sur pied, ou du moins à peut près. Une longue période de convalescence l'attendait... Le blondinet maudissait intérieurement son propre corps de prendre autant de temps pour se remettre de se traumatisme... Mais, au bout de quelques semaines, sa volonté prit finalement le pas pour lui permettre de tenir de bout. Tant pis pour la souffrance encore présente. Tant pis pour les conseils de repos ordonnés par Velen. Et même si son équilibre lui demandait de soutenir son corps sur une canne, il préférait encore ça plutôt que de rester sans bouger. Grâce à la prise en charge qu'il bénéficiait, l'énergie lui revenait relativement rapidement. Non, il n'allait pas courir comme un lapin... Mais tenir tête à son très cher père, là... Oui parce que vous ne croyez tout de même pas que Varian allait laisser sa précieuse progéniture en territoire du lion sur la plage de Krasarang ? Le but était qu'il soit suffisamment robuste pour retourner au bercail, comme dirait certain... Ce jour là, ils étaient dans la chambre du blond.
« C'est hors de question. Je ne retournerez pas à Hurlevent. Vous ne me ferez pas changer d'avis père !
– Ta place est là-bas. Tu a failli mourir ! Ne réfléchis-tu donc pas ? Que deviendrait le peuple de Hurlevent s'il te perdait ?
– Je comprend très bien. Mais ma place n'est pas là bas à ce jour. En tant que prince, je dois œuvrer pour la paix, pour que notre peuple guérisse ainsi que ce monde ! Et ce n'est qu'ici que je pourrais agir. »
La discutions, c'était vite transformer en une de leurs disputes habituelles où les deux partis confrontaient leurs convictions si différentes qu'elles semblaient parfois incompatibles. Anduin ne remarchait que depuis peu et faisait déjà des allers et retours impatients en Territoire du Lion. Ils étaient courts, mais fréquents. Retourner à Hurlevent sonnait comme une torture pour le jeune homme. Il regardait son père avec une profonde innocence, son regard aussi pur et limpide que pouvait l'avoir Tiffin, autre fois. D'un bleu éclatant... Varian peinait chaque fois à les affronter lorsqu'un désaccord éclatait. Mais son fils devait encore apprendre bien des choses sur les responsabilités qu'incombent son statu de prince...
« Anduin... Soupira Varian, se massant l'arrête du nez pour contenir sa colère et son irritation. C'est prendre trop de risques. Tu repartiras lorsque tu seras en mesure d'assumer ta convalescence. Pour l'heure, tu retournes au château. Nous reverrons ce sujet lorsque tu seras plus amplement remit.
– Je ne suis pas un infirme, rétorqua le blondinet, perdant un peu de son sang-froid. »
Le roi ne savais plus quoi faire de son fils dans des instants pareils. Aussi borné que sa mère... Il le regardait, droit comme un I, campé sur ses positions, debout, soutenu par sa canne. Digne et déterminé, le regard franc. Ses yeux, si intenses, semblaient crépiter de milles éclairs, tiraillés entre la frustration, la déception et l'indignation. Et que la lumière garde ce dernier... Elle seule savait combien son cœur se serrait en cet instant... Bien sûr que son fils n'était pas un infirme, mais il ne pouvait ignorer sa condition physique actuelle... Le repos était le seul moyen pour que cet inconscient guérisse. Et le meilleur endroit pour ça était Hurlevent. Loin des conflits opposant les deux nations qu'étaient la Horde et l'Alliance. Le visage du brun se crispa de plus belle et il mordit l’intérieur de sa lèvre avant de répondre.
« Je n'ai jamais dit que tu étais infirme... Seulement que ta place n'est pas ici pour des raisons simples. Ta convalescence : rester ici ne fera que la rallonger. Si tu continue tes allé-et-venu : ce sont les gardes que je t'imposerais que je mettrais inutilement en danger ! Ta protection est ma priorité. »
Toujours les mêmes arguments... Quand comprendrait-il qu'il pouvait se débrouiller par lui même ? N'avait-il pas fait preuve de responsabilité digne d'un prince par le passé, pour que son très cher père lui accorde aussi peu de confiance ? Et par rapport à Anduin, ce qu'il avait vécut face à Garrosh ne lui a-t-il servit à rien ? Un instinct de survit rémanent ? Un éclair de génie pour profiter de sa sagesse légendaire ? Disons que ce qu'il avait gardé comme enseignement ne correspondait pas aux attentes du roi. Sa peur et ses blessures n'avaient fait que durcir ses convictions.
« Père... me demandez-vous de fuir ? Renier mes responsabilités et me cacher entre les murs du château ? » Demanda Anduin dont le regard exprimait la même incompréhension que si on lui expliquer que sa vision du bien n'était qu'une perversion du mal.
Varian ne laissa rien transparaître, ou presque. Seul son regard avait bougé. Un sourcil s'était levé , abasourdit par la conclusion de son fils. En son fort intérieur, un coup de vent souffla la tension de la colère pour n'y laisser que le néant. Que dire ? Non ce n'était pas une fuite, c'était du bon sens ! Mais comment l'expliquer à son fils trop bien bercé par le devoir d'un héritier ?
« Ce n'est pas une fuite. Mon fils, un jour tu seras confronter à ce genre de situation et tu prendras très certainement la même décision... Pour l'heure, tu rentres. Fin de la discutions. Nous nous verrons ce soir au dîner. »
Sur ce, Varian tourna promptement les talons et se dirigea vers la sorti sans se retourner. Il ouvrit la porte de la pièce et la referma derrière lui d'une geste égal, méticuleusement étudié pour ne rien laisser percevoir du désarroi qu'il éprouvait alors.
Pour Anduin, la colère le hantait toujours. La déception lui serrait le cœur. Et, pour couronner le tout, son corps le faisait alors souffrir à cause de cette tension provoquée par la dispute, ce qui le força à s’asseoir négligemment dans le premier fauteuil à porté. Il aimait, adorait, respectait son père, mais malgré tout les efforts du monde et les progrès déjà effectués, la relation qui les liait rencontrait régulièrement des mésententes. Bonne nouvelle, son père avait essayer de proposer un compris. Mais, selon lui, le temps était bien trop précieux pour attendre que son corps guérisse plus que ce qu'il était aujourd'hui. Il poussa un dernier souvenir avant que la fatigue ne l’assomme dans un profond sommeil irrésistible.
Quelqu'un frappant à sa porte le sorti de sa sieste. Il cru d'abord que les coups provenaient de son rêve... Mais il se faisaient plus insistant et il perçus finalement la voix d'une garde de l' 'Opération Bouclier', comme son père aimait les appeler.
« Mon prince ? S'il vous plaît, Prince Anduin ? Pardonnez-moi de vous déranger, mais c'est assez important, Votre Altesse, ne cessait-de répéter une voix une féminine un peu embêtée.
Les réveils étaient toujours un calvaire. Le prince se releva de son siège, grimaçant d'avoir comme des crampes, supportables, dans les membres. Se dirigea vers une vasque dans laquelle se trouvait de l'eau fraîche pour s'éclaircir les idées. Une rangée de fioles trônait juste à côté de la vaque. Il en prit une, en but un peu, la douleur qui montait dans ses membres se stoppa au bout de quelques secondes. Une fois sa mine descente reconstituée, il se présenta à la garde qui patientait devant sa porte.
– Une femme souhaiterait vous remettre un message.
– Quel genre de message ?
– Elle dit qu'elle doit vous le remettre en main propre.
– Très bien, (sa mine se fit dubitative et il se gratta le visage) mon père n'est pas là ? Demanda-t-il innocemment.
– Négatif, votre père, le roi, est en déplacement mais ne saurait tarder à revenir. »
Anduin lui fit un signe de la tête pour qu'elle le conduise à cette visiteuse. Ses pensées lui paraissaient encore embrumées par le réveil. Il réprima une envie de bailler et s'évertua à rester présentable lorsqu'il arriva devant la femme, le bruit de la canne dont il se servait s'enchaînait dans un toc-toc régulier. Ses yeux, ses cheveux, sa tenue... Tout enveloppait cette femme de noir. Elle patientait dans l'entrée et lorsque l'objet de sa quête se présenta, elle redressa sa stature dans une attitude solennelle
« Bonjour, Prince Anduin Wrynn. »
Son regard franc se planta sans mal dans les deux saphir qu'étaient les yeux du prince. Celui ci fut supprit
, par la franchise de l'humaine, mais ne ressenti aucune agressivité. Habituellement les autres de son peuples se confondait en courbettes protocolaire. Anduin apprécia la simplicité et le pragmatisme de la messagère.
« Bonjours, en quoi puis-je vous aider ?
– Mon maître souhaite que je vous remette ceci... (La brune sorti de sa veste un parchemin cacheté à la sire.) En main propre. »
Elle lui tendit l'enveloppe, le prince l'attrapa d'un geste égal. Et la remercia. Cette étrange femme le laissa interdit quelques instant, puis il examina le parchemin roulé. Il fit signe à la garde de s'en aller et elle le laissa en compagnie de la messagère pour se poster quelques mètres plus loin. Suffisamment pour ne rien entendre s'ils échangèrent quelques paroles.
La sire n'était marquée par aucun saut connu. La marque qui l'avait poinçonnée représentait plus une empreinte circulaire au dessus de laquelle se dessinait une entaille pointant vers le haut. Durant son transport, aucune éraflure ne l'avait abîmée. La sire n'était même pas rayée et aucune trace de salissure ne maculait le papier. Comme si la lettre venait à peine d'être écrite. Anduin fini par l'ouvrir.
J'ai eut vent de vos prouesses. Je suis impressionné devant cet exploit, surtout venant d'un humain. Vous concernant, j'hésite entre la stupidité et le génie. Néant moins, vous étiez prêt à sacrifier votre vie pour quelque chose de plus grand ! Vous m'intriguez, je souhaiterais que nous discutions. Rejoignez-moi en haut de l'escalier dérobé. Vous ne le regretterez pas, j'en suis certain.
Le concerné relu plusieurs fois la lettre pour être sûr d'avoir bien lu. Il ne savait à quoi s'en tenir. D'après les rumeurs fugaces d'un assassin de l'Alliance, ce fameux prince noir avait œuvré dans l'ombre contre son propre père, Neltharion ; mieux connu sous Aile-De-Mort le Destructeur. Il avait orchestré la destruction de son propre vol corrompu dans le seul but de le purifier. L'assassin affirmait également que ce jeune dragon se présentait comme le protecteur d'Azeroth. Son dernier gardien. Seulement, le passif de ce vol n'était pas à négliger... Et pourtant, depuis qu'il avait entendu parlé de son existence il n'avait cessé d'y penser, voulant même le rencontrer... Qui aurait cru que finalement ce Prince Noir en personne, l'aurait inviter à le rencontrer.
Toutes les machinations orchestrées par Onixia, sous les traits de l'odieuse Katrana Prestor, était encore frais dans son esprit. Telle une cicatrice encore douloureuse lorsqu'on la tâtait ; pourtant la plaie était refermée ! Mais c'était comme si un hématome subsistait sous une fine peau blanche, fragile et tendue.
L'heure n'était pas à la rancune, mais au progrès...Peut-être même un certain pardon, mais il était trop tôt pour l'affirmer. Il lui fallait savoir de quoi il en retourner. Quel genre d'être se cachait derrière l'identité d'Irion. Si la corruption l'avait réellement quitté. Que prévoyait-il de faire en tant que « protecteur » ? Anduin avait le sentiment qu'il pouvait être capable du meilleur comme du pire. Cette rencontre serait peut-être une occasion de le guider... Qui sait ce qu'il pouvait ressortir d'une telle rencontre ?
« Quelle réponse dois-je apporte à mon prince, Prince Anduin ?
– Dites lui que j’accepte. Le temps de quelques préparatif et je pars sur le champ.
– Bien. Rejoignez-moi au versant verdoyant dans une heure. Je vous conduirais à mon maître. »
Anduin observa l'humaine s'en aller. Son teint était sombre, ses yeux cernés et les traits de son visage attestaient des nombreuses valises qu'elle pouvait traîner. Il se demanda un instant s'il faisait le bon choix. Dans le fond, il ne la connaissait pas... Mais... Il retourna à sa chambre récupérer quelques affaires et les plaça dans un sac discret qu'il passa en bandoulière autour de son épaule ainsi que quelques potions pour contrôler la douleur de ses membres que les moines pandarens lui avaient laissé, en cas quelle devienne insoutenable, avant de fausser compagnie au Territoire du Lion.
Le petit prince traversa le fort avec un naturel déconcertant jusqu'à l'aire d'envol. Le maître des griffons, un nain fort sympathique, profitait d'un moment de calme pour s'occuper de ces bêtes : brosser leur fourrure, nettoyer leur bec, soigner quelques petites égratignures bénignes. Le prince le salua pour annoncer sa présence.
« Mon Prince ! Quel bon vent vous amène ? Z'allez mieux, à ce que j'vois. Déclara le nain avec enthousiasme.
– Merci Daggin, le devoir m'appelle. Je dois utiliser un des griffons, répondit le prince avec chaleur.
– Mais... Z'êtes sûr que ça ira ? J'ai apprit c'que vous avez accomplit. Nous n'pouvons être plus fier d'un prince avec un tel courage. (Le nain s'inclina avec un profond respect.) Mais êtes-vous sûr qu'il est judicieux de partir en vol aussi tôt ? »
La mine inquiète du nain le toucha. Il lui adressa un de ses sourires les plus chaleureux et leva une main, douce, pour le rassurer. Le prince boitait outrageusement en appuie sur sa canne... Il n'aurait pas du partir. Jamais. Pas si tôt. Mais en fait... Enfin si, il avait l'air en pleine forme ! Guéri, remis, frais comme un gardon le p'tit loup !
« Votre inquiétude me touche, mais ne vous en faites pas, je serais rapidement de retour, je n'irais pas bien loin, indiqua-t-il avec un petit rire amusé ; son corps gronderais de toute manière s'il forçait trop.
– Dans c'cas, j'vous prépare l'plus doux de nos griffon, Votre Altesse.
Ni une ni deux, le griffon était prêt à partir et aucun signe de son père à l'horizon. Parfait. Le nain présenta la bête avec la plus grande fierté au prince. Ce dernier inclina sa jeune tête en guise d’approbation et grimpa sur le dos de sa monture, une légère grimace sur le visage.
« Z'êtes sûr que tout ira bien ?
– Oui, oui, ne vous en faites pas, merci encore. »
Et le prince prit son envol.
Parce que le timing était millimétré, le nain qui regardait le griffon du prince s’éloigner, un sourire fier d'être au service d'une personne aussi dévouée, sorti de ses rêveries lorsqu'il entendit des éclats de voix familiers. Alors, son expression muta en une moue horrifiée. Comme si la vérité le frappa de plein fouet. Non, ce n'était pas bon, pas bon du tout. Le malin petit prince avait utilisait son pouvoir de contrôle sur l'esprit pour que le nain le laisse partir sans poser de prblèmes. Un mal de crâne s'insinua dans la tête du nain qui déglutit difficilement et se tourna en directions des éclats de voix. Autant dire que le roi était en pétard. Les gardes qui le suivaient ressemblaient à un contingent en train de se faire violemment vitupérer par un Varian, ou plutôt Lo'gosh, dont les yeux enragés semblaient embraser tout ce qu'ils voyaient.
« Comment ça vous ne savez pas où est mon fils !? AUCUN DE VOUS NE L'A VU DANS LE FORT ?
– V-votre altesse, le prince a reçu une lettre d'une messagère il y a presque une heur... commença une garde qui venait d'arriver en toute hâte vers le roi.
– Et je n'en ai pas été informé ? Coupa le souverain avec l'air de vouloir fracasser tout ce qui passait.
– Et bien, Monseigneur, la messagère n'était en rien armée... Aucun danger n'était à craindre, elle apportait simplement un parchemin pour le prince et...
– Et vous ne savez pas quel était le message elle venait lui délivrer ? Termina le roi avec un air lourd de sous-entendu.
– Non, Sire. Je l'ai juste aperçu allant vers les griffons, mais je ne me doutais nullement qu'il disparaîtrait. »
Sa colère grondait en son fort intérieur comme un volcan prêt à exploser. Sa mâchoires si serrée, craquait par moment lorsqu'il l'ouvrait. Aucun de ses gardes ne moufetaient. Certains restaient impassibles, d'autres baissaient la tête, coupables et désolés. Le roi prit une grande inspiration qui dilata ses narines et se passa les mains sur son visage pour tenter de dissiper une parti inutile de sa colère... En vain. Il se tourna prestement vers la monté en haut de laquelle Daggin attendait son dernier jugement au côté de ses griffons.
« DAGGIN! Aboya le roi. Où est MON FILS ?! »
Le nain inspira une bouffée de courage et s'avança avec précaution et vélocité. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer, le roi se calmerait après... Sauf si son fils était retrouvé en morceau... Là, pour sûr qu'il finirait ses jours derrière les barreaux de la prison humide de Hurlevent...
« Votre Altesse, vot'fils, le prince, est parti il y a quelques dizaines de minutes... vers le nord. Il... Il m'a dit que l'devoir l'app'lait. C'est tout c'qu'il m'a dit. Je l'ai laissé partir pensant que vous, mon roi, étiez au courant ! Expliqua le nain avec appréhension, redoutant un nouvel éclat de la part du souverain.
– Vous avez... Quoi ? (Le roi était abasourdit, comment pouvait-on laisser ce jeune garçon partir dans un état pareil..?) Vous l'avez laissé partir ? Alors qu'il n'est pas remit de ses blessures ?
– Mon roi, pardonnez-moi... Je ne me souvient pas très exactement de comment c'est arrivé... ma tête est un peu brumeuse... mais j'avais l'sentiment d 'faire le bon choix en le laissant partir ! Comme si... comme si une voix m'avait soufflé c'que j'devais faire... Je l'ai laissé partir en tout bonne fois. Il m'a semblé en bonne santé, suffisamment robuste pour que vous l'ayez laissé partir et... »
Le nain regardait Varian avec le plus grand respect. Il s'était incliné lorsqu'il s’excusait, preuve de sa sincérité. Mais, c'est la tête haute qu'il assumait son acte, et certainement bêtise, auprès de son roi. Seulement, le nain n'avait pas tort. Aucun ordre concernant l'obligation à résidence du prince n'avait été donné. Puis tout était allé si vite... Anduin leur avait faussé compagnie, sous leur nez, tel une anguille entre les rochers. Au moment où Varian regarda vers le ciel, dans la direction indiqué, son fils n'était plus qu'un petit point noir disparaissant dans le lointain. Pour sûr, l'indignation grondait encore telle une tempête virulente. Mais pour l'heure, l'objet de son agitation n'était pas à côté de lui pour lui expliquer clairement sa façon de penser... Il désigna alors deux hommes de sa garde personnelle.
« Vous deux ! Rattrapez-le et ramenez-le moi ENTIER ! » Gronda le loup-fantôme, finissant sa phrase en pensée : « ou je vous enferme dans la prison de Hurlevent... ».
Ni une ni deux, le maître des griffons prépara deux montures en temps record et la minute d'après, les deux gardes s'élevaient déjà dans le ciel. Daggin s'en voulait... Il avait une grande confiance en ce qui concernait le prince, mais si jamais, par malheur, cet enfant se retrouvait encore dans une situation pas possible... Si il lui arrivait quelque chose, jamais il ne se le pardonnerait. Il tressait nerveusement sa barde brune en regardant ses griffons s'en aller.
« Daggin, interpella le roi d'une voix toujours tendu mais plus calme, ne vous tourmentez pas plus. J'espère qu'il ne s'est pas jeté dans je ne sais quelle stupide entreprise... cette fois.
– Votre Altesse, j'aurais aussi dut être... plus vigilant.
– Je vous l'accorde. Mais vous n'auriez rien put faire contre sa volonté... Ses capacités se développe à une vitesse impressionnante et vous n'êtes ni le premier, ni le dernier à en faire le frais... »
Sur ses paroles, le roi fit volte face en direction des bâtiments. Il soupirait d'exaspération et d'inquiétude... Un peu d'indignation aussi... Ce n'était pas des actes digne d'un prince !
Lorsque le prince Anduin arriva au point de rendez vous et reconnu la messagère qui, plus tôt d, lui avait apporté la lettre. Le soleil descendait dans sa couche. Le soir commençait à tomber et la chaleur avec. La méfiance commença à le gagner. Cet endroit était désert, les grumelots qui commerçaient habituellement ici avaient déserté les lieux. De plus, la femme s'était muni d'un fusil attaché dans son dos. Le blondinet s'agrippa à ses reines, prêt à reprendre son envol au moindre soucis. Or, malgré ses armes largement visibles, l'humaine ne dégageait aucune menace. Sans bruit, elle lui fit signe de la suivre, d'un geste de la main, et elle s'engouffra dans l'étroite allée de l'escalier dérobé. Une allée escarpée longue de 100 marches. Une monture, une jument, attendait dans cette allée, et avant d'entamer cette route, la femme l'enfourcha. Passivement, le prince la suivit.
« Pourquoi devons nous continuer à terre ? Nous aurions plus vite fait de voler jusqu'au sommet. Questionna le prince.
– C'est exact, mais les montures volantes sont trop visibles, surtout pour vous et votre griffon. »
Sa voix était un peux roque, mais très calme et sereine. Une attitude qui poussait le prince à la suivre plutôt que de s'en aller loin de ce piège. Toutefois, l'instinct n'animait aucune alerte dans le cœur du prince, juste de la curiosité. Que pouvait bien vouloir le prince noir pour prendre autant de précaution ? Un crie familier et perçant le sorti de ses réflexions. Ses yeux scrutant alors le ciel, il aperçus deux griffons, similaires au sien, survoler la zone. Instinctivement il abaissa son torse.
« Vous les connaissez ? Demanda la femme.
– Ce sont des gardes de père. Il les a certainement envoyé à ma recherche en s’apercevant de mon absence. »
Son guide émie un rire léger, peut-être nostalgique sur les bords. Ce qui paru vexer le jeune prince.
« Qu'y a-t-il d'amusant ?
– Rien d'important. Répondit-elle simplement. Les enfants sont si insouciants...
– Vous avez des enfants ?
Vraisemblablement, la femme fut prise au dépourvu par sa question. Sûrement ne s'était-elle pas rendu compte de sa réflexion. Elle fixa le prince d'un air sceptique. Mais fini par répondre, l’intonation de sa voix plus rêche :
« Non. J'avais deux filles. »
Le malaise s'empara d'Anduin. Comme quoi, il avait loupé une occasion de se taire. Il lâcha simplement un : « pardonnez mon indélicatesse, je n'aurais pas due vous poser cette question... ». Mais la femme ne lui accorda plus ni regards, ni paroles. Lui, il plantait tour à tour son regard sur ses mains puis sur la route à suivre, tel un enfant qui aurait prit une tape sur les doigts. La route s'éternisait, régulièrement il entendait les cris des griffons qui survolaient la zone. Sa tête s'embourbait dans un bon nombre réinterrogations, tels que des doutes sur les intentions du prince.
« Laissez-moi vous raconter ceci. » Dit-elle comme si elle avait pitié du malaise du jeunot.
Le blondinet releva son nez pour fixer cette femme, qui, elle, regardait au loin.
« J'ai perdu ma fille à cause du vol noir. Et lorsque j'ai voulu me venger. Je suis tombée nez-à nez avec ce prince. Il m'a alors raconté son histoire. Et lorsque j'ai comprit ses intentions, dont sa purification du vol noir, je me suis ralliée à sa cause. Mon prince n'est pas corrompu. C'est un être pur. Plus que quiconque pourrait-être. »
Elle fini ses explications concises et observa la réaction du prince. Aucune animosité n'émanait de lui. Seulement de l'intérêt. Il avait bu ses paroles comme si elles étaient bénites. Son appréhension ne disparaissait pas, mais ses doutes sur un danger potentiel s'envolèrent. L'honnêteté de cette femme était sans faille. Sur ces paroles, il restait sans avis. Il jugerais par lui-même les qualités de ce prince. Pour l'heure, il ne savait que répondre. Il hocha simplement sa tête blonde pour lui indiquer sa compréhension et son intérêt. Le reste de la marche se fit dans un silence presque total. Seul les pas de leurs montures rythmaient ce petit voyage.
Lorsqu'ils atteignirent le point de rendez-vous, le soleil était en train de ranger ses derniers rayons. Une silhouette, pas très grande, à peut-près la même taille qu'Anduin, tout aussi fine et élancée se découpait devant ses yeux, éclairée par les rayons de lumière d'un orange profond. D'autres formes, plus grandes mais d'aspect aussi différentes les une que les autres, entouraient l'être d'apparence fluet. La femme qui l'avait conduit ici força sa monture à avancer plus énergiquement pour aller se placer derrière cette personne, à sa droite... Certainement le prince. Anduin stoppa doucement sa monture et posa pied-à-terre avec une grande précaution. Le voyage fut difficile pour son corps et il ressentait le besoin de s'appuyer sur sa canne, plus que jamais. Il la décrocha du flanc de sa monture (là où il l'avait préalablement fixé avant de s'envoler), et s'y reposa dessus. Ses os criaient à l'aide, mais le blondinet n'en montra rien. Seul de légers et discrets tremblements trahissaient sa faiblesse.
La personne autour de laquelle le rassemblement s’effectuait, s'avança d'un pas nonchalant, les mains dans le dos. Le griffon d'Anduin s'agita lorsque l'autre s'approcha un peu trop, commençant à agiter ses pâtes griffues et secouer sa tête blanche. Le blond lui posa une main affectueuse sur son encolure emplumée tandis que l'étranger s'arrêta face à cette bête. Il laissa ses mains, masquée derrière lui, retomber le long de son corps puis en releva une, la paume ouverte, en direction de l'animal, puis ne bougea plus. Le griffon, doux mais méfiant tout de même, s'approcha avec précaution pour renifler cet étrange humain, et une fois chose faite, il colla son bec contre sa main puis y frotta sa tête à la recherche d'une caresse. Il la lui accorda avec une certaine douceur, puis le griffon se recula pour retourner derrière son cavalier avec calme. Le blond observa la scène, incrédule. L'étranger souriait. Anduin s'en aperçu lorsqu'il arriva à une distance assez proche. Le garçon qui se trouvait devant lui n'était, tout compte fait, pas si fluet mais d'apparence étonnamment jeune, un légère barbiche poussait sur son menton. Ses yeux brillaient d'une lueur rouge intense. Ses vêtement, atypique, rappelait les costumes des habitant d'Uldum ; fait de tissus d'un blanc éclatant, de cuirs noirs et de renforts, noir également, en écailles de... De dragon ? Quelques détails rouges soulignaient élégamment sa tenue... Aucun doute possible, la personne se trouvant face à lui n'était autre que le dernier dragon noir. Le prince noir.
« Je ne vous attendez pas si tôt, Prince Anduin, mais je suis ravis de vous voir ici, et presque entier ! » S'amusa le prince noir en guise de salutation.
Sa voix était étonnement douce, empreinte de mystères. Le prince humain l'observait avec attention, ne ratant aucune miette de ses faits et gestes. Une chose qui le frappa plus encore que ses vêtements fut le teint sombre de sa peau. Tout les traits de son visages en paraissaient d'autant plus lissé. Un contraste étonnant avec le turban éclatant qui lui entourait le crâne. Son attitude aurait laissé pantois n'importe qui. Ses pas silencieux et appuyait lui donnait l'impression de ne faire qu'un avec la terre sur laquelle il marchait. Chaque mouvement effectué semblait vécu comme le dernier. Ou peut-être le premier ? Devant tant de théâtralité, le blond n'eut pas le temps de prendre de dire mot, le dragon reprit la parole après une courte pose, comme s'il avait volontairement laissé ses paroles en suspend.
« Je suis Irion, déclara-t-il avec dans une intonation montante et continua en descendant sa voix. Le Prince Noir. »
Autant dire que le prince draconique se jouait remarquablement de cette situation. Pas que cette mise en scène mettait son invité en une posture délicate, mais son incrédulité et la fascination qui se reflétait de ses yeux lui fit prendre conscience de combien cette entrevu comptait pour son invité. Autant le laisser en émois quelques instant... Puis l'humain à la peau claire prit enfin la parole.
« Je suis heureux de vous rencontrer. (Et il était sincère.) Je suis...
– Tout le monde, ici, sait qui vous êtes ! Prince Anduin Wrynn de Hurlevent. »
Là, le prince en question se senti mal à l'aise. Irion éclata d'un rire léger, content de son petit effet. Le blond n'osait plus dire mot de peur d'avoir dit quelque chose défiant un certain protocole lui étant inconnu. Il se contentait de rester debout sans bouger, ignorant ses tremblements. Le Prince Noir, qui faisait quelques pas machinaux devant son invité, allait continuer ses paroles au moment même où des cris de griffons retentirent dans l'air accompagné du battement d'ailes typique de leurs atterrissages.
Sans réfléchir, deux gardes aux couleurs de la cité humaine bondirent de leur montures, toutes armes dehors face à la bande de mécréants qui menaçait leur bien-aimé prince ! Sans réfléchir non-plus, la bande en question dégaina leurs armes à l'unissons. Le prince noir raidi son attitude face à cette interruption agressive et impromptu. Son visage s'assombrit tendit que ses yeux brillèrent plus intensément. Sa bouche se rétracta en un rictus agacé tendit que ses doigts s'agitaient, prêts à lancer le moindre sort si la situation l'exigeait. La femme avec qui Anduin s'était familiarisé s'avança, le fusil en joue, dans un mouvement coordonné avec une orque qui semblait être sa partenaire. Les deux femelles se glissaient devant Irion avec la même précaution qu'un loup devant une porté de louveteaux.
« Mon prince ! Nous ici pour vous sauver ! » Maugréa un des deux gardes de l'Alliance. À l'attention de leur prince.
Le blond n'aurait su où se mettre. Un trou de souris aurait été l'idéal. La scène l'horrifiait : le moindre faut pas, et ce qui devait être une simple visite de courtoisie se serait transformé en un bain de sang. Le blond voulu s'interposer entre les deux parties, mais son corps lui empêcha de tels mouvements si brusques. Rien que le fait de prendre appuis sur une jambe lui provoqua une intense bouffée de douleur.
« Non non ! Garde ! Baissez vos armes ! Baissez vos armes maintenant ! GARDES ! S'égosilla le jeune prince blondinet.
– À ce que je vois, la discrétion n'est pas une qualité rependu chez les humains. Déclara le dragon d'une voix qui fendit l'air comme un coup de fouet.
– Non ce n'est pas ce que vous croyez ! Paniqua le blessé. Prince Irion, je n'ai prévenu personne de ma venu, croyez moi !
– Mon prince, commença doucement la femme qui servi de messagère. Si vous me permettez, le gamin dit certainement la vérité. (Il leva les yeux vers elle pour l’inciter à continuer) Ce jeune garçon m'a confié qu'il se pourrait que son père ai envoyé ses hommes à sa recherche. Je doute que leur présence soit de son fait. »
Anduin, de son côté, s’évertuait à calmer les deux gardes royaux qui s'interposaient entre lui et les hommes du Prince Noir. Ce dernier considéra avec précaution l'information que lui dévoila sa subalterne.
« Nous avons pour ordre de vous ramener à votre père sain et sauf, mon prince, se justifia un des deux gardes.
– Et bien ce n'est pas ainsi que vous réussirez ! Par la Lumière, BAISSEZ VOUS ARMES ! »
Contre toute attente, le gosse avait du répondant, comme quoi, ce n'était pas le fils de Varian pour rien. Sa mâchoire vibrait sous la pression de tout ce qui lui arrivait. Ses yeux fusillaient les maudits hommes que son père eut la bonne idée – merveilleuse idée... – de lui envoyer. Ils finirent tout deux par baisser leurs armes et les ranger en douceur. De son côté, l'autre prince leva une main pour inciter ses hommes à en faire de même. Chaque combattant recula d'un pas, laissant des deux gamins se juger du regard. D'abord méfiant, Irion fini par étirer ses lèvres en un de ces sourires indéchiffrables dont il avait le secret et jugea la scène pour laisser le temps à tout le monde de reprendre leur sang froid.
« Très bien, maintenant que nos esprit se sont calmés, suivez moi, Prince Anduin. Ho, au fait, la prochaine fois, veuillez prendre vos disposition afin d'éviter ce genre de malentendu. Il serez regrettable qu'un accident survienne, n'est-ce pas ? »
Malgré son air détaché, inutile de préciser combien l'agacement de ce prince se faisait ressentir. Sans nul doute que la prochaine fois il ne serait pas aussi clément face à une attaque ouverte venant qui que ce soit.
« Je comprend. Veuillez acceptez mes plus sincères excuses pour ce désagrément. »
Par respect et bienséance, Anduin s'inclina légèrement. Irion ouvrit la marche. Le blond se saisi discrètement d'une fiole de potion antalgique se trouvant dans son sac, en but les trois quarts et rangea le reste. Les premiers effet se firent ressentir suffisamment vite pour lui permettre d'avancer à la suite de cet être étrange. Devant, le contingent accompagnant le prince se formait de worgens, d'orcs, d'humains... et même de pandarènes. Tous avancèrent jusqu'à une taverne baigné dans d'épaisses brumes. L’intérieur de cette taverne n'était pas immense, mais le peu de clients qui s'y trouvait ne donnait pas très envie de s'y éterniser.
« Vous savez, Anduin, vous auriez pu prendre deux gardes du corps pour vous accompagner dès le départ. Dans l'état où vous vous trouvez, ça aurait été bien plus judicieux.
– En effet, mais cela aurait signifié que mon père fut d'accord avec ma décision d'accepter de vous voir.
– Haha, j'ai eut vent du tempérament de votre père. Il est vrai qu'il n'est pas facile à aborder. Tong, montez-nous à boire et à manger, s'il vous plaît. »
Tong n'était autre que l’aubergiste, un pandarens avec un caractère peu commode, mais pas bien méchant pour autant. Et surtout qu'il ne posait jamais aucune question. Irion se dirigea en haut d'un escalier, montant à une mezzanine. Le prince humain le suivit avec précaution dans ce dernier effort. L'étagé était aménagé d'une table basse, de deux sièges et un repose-pieds surmontés de coussins confortables... Enfin du repos, il en rêvait depuis si longtemps. Ou disons plutôt, il avait l'impression qu'il ne s'était pas posé depuis une éternité. Les gardes qui le suivaient toujours restèrent à proximité, accompagné de ceux du prince noir. Une fois assis, et installé, ses jambes allongées, Anduin se laissa aller dans le dossier. Sentir ses muscles se relâcher lui procura un bien fou, tellement qu'il en laissa échapper un soupir d'aisance. Un certain regard rouge posé sur lui, lui fit l'effet d'une piqûre de rappel. Il se redressa un peu dans son siège, sans toute fois pouvoir bouger de trop.
« Je vous en prit, mettez vous à votre aise. »
Le dragonet s'était installé nonchalamment, en appuie vers l'avant pour mieux scruter le prince. Ce dernier lui adressa un sourire pour cette remarque.
« Je tiens une nouvelle fois à vous présenter mes excuses pour le fiasco de notre rencontre.
– N'en parlons plus. (Irion avait la manie de joindre les gestes à la parole pour appuyer ses dires.) Je souhaitait vous rencontrer pour parler de votre... Manière d'aborder tout ceci, cette guerre, votre peuple, ce besoin viscéral de vous plier en quatre pour une cause qui vous semble juste. »
Tong apporta les victuailles et boissons et, une fois remercié, reparti. Tout en l'écoutant Anduin s'attrapa un bol de riz au curry pour le dévorer, non sans la tenu d'un prince, mais ne se préoccupant qu'à peine de mâcher avant d'avaler.
« Eh bien, c'est assez simple, j'aspire à voir un jour ce monde en paix. La guerre ne fait qu'aggraver les blessures béantes provoquées par le cataclysme. J'aimerais pouvoir trouver le moyen de mettre un terme aux conflits quitte à me sacrifier si cela en valait la peine. »
Le sourire du dragon noir s'étira en une moue trop attendrie pour être totalement honnête. Le blond fronça les sourcils, sur la défensive.
« Le sacrifice... Comme je l'imaginait, vous êtes une personne naïve. (Il reprit une expression sérieuse.) La horde vous croit mort. Croyez-vous que Garrosh cessera ses desseins pour autant ? Non, bien évidemment. Au contraire, il cherchera une manière plus radicale encore, vous lui avez prouvé que la cloche n'était pas aussi puissante et fiable qu'il l'espérait.
– M'avez-vous fait venir pour me faire la leçon ?
– Non, évidemment, vous aviez réfléchit à cette éventualité, excusez-moi. »
L'ironie outrageuse de ce prince noir éventa une barrière sociale de l'humain. Il était nullement venu jusqu'ici pour se faire réprimander par un inconnu à l'égo sur-dimensionné... Même si celui-ci n'était autre que le rejeton du Destructeur... Surtout venant de son rejeton, en fait. Ce fut maintenant à son tour de dévisager et juger de haut en bas cette personne à la langue bien pendu, le regard franc et une expression fermé au visage.
« Il n'y avait rien d'autre à faire. J'ai agit au mieux dans le temps qu'il nous était imparti. De plus, je suis ici aujourd'hui et, que la Lumière me garde, je serais toujours là demain. Mais, je vous en prit, si vous m'exprimiez votre vision des choses, je suis bien curieux, venant du dernier membre du vol noir. »
Anduin cracha presque ses derniers mots comme s'il s'agissait d'un insulte déguisée, la tête haute, assumant chacun de ces mots et chacune de ses actions. Irion tiqua sur ses paroles, mais n'en dit rien, à son tour de fermer son visage, vexé. Non, il n'était pas comme tout les autres qu'il avait exterminé... Comment cet humain osait cracher ce 'vol noir' comme si la honte d'appartenir à une telle espèce devait l'accabler. Passons, il comprendrait bien assez vite ses intentions.
« J'aspire à la même chose que vous, Anduin. Une Azeroth forte. Je suis ici pour mettre un terme à tout cette mascarade. Ces chamailleries de bac-à-sable. Ce monde est bien trop précieux pour vous laisser vous entre-tuer alors qu'une puissance plus grande encore ! se prépare à nos portes. Je suis prêt à tout les sacrifices pour cela. Absolument tout. »
Il bouillonnait de l'intérieur. Impassible, il fixait l'insolent, guettant le faux-pas qui lui permettra de décréter que ce microbe n'était qu'une gène dans ce monde pour s'en débarrasser. Le blond étancha sa soif sans détourner ses yeux de ceux du dragon, puis inspira et s'imposa plus de sérénité pour ne pas réagir sur sa réflexion de 'chamailleries de bac-à-sable'.
« Alors vous devriez comprendre l'urgence dans laquelle je me trouvait moi-même ce jour là. Et si c'était à refaire, je le referais. J'aimerais vous poser une question. La voix d'Anduin s'était adoucit sur la fin.
– Aimez-vous cette terre ?
Aimer... Pouvait-on réellement parler d'amour dans le cas d'un dragon noir ? Irion se mit à en réfléchir, jouant machinalement avec son menton.
« Je ne dirais pas ça. C'est mon rôle de protéger cette terre. De lui assurer l'avenir qu'elle mérite et qu'elle se relève de la folie de mon père... (ce mot eut du mal à passer.) Avant qu'il perde la raison, c'était le seul et unique but de tout mon vol. Et aujourd'hui, il ne reste plus que moi à qui revient cette tache. Je la mènerais à bien quoi qu'il arrive. »
Le dernier des siens... De quoi rendre fou n'importe quel être vivant sans quelque intervention maléfique soit-il. Un silence s'installa. Les deux se perdèrent dans leurs pensées. De dehors, quelques grillons se faisaient entendre, il commençait à être bien tard. Brisant le silence, Anduin ordonna à l'un des gardes d'envoyer un message à son père pour le rassurer un minimum sans toute fois lui indiquer où il se trouvait.
« Dites-moi, jusqu'où iriez vous pour protéger ce en quoi vous croyez ? Demanda-t-il.
– Mmm... je pense avoir déjà répondu à cette question, non ?
– Je veux dire, à part mourir... Un mort ne peut changer le monde, de toute façon. »
Ce en quoi, il n'avait pas tors. Anduin se demandait où Irion voulait en venir et le laissa continuer.
« Garrosh est près à tout les sacrifices pour que sa Horde soit la plus grande et puissante ! Votre père semble retenir ses coups. Tellement, que c'est Jaina Portaillant qui orchestre toute la campagne sur l'île du tonnerre. Mais en même-temps, il est à la tête d'une nation unie, prête à agir de concert. Alors je vous repose la question.
– Je veux la paix entre la Horde et l'Alliance. Que nous puissions avancer ensemble et non les uns contre les autres. Je pense que Garrosh se méprend sur ce qui fait la force d'un peuple. Il ne mesure pas l'étendu du danger qu'il fait prendre à tout les siens et méprisent tout ceux qui ne sont pas orc. Même dans ses rangs... Je ferais tout ce que je pourrais pour changer les choses...
La discutions de cette soirée tourna autour des impressions de chacun sur les différentes têtes pensantes des deux camps. Là où l'un voyait de la force et de la détermination, l'autre ne voyait que l'horreur qui fut infligé. Parfois, le ton de chacun montait, et d'autres, tout deux s'accorder pour dire que les événements ne furent en rien déterminant... La vision utopiste du prince humain se confrontait à une réalité crue du prince noir. Certaines choses, aussi limpide soient-elles, restait bloquées aux frontières de la compréhension d'Anduin. Il ne pouvait concevoir la cruauté du chef de guerre. Un monde n'a pas besoin de la peur pour vivre. Mais là où il voyait de la peur, Irion y voyait une certaine discipline...
« Concernant cet orc, l'avenir nous dira si un tirant vaut mieux qu'un bon roi. Mais le monde à besoin d'un équilibre, je suis d'accord avec vous. Seulement, ni vous, ni moi... Ne savons d'où surgira l'équilibre dont nous avons besoin. Vous restez bien trop sur vos acquis, Prince Anduin. Vous devrez élargir vos horizons. Conclu le dragon d'une voix douce.
– L'avenir nous le dira. Répondit Anduin, morose et... peut clairement pas convaincu.
– Ne tirez pas cette tête... Vous en entendrez d'autre ! »
La fatigue accablait ces deux êtres. Les deux lunes, haute dans le ciel, illuminaient tellement le environs que des ombres nettes se dessinaient au sol. Le soir dans la taverne, des lits étaient aménagés ça et là sur le sol pour permettre aux hommes d'Irion de se reposer. Pas qu'il n'y ai pas de chambres pour les loger, juste que les membres de La-Griffe-Noire étaient trop nombreux pour tous en bénéficier. Les deux gardes du corps du blondinet faisaient des roulements pour que l'un et l'autre puissent se reposer et veiller sur lui. Ils auraient dut quitter les lieux, à ce moment là, retourner à Krasarang. Mais lorsque leur prince voulu se lever, il en était tout bonnement incapable. Ce fut comme si la pression de son corps lui aurait écrasée les deux jambes. Il étouffa une exclamation de surprise et se mordit l'intérieur de la lèvre. Le garde éveillé voulu l'aider.
« Mon prince, laissez-moi vous..
– Ne vous inquiétez pas, ça va aller, empêcha-t-il avec un sourire ; la douleur était trop grande pour que qui-que-ce-soit ne le touche.
– Dormez ici et rentrez demain ? Au point où vous en êtes, ce ne sera pas pire vis à vis de votre père, Proposa Irion qui se leva puis descendit de la mezzanine.
– Je pense que c'est une idée judicieuse, merci. »
Il entendit vaguement le prince noir parler, en bas. Ses pas semblèrent s'éloigner ensuite, certainement pour aller dehors... Quelques instants plus tard, on apporta un lit supplémentaire que l'on posa près de la banquette. Anduin se glissa avec précaution sur le matelas – plutôt confortable en fait – posé au sol. La mezzanine n'était plus que le dernier endroit où la lumière persistait dans la taverne. Lorsque le prince au turban remonta, se fut pour attraper quelques chose à grignoter se trouvant encore sur la table, puis l'humain l'entendit s'éloigner à nouveau.
« Où dormez vous ? Je n'ai vu aucune couche supplémentaire, demanda le curieux blessé.
– Mmm, j'ai ma chambre. Mais je n'ai pas encore sommeil.
– Mh... D'accord. Faites attention, je crois qu'il fait froid dehors. »
La bougie s’éteignit, seul restait la lueur des yeux du prince noir, s'éloignant en direction de la fenêtre, dans un battement d'aile et Anduin sombra dans le sommeil.