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Ăpisode abordant le thĂšme de la langue, avec notre invitĂ©e: Catherine Dorion.Â
 Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve: « Mordre ou mordue, la langue ».Â
Les nouvelles rĂ©gionales: La rĂ©gion administrative de la Capitale-Nationale est Ă lâhonneur.Â
De la ben belle visite: La dĂ©putĂ©e-poĂšte Catherine Dorion.Â
Le plus jeune commence: Paul-Antoine anime un quiz sur la relation amour-haine entre lâanglais et le français.Â
Programme de soutien aux finissants en sciences humaines profil individu: Francis sâintĂ©resse Ă la santĂ© et sĂ©curitĂ© au parlement. Avec la gĂ©nĂ©reuse participation de Luc Sincennes.Â
Quand pensez-vous?: Est-ce que le français est vraiment en danger?Â
Musique: « Viens avec moi » des HĂŽtesses dâHilaire, un coup de coeur pour Francis.Â
WikipĂ©ha: La grande (longue!) histoire des lĂ©gislations entourant la langue française.Â
9 Ă 3: Lâoreille absolue, un phĂ©nomĂšne particulier et fascinant, avec Justin Fournier et Isabelle Trottier.Â
Correspondance:Â Alexianne et son journal intime, en attendant celui de Catherine Dorion, peut-ĂȘtre?Â
Cochonneries: « Quand » ou « Quâen » pensez-vous?Â
 EnregistrĂ© le 23 juillet 2019 devant public Ă La Microbrasserie le Prospecteur de Val-d'Or, dans le cadre de la 15e Ă©dition du FRIMAT.Â
Merci Ă nos partenaires!Â
 ⹠Paysage BorĂ©al, dĂ©positaire des produits Bolduc, prĂ©sentateur de cet Ă©pisode! ⹠La SociĂ©tĂ© St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-TĂ©miscamingue ⹠Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Le FRIMAT ⹠QuĂ©bec Studio ⹠Adama Productions ⹠Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine ⹠L'HĂŽtel Continental centre-ville ⹠Avantage numĂ©rique ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe ⹠Studio LachapelleÂ
Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Bernard Boulanger et Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: StĂ©phanie Poitras et Sophie de Carufel; Recherche, billetterie et accueil: Karine Murphy.Â
 Extraits musicaux entendus:Â
Les Jeux du QuĂ©bec (Chanson thĂšme) © Sports QuĂ©bec Â
Didgeridoo, QualitĂ© Motel feat. Simon Proulx Câest pas la qualitĂ© qui compte © 2018 QualitĂ© Motel Â
Ăcoute ChĂ©rie, Vendredi sur Mer Premiers Ă©mois © 2019 Profil de Face Â
La hiĂ©rarchill, JĂ©rĂŽme 50 (Remix QPV) La hiĂ©rarchill © 2018 Dare to Care Records Inc.Â
Le souverain, TomĂ s Jensen Pied-de-nez © 2002Â
Instant zĂ©ro, Laurence-Anne PremiĂšre apparition © 2019 Laurence-AnneÂ
A Heartbeat Away, Jean-Michel Blais Dans ma main © 2019 9366-3870 QuĂ©bec Inc sous licence exclusive Ă Arts & Crafts Productions Inc.Â
Le levain, Jean-Martin Aussant feat. Jacques Parizeau © Jean-Martin AussantÂ
All in the Bus, Les HĂŽtesses dâHilaire Viens avec moi © 2018 Les HĂŽtesses dâHilaireÂ
Pousser MA note, Les HĂŽtesses dâHilaire feat. Les Hay babies & Robin-JoĂ«l Cool Viens avec moi (Live) © 2019 B-12Â
Câest dans les chansons, Jean Lapointe 15 ans dâĂ©motions en 21 chansons © 1991 Ăditorial AvenueÂ
Gobbledigook, Sigur RĂłs Með Suð Ă Eyrum Við Spilum Endalaust © 2008 KrunkÂ
De pluie et de cendres, Guillaume Beauregard DâĂ©toiles, de pluie et de cendres © 2014 La TribuÂ
Mordre ou mordue, la langue
GE, TU, ELLES, lâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land. Quand pensez-vous? Ăpisode 14
« En français sâil vous plaĂźt! » avait-il lancĂ© au groupe en prestation comme sâil dictait la commande Ă un systĂšme tĂ©lĂ©phonique automatisĂ©. âOr please press 9â! Je nâĂ©tais pas prĂ©sente Ă ce concert de Groenland mais je suis convaincue quâon pouvait y entendre les yeux des tĂ©moins rouler pendant les secondes qui ont suivi le commentaire de lâempereur mĂ©diatique.
Je nâai jamais doutĂ© de la nĂ©cessitĂ© de mettre en place des remparts institutionnels pour prĂ©server notre magnifique langue mais jâai toujours pensĂ© que lâart devait demeurer un espace de libertĂ© entiĂšre.
DĂ©jĂ au secondaire, ça me « gossait » quâil y ait des quotas de musique franco Ă la radio Ă©tudiante. Dâautant plus que la pauvretĂ© de la discographie de la Poly faisait en sorte que les « FrĂšres Ă Châval » volaient beaucoup trop de place dans notre quotidien dâados qui vibraient Ă autre chose quâau nĂ©o-reggae de Polo. Qui sait si cet emprisonnement audio ne faisait pas mĂȘme reculer la cause? Ceci dit, âsi je ne vois pas le choix de la langue de crĂ©ation comme un problĂšme, je trouve quand mĂȘme insolite quâun musicien de Ste-Germaine ou de Baie-Comeau dĂ©cide de chanter la langue de Nickelback. De façon approximative de surcroĂźt.
Ce choix anthropologiquement cocasse mais certainement lĂ©gitime est symptomatique dâun enjeu dâune impressionnante vastitude; Les nouvelles gĂ©nĂ©rations perçoivent la langue comme un outil dâexpression personnel et dĂ©politisĂ©. Elles souhaitent sâaffranchir Ă la fois des frontiĂšres gĂ©opolitiques de leur monde et des angoisses linguistiques de leurs prĂ©dĂ©cesseurs.
Toutefois, les militants passifs et immobiles issus de la « HiĂ©rarchill » chantĂ©e par JĂ©rĂŽme 50, doivent se rappeler que si la variĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise du français est si belle et vivante, câest parce quâil y a des gens avant eux qui ont posĂ© des gestes pour la protĂ©ger.
Ils nous ont livrĂ© un bouclier au QuĂ©bec, la 101, qui encaisse les chocs Ă grands coups dâamendements, pour sâassurer que le français demeure la langue commune de notre vie collective. SpĂ©cifiquement dans les rĂ©gions oĂč on admire parfois les personnes bilingues autant que les astronautes, on rĂ©alise pas toujours lâimportance de ce grand legs lĂ©gislatif.
Le danger, câest pas spĂ©cifiquement lâanglais mais plutĂŽt lâimposition tranquille dâune langue unique au nom de la mondialisation, et parfois, hypocritement, sous le couvert de lâouverture Ă lâautre. Objectivement, je pense que notre Ă©cosystĂšme global a davantage besoin dâĂȘtre enrichi de la diversitĂ© des cultures que Lady Gaga a besoin de notre ouverture.
Pierre Bourgault disait: « Quand nous dĂ©fendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous dĂ©fendons contre lâhĂ©gĂ©monie dâune seule. » En effet, le maudit vent de lâamĂ©ricanisation, on lâa tous dans la face et ce, au risque ultime de phagocyter notre culture en un mĂ©lange qui goĂ»terait probablement lâaspartame, le glutamate et la âRed Hotâ.
Il ne faut tout de mĂȘme pas vivre le français comme une prison. On a droit comme locuteur de la jazzer notre langue, elle nous appartient.
Câest pas non plus le franglais qui menace le français mais bien le purisme, comme le dit si bien Anne-Marie Beaudoin-BĂ©gin, mieux connue sous le nom de Lâinsolente linguiste. Il faut laisser entrer lâair dans la langue, la faire rayonner sous toutes ses variations, se raccommoder avec son Ă©volution plutĂŽt que de la garder sous une cloche de verre.
La spĂ©cialiste du langage nous invite aussi Ă cesser immĂ©diatement de rabaisser publiquement les personnes qui font des fautes. En faisant ça, on renforcerait lâidĂ©e que le français, câest trop compliquĂ©, exacerbant du mĂȘme coup lâinsĂ©curitĂ© des QuĂ©bĂ©cois face Ă leur langue.
Bien que je sois dâaccord avec lâidĂ©e de se donner un peu de lousse en matiĂšre linguistique, je pense que renoncer Ă bien manier sa langue, câest se priver dâun outil dâune immense puissance. Puis, il y a-t-il vraiment quelque chose de plus sexy quâune personne qui diffĂ©rencie ses homophones?
Crédit photo: Marie-Claude Robert
Ăpisode rĂ©alisĂ© dans le cadre du Festival dâhumour de lâAbitibi-TĂ©miscamingue, avec comme thĂšme: la carriĂšre! Nos invitĂ©s: Mathieu Cyr et Olivier Boutin Martineau.Â
Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve: « Professionnel ordinaire suffisamment dĂ©voué ».Â
Rayon X: On comprend dĂ©sormais beaucoup mieux le sens rĂ©el de la piĂšce « Travailler » de Pagliaro.Â
De la ben belle visite: Lâhumoriste Mathieu Cyr.Â
9 Ă 3: Les jouets Ă©ducatifs. Ceux qui font de la musique lĂ .Â
De la ben belle visite: Olivier Boutin Martineau.Â
Quand pensez-vous?: Faire carriĂšre en humour. Avec la participation impromptue de Robert-AndrĂ© Adam, prĂ©sident du Festival dâHumour de lâAbitibi-TĂ©miscamingue.Â
La pensĂ©e du jour. La lettre H.Â
La zone dâinconfort, aussi un Moment Anti-Radio: Avec la complicitĂ© dâOlivier Boutin Martineau, Paul-Antoine revisite un sketch de Dominic et Martin⊠genre.Â
Correspondance:Â Alexianne et son journal intime, encore. Â
Cochonneries: On rend hommage Ă Rouyn-Noranda et la petite saga cute entourant le projet de 2e bar de danseuses!Â
EnregistrĂ© le 7 juillet 2019 devant public Ă La Cabane de Val-d'Or.Â
 Merci au Festival dâHumour de lâAbitibi-TĂ©miscamingue, ainsi quâaux partenaires de Quand pensez-vous?:Â
âą La SociĂ©tĂ© St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-TĂ©miscamingue ⹠Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Le FRIMAT ⹠QuĂ©bec Studio ⹠Paysage BorĂ©al, dĂ©positaire des produits Bolduc ⹠Adama Productions ⹠Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine ⹠L'HĂŽtel Continental centre-ville ⹠Avantage numĂ©rique ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe ⹠Studio LachapelleÂ
 Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Bernard Boulanger et Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: Karine Murphy et Sophie de Carufel;Â
 Extraits musicaux entendus:Â
Bad Guy, Billie Eilish When We Fall Asleep, Where Do We Go? © 2019 Darkroom/Interscope RecordsÂ
Lolita, CĂ©line Dion Incognito © 1987 Sony Entertainment (Canada) Inc.Â
Travailler, Michel Pagliaro Bamboo (Cuisine Kung Fu) © 1981 MediaRockÂ
Toutes les femmes savent danser, Loud Une annĂ©e record © 2017 Joy Ride RecordsÂ
En Abitibi (InterprĂ©tation live), Mathieu Cyr © 2019 Mat CyrÂ
Dhalsim Dance (Crystel), Philippe Brach Bienvenue Ă Enfant-Ville © 2016 Philippe BrachÂ
Coton ouatĂ©, Bleu Jeans Bleu Perfecto © 2018 Chalet MusiqueÂ
Arnaq, Elisapie The Ballad of the Runaway Girl © 2018 Elisapie. Sous licence exclusive Ă Bonsound.Â
360 jours (remix), Lydia KĂ©pinski Premier juin Remix © 2019 Chivi ChiviÂ
MontrĂ©al -40°C, Malajube Trompe-Lâoeil © 2006 Malajube. Sous licence exclusive Ă Dare to Care Records.Â
Accéder à la billetterie en ligne!
Vente des billets pour lâĂpisode 14 avec Catherine Dorion: mercredi, 10 juillet 2019 Ă 11 h 30.
Professionnel ordinaire suffisamment dévoué
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land. Quand pensez-vous? Ăpisode 13.
« Quâest-ce tu veux faire plus tard? » quâon demande au petit bonhomme qui a de la difficultĂ© Ă choisir la couleur de sa slush. Aucun enfant, dans toute lâhistoire de lâhumanitĂ©, nâa rĂ©pondu Ă cette question « agent de liaison au Curateur public » ou « inspectrice en conformitĂ© lĂ©gislative pour la CSST ». Aucun.
Au moment oĂč on doit faire un choix de carriĂšre, notre personnalitĂ© nâest mĂȘme pas encore pleinement fixĂ©e. On prend nos cours dâECC pour des pauses dâune heure et quart et notre connaissance du marchĂ© du travail est aussi fine et dĂ©licate quâun riff de Slayer. Je serais franchement Ă©tonnĂ©e dâapprendre que le bachelier par cumul de certificats en histoire de lâart, administration et gĂ©o poursuivait, en pleine conscience, un plan professionnel bien Ă©tabli. En fait, la surprise serait PRESQUâaussi forte que lorsque se rĂ©vĂšle Ă moi un appel Messenger entiĂšrement dĂ©libĂ©rĂ©.
Le problĂšme, câest quâelle est difficile Ă trouver la fichue rĂ©ponse Ă la question « QuessĂ© faire dansâvie? ». Alors que le coĂ»t dâĂȘtre malheureux au travail peut sâavĂ©rer hors de prix, on devrait tous se donner la responsabilitĂ© de demeurer vigilant aux signes de notre non-bonheur. La vie est bien trop courte pour accumuler les raisons de voĂ»ter les Ă©paules et empoisonner autrui de notre aigreur.
Si tu utilises couramment les expressions « jeudredi » et « vindredi » et que ton Ăąme est constamment labourĂ©e par le dĂ©sir de te soulager, de partir dans des retraites mĂ©ditatives qui portent des noms de centres jeunesse, tu devrais ĂȘtre assourdi par les signaux dâalarme! Je tâinviterais mĂȘme dĂšs maintenant Ă entamer un processus dâintrospection sur ton parcours professionnel puisque, clairement, câest pas une activitĂ© de « team-building » avec des djembĂ©s qui va te rĂ©cupĂ©rer.
IdĂ©alement, le travail devrait reprĂ©senter un pilier dâaccomplissement plus quâune obligation pour payer la maison. On devrait pouvoir y faire appel Ă ses compĂ©tences, ses intĂ©rĂȘts et ses valeurs, tout Ă la fois. TâsĂ© lâestifi de « x »? Un petit rappel utile ici: se choisir professionnellement ne signifie pas invariablement devenir prof de yoga; on confond souvent mais le champ des possibles est diablement plus vaste quâenseigner des postures dâanimaux Ă une gĂ©nĂ©ration dâangoissĂ©s.
Il faut Ă©viter de sâimaginer (et de regretter) une vie dans laquelle le meilleur scĂ©nario domine toujours. Une belle job, câest dangereusement plate par bouttes aussi. De toute façon, il y a un risque Ă trop aimer travailler, vous savez. Comme lâa dit Plamondon par la bouche de CĂ©line: « Je mâen fous / I love you / Je mâen fous / I love you »... mais qui sait rĂ©ellement si Lolita ne lâa pas pognĂ© son mur dans son aveuglement volontaire?
Ă notre Ă©poque, une vie rĂ©ussie est tissĂ©e de performance et dâambitions; toute Ă©preuve nâest quâune opportunitĂ© de plus de relever un nouveau dĂ©fi. Dans le discours ambiant, ne pas ĂȘtre dans le jus sâapparente Ă de la paresse ou, Ă tout le moins, Ă une irrĂ©gularitĂ©. Câest dĂ©sormais anachronique de voir quelquâun appeler sans avertir pour prendre des nouvelles. DĂ©jĂ que la liste dâentretien de mon nouveau couvre-lit quĂ©bĂ©cois me donne lâimpression dâavoir un troisiĂšme enfant Ă charge, câest pas vrai que tu vas dĂ©barquer Ă la maison Ă lâimproviste! Oh non!
Quand on sâengage pleinement dans un travail dans lequel on puise du sens, câest une grande partie de notre espace mental et temporel qui sâencombre. Yâa un danger lĂ parce que quand tâajoutes la famille et Netflix Ă lâĂ©quation, il reste plus beaucoup dâheures dans le pot Ă temps pour dĂ©rouler son tapis et faire des respirations diaphragmatiques en position de pigeon.
En fait, la rĂ©ponse Ă la question « Quâest-ce que tu veux faire plus tard? » devrait se dĂ©cliner comme suit: funambule qui aspire Ă marcher en Ă©quilibre sur la fine ligne qui permet de se sentir accompli, stimulĂ© et utile, sans faire du travail le noyau de son existence; un professionnel ordinaire suffisamment dĂ©vouĂ©, quoi! Et cette rĂ©ponse-lĂ , tu la trouveras jamais en passant un RIASEC...
Crédit photo: Josie Thériault.
Ăpisode abordant le thĂšme de la partisanerie avec notre invitĂ©: Camil Bouchard.Â
Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve: « Nos priĂšres pour aucun dieu ».Â
Trancher: Le bĂ©nĂ©volat en sport!Â
De la ben belle visite: Camil Bouchard, docteur en psychologie, professeur et chercheur pendant 35 ans et dĂ©putĂ© de 2003 Ă 2010.Â
WikipĂ©ha: Paul-Antoine prĂ©sente ses cinq catĂ©gories de transfuges politiques.Â
Le plus jeune commence: Arts et politique!Â
Les nouvelles rĂ©gionales: La Tuque(s).Â
9 Ă 3: Le succĂšs et la pertinence de Passe-Partout, 5e gĂ©nĂ©ration.Â
Quand pensez-vous?: Avec ses bons et mauvais cĂŽtĂ©s, la partisanerie en politique est-elle (un mal) nĂ©cessaire?Â
Le moment anti-radio: La grande finale dâUnitĂ© 9.Â
Programme de soutien aux finissants en sciences humaines profil individu: Lâouverture de la pĂȘche, avec Camil Bouchard. Â
Correspondance: Yâen a qui trouvent Alexianne conne. Â
Cochonneries: Excuses publiques, flatulences et Mathieu Bock-CĂŽtĂ©.Â
Bonus: Paul-Antoine demande Ă Camil de dĂ©dicasser son exemplaire de « Un QuĂ©bec fou de ses enfants ».Â
 EnregistrĂ© le 10 avril 2019 devant public Ă la Microbrasserie Le Prospecteur de Val-d'Or.Â
Merci Ă nos partenaires!Â
âą Adama Productions, prĂ©sentateur de cet Ă©pisode. ⹠La SociĂ©tĂ© St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-TĂ©miscamingue ⹠Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Le FRIMAT ⹠QuĂ©bec Studio ⹠Paysage BorĂ©al, dĂ©positaire des produits Bolduc ⹠Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine ⹠L'HĂŽtel Continental centre-ville ⹠Avantage numĂ©rique ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe ⹠Studio LachapelleÂ
 Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Bernard Boulanger et Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: StĂ©phanie Poitras et Sophie de Carufel; Billetterie: Karine Murphy;Â
Extraits musicaux entendus:Â
Take Me to Your Leader, Philippe B. & Emmanuel Schwartz Nous sommes Gold (Bande originale du film) © 2019 Philippe B sous licence exclusive Ă BonsoundÂ
SuperchĂ©rie, M Lettre infinie © 2019 Labo M sous licence exclusive Ă 3Ăšme Bureau / Wagram MusicÂ
Pitou, Les Louanges La nuit est une panthĂšre © 2018 Les Louanges sous licence exclusive Ă BonsoundÂ
ThĂšme de campagne 2008 du Parti QuĂ©bĂ©cois, Emmanuel Bilodeau & Louis-Jean Cormier © 2008Â
Les dinosaures, Michel Rivard Le GoĂ»t de l'eau⊠et autres chansons naĂŻves © 1992 AudiogramÂ
Ă trois on a (Passe-Carreau, Passe-Montagne), Passe-Partout Coucou Passe-Partout © 2019 TĂ©lĂ©-QuĂ©becÂ
Dans ma cour, Marie-Annick LĂ©pine Au bout du rang © 2007 La TribuÂ
Life Is Good, Champion Best Seller © 2016 DJ Champion sous licence exclusive Ă BonsoundÂ
PĂ©pĂ©, La PatĂšre Rose La PatĂšre Rose © 2009 Dare to Care RecordsÂ
Stan (live), Eminem ft. Elton John Curtain Call: The Hits © 2005 AftermathÂ
Nos priĂšres pour aucun dieu
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land. Quand pensez-vous? Ăpisode 12.
Alors que je mĂ©ditais le sujet de la partisanerie, le dĂ©bat sur la laĂŻcitĂ© grondait dans lâespace public. Disons que les spectateurs de cet affreux concert de voix polarisĂ©es nâen ont pas eu pour leur argent. MĂȘme en ne tenant pas compte des commentaires racistes Ă peine voilĂ©s sous le chapeau de la neutralitĂ©, les oreilles se faisaient remplir. Remplir dâexemples enflĂ©s, hypothĂ©tiques et improbables, créés exclusivement pour marquer un point. Alors que les ocĂ©ans sont en train de sâacidifier, jâaurais tendance Ă mettre de cĂŽtĂ© la prĂ©vention dâune Ă©ventuelle invasion de femmes en burqua dans nos SAQ.
Lâironie dans tout ça, câest que lâĂtat quâon souhaite sĂ©parer des Ă©glises est dirigĂ© par des partis qui rappellent bien souvent le dogmatisme religieux. Il existe au QuĂ©bec des croyants pĂ©quistes, libĂ©raux, caquistes et solidaires dont la foi paraĂźt inĂ©branlable. Ils seront prĂȘts Ă dĂ©fendre la parole de leur Dieu (ou leurs Co-Dieux) dans dâinterminables discussions virtuelles, au dĂ©triment de leur hygiĂšne de vie personnelle, tout ça pour sâĂ©viter la dissonance cognitive. Pour eux, dĂ©cider entre promouvoir le rapport dâimpĂŽt unique et sortir dehors prendre une pâtite marche est tout sauf un dilemme; au yĂąb lâair pur, on a une lutte de commentaires-fleuves Ă gagner dans les tranchĂ©es Facebook!
Ceci dit, je trouve totalement admirables ces gens qui sâengagent Ă fond. Je lisais rĂ©cemment quâun groupe de jeunes QuĂ©bĂ©cois avaient choisi de renoncer complĂštement Ă voyager en avion pour le bien de la planĂšte. Je salue leur abnĂ©gation tout en leur souhaitant un magnifique voyage de noces Ă Matane! Ăa illustre Ă merveille quâun engagement soutenu, câest pas sans consĂ©quences. Dans la sphĂšre politique, ça peut mĂȘme reprĂ©senter un certain danger. Et je pense quâil ne faut pas sous-estimer les Ă©cueils de ce que lâon pourrait appeler lâultra-partisanerie.
Vous savez cette partisanerie intransigeante qui paralyse les dĂ©bats? Celle qui torpille invariablement mĂȘme les bonnes idĂ©es des autres camps? Celle qui divise, qui Ă©chauffe et qui maintient les disciples dans leur chambre Ă Ă©cho? En psychologie de lâenfance, lâopposition systĂ©matique est qualifiĂ©e de trouble. On tolĂšre difficilement quâun enfant âbockeâ et soit entĂȘtĂ©, alors que nombre de politiciens quâon choisit dâĂ©lire semblent figĂ©s dans un Ă©ternel « fucking four ».
La montĂ©e actuelle du numĂ©rique nous porte Ă envisager davantage le monde dans une dynamique de partage. ParallĂšlement, lâĂ©coute empathique et la communication non-violente gagnent aussi en popularitĂ©. Câqui fait que, si la tendance se maintient, la partisanerie malveillante, qui Ă©coeure dĂ©jĂ pas mal le peuple en gĂ©nĂ©ral, devrait Ă©coeurer en « Gunbitch » trĂšs prochainement. Telle la prĂ©cĂ©dente expression de Robert Gravel dans lâHĂ©ritage, les chicanes du type Rouyn-Val-dâOr, câest passĂ© date. On est ailleurs! Kumbaya, Seigneur!
Plus sĂ©rieusement, on a eu rĂ©cemment plusieurs exemples de politiciennes qui ont appelĂ© Ă la collaboration; je pense ici Ă VĂ©ronique Hivon, Ă Sonia LeBel et mĂȘme Ă la sĂ©natrice amĂ©ricaine dĂ©mocrate, Alexandria Ocasio-Cortez qui ont conquis le coeur du public grĂące Ă leur recherche du consensus. Allez mesdames, faites-les tomber les murs qui vous cantonnent en groupes idĂ©ologiques distincts!
Je comprends que ça puisse donner le vertige de remettre en question le fonctionnement traditionnel de la politique partisane. Doit-on sâĂ©tonner que plusieurs politiciens fassent le choix de lâiconique cassette comme outil protecteur quand une horde de dĂ©tracteurs ne fait quâattendre quâils fourchent la langue? Je comprends aussi les partis qui ne veulent pas avoir Ă dĂ©fendre toutes les niaiseries que pourraient laisser Ă©chapper les reprĂ©sentants de leur formation. Personne a le temps ni lâenvie de gĂ©rer des « Muguetteries ». Mais aucun Ă©lecteur nâa envie non plus dâĂȘtre reprĂ©sentĂ© par des communiquĂ©s de presse sur deux pattes.
La rĂ©ponse Ă tout ça me semble relativement Ă©vidente: les partis doivent arrĂȘter de tout miser sur un bon-chef-tout-puissant; ils devraient plutĂŽt entourer leurs leaders de candidats de qualitĂ© exceptionnelle. Des personnes brillantes, capables de rĂ©flexion, de nuances, habiles Ă communiquer, quâils nâauront pas Ă tenir en laisse. Des individus qui se prĂ©senteront en politique pour le bien commun et qui porteront en eux un rĂ©el dĂ©sir de contribuer Ă lâavancement dâidĂ©es. Pour reprendre une expression de KlĂŽ Pelgag: on veut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s par des gens qui entendront nos priĂšres pour aucun dieu.
Crédit photo: Josie Thériault.
Ăpisode abordant le thĂšme de lâĂ©motion avec notre invitĂ©: Alexandre Castonguay.Â
Hommage Ă Yolette LĂ©vy, narratrice de Quand pensez-vous et grande dame.Â
Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve: « LâĂ©motion: quatriĂšme pouvoir ».Â
Les nouvelles rĂ©gionales: Trois-RiviĂšres.Â
Rayon X: Paul-Antoine dĂ©cortique la piĂšce « Question de feeling ».Â
De la ben belle visite: Le comĂ©dien Alexandre Castonguay, en vedette dans Cash Nexus.Â
La zone dâinconfort: Paul-Antoine chigne.Â
Le moment anti-radio: Ă la mĂ©moire de notre amie Yolette.Â
Quand pensez-vous?: Comment ajouter un peu de positif autour de nous?Â
Programme de soutien aux finissants en sciences humaines profil individu: Le gros tuyau de cuivre du Prospecteur.Â
Correspondance: LâĂ©motivitĂ© dâune adolescente.Â
Cochonneries: LâInternet en regorge.Â
 EnregistrĂ© le 25 fĂ©vrier 2019 devant public Ă la Microbrasserie Le Prospecteur de Val-d'Or.Â
 Merci Ă nos partenaires!Â
âą Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine, prĂ©sentateur de cet Ă©pisode. ⹠La SociĂ©tĂ© St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-TĂ©miscamingue ⹠Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur âąÂ Adama Productions ⹠Le FRIMAT ⹠Paysage BorĂ©al, dĂ©positaire des produits Bolduc ⹠L'HĂŽtel Continental centre-ville ⹠Avantage numĂ©rique ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe ⹠Studio LachapelleÂ
Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Bernard Boulanger et Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: StĂ©phanie Poitras et Sophie de Carufel; Billetterie: Karine Murphy; Â
Extraits entendus:
Le bonheur (Rien ne nous arrĂȘtera), Dumas Traces © 2009 La Tribu Â
Crions notre joie, GeneviĂšve et Matthieu Crions notre joie © 2004 Â
Question de feeling, Fabienne Thibeault et Richard Cocciante © 1985 Virgin FranceÂ
Canât Stop Feeling, Franz Ferdinand Tonight: Franz Ferdinand © 2009 Domino Recording Co. LtdÂ
Chaude chaleur, Beat Market feat. KNLO © 2018 Lisbon Lux RecordsÂ
Je suis fĂąchĂ©e avec toi, Vive la fĂȘte! Jour de chance © 2007 Uncivilized WorldÂ
Going up the Coast, Clay and Friends La MĂșsica Popular de Verdun - EP © 2018 Clay and FriendsÂ
La vie est laide, Jean Leloup Les fourmis © 1998 Les disques Audiogramme inc.Â
Beaucoup de plaisir, Les Trois Accords Beaucoup de plaisir © 2018 La Tribu / PhonoscopeÂ
LâĂ©motion: quatriĂšme pouvoir.
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land. Quand pensez-vous? Ăpisode 11.
Jâai lu rĂ©cemment lâessai « La stratĂ©gie de lâĂ©motion » dâAnne-CĂ©cile Robert qui exprime en 176 denses pages Ă quel point les Ă©motions dĂ©vorent actuellement lâespace social et politique au dĂ©triment des autres modes de connaissances du monde. On mâa convaincue que la dictature de lâĂ©motion dâabord existe, et ensuite met la dĂ©mocratie en pĂ©ril Ă la mĂȘme vitesse que GoodFood dĂ©truit tous les efforts environnementaux des derniĂšres annĂ©es.
Le monde mĂ©diatique travaille actuellement dans lâambiance des rĂ©seaux sociaux oĂč lâinformation simplifiĂ©e et trop souvent insignifiante domine. Pour satisfaire ce goĂ»t du vide environnant, on assiste Ă une prolifĂ©ration de contenu anodin dĂ©guisĂ© dans un costume de nouvelles qui fitte pas. Câest ce qui a donnĂ© lieu Ă ce moment prĂ©cis oĂč jâai pu mâenfarger dans la banniĂšre commerciale de mon moteur de recherche de synonymes habituel qui tentait de mâattiser avec le titre: « Durant un moment de complicitĂ© entre nos quatre coachs, ceux-ci ont rĂ©vĂ©lĂ© quelle chanson ils aimeraient interprĂ©ter sâils Ă©taient candidats ». Merci les algorithmes dâinviter dans mon espace ce moment de fraternitĂ© forcĂ© dont je me fous Ă©perdument basĂ© sur une situation hypothĂ©tique improbable.
Le registre Ă©motionnel ne demande pas de rĂ©flĂ©chir. Pas Ă©tonnant que lâidĂ©e dâen appeler au coeur plutĂŽt quâĂ la tĂȘte soit devenue le style de grand nombre de campagnes Ă©lectorales. On associe naturellement Ă©motion et vĂ©ritĂ©, savent pertinemment les grands relationnistes de ce monde, passĂ©s maĂźtres dans la manipulation des affects. Les boĂźtes de pub empruntent Ă©galement le chemin des territoires Ă©motionnels qui favorisent lâattachement, amĂ©liorent la mĂ©morisation et suscitent la mobilisation. Rien de plus efficace quâune image dâun grand-papa qui attache les patins de son petit-fils pour nous rappeler que le bonheur, ça sâachĂšte. « La conscience qui sâĂ©meut ressemble assez Ă la conscience qui sâendort, » disait Sartre. Faut ĂȘtre effectivement bien ensommeillĂ© pour penser quâon puisse ĂȘtre Ă une paire de Bauer du bien-ĂȘtre.
Malheureusement, dans le champ du lacrymal, lâexagĂ©ration fait loi. Un grand mĂ©dia publiait rĂ©cemment sur Facebook: « 117 fermĂ©e Ă Malartic: vague dâamour pour une samaritaine. ». Ă dĂ©faut de sauver de la mort des gens qui la jugeaient issue dâune population impie, la dame avait apportĂ© des barres granola et des chips Ă des gens pognĂ©s dans lâtrafic pendant une heure et demie Ă Malartic. Les mĂ©dias sociaux, les maudits, nous maintiennent dans un Ă©ternel prĂ©sent tout en nous coupant de nos capacitĂ©s dâĂ©lĂ©vation. Pour effet, devant lâurgence artificielle de rĂ©agir, il sâen garroche des opinions spontanĂ©es, Ă peine phrasĂ©es lĂ -dessus! Les arguments merdeux qui essouflent et soufflent les feux de brousse sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©actionnaires, subjectifs et infĂ©conds.
Mais pour interroger les causes, il faut la dĂ©passer lâĂ©motion qui ne favorise que lâindignation passagĂšre. Il faut la mettre au service de lâintelligence. En effet, cet Ă©dito nâest pas une position cynique envers les zones Ă©motives mais plutĂŽt le tĂ©moignage dâun dĂ©sir de voir la rigueur, la nuance et la rĂ©flexion bouffer un peu dâespace occupĂ© par les opinions balancĂ©es Ă la volĂ©e qui stĂ©rilise les dĂ©bats. Pourquoi on nâentend pratiquement jamais personne dire: Tu sais quoi? Laisse-moi rĂ©flĂ©chir, jâai pas encore dâopinion lĂ -dessus! (pause) Bon, ce serait plate comme lâhiver en attendant un taxi Ă Val-dâOr, mais la pensĂ©e rationnelle est comme ça: elle prend et exige du temps.
Ce que je propose aujourdâhui, câest de se servir de ses Ă©motions comme leviers parce que la rĂ©flexion nâempĂȘche pas dâĂȘtre solidaire, au contraire. Pour se rĂ©volter de la pauvretĂ©, il faut la dâabord la comprendre. Je nous souhaite ainsi collectivement de nous inspirer de gens comme Yolette LĂ©vy, notre narratrice qui Ă©tait une scientifique de formation qui savait organiser ses idĂ©es, peser ses mots, les choisir soigneusement, sans jamais se couper de son coeur. Elle incarnait parfaitement ce fragile et parfait Ă©quilibre entre sensibilitĂ© et rationalitĂ©. Allez, devenons tous des Yolette! Le monde ne sâen portera que mieux.
Ătre son propre boss
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land prĂ©sentĂ© dans le cadre dâun Ă©pisode spĂ©cial de Quand pensez-vous? au colloque « Ătre + quâun Y » de la Chambre de commerce de Val-dâOr, le 6 fĂ©vrier 2019.
« Ătre son propre boss », câest comme lâultime argument de consolation pour un entrepreneur.
« Je peux pas me permettre de fermer aux FĂȘtes, jâai pas de fonds de pension ni dâassurance-salaire, mes relations dâamitiĂ©s sont fragilisĂ©es, ma maison est en garantie Ă la banque, MAIS, DIEU MERCI, JE SUIS MON PROPRE BOSS! » Ă quel point il faut avoir un trouble dâopposition pour sciemment balancer toute sa sĂ©curitĂ© professionnelle par-dessus bord? Un move qui apparaĂźt Ă premiĂšre vue aussi infus que de choisir de faire Nez Rouge le 24.
Pourtant, pour ma gĂ©nĂ©ration qui tient la libertĂ© comme valeur cardinale, la gĂ©nĂ©ration Yolo, YouPorn et Yoga, les cadres dĂ©finis sont plus Ă©touffants que sĂ©curisants. Les Y, Ă©levĂ©s dans un dĂ©cor de mĂ©lamine par leurs beaux-parents virtuels Marc-AndrĂ© Coallier, StĂ©phanie Couillard et Mario Bros, ont appris lâautonomie sur le tĂŽt. Ceci expliquerait sans doute en partie pourquoi ils sont si rĂ©tifs Ă lâautoritĂ©.
Ăa expliquerait peut-ĂȘtre Ă©galement pourquoi ils ne veulent pas sacrifier leur vie familiale pour le travail, comme lâont fait leurs parents qui croyaient bien faire en leur attachant une clĂ© au cou. DĂ©sormais, pour un Y, manquer la graduation de premier cycle du primaire du pâtit troisiĂšme pour le boulot est tout simplement irrecevable. De fait, qui prendrait la photo pour la mettre sur Instagram?
Justement, Ă cause de la grande importance que les jeunes accordent Ă leur vie personnelle, on les taxe souvent dâĂ©goĂŻstes. Toutefois, ils sont particuliĂšrement soucieux des grands enjeux sociaux et environnementaux qui dĂ©passent largement la ceinture de leur nombril. Ils adhĂšrent aussi tout naturellement aux nouveaux paradigmes du numĂ©rique, lesquels dĂ©fient la logique compĂ©titive du capitalisme traditionnel. En effet, les valeurs de partage et de collaboration du web transforment le visage du marchĂ© depuis dĂ©jĂ quelques annĂ©es. En tĂ©moigneront Dr Dre et Metallica qui sont venus casser le party de Napster en 2001.
Les entrepreneurs Y qui ne voudraient pour rien au monde ĂȘtre perçus comme de mĂ©chants capitalistes rĂ©inventent donc les rĂšgles du jeu. Des notions telles que le « capitalisme indie » et « lâentrepreneuriat social » commencent Ă prendre du terrain. Dans un article publiĂ© dans le pĂ©riodique Nouveau Projet, ClĂ©ment Sabourin dĂ©clare: « Face Ă une mondialisation sans Ă©tats dâĂąme et Ă l'implacable concurrence des marchĂ©s Ă©mergents, la rĂ©cente multiplication du «fait main», du local, des microentreprises et du financement particulier suscitent l'espoir. De jeunes entrepreneurs dessinent une nouvelle façon de produire et de consommer, plus humaine et plus viable. »
Pour ce nouveau type de business-woman et man, l'impact social ou environnemental ne se substitue pas aux rendements financiers; il s'y ajoute. On cherche à répondre à des problÚmes mondiaux par des solutions locales mais sans se mettre complÚtement en marge.
Ainsi, ce tout frais modĂšle dâentrepreneuriat proposĂ© par les Y en est un oĂč on essaie de concilier travail et famille tout en dĂ©fendant des valeurs de solidaritĂ©. Vu de mĂȘme, câest presque con que ce soit innovant.
Crédit photo: Marie-Claude Robert.
En vente le mercredi 13 février à 20h30. Coût: 10 $ + frais par billet. Limite de 4 billets par transaction. Un billet donne accÚs à l'évÚnement mais ne garantit pas une place assise. Aucune réservation à l'avance.
Le comédien Alexandre Castonguay, qui tiendra le premier rÎle dans le film CASH NEXUS, sera l'invité du 11e épisode! L'enregistrement se fera le lundi, 25 février 2019, à 17 h. Venez rire et réfléchir avec les animateurs Francis Murphy, GeneviÚve Béland et Paul-Antoine Martel!
Merci à Pier-Luc Beaudet Duciaume, Pl. Fin. - IG Gestion de patrimoine, présentateur de cet épisode, et à tous les partenaires de la saison 2:
⹠La Société St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-Témiscamingue ⹠Air Creebec ⹠Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Adama Productions ⹠FRIMAT ⹠HÎtel Continental Centre-Ville ⹠Avantage numérique Savoir Affaires Culture ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert . Photographe ⹠Studio Lachapelle
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Mettez vous à jour en écoutant ou réécoutant les épisodes précédents en balado sur votre app préférée:
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Cet Ă©pisode aborde le thĂšme de lâĂ©ducation avec notre invitĂ©: Ămile Proulx-Cloutier.Â
Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve intitulĂ© « De plus en plus plusieurs Ă ĂȘtre pas beaucoup ».Â
Programme de soutien aux finissants en sciences humaines profil individu: Câest la saison des abris dâauto temporaires.Â
De la ben belle visite: Entrevue avec Ămile Proulx-Cloutier.Â
9 Ă 3: Le jeu du coin-coin: une supercherie.Â
Le plus jeune commence: GeneviĂšve et Paul-Antoine ont une surprise pour notre invitĂ©!Â
Quand pensez-vous?: LâĂ©ducation: Si câest une prioritĂ© et tout le monde est dâaccord, pourquoi fait-on du surplace?Â
Les nouvelles rĂ©gionales: Yâa de lâaction Ă Timmins.Â
WikipĂ©ha: Paul-Antoine nous parle dâĂ©ducation populaire.Â
Correspondance: Une petite saucette dans le secondaire dâAlexianne.Â
Cochonneries: Un peu de junk alimentaire et intellectuelle.Â
EnregistrĂ© le 28 novembre 2018 devant public Ă la Microbrasserie Le Prospecteur de Val-d'Or.Â
Merci Ă nos partenaires!Â
âą L'HĂŽtel Continental centre-ville, prĂ©sentateur de cet Ă©pisode ⹠La SociĂ©tĂ© St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-TĂ©miscamingue âą Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Adama Productions ⹠Le FRIMAT ⹠Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine ⹠Avantage numĂ©rique ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe ⹠Studio LachapelleÂ
Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Bernard Boulanger et Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: StĂ©phanie Poitras et Sophie de Carufel; Recherche: Benjamin Turcotte; Billetterie: Karine Murphy; Accueil: Joyane Lamarche.Â
Extraits entendus:Â
Total Eclipse of the Heart, Bonnie Tyler Faster Than the Speed of Night © 1983 Sony Music Entertainment (UK) LimitedÂ
Jâveux lâmotel pas le ritz, QualitĂ© Motel (feat. SarahmĂ©e) Câest pas la qualitĂ© qui compte © 2018 QualitĂ© MotelÂ
Les ferrofluides-fleurs, KlĂŽ Pelgag LâĂ©toile thoracique © 2016 Coyote RecordsÂ
Petite valise, Ămile Proulx-Cloutier MarĂ©e haute © 2017 La TribuÂ
Demain lâhiver, Robert Charlebois 50 ans, 50 chansons © 2013 La Tribu et UnidiscÂ
Je sais pas comment faire avec les filles, FUUDGE Les matricides © 2018 Fuudge (Licence exclusive Lazy At Work)Â
Another Brick in the Wall, Giselle Webber Pink Floyd Redux © 2006 Tacca MusiqueÂ
La jeunesse est vieille comme le monde, JĂ©rĂŽme MiniĂšre Petit cosmonaute © 2002 La TribuÂ
TDAH, Caravane Supernova © 2018 Coyote RecordsÂ
Legions of the Betrayed, Quo Vadis Forever © 1996 Quo VadisÂ
De plus en plus plusieurs Ă ĂȘtre pas beaucoup
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land.
Quand pensez-vous? Ăpisode 10.
Si on rĂ©sume, lâĂ©cole, câest le deuxiĂšme lieu, la seconde maison de nos enfants. Câest leur premier contact avec la sociĂ©tĂ©. Câest dans cette boĂźte que sâĂ©labore doucement leur avenir personnel ainsi que celui de leur gĂ©nĂ©ration. Il faut cinquante ans pour faire un homme disait Platon (Pis tsĂ©, on parle quand mĂȘme de lâĂ©lĂšve de Socrate et Pythagore).
Le cursus scolaire permet dâacquĂ©rir des connaissances qui permettront Ă lâenfant de devenir un adulte Ă la pensĂ©e libre, capable de perspective cognitive. LâĂ©ducation favorise lâĂ©galitĂ© des chances et contribue Ă former des humains en lesquels on pourra semer lâespoir dâun monde meilleur. Comme livrable: moins de gens qui confondront climat et tempĂ©rature.
Dâun point de vue clientĂ©liste, lâĂ©cole sert Ă prĂ©parer au marchĂ© du travail. Dans le regard de lâhumaniste, câest un espace de socialisation, dâapprentissage de la citoyennetĂ©. De fait, lâĂ©cole forme Ă la fois le travailleur, lâhomme, le citoyen (et enseigne la pyramide de Maslow Ă chaque session de sciences humaines).
ConsidĂ©rant tous ces mots-lĂ , on peut tu sâengager collectivement Ă parler un peu plus de lâavenir de notre systĂšme Ă©ducatif et un peu moins de lâanachronique crucifix vissĂ© au-dessus de la chaise de princesse du salon bleu? Est-ce possible, quâun jour, on entende parler dâun modĂšle dâĂ©cole innovant et quâil soit pas fichu en Finlande?
Ăa fait un pas pire bout quâon est au courant que lâenvironnement des Ă©lĂšves est leur « troisiĂšme enseignant », quâil a un impact direct sur leur rĂ©ussite Ă©ducative. MalgrĂ© tout, la plupart des Ă©tablissements scolaires quĂ©bĂ©cois sont aussi inspirants quâune baisse dâimpĂŽts comme projet de sociĂ©tĂ©. Yâen a passĂ© aussi des chars sur le deuxiĂšme lien depuis quâon se dit quâil faut impĂ©rativement, incessamment, changer nos habitudes de vie pour protĂ©ger notre environnement⊠Devant lâurgente Ă©vidence, on a lâimpression que nos gouvernements sont eux-mĂȘmes pris dans lâembouteillage et ça, ça indigne.
Mais on continue dâattendre parce que le chemin du public est long, rocailleux mais prĂ©cieux. Comme lâexprimait AurĂ©lie LanctĂŽt dans le dernier numĂ©ro de la publication Nouveau Projet: « LâĂ©cole publique, câest une institution du commun, quâon veut impermĂ©able aux forces qui cherchent Ă lâinstrumentaliser. [Elle] vise la transmission dâun certain nombre de connaissances et de valeurs jugĂ©es essentielles pour former une collectivitĂ©, peu importe le milieu dâorigine des Ă©lĂšves. »
Effectivement, on veut une Ă©cole pour tous avec un socle commun de savoirs fondamentaux. Cependant, je pense quâon veut Ă©galement quâelle offre la chance Ă lâĂ©lĂšve de se rĂ©aliser dans la reconnaissance de ses talents. On veut une Ă©cole oĂč lâapprentissage nâest pas prĂ©cipitĂ©, une Ă©cole oĂč lâenfant nâa pas lâimpression dâĂȘtre un rĂ©cepteur qui accumule lâinformation Ă la maniĂšre dâun théùtre dâombres dans une caverne. La bonne nouvelle, câest que ce modĂšle existe et jâai nommĂ©: lâinstitution des AGA de quatre heures also known as lâĂ©cole alternative!
La voie alternative, câest souvent le futur avant le temps. Ăa fait longtemps au paradis des lentilles grillĂ©es quâon applique des principes dâautonomisation de lâenfant. En mĂȘme temps, on va ĂȘtre honnĂȘte, le modĂšle alternatif, câest pas de la mĂ©ga avant-garde; en mille sept cent quelques, Rousseau disait dĂ©jĂ quâil fallait prĂ©server lâenfant de la sociĂ©tĂ© et lâĂ©veiller progressivement Ă sa propre libertĂ©.
La hausse de popularitĂ© de lâalternatif dĂ©montre une rĂ©elle insatisfaction du systĂšme dominant actuel. Malheureusement, je pense que la migration de familles vers le systĂšme alternatif entraĂźne une certaine forme dâĂ©crĂ©mage dans le systĂšme public, un peu Ă la maniĂšre du privĂ©. Les Ă©coles alternatives sont peuplĂ©es dâun bon nombre de parents scolarisĂ©s, culturellement privilĂ©giĂ©s qui souhaitent que leur petite Marie-Pierre-de-FĂ©e apprenne en transversalitĂ©, dans des groupes multi-Ăąges dĂ©cloisonnĂ©s et autant que possible, dans le bois.
Je souhaite malgrĂ© tout que cette approche oĂč on cultive le dĂ©sir dâapprendre de lâenfant, câest-Ă -dire le sol dâoĂč Ă©merge toute quĂȘte de savoir, se gĂ©nĂ©ralisera. Je me doute quâĂ©ventuellement ça sortira du rĂ©seau des familles dont le quinoa est le centre de gravitĂ© de la vie alimentaire. JâespĂšre quâon sera de plus en plus plusieurs Ă ĂȘtre pas beaucoup et ce, jusquâĂ ĂȘtre presque tout le monde.
Crédit photo: Marie-Claude Robert.
Quand pensez-vous? accueillera avec grande joie Ămile Proulx-Cloutier pour son 10e Ă©pisode! L'enregistrement se fera le mercredi, 28 novembre 2018, Ă 17 h. BILLETS: En vente le vendredi 9 novembre Ă midi.
DĂ©but de la deuxiĂšme saison avec un Ă©pisode sous le thĂšme du « numĂ©rique » avec de la ben belle visite: Fred Bastien et Murphy Cooper.Â
Ge, tu, elles: LâĂ©dito de GeneviĂšve « GĂ©nĂ©ration liquide ».Â
Les nouvelles rĂ©gionales: Chambly Ă lâhonneur.Â
Rayon X: Paul-Antoine dĂ©cortique « Le monde est virtuel » de Serge Fiori.Â
Le moment anti-radio: InspirĂ© par les modes Ă©phĂ©mĂšres des Internets, le public de QPV rĂ©alise le dernier Harlem Shake. Ăcoutez ce sergment puis voyez le rĂ©sultat: youtu.be/hSey-bF1tMc.Â
Quand pensez-vous?: Les mĂ©dias sociaux, ça rapproche ou ça divise?Â
La pensĂ©e du jour: Une gracieusetĂ© dâĂric Lapointe.Â
Trancher: GeneviĂšve nous demande de choisir parmi trois fruits du web.Â
Correspondance: Alexianne se pratique Ă lâordinateur.Â
Cochonneries: On se bouffe de junk alimentaire et intellectuel.Â
EnregistrĂ© le 15 octobre 2018 devant public Ă la Microbrasserie Le Prospecteur de Val-d'Or.Â
Merci à  ⹠Avantage numérique, présentateur de cet épisode ⹠La Société St-Jean-Baptiste de l'Abitibi-Témiscamingue ⹠Air Creebec ⹠La Microbrasserie Le Prospecteur ⹠Adama Productions  ⹠Le FRIMAT ⹠Pier-Luc Beaudet Duciaume, Planificateur financier pour IG Gestion de Patrimoine ⹠L'HÎtel Continental ⹠Honda de Val-d'Or ⹠Marie-Claude Robert photographe  ⹠Studio Lachapelle
Animation: Francis Murphy, GeneviĂšve BĂ©land et Paul-Antoine Martel; Narration: Yolette LĂ©vy; Image sonore: Le Carabine; Technique: François Lachapelle; RĂ©gie: StĂ©phanie Poitras et Sophie de Carufel; Recherche: Benjamin Turcotte; Billetterie: Karine Murphy; Accueil: Joyane Lamarche.Â
Génération liquide
GE, TU, ELLES. LâĂ©ditorial de GeneviĂšve BĂ©land. Quand pensez-vous? Ăpisode 9.
On vivrait actuellement dans une sociĂ©tĂ© moderne dite âliquideâ, en opposition avec une modernitĂ© autrefois solide oĂč existaient des formes sociales stables et bien dĂ©finies. Aujourdâhui, lâincertitude est la seule certitude. Le numĂ©rique, ce mot brumeux Ă indiquer dans ta demande de financement, est venu sournoisement, tel le sniper Ă©rudit de Fornite, faire Ă©clater nos structures.
Dans la modernitĂ© liquide, lâindividu est dĂ©fini par ses actes de consommations et ses choix qui fluctuent constamment, au grĂ© du mouvement extĂ©rieur. Je mâachĂšte un sac vĂ©gane Matt and Nat donc je suis... jusquâau prochain trend propulsĂ© par Sarah-Jeanne Labrosse. DĂ©sormais, la seule chose permanente est ironiquement le changement.
Force est de se demander si lâhumain aime vraiment ça avoir la libertĂ© de choix. (Ailleurs quâaux Chocolats Favoris, mettons). On la rĂ©clame haut et fort cette libertĂ©, mais si on se fie au taux de participation aux assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales annuelles ou Ă la face de Pierre Bruneau lorsquâon parle dâassemblĂ©e constituante, on serait portĂ© Ă penser que ça nous arrange de pas ĂȘtre pognĂ© pour rĂ©flĂ©chir sur tout.
Lâhypercroissance de lâarbre des possibles, sĂ©duisante pour certains, agit pour la plupart comme un pipeline qui charrie de lâanxiĂ©tĂ©, le compresseur dans le tapis, Ă faire râvoler le cortisol. Ceux qui naviguent le plus aisĂ©ment dans cette sociĂ©tĂ© liquide sont nĂ©cessairement les nouvelles gĂ©nĂ©rations. Pour cause, câest la seule Ă©poque quâelles ont connue. Malheureusement, on semble reprocher aux jeunes leur plus grande adaptabilitĂ© aux contours du monde actuel, comme sâils les avaient dĂ©finis. Quâon se le dise, ce ne sont pas les abonnĂ©s Ă la Maison Columbia qui ont inventĂ© lâacharnement.
George Orwell, nom de plume dâun gars qui sâappelait gentiment Eric, a dĂ©clarĂ© que âChaque gĂ©nĂ©ration se croit plus intelligente que la prĂ©cĂ©dente et plus sage que la suivanteâ. Je pense quâen fait, elle ne la saisit tout simplement pas sa successeure. Le meilleur truc pour te placer au-dessus de quelque chose que tu ne comprends pas, câest de le dĂ©crier. Ăa donne lâimpression dâĂȘtre plus moral. Grand bien leur fasse les vieux de critiquer les jeunes, une mince consolation pour ne jamais connaĂźtre le bonheur de dĂ©couvrir la flĂ»te enchantĂ©e dans Mario 3.
Le problĂšme de lâĂ©poque, sâil en est un, câest pas sa jeunesse, ni ses bĂ©belles technologiques, ou encore Facebook. Mais non, les rĂ©seaux sociaux nâont pas fichu lâhymen social de la civilisation. Ils ne sont que le grossissement des comportements humains. Dans lâune de ses chroniques, Normand Baillargeon suggĂšre que le vrai dĂ©sordre câest que nos capacitĂ©s morales nâont pas suivi la prise de puissance de la techno. Selon lui, nous sommes en quelque sorte des chasseurs-cueilleurs de la savane plongĂ©s dans un monde de technologie qui produit des effets inĂ©dits, planĂ©taires.
GrĂące aux avancĂ©s scientifiques, on peut dĂ©sormais imprimer des prothĂšses, permettre la parentalitĂ© Ă des gens qui ne lâespĂ©raient plus et transplanter des faces. Le potentiel de la technologie est infini. Je me souviens que, lorsquâon a eu Internet Ă la maison et quâil y avait juste genre Mikes qui avait un site, mon pĂšre mâexpliquait que ce nouvel outil aspirait Ă devenir la plus grande bibliothĂšque du monde. Lâexemple de la noblesse ultime, câĂ©tait de dire que le web me permettrait de visiter le Louvre Ă partir de ma salle dâordi, dans le sous-sol de la rue Louise-Lemay, Ă Val-dâOr. Moi, ça mâavait juste rapidement permis de me faire un chum Ă La Reine sur mIRC. Au final, je serais portĂ©e Ă croire quâil y a plus de gens qui passent des tests pour savoir quel personnage de Stranger Things ils seraient que de gens qui visitent le Louvre Ă distance. Surtout dans une salle dâordi.
Ceci dit, comme je ne suis pas du genre Ă pleurer la disparition de la pizza au McDo, jâaime aborder le prĂ©sent et le futur avec optimisme, une denrĂ©e tristement rare. MĂȘme si câest parfois envahissant, le numĂ©rique, câest supra-dĂ©mocratique pour le meilleur et pour le pire. Alors que les structures solides ont laissĂ© place Ă des rĂ©seaux auxquels on se connecte aussi facilement quâon sâen dĂ©connecte, ne devrait-on pas faire de lâesprit critique notre ciment des temps liquides? Ă travers les dĂ©rives de cette Ăšre oĂč les infolettres nous tutoient, jâose croire quâon apprendra Ă dompter la bĂȘte.
Crédit photo: Marie-Claude Robert.