Jorge Valdano a un jour théorisé le renouvellement des générations appliqué au football : « Qui était ce dénommé Raúl pour se permettre subitement de retirer à Butragueño son maillot du Real Madrid, ses titres dans les journaux et sa place dans le cœur des gens ? Facile. Raúl, c'était le temps qui passe. »
D'où vient alors ce sentiment de tristesse qui s'empare de l'amateur de football au moment de voir Pirlo, Buffon, Xavi, Casillas, Xavi, Eto'o, etc, quitter le pays tropical dès la phase de poules ? D'abord parce que les savoir en si grande difficulté au Brésil fut particulièrement dur à vivre, tant « courir est dégradant, et le faire sous les tropiques encore plus », comme l'écrit l'écrivain mexicain Juan Villoro. Lequel rappelle également que le football, avant d'être un sport, est un « état d'âme ». C'est pourquoi quitter tous ces hommes d'un coup est un chagrin. C'est le même chagrin que celui qui s'abat sur la famille qui, après un divorce ou un décès, doit laisser une maison derrière elle. Après l'avoir époussetée, nettoyée, rangée, vidée, laissée libre pour les occupants suivants. Ce qu'il reste dedans : des souvenirs. Une malle pleine de gens.