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@slipperycat-blog
Boris Libnitzki, Jean Cocteau, 1934
Winslow Homer, The New Novel (detail), 1877
Grete Stern The Eternal Eye, around 1950 Photomontage on gelatin silver paper, 39.5 x 39.5 cm photo: Christian P. Schmieder, Munich © Estate of Grete Stern courtesy Galería Jorge Mara − La Ruche, Buenos Aires, 2014
Sylvia Plath
Nue, tu es aussi simple qu’une de tes mains, lisse, terrestre, minimale, ronde, transparente, tu as des lignes de lune, des chemins de pomme, nue, tu es maigre comme le blé nu. Nue, tu es bleue comme la nuit à Cuba, tu as des liserons et des étoiles dans les cheveux, nue, tu es énorme et jaune. Nue, tu es petite comme l’un de tes ongles, courbe, subtile, rosée jusqu’à l’aube et tu entres dans le souterrain du monde Comme dans un long tunnel de costumes et de travaux: ta clarté s’éteint, s’habille, s’effeuille et de nouveau elle devient une main nue.
Pablo Neruda
Artist Name: Sophie Moates
Tumblr: http://sophiemoatesdesign.tumblr.com/
Suzanne Diaz photographed by Mario Kroes
— La Disparition de Richard Taylor (chap. L’amour de Sarah Kane), Arnaud Cathrine
“Ce matin, j’ai cru que c’était elle, j’ai pensé l’avoir enfin rencontrée, cette fille que j’attends, cette fille que j’aime et qui se fait attendre, c’était elle, qui allait me rendre à la vie et me délivrer de la grande nuit, j’ai toujours pensé qu’on n’étreint la vie qu’au moment de mourir et j’ai cru mourir ce matin lorsque je l’ai vue, j’y croyais, j’ai l’espoir et le désir tenaces en dépit de tout ce que j’écris, alors j’ai cru que c’était elle, bien sûr une peur têtue me mordait au mollet, car il se pouvait très bien qu’elle descende de la rame au prochain arrêt et disparaisse dans la foule de mes faux frères travailleurs, et moi je continuerais jusqu’à Brixton, toute seule, comme une chienne, de nouveau seule dans la grande nuit dont l’éternité sera toujours plus longue que le plus long des tunnels de cet atroce métro, qu’il crame ce putain de métro, c’est tout ce que je nous souhaite parfois, mais pas avant qu’elle ne soit descendue de la rame, (…)”
Je bois dans ta déchirure / et j’étale tes jambes nues / je les ouvre comme un livre / où je lis ce qui me tue.
Georges Bataille - Archangélique et autres poèmes - “Je mets mon vit contre ta joue”
Egon Schiele