Quand on n’a plus d’envies ni de de désirs, c’est qu’on s’approche dangereusement de l’abîme du désespoir…
V. H. SCORP
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Quand on n’a plus d’envies ni de de désirs, c’est qu’on s’approche dangereusement de l’abîme du désespoir…
V. H. SCORP
The abyss (Paris- France)
© mescalinartofnoise
Fuji XT 20
Aux yeux de Satan et des deux Spectres, apparaissent soudain les secrets du vieil Abîme : sombre et illimité océan, sans borne, sans dimension, où la longueur, la largeur, et la profondeur, le temps et l'espace sont perdus, où la Nuit aînée et le Chaos, aïeux de la nature, maintiennent une éternelle anarchie au milieu du bruit des éternelles guerres, et se soutiennent par la confusion.
John Milton (Le Paradis perdu - traduit par Chateaubriand)
(abîme)
y aunque no luzca, los más hundio son la juventude
Ces yeux de mouette me font tiquer. Ils me rappellent un vieux naufrage, je ne me rappelle plus lequel. C’est un détail évidemment. Mais je suis devenu craintif. Je connais ces petites phrases qui n’ont l’air de rien et qui, une fois admises, peuvent vous empester toute une langue. Rien n’est plus réel que rien. Elles sortent de l’abîme et n’ont de cesse qu’elles n’y entraînent. Mais cette fois je saurai m’en défendre.
Samuel Beckett, Malone meurt, Les Éditions de Minuit, 2019
ma petite part de vie perdue dans l'hexagone de lumière entouré d'ombres qui semblent faire muraille et pourtant elle est bien là sans rempart ; impulsée de toute part ; elle me parait un étranger sans arme, si fragile, si infime, constellation d'un infini à cerner ; et elle avance sans aucun regard pour la réalité qui l'entoure, elle poursuit son chemin aveugle parmi les aveugles ; son pas pourtant ne s'imprime pas dans le néant, son poids d'aucun effet, on ne pourra plus la retrouver, perdue à jamais ; et pourtant elle semble réfléchir parfois dans la lumière qui la définit, ses frontières bien dessinées sur l'engagement de la ville - part infime sans révolte, elle pourrait se défendre, combattre contre l’abîme acharnée, mais il n'en est rien, elle avance toujours un peu plus parfois en glissant, évitant l'obstacle de peu, elle ne le voit pas ; voilà le miracle, ces vagues invisibles qui la menacent, ces assauts d'un vide extraordinaire, voilà son courage, sa candeur et sa force que ce soir je viens de surprendre et aussi de perdre
© Pierre Cressant
(mardi 30 novembre 2010)
Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Or, quand ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi.
Friedrich Nietzsche, Par-delĂ le bien et le mal.
Vertige
Les yeux perdus dans le néant :
Qu’y a-t-il de grand ?
Qu’y a-t-il d’impressionnant ?
est-ce la hauteur du ciel
est-ce la profondeur de l’abîme
Qui vous toisent, infinis ?
Ou bien
est-ce le vertige
Qui nous balance tous les jours
De droite Ă gauche,
De gauche Ă droite,
Celui qui
renverse incessamment
Nos certitudes...