Cependant, force est de constater que lāabord de la violence institutionnelle passe la plupart du temps par celui, speĢcifique, de la brutaliteĢ (corporelle et verbale) et de la neĢgligence. Il est cependant essentiel de rappeler que les dimensions de lāexceĢs et du deĢfaut ne sont pas les seules aĢ prendre en compte. Certaines neĢgations de lāautre sāinscrivent dans le fonctionnement meĢme de lāinstitution. Il ne sāagit pas, alors, dāactes leĢgalement reĢpreĢhensibles ou dāune absence dāactes neĢcessaires : il est davantage question dāune posture probleĢmatique alteĢrant le soubassement meĢme de la pratique professionnelle. Ces neĢgations ne brisent pas le corps et lāesprit comme peuvent le faire les coups, les insultes ou la carence. Elles sont plutoĢt le terreau sur lequel ces deĢrives sāenracinent et se deĢploient car elles instaurent un climat institutionnel mettant aĢ mal lāidentiteĢ des personnes et leur reconnaissance en tant que sujet.