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Épiphanie. Mon amie Lisa m'apprend aujourd'hui que пьяно (piano) en russe signifie « ivre ».
Je pense immédiatement au compositeur-pianiste russe Alexandre Scriabine, dont l'œuvre est imprégnée (imbibée ?) du thème de l'ivresse.
Pour Scriabine (pour qui tout est correspondance), à une extase terrestre, personnelle et sensuelle correspond une extase divine et universelle. Il s'agit pour le sujet d'emplir l'univers d'une extase cosmique répondant à l'extase dont déborde déjà le sujet surhumain (Scriabine est très influencé par Nietzsche).
Cette extase universelle est la quête du musicien, qui affirme que « le but ultime de l'esprit – l'être absolu – est la restauration de l'harmonie du monde, l'extase », ce qu'il tenta de faire à travers l'art total, et plus précisément avec son œuvre inachevée, le Mystère.
L'extase de Scriabine se traduit dans son œuvre par une omniprésence – dans les paratextes de ses partitions – de la sensualité, et d'une ivresse davantage érotique que liée à l'alcool.
Ces sensualité et ivresse apparaissent aussi bien dans les titres souvent originellement en français de ses morceaux (« Désir », « Caresse dansée », « Danse languide », « Poème languide ») que dans ses indications d'interprétation : « avec une volupté dormante », « avec une volupté radieuse, extatique » (Sonate n°7, op. 64) ; « volupté douloureuse », « avec une douce ivresse » (Sonate n°10, op. 70) ; « avec une douceur de plus en plus caressante et empoisonnée » (Sonate n°9, op. 68) ; ou encore « con una ebbrezza fantastica » (avec une fantastique ivresse. Sonate n°5, op. 53). Dans le programme du Poème divin, op. 43, on peut lire : « L'homme se laisse prendre par les délices du monde sensuel. Les voluptés le grisent ». Enfin, le texte du Poème de l'extase, qui s'appelait initialement « Poème orgiaque », contient aux vers 169-170 : « encore l'ivresse. / De la griserie »...
Si on abandonne l'esprit scientifique, il n'y a pas forcément trois couleurs primaires ...etc...Il y a la multitude colorée et l’absence de limite si ce n'est celle de la subjectivité propre à chacun de nous...
et il y a aussi la symbolique des formes ... celles des étoiles ...celles des carrés ...depuis toujours et sous d’autres latitudes...
“formes premières” / juvancy / 2016
Intérieure est la peinture Sobre la diction du trait Vivre c'est l'architecture Du printemps dans les cyprès.
Henry Bauchau, Célébration, “Les cyprès”
Total Drawings
119 under my artwork
91 in my Alan Becker art space
3 in my friends space
(I don't know If I counted right 🙃)
Temps de fleurir : humeurs atroces
Comme annoncé il y a quelques jours (un, deux, trois ?), et peut-être hâtées par le temps déplorable, voici les monstrueuses floraisons que mes arborescences et moi avons conçues. Elles seront toujours boiteuses et bancales ; on trouvera toujours à y redire ; je m’y mets pourtant une fois de plus tout entier (j’y mets même de ma personne physique, pour ceux qui s’y intéressent plus qu’ils ne le devraient). J’essaie par le biais de cette Nouvelle Atroce Exposition (le Projet Minotaure) non pas seulement de rendre hommage à l’oeuvre de J. G. Ballard (et derrière lui de W. S. Burroughs), mais aussi et surtout de rendre réelles leurs élucubrations maniaques, de donner à leurs tentatives (et aussi à eux comme personnes) une possibilité de plus de s’incarner dans notre présent. C’est mon premier véritable attentat poétique, tandis que je prépare les autres (de longue haleine). Il s’agit au final de fissurer le temps, de laisser se télescoper d’elles-mêmes les époques, de tout retraverser, de tout revivre à rebours. Je dis revivre : laissez-vous traverser par les images juxtaposées, laissez désirs, répulsions, et fascinations vous parcourir. Ce faisant, peut-être, nous rejetterons nos carcans, dans un grand frisson libérateur, pour mieux et plus radicalement faire tomber les murs qui nous séparent. Et par-delà, les parois et les habitudes prises (dédales, dédales que nous concevons sans même nous en apercevoir et dans lesquels nous nous enfermons un peu plus chaque jour), nous nous comprendrons mieux - les uns les autres, tels que nous sommes : monstrueux quoique nous en pensions, aberrants, nauséabonds - mais peut-être justement à cause ou grâce à ce vide pourri qui nous habite, capables des plus belles manifestations possibles. (Jusqu’à ce qu’une étoile explose un peu trop près de nous et que nous nous évanouissions sans laisser de trace). Faites de même : parcourez, coupez, collez, juxtaposez, faites face au “beau” comme à l’immonde ; de leur rapprochement, quelque chose surgira sans doute, des possibles que nous ne voyions jusqu’alors pas. Ou que nous ne voulions pas voir. Souvenons-nous, chaque jour, à chaque instant que : “RIEN N’EST VRAI, TOUT EST PERMIS.” Poussons-nous dans nos retranchements, pelletons à pleines mains la merde que nous contenons, triturons-nous pour que le reflet que nous renvoient les miroirs finisse enfin par nous ressembler - bref, voyons-nous tels que nous sommes et envoyons le temps rouler dans les cordes. Loin des codes, des images reflétées sur les écrans, des costumes non-voulus et pourtant acceptés que nous endossons. Cessons de croire que le réel est réel et que le normal est normal. Assumons d’être fous et fracassons tout sur notre passage.
Voici ma tentative : A New Atrocity Exhibition (Projet Minotaure), ou plutôt l’une de ses manifestations.
A vous de faire les vôtres
T.T.d.F.
Hundbild mit Teekanne/Chienthé de Chine