[...] À mon avis, enseigner c’est bien entendu éduquer dans le cadre institutionnel, donc essayer d’aider les élèves à acquérir leur autonomie ; mais c’est aussi leur faire aimer le savoir et le processus de son acquisition, ce qui ne peut se faire sans apprendre des choses. Autrement, ce serait une pseudo-psychanalyse collective pour enfants ou adolescents. [...] Les éducateurs doivent être sensibilisés à tous ces problèmes, mais aussi à autre chose : à la réciprocité de la relation pédagogique. Non pas symétrie, mais réciprocité. [...] Je pense que la même chose est vraie pour un parent. Et un éducateur doit aussi savoir que les enfants peuvent lui apprendre beaucoup de choses sur l’être-enfant qui ne sont pas dans les livres, où n’y sont pas avec cette intensité, cette prégnance, cette évidence qui se manifeste dans les réactions des enfants. Ils peuvent lui apprendre des choses sur le fonctionnement de l’esprit et de l’âme des enfants. [...] Pour illustrer cette réciprocité, j’emploie volontiers un terme qui m’a beaucoup aidé, que j’appelle négatricité. Et qui est la représentation que je me fais de la capacité de l’autre à déjouer par ses propres contre-stratégies les stratégies dont il se sent lui-même être l’objet...[...]