Noirceur bleutée.
Lorsque j'ai repris conscience, je me suis retrouvé en plein milieu d'un océan, en train de sombrer vers des profondeurs inconnues. La peur de la noyade a fait resurgir en moi cet instinct de survie, me poussant à nager vers le haut, mais c'est inutile. Mes mouvements n'ont aucun effet sur l'eau, et j'ai bizarrement la capacité de respirer. Tant mieux, ça me permettra de me reposer un moment.
On ne ressent pas les mêmes choses dans cet océan : aucun courant marin, aucun poisson. J'aperçois seulement de très loin la surface de l'eau qui s'éloigne petit à petit. Je ne sais même pas si ce sont les profondeurs qui m'attirent, ou moi qui les attire. À vrai dire, il n'y a pas réellement de gravité à proprement parler. En tout cas, je m'y sens bien, et il n'y a rien ni personne à l'horizon. Tout ce qui doit se passer à l'extérieur ne m'importe que très peu.
Les profondeurs sont assez sombres pour empêcher les rayons du Soleil de les traverser. Cependant, certains d’entre eux viennent me brûler les bras. Rien de grave, l’eau dans laquelle je me trouve est assez froide pour annuler le processus. Il ne m’a suffit que d’un instant pour les oublier et passer à autre chose. C’est si apaisant, si doux, si chaleureux, si reposant qu’on ne pourrait plus jamais s’en séparer.
Ça m'arrangerait si personne ne venait me déranger. Même si j'ai l'impression de m'être retrouvé ici par hasard, je n'ai pas envie de m'en extirper. J'ai toujours eu une facilité pour me faire de nouveaux camarades, et m'en séparer ne me gène pas plus que ça. Peut-être parce qu'ils ne m'apportaient rien de bon, ou alors que je me plais tellement ici que j'ai failli les oublier. Quoi qu'il en soit, ces abysses de plus en plus sombres me permettront de me recentrer sur ce qui fait de moi ce que je suis réellement.














