Battle of Agincourt by Alphonse de Neuville

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Battle of Agincourt by Alphonse de Neuville
Agincourt, by Sergey Shikin
The Battle of Agincourt 1415 AD, Marc Miller’s board wargame based on the battle at Azincourt, October 25, 1415 (Game Designers’ Workshop, 1980 boxed version of game, originally released in a Ziploc bag in 1978, a “Series 120 Game” intended for 2 players to complete within 2 hours) This is of course the same Marc Miller and GDW that published Traveller in 1977 -- The supposed divisions between historical and sci-fi and fantasy players, or between wargamers and RPGers, make no sense to those of us who’ll play anything.
Le ciel était pareil à des étoffes teintées à l'anthracite, comme si tous les drapiers de Flandre avaient flambé l'étoffe à l'huile d'orient, et offert au vent du nord ces reliques d'outre fortune. Les cieux se mêlaient à la terre, un ocre vaste nous accueilli. La brume en suspens gangrénait la volonté des hongres : elle puait la brenne, la pisse et la trouille. Même mon fidèle Galisor suspendit son pas, ses sabots rechignaient à passer du sentier à la cuvette, il n'y avait d'autre chemin cependant. Pourtant, il n'avait jamais hésité, d'ici aux Pyrénées, de la Provence aux berges du Rhônes toujours il m'avait mené sans faiblir, sans atermoyer. Tybald piétina à son tour... Or quoi, il n'y avait là-bas, sur ces collines, que quelques vilains Anglois, rompus de coliques et sans armures... Qu'avions-nous à craindre d'autre sinon que la gloire à ainsi vaincre nous manque ? Il n'y aurait certes eu que piètre rançon à espérer, point d'équipement ni d'armoiries... le roi d'en face était seul à avoir gages à monnayer, et le notre le voulait vivant.
– Or ça, Tybald, pourquoi ne presses-tu point le pas ? Le train s'allonge trop à mon goût, seule la prime charge compte ce jour...
– Les bêtes, Seigneur Hagen, les chevaux ont senti quelque chose qui ne leur sied guère... ni à moi non plus.
– Ha... ça puire merdasse et l'eau croupie, quelques loups crevés dans les flaques, piégées par la boue... la pluie fait peser lourd les harnois, voilà pourquoi ils traînent la patte.
– Ce n'est point encore le moment que la bataille empeste, ni l'heure du loup cependant... L'Anglois est traître, vil et mesquin... mais certes pas un imbécile. Il n'aurait pas osé venir à nos portes, sans diablerie au coin du crâne.
– Tu trempes déjà tes chausses ? Il est vrai qu'il n'y aura au terme de l'échange que bien peu d'or à marchander... je savais ton coeur rapace, mais pas ta caboche de si courte vue.
– Messire ?
– Brillons ce jour, et nous pourrons prétendre à suivre le Lys en Cornouaille... On dit la terre noire par delà la grande eau. Et ce n'est pas du butin dont je te parle, mais d'un fief à ton nom.
Il grogna et cracha ses glaires dans les taillis, mais je vis son oeil à nouveau s'enflammer. Je connaissais cette lueur, elle m'avait bien souvent servi. Nombre de mes pairs dédaignaient leurs troupiers, traitaient piétaille comme serf, les laissant à peine rogner leurs restes. Je n'avais jamais commis cette erreur, sans doute d'avoir grandis à leur côté m'avait fait douter de leur supposée bassesse. Même si j'aurais sans doute dû étendre mes largesses de vue à l'ennemi du jour.
La brume se dilua enfin, mais pour mieux laisser place à l'averse... Aussi notre maigre retard sur la première charge des Armagnac, me permit d'enfin comprendre ce qui dans l'air du matin retenait le train de nos montures.
Je les vis tomber comme un castel qu'on effondre au trébuchet. Une mêlée d'hommes et de chevaux piégés dans la boue, dans la cuvette transformée en marais, cueillis par des essaims de flèches angloises. Des traits par milliers qui rompaient les ferrures, la maille et les harnois... pour ceux qui par miracle avaient réussi à s'extirper du piège, point de salut, des spadassins armés de gourdins goinfrés de plomb déboulaient des collines pour leur fêler le bassinet.
Tybald avait recouvré plus vite ses esprits, il aligna ma troupe pour eux de cracher leurs carreaux, en épingler une poignée, pour la forme... Mais très vite quelque capitaine du camp d'en face eut vent de sa manoeuvre, et une nuée de flèches vint s'abattre sur mes arbalétriers... Tybald y laissa une épaule et un bon bout d'oreille, peut-être plus... je sautais de Galisor pour le couvrir de mon écu, bientôt hérissé à son tour de traits assassins.
– Il faut fuir, Seigneur... parvint-il à bredouiller entre deux quintes de sang noir.
Il avait bien sûr raison, mais cette tournure d'esprit n'était pas encore venue visiter la masse des barons Français qui continuaient à se ruer à pleine folie dans la gueule du ravin infernal qu'avaient taillé pour nous les Anglois à fleur de boue.
Nos armures étaient devenues nos tombeaux, croulant sous le poids du limon et de l'eau, transis de froid et d'ire, les miens perdirent tout sens commun. Au contraire des archers Anglois qui ne cessèrent d'enfiler les flèches au bout desquels la Faucheuse faisait bombance, aussi implacables que la roue du garrot...
Je restais en retrait avec deux de mes hommes encore debout, et Tybald qui passait du blanc au gris. Mes deux fantassins survivants miraient avec envie l'essentiel des troupiers du commun, qui fuyaient à toute allure loin de l'atroce pandémonium.
– Prenez Galisor avec vous, installez-y votre sergent... prenez la route de Rouen.
– Mais vous Seigneur Hagen ? balbutieraient-ils de concert.
– Si Dieu veut, nous nous reverrons au Paradis.
Je les vis remonter le chemin boueux, mener Galisor par la bride, qui renâclait autant qu'à l'aller, mais pas pour les mêmes raisons... enfin ils disparurent, emportés par l'horizon.
J'ajustais mon heaume ensuite, brisais l'empenne des flèches qui tapissaient mon écu et sortis l'épée une dernière fois. L'ennemi allait bientôt descendre en masse de son perchoir, d'où il nous avait cueillis comme des passereaux. Estourbir pour de bon, les quelques survivants de cette boucherie sans nom... Je priais Saint Denis d'avoir le temps d'en étriller une bonne dizaine avant qu'ils ne me débordent bien certainement.
Ils finirent donc par me trouver, au détour d'un taillis. Un instant suspendus, médusés par l'aplomb de ma mise, ils se ruèrent finalement toutes lames dehors... j'en coiffais un, en perçais trois avant qu'une une hache traîtresse vint rompre mon bras de garde. Point assez fort cependant pour que je lâche mon bouclier. Il pendait à mon bras inutile, mais mon épaule restait vaillante... Aussi chargeais-je à tout rompre, l'indigne qui par l'arrière m'avait tranché. J'abandonnais mon écu brisé dans sa trogne en lambeaux glougloutant... Alors, ils déferlèrent par trois, par quatre... bientôt six spadassins m'assaillirent... j'en occis, deux, peut-être trois... Mais ils finirent par attraper mon gorgerin... Je vacillais un dernier souffle, parvint tout de même à basculer mon dos sur un vieux chêne. Ils ne pourraient me prendre tout...
Un chevalier se meurt debout.
HISTOIRE | La Belle Histoire de France : Au temps du roi fou (Charles VI) ➽ https://j.mp/3v11xbW Ce chapitre nous montre comment, à partir de 1392, le roi Charles VI est victime, par éclipses, de crises de démence ; comment l'assassinat de son frère par le duc de Bourgogne met la France en état de guerre civile ; comment le roi d'Angleterre Henry V profit de la circonstance ; comment après la défaite d'Azincourt, la France signe en 1420 le traité « honteux » de Troyes
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Vickers-Crossley Armored Car Azincourt, Agincourt.
Learn more about the Battle of Azincourt: the context behind Tod’s test.