Yerle yeksan oluşumun üzerinden geçen beşinci gündü. Gün içinde taşınma hazırlıklarımı az çok tamamlamıştım. Ev boşalmıştı ancak bu bomboş evin duvarlarında bile yaşanmışlıkların izleri vardı. Kaçamıyordum asla. Sağdan soldan eşyaların altından hala ona doğum gününde patlattığım kalpli konfetinin kalpleri çıkıyordu. Kendi kalbim gibiydi, üzerine basılmış. Kıyafetlerim ve şahsi eşyalarım dışında bu evden hiçbir şeyi yanımda götürmeyecektim. Ne kadar mutfak eşyası varsa çöpe atmıştım. Kaşığın bile anısı vardı zihnimde. Ona yemek hazırladığım tabaklar, karşılıklı yemek yediğimiz kaşıklar çatallar bıçaklar, yanımda götüremezdim. Amacım zaten bu yaşanmışlıklardan kaçmaya çalışmaktı. Her şeyi ardımda bırakıp gitmek istiyordum. Gidecektim de. Ama gittiğimde hiçbir şeyin geride kalmadığını, geçmişimin beni bırakmayacağını ilerki günlerde öğrenecektim. Sigaramdan son bir nefes alıp göğe baktım. İz bırakanlar unutulmaz.
Ta Da!! Now you guys get to know who these other two are well.. There my other Sonas I have!! yes I know they look like my main one but that’s only because one has introverted colors and they were just meant to be opposite of my main Sona which then after listening to some songs lead me to create the other one!!
(Écoutez, on va faire comme si personne n’avait vu que je postais une semaine en retard. Si personne ne dit rien, je suis sûre que ça va passer)
Les deux jeunes filles face à face dans l’arène se fixaient avec intensité. Severa plissa les yeux, et Lucina lui répondit par un sourire confiant. Officiellement, elles s’affrontaient pour faire gagner le tournoi interclasse mensuel à leurs maisons ; officieusement, elles étaient deux amies d’enfance qui s’étaient promis un combat épique quand elles seraient plus grandes. Et la foule sentait la tension palpable dans l’air.
Si ce genre d’événement attirait toujours les élèves les plus excités de Garreg Mach, cette fois-ci certains étaient particulièrement bruyants. Owain par exemple. Il menait une bande de supporters qui criaient et sifflaient par-dessus le vacarme.
-Vas-y Lucina ! Tu peux le faire !
En toute logique, Owain aurait dû encourager Severa sa camarde de classe, et pas Lucina qui était dans une maison adversaire. Mais il était têtu, et son sens de la famille dépassait les limites arbitraires imposées par l’Académie. Lucina était et resterait sa cousine.
L’instructeur qui arbitrait le combat s’avança au milieu du terrain.
-Quart de finale opposant (il pointa Lucina) les Aigles de jais (il se tourna vers Severa) aux Lions de saphir ! Allez !
Sans attendre, Lucina passa à l’attaque. Elle plongea sur Severa, qui para de justesse et l’obligea à reculer. Le but n’était pas de la blesser (son adversaire maîtrisait trop bien les parades pour que cela puisse arriver), mais de l’acculer dans un coin du terrain. Voulant finir en beauté, Lucina bloqua l’épée de Severa contre sa garde et tenta de la lui faire sauter des mains.
Mais son amie avait une poigne de fer. Elle dégagea son arme et profita de ce moment de répit pour violemment repousser Lucina. Severa n’était peut-être pas aussi rapide, mais elle avait plus de force physique. Ce fut à son tour de repousser son adversaire jusqu’aux limites du terrain, en bonne position pour avoir la victoire.
Et elle aurait certainement gagné si un cri ne l’avait pas déconcentré à ce moment.
-Se-ve-ra ! Se-ve-ra ! Se-ve-ra !
Ça, c’était Íñigo, un camarade de Lucina. Il s’était lié d’amitié avec Owain en début d’année (aussi rapidement que surprenamment), et depuis, il s’était découvert une nouvelle passion : énerver Severa. Il aimait taquiner tout le monde, en particulier les filles, mais Severa restait sa cible préférée.
Aidé par Sylvain et Caspar, Íñigo portait à bout de bras une grande banderole rouge qui clamait « SEVERA ». Les couleurs étaient trop vives, puaient encore la peinture, et ils braillaient plus fort que Owain. La foule ne tarda pas à éclater de rire.
Ce fut moins drôle pour Severa (si on ne pouvait lui donner qu’un défaut, ce serait la susceptibilité). Rouge de honte et de colère, elle se déconcentra du combat, une aubaine pour Lucina qui en profita. Cette dernière donna un coup d’épaule qui envoya Severa à terre avant qu’elle ne puisse réagir.
-Halte ! s’écria l’instructeur pour signifier la fin du combat.
Applaudissements, cris de joie (ou non) des élèves. Severa fit volte-face en panique.
-Non, attendez…
-Victoire des Aigles de jais ! La demi-finale dans trente minutes, Aigles de jais contre Cerfs d’or !
Il resta sourd aux plaintes de Severa, répliquant simplement que « les règles sont les règles » et qu’elle « n’aurait pas dû se distraire ». Pendant que la foule se dispersait en discutant, Lucina ramena son arme à Severa.
-Sans rancune, j’espère.
-Dans tes rêves ! grogna l’autre, cherchant des yeux ceux qui l’avait fait perdre. Tu n’avais pas à profiter d’un moment pareil, c’est de la triche.
C’était si drôle de la voir se mettre en colère, que pendant un instant, Lucina comprit Íñigo. Heureusement, elle se retint de rire, hochant gravement la tête comme si elle approuvait que oui, en effet, ce fût très bas de sa part. Severa repéra soudain la banderole qui fuyait dans les couloirs, et elle se mit en chasse, prête à faire souffrir ses victimes. Incapable de se retenir plus longtemps, Lucina se tordait de rire.
Elle fut interrompue à l’arrivée de Byleth, qui était accompagnée d’un inconnu.
-Oh, Professeur ! Vous avez vu ce combat ?
-Tu t’es bien battue, affirma-t-elle avec une trace de fierté, ce qui était déjà beaucoup. Mais comme je te le dis toujours, tu as pris trop de risques. Tu dois jouer sur ta défensive, et toujours penser à protéger tes flancs. Tu te serais fait blesser en situation réelle.
La professeur Byleth était la raison pour laquelle Lucina avait changé de maison : ses cours étaient plus avancés, elle enseignait des techniques plus pointues et elle apportait son expérience pratique de mercenaire (qui manquait aux autres professeurs si on avait demandé son avis à Lucina). Pourtant, cela s’accompagnait aussi d’une plus grande exigence, qui pouvait parfois peser lourd.
-Excusez-moi Professeur, je ferai mieux la prochaine fois…
Elles discutèrent encore du combat, faisant le lien avec les cours précédents, jusqu’à ce que la curiosité prenne le dessus sur la politesse. L’inconnu derrière Byleth n’avait pas ouvert la bouche, mais il intriguait déjà Lucina. Peut-être par le fait qu’il dégageait quelque chose… d’ailleurs. Rien qu’à son apparence, on devinait qu’il venait de très loin. Lucina essaya de demander subtilement à sa professeur de faire les présentations.
-Ah oui, dit Byleth en passant du coq à l’âne, comme toujours sans se dérouter (un pari avait été lancé à son arrivée pour déterminer qui réussirait en premier à la surprendre. Personne n’avait encore gagné). Voici Sir Robin, mon nouvel assistant. Il m’assistera dans mes cours et les sorties.
Lucina fronça les sourcils. D’abord, Byleth n’avait jamais eut besoin d’aide, ni d’assistant, alors qu’à son arrivée, elle ne connaissait pas l'existence même de l’Église. Ensuite, cet « assistant » était très jeune, tout juste plus âgé que la plupart des élèves. Dame Rhéa avait-elle vraiment approuvé ça ? Elle mit ces réflexions de côté pour se concentrer sur la discussion.
-Bienvenue dans notre Académie, Sir Robin. Est-ce que je peux vous demander ce que vous allez nous enseigner ?
-Un peu de tout, dit-il avec un petit rire. L’escrime, la magie, mais surtout la tactique militaire.
Oh, ça devenait tout de suite plus intéressant.
-C’est la première fois que j’entends parler d’une matière comme ça au monastère ! En quoi ça consiste ?
Il la regarda en souriant, une seconde de trop peut-être, parce qu’elle ressentit un certain malaise. Lucina se demanda même s’il avait compris sa question ou si elle devait répéter.
-En somme, je vais vous apprendre à diriger un groupe de soldats sur un champ de bataille. C’est plus compliqué qu’il y paraît, il faut connaître les points forts et les points faibles de ses troupes, leurs compétences, mais aussi leurs caractères individuels. Ça a une grande influence sur les réactions qu’un combattant peut avoir sur le champ de bataille. Pour ça, souvent…
Il fut coupé en plein phrase par l’arrivée de Petra, qui avait l’air soulagée de les voir.
-Excusez-moi Professeur, dit-t-elle en s’inclinant légèrement. Je ne veux pas imposer ma présence, mais nous demandons Lucina pour les prochains événements du compétition. Notre groupe de… notre équipe a seulement peu de temps restant pour se préparer aux moitiés de finale.
-Aucun problème, nous étions en train de présenter mon nouvel assistant, Sir Robin.
Petra mit une main sur son cœur, avec le plus grand sérieux.
-C’est un plaisir de vous connaître. Les situa... les circonstances ne sont pas bonnes pour se connaître, et je suis très désolée pour ça.
-Nous allons nous revoir en classe de toute façon, souligna Lucina. Merci encore pour vos conseils Professeur, je n’oublierai pas de les appliquer.
Ils saluèrent encore les enseignants et s’éclipsèrent, pendant que Petra expliquait à Lucina que Ferdinand l’avait cherché partout pour lui parler de la suite du tournoi. Il était tombé face à Felix pour son premier combat et s’était fait battre (ce dont il ne se remettait pas), alors il voulait veiller à ce qu’elle réussisse à sa place.
Mais Lucina n’arrivait pas à se concentrer sur ce que son amie lui disait. Elle repensait encore à Sir Robin et au sentiment étrange qu’elle avait eut en parlant avec lui. C’était une impression diffuse, qu’elle n’arrivait pas à cerner précisément. Presque comme si… comme s’il l’avait fixé, mais sans la regarder en face ?
Petra lui posa une question et elle sortit de ses pensées, décidant que ça n’avait pas tant d’importance. Après tout, ce n’était qu’un trouble passager, et les premières impressions sont souvent fausses. Non ?
§§§
Robin la regardait s’éloigner. Il écoutait à peine ce que lui disait Byleth, il ne savait même pas si elle lui parlait ou non.
Quand il s’était sacrifié pour tuer définitivement Grima, et que Naga lui avait assuré qu’il retrouverait ceux qu’il aimait, par-delà la mort elle-même, il ne s’était pas attendu à… ça.
À son réveil, il était allongé dans un champ, dans un pays inconnu, sur une terre inconnue. Premier réflexe, il s’était dit « encore ? ». Sauf que cette fois, il gardait tous ses souvenirs (c’était sans doute pire), et qu’on l’avait pris pour un fou quand il avait nommé Chrom, Ylisse et même Naga. On lui avait assuré que rien de tout cela n’avait jamais existé.
Alors il avait fait passer tout ça pour les rêves délirants d’un amnésique (certains rôles ont la vie dure) et on lui avait tout expliqué. Enfin, non, on lui avait expliqué tout ce que le peuple pouvait savoir. Robin avait vite compris que les connaissances (les documents, les cartes, les traités historiques, scientifiques, l’éducation en générale) étaient en grande partie gardées par l’Église.
Ce qui voulait dire que si quelqu’un savait comment le faire rentrer chez lui, c’était un membre de l’Église.
Il s’était engagé dans l’Ordre de Seiros, ce qui avait été surprenamment facile (même s’il fallait relativiser : Robin était un des mages les plus puissants de son monde et il avait tué un dragon millénaire. Peut-être que ses standards étaient plus élevés que la moyenne), et il avait pu savoir tout ce qu’il voulait sur cet endroit étrange : Seiros, les emblèmes, l’Église, l’Empire, les guerres, Garreg Mach, le Royaume, l’Alliance, etc...
Mais cette facilité était à double tranchant : on l’avait rapidement remarqué. Il ne pratiquait pas la magie de la même façon qu’à Fódlan, alors on pensa qu’il était un prodige, une sorte de nouvelle génération de mage qui révolutionnait toute l’étude de la magie. Plus ou moins avec son accord, on l’envoya à Garreg Mach pour enseigner tout ce qu'il savait. Si Robin fut d’abord très contrarié de ce contre-temps, il se rendit vite compte que c’était la meilleure chose qui ait pu lui arriver (ou la pire, parce qu’il pensa devenir fou).
À peine arrivé au monastère, il pensa reconnaître Cynthia sur un pégase. Puis ce fut la haute silhouette de Laurent, au détour d’un couloir, Kjelle sur la place des marchands, Say’ri qui discutait avec un soldat. Et maintenant Lucina.
Lucina, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, c’était le dernier clou dans son cercueil, c’était la tentation ultime. Après s’être tué volontairement, après ces jours où il avait pensé à tout abandonner parce qu’il était seul, de retour à la case départ, perdu dans un endroit auquel il était complètement étranger alors qu’il venait de se trouver une famille, une maison. Après tout ça, il la voyait enfin et il avait envie de fondre en larmes.
Elle était tout près, réelle, mais elle ne le reconnaissait pas.
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