On ne peut pas énoncer certaines vérités sans dire des énormités :
Car il ne sâagit que dâun versant du problĂšme : une libertĂ© vue comme quelque chose de âsubiâ.
Lâagir en est absent, le dĂ©sir aussi paradoxalement, mais ça a le mĂ©rite de pointer un danger associĂ© Ă une certaine idĂ©e de la libertĂ© dissoute dans le âdroit Ă â.
Si la pensĂ©e croit pouvoir contenir le dĂ©sir, câest pour mieux lâĂ©luder et le conserver Ă la fois, analement. Mais cette dĂ©-dialectisation fixative, fausse dans le sens dâune complĂ©tude paradoxale implicite, laisse envisager le caractĂšre transitoire de toute ârĂ©alisationâ, quâelle soit personnelle ou sociale.
En effet câest cela qui est juste, au lieu dâune conjuration impossible de lâimpermanence, de lââillusionâ, qui prise comme fin mot revient Ă une nĂ©gation de la division du sujet (qui porte bien son nom), finalement du vide, une confusion du dĂ©sir et de la volontĂ©.
Ăa travaille, mĂȘme sans objetâŠ
Mais surtout câest circulaire et le comique de ce discours câest quâil nâest lui-mĂȘme que lâexpression de lâUtopie mÄme, mais déçue (Ă raison !), Ă savoir quelque chose visant prĂ©cisĂ©ment du dĂ©finitif, refusant de vivre son dĂ©sir parce quâĂ lĂ longue ça sâĂ©puiserait, justement, dâune maniĂšre ou dâune autre (*). Il sâagit lĂ de ne pas vivre quelque chose parce que ça aura sa fin (et non pas quâil y a inadĂ©quation finale entre dĂ©sir et agir, volontĂ©, donc souffrance, par une faute Ă©thique inĂ©vitable et souverainement Ă©puisante, dĂ©contenançant consĂ©quemment, finalement, lâidĂ©e de la possibilitĂ©, existence, du rapport mĂȘme entre des essences supposĂ©es, qui elles-mĂȘmes ne se rencontrent pas car elles sont dĂ©jĂ une, pas uniquement Ă cause de la dissymĂ©trie des dĂ©sirs).
Câest justement lâaffirmation dâune libertĂ© parfaitement illusoire (dĂ©s-illusion) qui se dĂ©nonce elle-mĂȘme (certes pour dire des choses pertinentes), comiquement, alors que le dĂ©sir est en fait lĂ dĂ©sespĂ©remment Ă©crasĂ© pour lâessentiel.
(*) Câest Ă cause de la tentation inutile dâune telle fuite que nous ne croyons pas du tout au âbouddhisme pour tousâ (dans le sens dâabstinence sans expĂ©rience) bien quâil soit toujours bon de sâinstruire, sâasseoir plutĂŽt que compenser constamment Ă lâaire du crĂ©tinisme illimitĂ© et obligatoireâŠ