Ентузіязм (Симфонія Донбасу) / Enthousiasme (dir. Dziga Vertov, 1930)
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Ентузіязм (Симфонія Донбасу) / Enthousiasme (dir. Dziga Vertov, 1930)
Quand le prof est beaucoup trop réveillé pour un cours en ligne à 8h du matin.
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anonymous asked:
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Ce sont les Grecs qui nous ont légué le plus beau mot de notre langue : le mot " enthousiasme" - du grec “en théo”, un Dieu intérieur.
Louis Pasteur
L’homme est une créature qui ne peut vivre sans enthousiasme. L’enthousiasme est l’état où tous ses sentiments et toutes ses pensées coïncident dans un même esprit. Tu penses presque le contraire, que ce serait l’état dans lequel un sentiment est plus fort que tous les autres, sentiment unique qui emporte tous les autres (être emporté !) ? Non, tu ne voulais rien dire ? Néanmoins, c’est ainsi. Et c’est aussi autrement. Mais la force de cet enthousiasme manque d’appui. Les sentiments et les pensées n’acquièrent une continuité qu’en s’étayant les uns les autres, en formant un tout, il faut qu’ils soient, en quelque sorte, orientés dans le même sens, qu’ils s’entraînent mutuellement. Par tous les moyens, les stupéfiants, les illusions, la suggestion, la foi, la conviction, quelquefois simplement grâce au pouvoir simplificateur de la bêtise, l’homme s’efforce de créer un état qui ressemble à celui-là. Il croit aux idées non parce qu’il leur arrive d’être vraies, mais parce qu’il doit croire. Parce qu’il doit faire régner l’ordre dans son cœur. Parce qu’il doit boucher au moyen d’une illusion ce trou dans les parois de sa vie par lequel ses sentiments ne demandent qu’à fuir à tous les vents. La voie juste serait sans doute, plutôt que de se laisser aller à de passagères illusions, de chercher au moins les conditions de l’enthousiasme authentique. Mais, bien que le nombre de décisions qui relèvent du sentiment, tout compte fait, soit infiniment plus élevé que le nombre de celles que peut prendre l’intelligence seule, bien que tous les événements qui touchent les hommes naissent de l’imagination, seuls les problèmes rationnels se révèlent soumis à une organisation supra-personnelle ; pour tout le reste, il n’a jamais été rien fait qui mérite d’être appelé un effort commun, ou qui révèle ne serait-ce que la reconnaissance de son urgente nécessité
Robert Musil, L’Homme sans qualités, tome 2, Éditions du Seuil, 1956
Nietzsche marche moins longtemps. Depuis cette éclaircie, il emporte le matin quelques feuilles de papier, un crayon — rarement un livre. À midi, quand le soleil est assez chaud, il s'allonge un instant, fermant ses yeux presque malades de trop de lumière. Il note quelques mots dictés par la musique qui chante dans sa tête, dictés par ses muscles qui aimeraient bondir. C'est par le corps que l'esprit se découvre : voilà la grande leçon de la vie. Voilà surtout la leçon de la maladie, des souffrances continuelles, de la solitude. Fallait-il en passer par elles pour découvrir la santé ? Sur le chemin de Portofino, Nietzsche ne sait plus très bien s'il danse, s'il chante ou s'il écrit. Aurait-il retrouvé l'harmonie parfaite de la « mousike » grecque, l'équilibre total entre le poème, la musique et la danse ? Il voudrait que ses phrases chantent comme une musique et que ses mots réveillent comme une danse. Longuement, il s'attarde devant un pin parasol qui, « silencieux et aux aguets, se laisse pendre au-dessus de la mer ». Combien d'années a-t-il fallu au vent pour coucher cet arbre au bord de la falaise ? Seul, l'arbre résiste et, chaque année, développe ses larges branches. Il vit. Suspendu au-dessus du gouffre, il grandit. L'après-midi, Nietzsche reprend sa marche. Mais son corps a comme perdu contact avec le sol. Il ne voit plus ce que les autres voient : il « plane au-dessus des airs comme un oiseau », il est transporté, « avec la conscience plus nette d'une multitude de frissons ténus irriguant jusqu'aux orteils ». Ce n'est plus son esprit qui parle, c'est son corps. Le voilà prêt à bondir, prêt à danser, prêt à « écrire avec le pied ». Lentement, la lumière du soir tombe sur Portofino, il est allé se promener jusqu'au phare, au-delà du village, d'où l'on a une vue complète sur le golfe de Rapallo. Entre les ifs et les pins parasols, il a versé des larmes de joie, comme à Sils devant son rocher. Il veut fixer à tout jamais dans sa mémoire le paysage et la lumière qui lui ont apporté la délivrance. À cette heure, tout se teinte d'or, même la mer. Il n'est plus ni Philoctète, ni Empédocle, il est tout simplement Dionysos, Dionysos « enthousiastikos » — possédé par la divinité. Il a, d'un seul coup, dépassé douleur et raison. N'est-ce pas l'extase du danseur ? N'est-ce pas l'ivresse ? N'est-ce pas l'image de la ménade sortie d'elle-même pour aller retrouver son dieu ? N'est-ce pas le satyre bondissant ? — Béatrice Commengé (La Danse de Nietzsche, 1988)
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photo : Rainer Behr dans le ballet Nefés mis en scène par Pina Bausch (par Ursula Kaufmann, 2003)
N° 96 : “ Enthousiasme “
Pastel gras (50 x 65 cm) réalisé le 25/07/2018
Sur le thème des émotions et des états d’esprit : ma représentation de l’enthousiasme
Imposture heureuse