" Message de soutien,
Comme une bouteille à la mère"
Pardon..
Je sais.
Je sens.
Je t’aime.
Je vois.
Je renonce.
Et je comprends.
N’oublie pas.
S’il te plaît, n’oublie pas,
C’est important.
Tu verras
Ce je ne sais quoi.
Il pleut.
Je suis sûr qu’ils le savent,
Même s’ils ne me voient pas.
Profite de la pluie pour me laisser partir.
Là, ils ne me verront pas : ils sont en train de dormir.
Tu sais,
Je suis sûr qu’ils comprennent.
Ils devinent.
Au moins ils imaginent
Ce qu’est la pluie.
Et je suis sûr
Qu’ils se mettront à l’apprécier,
En tout cas c’est ce que j’imagine.
Et toi aussi.
Je sais que tu sais le faire,
Tu le fais déjà
Quand tu réinventes le passé
Et que tu le redessines.
Je t’ai vue prier,
Je t’ai entendue pleurer…
Moi qui arrive à te faire crier.
Et tu sais, ma chérie, je ne peux pas t’en parler.
Je n’étais pas censé le voir.
Je n’étais pas censé être là.
J’étais dans le placard,
Là où tu m’as caché,
Là où tu m’as oublié
Pour ne pas qu’ils me voient.
Ton fils et ton mari ne devaient pas le savoir.
Tu t’en veux.
Tu me caches.
Tu fais comme si tu ne me voyais pas.
Je suis dur avec toi, ma chérie.
Je t’aide à renaître à la vie,
Du moins c’est ce que je te dis,
Pour que tu m’accordes ton temps.
Tu sais de quoi je parle :
J’atténue ton mal de ventre,
Tes tourments.
Tu aimes quand je te prends aux tripes,
Quand le temps se suspend, et que tu m’évites,
Quand je te surprends,
Et que tu avales jusqu’à la dernière goutte de mon liquide que tu aimes tant,
Quand je te décoiffe
Et que je dégrade ton beau visage.
Tu me détestes,
Mais tu as besoin de moi dans ta vie.
Tu as besoin de moi quand tu penses à te pendre,
De moi et de ma grosse…
Vite.
Tu as hâte d’en reprendre
Avant que tu n’oublies
Que je te ferais perdre ton mari.
Ne me déteste pas : je suis ton ami,
Un ami qui te détruit,
Qui te détruit pour la vie,
Qui te comprend
Et qui te rassure,
Qui te comprend et qui te rassure dans la nuit,
Un ami qui détruit ta famille.
Tu penses pouvoir me cacher encore longtemps, ma chérie ?
Dis-leur la vérité
Au lieu de te noyer dans ton lit.
Ils peuvent t’aider,
Ils peuvent comprendre.
Ton mari te pardonnera si tu lui en parles à temps,
Si tu es prête à te reprendre.
En réalité, c’est ce qu’ils attendent depuis longtemps,
Et ton fils aussi.
Parle-leur de moi et de ma gosse triste,
Parle-leur de moi
Et de ta pauvre vie.
Ce n’est pas eux que tu détestes,
Ce n’est pas ton mari…
Ma chérie, ce n’est pas ton frère non plus.
Le problème,
C’est que tu ne vois plus,
Tu ne veux plus voir.
Tu penses qu’il est trop tard,
Et peut-être as-tu raison.
Tu te confies à moi,
Pourquoi tu ne leur parles pas ?
Tu les prends pour des cons ?
Tu te caches toutes les deux secondes
Pour me retrouver.
Ma chérie,
Ils le savent…
Quand ils t’embrassent, ils le savent, tu sais.
Ils reconnaissent à ton baiser un goût différent,
Un peu plus prononcé,
Ton visage fatigué,
Tes cheveux décoiffés…
Ton enfant t’entend gémir
Quand je suis en train de te défoncer…
Et le pire,
C’est qu’il risque de le reproduire… dans quelques années…
Tu vas me détester, ma chérie.
Je veux juste te dire la vérité,
Moi qui te fais mentir
Sans arrêt.
Tu me trouves dur ?
Et je le suis.
Mais ma chérie, je ne t’ai jamais épargnée,
Ils si sont habitués à cette vérité.
Tu te fais du mal, tu sais,
Laisse-moi partir.
Il faut accepter
Ce qui s’est passé.
Je sais que ça ne te fait pas rire,
Et ne plus me voir
Ne te ferait plus fuir.
Et il va falloir assumer,
Si confrontée,
Et puis tu t’y es tellement habituée
À ce mode de vie.
Tu m’aimes,
Moi et mon besoin de te comprendre et de t’évader.
Ce n’est pas facile,
Mais tu vas y arriver.
Je t’ai fait trop de mal…
À peine rentré tu n’arrives plus à marcher droit,
Et puis ça devient ridicule, tu sais..
Tout le monde me voit...
Ma chérie,
N’oublie pas.
S’il te plaît, n’oublie pas,
C’est important.
n’oublie pas,
Que tu ne peux pas oublier.
Laisse-moi partir.
Ne me tends pas un verre,
Ne prononce pas un "mais".
Prends une bouteille
Et jette-la à la mer…
Ma chérie,
C’est la merde…
Ton mari
A le même plaisir que toi.
Vous devez me laisser partir
Sans rien dire.
Et pour une fois, c’est promis :
On n’en reparle pas.
Tes enfants sont magnifiques.
Ils ont besoin de toi.
Justice (Qr)
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