Oké. J’accepte que le temps ne soit qu’une construction humaine et sociale mais fuck it quand même.
Il était une fois, il y a un an et demi, une décision de médecins - avec mon consentement - d’opérer mon genou gauche des suites de mon accident en 2018. Du fait qu’il a fallu retrousser mon articulation pour installer une bonne dizaine de vis pour tenir tout le bordel qu’était mon genou, depuis l’opération, je ne peux pas le plier au delà de 90° degrés ni le tendre à plus de 15° degrés. Degrés angulaires, pas Celsius.
Pour info : 0° degré = jambe tendue et 180° = genou hors du genou, sang et pied dans le cul.
Du coup, pas pratique pour essayer de se mettre debout et de tenir - did I mention que je suis handicapé des muscles ? Pas pratique non plus pour mettre ses chaussettes et ses chaussures. D’où le besoin d’opérer à nouveau afin d’essayer de décoller toutes les adhérences et les cicatrices des tissus pour regagner en mobilité.
J’étais censé me faire opérer en avril 2020. Mais en mars, la recalcification osseuse suite aux fractures n’étant pas encore très bonne, le chirurgien décida de repousser l’opération de 6 mois, à septembre 2020. Blague
Après avoir passé l’été à essayer de faire poser cette pustule de date opératoire histoire d’être certain de pouvoir avoir de la place car COVID, bah il n’y en avait plus, évidemment, du coup repoussée encore à décembre. Blague n°2
Si jamais, c’était considéré comme urgent. Car dans ma situation, si je perds des muscles, je ne les récupère pas. Ou pas totalement.
Décembre arrive. La deuxième vague COVID aussi. On m’annule l’opération en me disant qu’on me contactera en janvier pour l’agender rapidement. Blague n°3
Nous arrivons en mai. 6 mois après les dernières informations. Depuis, malgré mes nombreux appels, je n’ai pas eu de nouvelles. Aucune. Zéro. Pas même d’explications. Alors que je sais que les opérations ont reprises début février aux HUG et que trois connaissances se sont faites opérées de choses pas urgente du tout.
Evidemment, on commence à paniquer, on se met dans des états pas possibles, on veut tout envoyer chier et on n’est totalement perdu et insignifiant quand notre avenir personnel et professionnel dépend de l’agenda d’un type.
Jusqu’à la semaine passée. Lundi. Un rendez-vous à l’hôpital. Enfin ! Des questions débiles comme : “Alors, est-ce que vous voulez toujours faire cette opération ?” et des réponses décisives du style : “Je n’ai pas attendu un an et demi à me toucher pour décider de me toucher tout le reste de ma vie.” Avec une once de coup de gueule diplomatique en expliquant que le COVID, maintenant, n’est plus une excuse valable pour me mettre de côté. Résultat : bim. Opération fin mai !
Mais j’ai tellement hâte de mettre toute cette histoire derrière moi et pouvoir enfin aller de l’avant ! Owi ! Je tiendrai l’Univers informé via ce blog car ça va être une longue récupération et rééducation. Un été à l’hôpital. Ça va être sympa. Un hôpital pas très isolé et probablement un petit 30°, Celsius cette fois ci, à l’intérieur.