La réaction de mes anciens internes de réa quand je leur dit que je ne fais que deux demi-journées par semaine en med gé

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La réaction de mes anciens internes de réa quand je leur dit que je ne fais que deux demi-journées par semaine en med gé
Quand la conf des internes finit à plus de 22H
Warning : Medstudents
Alors je pose ça là : http://mobile.lemonde.fr/sante/article/2017/06/13/66-des-futurs-et-jeunes-medecins-souffriraient-d-anxiete_5143429_1651302.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com
Voilà, c’est pas la meilleure introduction du monde, mais si vous prenez la peine de cliquer, vous saurez que je n’en ai pas besoin. Il y a urgence, mais personne ne bouge. Alors oui, avoir des statistiques, des chiffres, c’est un début (un bon début si on considère que ce sujet est tabou dans le milieu médical).
Seulement voilà, il faut faire quelque chose. Il y a déjà eu 5 suicides d’internes depuis le début de l’année, c’est un fait établi, pas une chimère inventée par les illuminatis.
Alors oui, ce que les anciens nous répondent c’est “ça a toujours été comme ça, ces études ont toujours été difficiles, mais les jeunes de maintenant, ce sont des victimes, ils ne veulent pas travailler” blablabla...
Je mets ici une citation tirée de mon entretien avec le vice doyen de ma faculté :
- “Ah oui mais nous avons plein d’étudiants qui font des dépressions, qui sont hospitalisés en psychiatrie, faut pas vous en faire, c’est normal”
- “L’explication c’est que vous les jeunes d’aujourd’hui, vous êtes moins aptes à faire face, vous n’êtes pas adaptés au monde”
Depuis quand c’est normal de se retrouver en psychiatrie à cause de ses études? Depuis quand on banalise la souffrance des gens? Alors oui, on est en médecine, oui ça demande des efforts et des sacrifices, oui c’est difficile. Tout ça on le savait (pour la plupart) en s’engageant. Mais dire que c’est normal, ça me fait hurler. De la part d’un médecin, un soignant, c’est à dire quelqu’un sensé soulager la souffrance, dire que c’est normal c’est comme dire à quelqu’un d’amputé “ah bah oui c’est coupé, mais vous en faites pas, ça va repousser”.
En fait c’est une deuxième sélection qui s’opère ici, après celle du concours de première année : la sélection par le mental. Or, je trouve ça particulièrement injuste : nous aussi on a bossé comme des malades, on s’est impliqué, on a fait de notre mieux. Alors, sous prétexte que nous serions plus fragiles, nous n’avons pas le droit d’être médecins? C’est quoi cette connerie?
Et quand on cherche à se réorienter, tout le monde se met à hurler “mais non, tu ne vas pas faire ça”, “ce serait du gâchis, tu as déjà fait 4 ans”, mais personne ne cherche à nous aider. Nous sommes fatigués, usés, au bord du gouffre, et on nous culpabilise encore, personne ne nous aide à trouver une solution. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des suicides d’internes. La maladie mentale (c’est comme ça que je classe l’anxiété, la dépression et tutti quanti) est un énorme tabou dans le milieu médical. Personne n’en parle, et si vous avez le malheur de l’évoquer, les gens fuient, se détournent. C’est plus facile de faire l’autruche. Et quand quelqu’un met fin à sa vie, on dit “le pauvre, on n’avait rien vu venir” : si, vous l’aviez vu venir, mais vous n’avez pas réagi, vous avez eu honte et vous avez détourné le regard.
C’est à vomir. Ces gens ont la capacité empathique d’une petite cuillère. Vous voulez être médecins et vous ne vous souciez pas de la souffrance de vos propres collègues, pire, vous préférez fermer les yeux? Vous devriez avoir honte, c’est vous qui n’êtes pas fait pour être médecins. “Se blinder”, expression fortement employée au début du parcours médical pour désigner le fait de prendre du recul et de ne pas trop s’impliquer émotionnellement, ne veut pas dire que vous devez ignorer les autres.
Voilà, c’était un (petit) coup de gueule d’une externe qui n’en peut plus et qu’on force à continuer.
🩺 Internes épuisés, hôpitaux périphériques à l’abandon, patients en danger : et pendant ce temps, nos élites s’endorment en Knesset. Réveillez-vous avant l’effondrement.
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