Karl-Heinz et son Doux Ami Moustachu
Hitler arriva, et Karl-Heinz ne voulut pas l'énerver. Il voyait qu'il était soupe-au-lait et avait entendu parler des ses colères qui étaient vraiment trop stressantes, notamment quand il poussait des petits cris stridents, plus ou moins comme un rat.
Karl-Heinz avait des intérêts liés à une des grosses entreprises qu'Hitler venait de réquisitionner, ou de faire un deal avec, il ne savait pas exactement. Aussi décida-t-il assez rapidement de toujours obéir à Adolf, en échange de quoi le maître lui offrait des cigares, du vin, et échangeait parfois un repas copieux avec lui. Karl-Heinz se sentait finalement beaucoup plus fier d'être proche d'une célébrité si charismatique qu'honteux de fréquenter de près un malade mental aux projets ultra-violents. Il considérait Mein Kampf comme de la bonne littérature mâtinée de métaphysique et de philosophie politique, mais aussi comme une sorte de délire d'un poète, auquel il ne fallait pas prêter une attention trop soutenue pour ne pas sombrer dans la négativité.
Aussi, lorsque les conversations menaient au livre, préférait-il éluder lorsqu'Hitler souhaitait s'appesantir sur les passages violents ; en général, il tournait la page vers des passages qu'il avait sélectionnés avant qu'Adolf vienne, et orientait la discussion dessus.
Lorsqu'Adolf commença à mettre en oeuvre ses projets, Karl-Heinz se dit que ce qu'on en disait était exagéré, et refusa d'aller voir ce qu'il se passait. Ses sentiments vis-à-vis du maître changeaient peu : il se disait que quelle que soit la réalité, Adolf se calmerait ; d'autre part, il n'aimait pas les pédales, comme il disait, et n'était pas mécontent qu'Adolf commence à leur mettre un peu de plomb dans l'aile. Il y avait en particulier un homosexuel juif de Hambourg qui avait lourdement dragué Karl-Heinz trois ans auparavant que notre doux et courageux héros eût aimé voir travailler un peu plus dur, pourquoi pas dans un camp dédié. Basile Pesso, Barcelona, 6 juillet 2 017 Molodoi, 15 Nations en Flammes (Episode 1 de Oncle Adolf - A suivre)












