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Préquels : Spécial Noël : Partie 2
Suite des préquels de Noël, (première partie ici) avec maintenant : Dan, Adia, Myriam, Martin, Maël et Marina. (si vous avez un doute sur quoi que ce soit, n’hésitez surtout pas à aller regarder dans les pages Personnages & Relations qui sont là pour ça). (encore pas de musique pour cause de capricieux tumblr) TW : Famille toxique / suggestion de TCAs / suggestion de dépression / veuvage / complexe sur l’intelligence / gens de droite / relations entre sœurs conflictuelles / mention de divorce
Dan finissait de mettre la table. La soirée de Noël l’angoissait un peu. Il aimait beaucoup sa famille, mais c’était toujours flippant de revoir ses cousins biens mieux que lui, son oncle et sa grand mère qui allaient lui faire mille remarques passives agressives, et sa mère qui allait lui supplier de sourire avec elle même une moue forcée. Il s’attendait déjà à certain lot de remarques. Son oncle allait demander si il allait bientôt ramener une copine et il était évidemment hors de question de lui répondre qu’il était bloqué sur son ami d’enfance depuis qu’il était en Ce2. Sa grand mère allait asséner à ses parents des “mais vous le nourrissez bien, au moins ? Il est tout maigre.”. Génial. Il avait eut la remarque contraire la moitié de son enfance et de son adolescence mais ça faisait trois Noël qu’elle répétait les mêmes choses, comme son poids s’était stabilisé. Il devait se saper aussi, et merde, c’était vraiment une source d’angoisse, encore une fois. Déjà parce que ses seuls trucs habillés étaient près du corps et qu’il détestait ça, et que sinon tout le monde allait lui dire qu’il ne savait pas choisir de fringues de fêtes. Quelle prise de tête. Il fixa la crèche, remettant en place l’âne en plastique tombé par les courants d’air. Voir ça le rendait un peu nostalgique. Petit, il avait fait la crèche plusieurs fois avec Martin, qui même si il était athé avait trouvé particulièrement drôle de placer des figurines en plastique dans une petite niche aménagée. Martin… Il avait envie de lui offrir un cadeau cette année en revenant en cours, mais il n’arrêtait pas de changer d’avis. Rien n’était encore assez bien. Ou peut être juste que Martin était trop bien pour tout. Il sentit une main glacée sur son épaule et eut un mouvement de recul. Sa mère, en robe blanche et maquillée en dorée lui souriait, l’air encore affairée.
“Désolé si ce soir c’est encore un peu le même cirque avec Mamie et tonton… Tu sais bien comment ils sont.”
Dan haussa les épaules et fit un demi sourire. Il commença à avoir l’habitude.
“Tu sais… j’ai réagis un peu à chaud avant hier, je comprenais pas trop. Mais à propos de notre discussion…”
Oh non, non, non. Si seulement elle avait pu oublier. Dan voulait juste qu’elle ne reparle plus jamais de leur échange durant lequel il avait fait un coming out peu assuré.
“Je veux que tu saches que je tiens à toi, d’accord. Et que en vrai, ça me regarde pas, le plus important c’est que tu sois heureux. Et je serais contente que tu ramènes une fille ou un garçon à maison. Ça changera rien, d’accord ?”
Une sensation de soulagement envahit Daniel. Il avait eut tellement peur quand elle avait commencé à en parler, mais si c’était pour lui dire ça, ça valait clairement le coup. Sa mère l’enlaça et il répondit à son embrassade. Ça faisait du bien, qu’elle sache. Il ne risquait pas de ramener grand monde pour l’instant, et surtout pas son “meilleur ami” hétéro, mais au moins, il n’avait plus l’impression de lui mentir à moitié. Ce Noël avait au moins quelques bons points.
“Maman rentrera vers 7h ce matin, on offrira les cadeaux à midi comme vous êtes grands toi et Naïm, d’accord ?”
Adia avait grimacé, alors qu’elle aidait son père à finir de nettoyer la maison de fond en combles. Oui, c’était logique, Dima travaillait comme chirurgienne, elle n’allait pas laisser une hernie discale ou une appendicite en plan car elle voulait aller boire du champagne en famille. Mais bon, c’était frustrant, de passer Noël en décalé, et de faire une demie fête le soir même sans sa mère. Alors qu’elle râlait silencieusement, son grand frère rentra, engoncé dans son manteau et les bras pleins de sacs de courses, suivit d’Hugo, son petit ami, lui aussi très chargé.
“Eh bah quand je vous demande de faire les courses, vous vous moquez pas de moi, les garçons”
Elle et son père était venus leur prêter main forte au couple, tentant de tout faire tenir dans le frigo. Alors que le couple sa taquinait, Adia faisait tout pour retarder ce qu’elle savait qu’elle devrait faire après. Elle n’avait pas envie de se confronter à ça.
“Adia… Tu penses que tu pourras aller chercher Mamie, après ? Elle dois encore dormir dans sa chambre.”
Et voilà. Son frère vient à la rescousse aussitôt.
“Je peux y aller, sinon ? Ça fait longtemps que j’ai pas vu Mamie.”
Merci Naïm, pensa Adia, et échangeant avec ce dernier un sourire tristement complice. C’était dur de se confronter pour elle à la détresse de sa grand mère, surtout qu’habitant encore ici, elle la voyait presque tout les jours. L’aïeule était déjà malheureuse avant d’être veuve, et la tragédie n’avait rien arrangé. Adia ne savait jamais comment se comporter face à elle, et n’en ressortait qu’avec une culpabilité tenace et une impression d’impuissance. Et elle se sentait si éloignée. C’était une impression réellement troublante, comme un mur de silence et d’incompréhension.
Heureusement, elle avait un chouette grand frère, se dit elle en rangeant le crémant. Là dessus, elle avait toute la chance du monde.
“C’est sûr que ce sera pas les mêmes cadeaux que l’an dernier…”
La voix d’Anne était douce et presque railleuse, mais Myriam préférait ça à tout ce qu’elle avait pu vivre avant. L’adolescente sourit et leva les yeux au ciel, avant de sortir une petite bûche glacée du frigidaire. C’était si étrangement calme pour un Noël. Pas de frères, sœurs, cousins pour mettre une certaine animation. Pas de déballage indécent de fric. Pas d’oncle aux pompes à un prix indécent. Tout était dans le petit salon d’Anne, dont la plante verte mourante avait été décorée de boules rouges et dorées, ainsi que d’une guirlande lumineuse clignotante. Myriam ferma les yeux une seconde, s'imprégnant des odeurs de bouffe et du fond musical doux. C’était son premier Noël sans réflexions de droite. Mais aussi son premier Noël sans ses parents. Sans Isaure et Médéric. Ne pas regretter, juste profiter. C’était Noël après tout. Elle s’assit en silence à côté d’Anne sur le canapé gris. Sa tante lui tendit un verre de vin blanc. Elle avait appris à en boire avec ses parents. Ce n’était plus le même calibre, mais elle appréciait ce genre d’alcool plus facilement que la plupart des adolescents de son âge. Alors qu’elle trinquait, elle pensa à la chance d’avoir pu partir. D’avoir eut cet échappatoire. D’avoir quelqu’un qui l’aimait et qui était prête à l’aider comme ça. Des larmes montèrent à ses yeux gris. Son regard sévère s’embua et elle déposa le verre pour prendre Anne dans ses bras.
“Merci… vraiment.”
Elle renifla bruyamment contre le dos de sa tante, étalant son fard à paupière bordeaux alors qu’elle s’essuyait les yeux. C’était puissant, c’était encore une nouvelle étape. Une nouvelle de ce nouveau départ.
Martin était debout sur la jetée, son appareil photo à la main. Il était tôt le matin, la brume enveloppait l’océan, mais pour l’adolescent c’était le temps idéal pour tester son cadeau de Noël, un FE2. Martin sentit le froid engourdir ses doigts minces alors qu’il soufflait dessus. Il adorait cette ambiance. Tout était désert, calme, avec une mélancolie et une douceur palpable. Presque impossible de discerner quoi que ce soit à quelque mètres, ce qui pouvait être chouette pour structurer ses photos. Il avança prudemment, le clapotis des vagues comme seul bruit environnant. Il fallait mieux qu’il profites des vacances pour faire ça, avec le Bac de français, il savait qu’il devrait turbiner. C’était tellement frustrant de voir la plupart de ses potes autour de lui ne pas en foutre une et s’en sortir quand même sans trop de problèmes. Mais pour lui c’était différent. Pourquoi il avait autant du mal ? Si au moins quelque chose compensait, mais non, il était aussi mal en point face aux relations sociales que face à des examens. Et ça, depuis toujours. Et il en avait toujours eut honte. Est ce que personne ne lui disait, mais qu’en vrai ils le considéraient tous comme stupide ? Ca ne l’aurait même pas étonné. Il ne leur aurait pas donné tort. Martin soupira, laissant échapper un peu de buée. Au moins ce matin, il avait l’océan pour lui. Autant en profiter.
“C’est Marina qui t’as mis ce genre de trucs en tête, hein ? J’ai rien contre cette gamine, mais elle a pas à te monter contre nous.”
Maël était allongé sur son lit. Oui c’était Marina, bien sûr que c’était Marina. Heureusement qu’il y avait Marina pour lui avoir montré une autre vision des choses. Et en même temps évidemment que ses parents prenait ça personnellement. Il n’avait pas trop su quoi leur répondre, se contentant d'acquiescer un peu fébrile. Génial, maintenant ses parents aussi allaient le prendre pour un idéaliste stupide, allait faire pleins de réflexions là dessus, et le reste de la famille allait suivre. Maël était fatigué d’avance pour le repas du midi qui allait arriver, et sur les débats politiques que ça allait mettre sur la table. Sa tante allait surement parler des “vilains casseurs”, et rapidement, toute sa famille serait au courant qu’il avait une opinion aux antipodes des leurs. Et là, il avait clairement pas envie de se battre en longs débats, notamment avec sa famille. Surtout avec sa famille.
“Maël, Nathalie est arrivée.”
Le répit était fini.
Marina fulminait. Le repas du 25 décembre venait de se clore et elle avait fusillé des yeux Ange. Ange, était le nouveau copain de sa sœur, qui avait tenue à ce qu’il soit invité au repas du lendemain du réveillon. La mère de Marina avait accepté, et tout le monde en était là. Alors qu’à leur habitude, après avoir passé un réveillon chez leur père et leur famille paternelle, les deux sœurs profitaient de leur mère pour les fête, le repas fut froid et gênant. Comment Denise avait pu dégoter un mec pareil ? Il était… de droite. Il était clairement de droite. Elle s’en était doutée quand elle l’avait croisé la première fois, quelques semaines avant (c’est vrai, en même temps, qui attache des chemises sur ses épaules ?), mais là. C’était le pompon. Des remarques sur les chômeurs, sur les SDFs et sur les pauvres patrons qu’on voulait trop cadrer. Elle avait sentit ses doigts se resserrer sur ses couverts, s’empêchant d’enfoncer sa fourchette dans le globe oculaire de son “beau frère”. Ce qu’il était con. Elle avait tenu tout le repas, essayant d’apprécier tant bien que mal le poulet rôtie aux haricots verts de sa mère, mais à fin, ce fut trop. Avant même le dessert, elle fit un sourire forcé et dit poliment :
“Je penses que je vais sortir de table.”
Dans le couloir, elle avait entendu sa mère dit à son gendre que leurs idées politiques étaient très différentes, et que ça pouvait être compliqué de parler de ça à table. Elle était restée d’un calme Olympien que Marina lui enviait. Si elle avait ouvert sa bouche là dessus, elle aurait tout bonnement incendié le petit ami de sa sœur. Alors qu’allongée sur son lit, elle faisait craquer ses phalanges, elle entendit toquer.
“Oui ? C’est qui ?
- C’est Denise.”
Merde. Elle allait lui faire la morale pour ne pas être restée tout le repas. Fallait pas sortir avec un facho, ce n’était pas sa faute, à elle, si il était aussi difficile de se retenir de lui en coller une.
“Marina… Je sais que c’est compliqué pour toi de parler avec Ange, mais… s’il te plaît, est ce que tu pourrais redescendre, au moins un peu ?
- Effectivement, c’est compliqué de ne pas répondre à toutes les conneries qu’il débite”, siffla Marina entre ses dents.
Denise lui lança un regard sévère. Génial. Elle n’avait pas le droit de critiquer son sacro saint petit copain, maintenant ?
“Écoutes, c’est Noël. J’aime vraiment Ange, et il a promit qu’il ne parlerais plus politique avec vous maintenant.
- C’est un peu tard, maintenant. Tu aurais pas pu briefer ton droitard pour qu’il évite d’aborder ce genre de sujets dans une maison de gauchos comme ici ? Il voulait, quoi, nous tester ?”
Le regard de Denise n’était plus sévère, il était brûlant.
“Mais merde, Marina, tu pourrais faire un effort ! J’amènes juste mon copain à la maison, et il faut forcément que tu en fasse une affaire politique !
- C’est lui qui a commencé à en parler ! Je peux pas faire semblant de rien avoir entendu ! Et vraiment, je suis désolé, oui, ça va être compliqué pour moi.
- Ce que tu peux être extrême.”
Les mots étaient tombés, et avaient pris à la gorge Marina. Alors voilà comment était devenue sa sœur. Elle s’était bien rendue compte que Denise changeait, qu’elle s’éloignait de ses idéaux politiques… mais à ce point ? Est ce qu’elle avait juste préféré ignorer ces changements, qu’elle avait fermé les yeux, et que maintenant un véritable fossé les séparait. Dur à dire. Elle devait en avoir le cœur net.
“Est ce que… tu penses comme lui ?
- Pas exactement. Enfin, c’est compliqué, j’ai pas envie d’en parler.”
Ça voulait dire oui dans la bouche de Denise. Marina eut envie de pleurer. Sa soeurette, sa Denise, était devenue comme ça. Merde. Comment elle avait pu se mentir tout ce temps ? Parce que ça semblait improbable ? Est ce que ça l’était tant que ça ? Les questions se bousculaient dans la petite tête de la jeune femme. Elle n’avait jamais été tant fusionnelle avec Denise, mais… c’était quand même sa sœur, et sa seule sœur. Quand leurs parents s’étaient séparés, elles s’étaient raccrochées l’une à l’autre. Denise lui avait donné des conseils sur l’école, la lecture, les règles, et des manières à la con de draguer les garçons. Marina avait le sentiment d’être profondément trahie, et surtout, que plus rien ne serait comme avant entre elles. C’est comme si sa sœur de toujours était devenue une étrangère, de part ce changement. Elle eut envie de s’écrouler et de pleurer face à cette perte insidieuse, mais Marina ravala seulement ses larmes et suivit Denise dans le salon. Cet effort serait le dernier, plus jamais elle ne s’amuserait à parler sans reproches à Ange.
Day 98. Aziliz got a new protegee: Naïm, a young Tiefling Warlock who struck a deal with an Archfey. Foolish girl *smh*
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Naïm ... Chérie, je pars à la guerre 🪖
👋 Bel après-midi
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