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"You were flirting with me before that," Harry says defensively. "I told you to fuck off," Draco says. "Like I said, flirting," Harry insists. "You were drunk, and you backed me into the bathroom stall. And you said, 'I heard you're gay. You're very good looking. I think I might be gay.' And then you kissed me."
No Distance by @skeptiquewrites (drarry, E, 4.9k)
Six Sentence Someday
Tagged by the lovely @fw00shy and @tackytigerfic. This is a sequel to Nothing Left To Burn I've been thinking of writing for the end of the year. Tagging @energievie @mintamintathings @softlystarstruck @jalesidor @academicdisaster24 @sorrybutblog + anyone else to share, but only if you'd like.
"And you got this," Harry touches the tiny silver hoop in Draco's nose gently. He'd liked it in Montreal. He likes it now.
"It was a breakup and I had to deal with it somehow," Draco mumbles.
"Must have liked him a lot," Harry says. He wonders if he sounds as jealous as he feels.
"It was obviously you, you muppet," Draco says, burying his face in his pillow. "You're so embarrassing."
La diversità è il limite che imponi alla tua intelligenza, al mondo in cui Tutti viviamo
Quello che impari guardando il mare sono onde mai uguali mostrare la meraviglia di un insieme
NO DISTANCE
À travers l’écran de l’ordinateur, ce soir, je fixe le regard d’une chanteuse brésilienne. Elle se tient debout, en noir et blanc, sur la scène d’un lieu que l’on ne peut clairement définir. Sans doute un cabaret ou le plateau d’une télévision. Sous la vidéo, en petits caractères, une légende indique qu’elle a été filmée à Rio, en 1959. La caméra s’approche d’elle, ses yeux s’ouvrent et se ferment selon l’intensité des paroles. Soudain, je pense aux soixante années séparant nos regards, qui pourtant se croisent à l’instant. Est-ce qu’elle s’est demandée pendant cet enregistrement, ou plus tard dans sa vie, si quelqu’un l’écouterait encore, la découvrirait même, dans un siècle suivant ? Ce siècle des connexions illimitées où l’on inventerait YouTube et qu’elle s’y trouverait avec son nom, le titre de sa chanson, en accès libre du monde entier. Son regard existait avant le mien. C’est aujourd’hui l’inverse. Ils peuvent se retrouver ensemble, ce soir, dans l’obscurité de l’appartement. Je me dis que c’est fascinant, puis la seconde d’après, je me demande pourquoi je pense à ça, si souvent. À cette capacité qu’ont les images de préserver du temps les voix, les corps, les regards ; et qu’elles nous survivront. Récemment, je revoyais le dernier film de Chantal Akerman. Il m’a fait pleurer d’un coup, vers la fin, de la voir à l’écran simplement déjeuner avec sa mère. Je pleurais de me dire que ce repas pouvait se dérouler encore, sans avoir besoin d’elles. Comme je pourrais pleurer face au regard de cette chanteuse, qui baissera pour toujours les yeux avant de dire : « a distância não existe » (la distance n'existe pas). Et c’est un peu la définition du cinéma, peut-être, du moins la raison de mon obsession pour lui. Parce que je m’aperçois penser au temps devant chaque film ; être éblouie par le déplacement d’un nuage capturé dans les années 40 ; envoûtée par la luminosité d’un feu d’après-guerre s’imprimant sur le visage de Joan Crawford ; immensément séduite par la voix singulière qu’a pu nous offrir Pascale Ogier... Ces instants qui restent après nous. Il faudrait sûrement se filmer beaucoup, un peu chaque jour, filmer ce que l’on voudrait garder, sans que ce soit du cinéma. Fabriquer une mémoire impérissable, car « le temps des images est plus grand qu’une vie.* » Et tout ceci, me direz-vous, à la simple écoute d’une chanson aléatoire sur YouTube.
No Home Movie, Chantal Akerman [* phrase entendue dans un court-métrage] -