Si tu rêves de moi autant que moi je rêve de toi, alors tu verras que toutes les nuits, nos âmes seront réunies…
V. H. SCORP

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Si tu rêves de moi autant que moi je rêve de toi, alors tu verras que toutes les nuits, nos âmes seront réunies…
V. H. SCORP
L'amour est une forme d'abstraction. Et puis il y a les nuits où je dors seule, où je me blottis contre un oreiller qui n'est pas toi, où j'entends des bruits de pas feutrés qui ne sont pas les tiens. Ce n'est pas comme si je pouvais soudain te faire surgir à côté de moi. Je dois me contenter d'étreindre l'idée de toi.
" Les mots ont été créés pour qu'en fermant les yeux Je puisse venir à toi sans faire un mouvement. "
Lanternes (I)
Ce soir encore je me suis enfui, enfui à la recherche des impressions qui m’ont quitté, ou que j’ai enfouies…. Ce soir encore je file dans les rues vides pleines de souvenirs cachés où s’engouffre le souffle abstrait des choses passées. La caresse de la nuit dans une brise, l’ébriété, une singulière sérénité. Je m’abandonne à l’instant, à l’abri d’un ciel doux, balisé de lucioles rouges qui voguent par milliers
dans l’abysse céleste sous laquelle je perds pied.
Des pirogues de papier…
Dans le ciel elles volent, volent les lucioles et s’élancent, s’élancent, tourbillonnent comme des feuilles puis dansent, dansent les lucioles et dans leur trombe estompent et trompent les étoiles là-haut suspendues. Incandescents pleurs d’automne, elles colorent les rues sombres de flammes et versent dans le courant diffus de mon chemin de fou un onirisme doux puisé dans l’ivresse.
Guidé par la valse des lumignons, j’avance et m’avance sans hâte vers ce qu’elle appelait, le ‘’sentiment véritable’’… Pas à pas, je glisse bientôt sur l’onde qui s’étale, qui inonde le bitume lisse d’une pellicule fine, et le recouvre entier d’une amertume qui s’affine…
Trempées par l’ondée, les nuances déteignent du ciel noir, meurtries par le miroir d’une humeur en fond d’espoir. En larmes elles s’écoulent lune après l’autre; des impacts aquarelles à la surfac’ des eaux...
Grain de Rien, 2020 Facebook
Illustration 1: Night Park by Leonid Afremov Illustration 2: Magic Lanterns by lemon66
Parfois je me disais que notre amour était un poison, cachés dans la tendresse des nuits nous restions silencieux, ahuris, nous aurions voulu ne plus jamais nous réveiller.
Mian Mian (Les bonbons chinois)
« J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges. »
Arthur Rimbaud