🧊 Cap ou pas Cap !?❄️
Source :X
👋 Bel après-midi
seen from United States
seen from China
seen from United States
seen from United States
seen from Türkiye
seen from Philippines
seen from Malaysia
seen from United States

seen from United Kingdom

seen from Australia
seen from China
seen from China
seen from China
seen from China

seen from Thailand
seen from Thailand
seen from Russia
seen from Netherlands
seen from Singapore
seen from United States
🧊 Cap ou pas Cap !?❄️
Source :X
👋 Bel après-midi
Le bonheur est plus subtil, c'est une œuvre de longue haleine.
La thérapie du bonheur - Etienne Jalenques
Anne
Je vis ce truc bizarre, ce truc dont on parle jamais nulle part. Et j’ai envie de me revoir toute la série En thérapie pour l’occasion, parce que c’est une bonne série.
Je viens de finir ma thérapie.
Pour l’occasion, j’ai mangé du pain et du bu du vin, pour fêter ça. Mais in a good way. J’ai pris une demi bouteille pour ne pas partir en live, pas de la bière, quelque chose de plus doux, moins fou, moins calorique, que je n’avais pas envie de boire vraiment en entier. J’ai pris le meilleur pain de Paris, j’ai été quand même au sport, même si j’avais pas envie, parce que ça fait partie de mes valeurs. C’est une étape décisive, et j’avais pas pesé à quel point.
Décisive, avec un grand D.
C’est moi qui ait décidé, et c’était le bon moment. Trois ans et des poussières. Depuis le confinement. Confinement qui a été le révélateur de toute la merde et mon carnet peut confirmer. Des crises, tous les jours, tous les après-midi, du vin, de la bière, du pain en guise de repas du soir pendant plus d’un an. Le nouveau boulot qui venait tout trigger, ma relation amoureuse aussi, ma famille. Ma famille à qui je n’osais rien refuser, de peur des représailles, des reproches, des chantages, revenir sur les traditions est toujours un voyage.
Une guerre.
J’ai dis à (presque) tout le monde ce que je pensais et attendais d’eux vis-à-vis de moi. J’ai appris les limites, les besoins, et je pleure parce que j’ai bu. Mais pas en mal. Parce qu’il faut cesser de diaboliser cela, cesser de chercher à contrôler, par fantasme d’une pureté magique. Parce qu’il n’est pas nécessaire de tout régler, pour terminer une thérapie. C’est juste avoir l’intime conviction que ça viendra en temps et en heure, qu’on saura faire, et que ne pas tout savoir et ne pas tout régler, ce n’est pas grave.
J’ai un peu perdu quelqu’un ce soir. Je sais que je dois faire mon deuil. Anne m’a aidée à y voir clair, à trouver les clés, à m’autoriser tellement de choses. A en vouloir à mes parents. A remettre à sa vraie place la souffrance que j’avais pu ressentir pendant des milliers d’années. La rendre légitime. Casser les spirales, exorciser la douleur, dire mon plus gros secret à voix haute, avoir quelqu’un en qui j’ai confiance, qui ne m’a jamais blessé, qui ne m’a jamais contredit, attaqué, qui m’a toujours écouté.
Je pleure avec une telle force. Je n’aurais jamais anticipé une telle réaction. C’est une lumière dans ma vie, une période de métamorphose incroyable qui m’a permis d’atteindre un état plus lumineux. Je ne suis pas encore sûre d’être capable d’en faire quelque chose. Pourtant les possibilités sont entièrement devant moi. Je fais ce que je veux, libérée de tout ce qui m’entravait avant. C’est une toute nouvelle vie, c’est un peu effrayant, surtout grisant. Mais c’est elle que je pleure ce soir. Je lui dirai peut-être demain, à quel point ça a changé ma vie. A quel point j’ai l’impression de vivre pour la première fois. En étant confiante. En ayant foi dans la capacité qu’auront mes sensations de me guider. Que ça va aller, en fait.
Et pourtant, je sais que c’est normal, ce soir je me sens perdue, orpheline, livrée à moi-même. Comme un tout petit oiseau qui tombe du nid. Vaguement persuadée que tout va redevenir comme avant la thérapie. C’était couper le cordon en quelque sorte. Cela s’est fait dans la joie, et c’est tant mieux. Un peu comme la fin de mon stage. La joie, ça veut dire qu’après ça va être bien.
Ce texte est si important pour moi. On ne parle jamais de l’après thérapie. L’après des batailles. Et c’est vrai que j’attendais cette main sur mon épaule depuis un bout de temps. Cet encouragement qui m’entraîne à affronter à bras le corps les démons. Le courage je l’avais; je me battais avec des fantômes dans tous mes textes. J’y allais à fond, les émotions, la bagarre. Elle m’a mis en face du véritable adversaire. Elle m’a donné les armes et je n’avais qu’à rentrer dans l’arène. J’avais le courage, elle était mon Athéna, guidant mes pas dans la lumière blafarde. Sa présence dans la pièce, quand je buvais les ténèbres.
C’est une vraie, belle relation que j’ai conclus ce soir. Ce n’est pas à jamais. Et elle serait là si j’appelais au secours. Mais je pleure comme une perte, cette relation douce et tendre comme aucune autre, où quelqu’un s’est livré pour vous aider et vous voir grandir. Et on se sent bête parfois, on se dit qu’on est le pire patient, celui qui dit vraiment des trucs inintéressants, ou parfois on se dit qu’on doit vraiment lui pourrir la journée, en lui donnant notre histoire sans filtre et plein de violence et de dégoût. Mais à la fin elle vous dit merci comme vous. Et c’est une perte. C’est la fin.
Vous ne serez plus dans son regard protecteur, mais votre vie pourtant commence...
L’espoir, c’est comme un éclat de verre planté dans ton pied. Tant qu’il reste enfoncé dans ta chair, il te fait souffrir à chaque pas. Tandis que si on te l’enlève, ça saignera pendant un moment, ça prendra un bout de temps avant que la plaie soit guérie, mais, au bout du compte, tu pourras réapprendre à marcher normalement. C’est ce qu’on appelle le deuil.
Sébastien Fitzek, Thérapie
J’aimerais étrangler ma mère
Elle me dit que je ne devrais pas regarder le passé, alors que tous les thérapeutes me forcent à y aller. Elle pense que je l’accuse alors que je ne fais que tenter d’être une meilleure personne. « Ça ne sert à rien, il faut regarder en avant »
On s’en fout en fait de ce qu’elle pense, mais l’histoire c’est que je suis en voyage avec elle en ce moment. Et je n’ai pas le droit de parler. Parce que tout revient à ça. Et chaque soir j’appelle le Patron en pleurant parce que je suis fâchée. Ou que j’ai de la peine.
Par exemple, je suis allergique aux noix. Regarde ce qu’il y a dans mon assiette. Si je le mentionne elle va me dire que ce n’est pas de sa faute. Au lieu de me protéger.
C’est impossible d’écrire tout ce qui se passe en ce moment. Ca va plus loin que des traces de noix. Mais vous venez ici pour voir mes courbes, pas pour lire des extraits du roman que je pourrais écrire sur le sujet.
Quand je vais sortir du vol de retour. Je ne lui parlerai plus pour un esti de bout.