The Archival Impulse
Jon Rafman serait ainsi motivé par ce que Hal Foster nomme un « archival impulse », littéralement « pulsion archivistique ». Une pulsion qu’il reconnaît et qui constitue l’un des fils conducteurs jalonnant son travail 46. Il est dans une accumulation compulsive qui, en même temps, sert son propos. Cependant la quantité de matériaux collectés nécessite ensuite un tri minutieux qui lui permet de conférer à l’œuvre ses enjeux 47.
Il préfère recycler ce qui existe plutôt que de créer de toutes pièces 48, rejoignant là l’idée développée par Michel de Certeau d’une consommation productive qui, dans un environnement saturé, braconne les produits d’une autre 49. Il appliquerait ainsi un principe d’écologie aux images 50, bien que cette notion, évoquée par Clément Chéroux, me semble à nuancer. Que l’image soit créée à partir d’une autre préexistante ou non, à l’état numérique, il y aura toujours la première version et sa réappropriation – à moins que l’artiste dispose d’un fichier source qu’il modifie sans en conserver une copie. Il ne crée pas du nouveau à partir de rien – si tant est que cela soit possible – mais il crée du nouveau quand même.











