La France est en état d'urgence permanent, dans ce contexte, quelle place pour la contestation? Pas seulement celle qu'on aimerait porter dans la rue, mais a...
Corpus n°1 : Usul2000 dans l'émission La pensée 68 (sociologie et culture de l'excuse) (31/01/2016) Les intérêts majeurs : - le format : discussion très dense qui s'articule autour d'une grande diversité de documents, et qui vise principalement à analyser le discours politique dans sa stratégie de martellement (souvent d'inepties) ; - l'invisibilité sociale : nous pouvons en effet recouper le propos d'Usul2000 avec les théories philosophiques proposées par Axel Honneth, même s'il n'est pas directement sociologue. La démonstration proposée s'articule autour de la confusion entre l'explication scientifique, et la justification morale d'un acte (par exemple, la violence de rue dans les quartiers paupérisés de France). Nicolas Sarkozy, ou encore Manuel Valls martèlent alors, pour paraphraser : “vouloir expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser”. Or, ce n'est pas la fin de la sociologie que de minimiser les actes d'un individu, il s'agit d'une science humaine, et comme toutes les sciences, elle se veut objective. Par conséquent, nous pouvons formuler l'hypothèse qu'ignorer le contexte social, économique, professionnel et le cadre de vie d'un individu, c'est nier les problématiques qui le touchent au quotidien. Comment alors pouvoir prononcer un jugement qui soit juste s'il ne touche pas à cette réalité concrète, directe, qui participe de la définition essentielle d'un être ? Ce refus de vouloir expliquer est le reflet concret de la non représentation de certaines problématiques sociales, dont la délinquance, la paupérisation, la radicalisation… et confirme l'échec de la démocratie et de la représentation du peuple. - la critique du spectacle politique : comment le rappelle très bien le vidéaste, la sociologie est soucieuse des mécanismes sacralisants mis en place par la classe politique afin de se maintenir dans un état de stabilité et de légitimité vis à vis de la population. Citons alors ce passage du chapitre 2 “Philosophie sociale versus philosophie politique” dans le Manifeste pour une philosophie sociale de Franck Fischbach afin de comprendre la finalité de l'Etat dans la pensée moderne : “La tendance de fond de la philosophie politique moderne, disons de Hobbes à Kant, a consisté à restreindre son domaine propre à la question de savoir comment et sur quels principes construire un ordre politique et institutionnel qui soit à la fois stable et susceptible d'être l'objet d'un assentiment général, c'est-à-dire d'être considéré comme légitime. Cette conception proprement moderne du questionnement philosophique dans le domaine de la théorie politique revenait à mettre de côté tout un aspect que la philosophie politique des Anciens [Antiquité] prenait encore en charge, et qu'elle considérait même comme relevant éminemment de son domaine : cet aspect est celui en vertu duquel le questionnement politique ne porte pas seulement sur la stabilité et la légitimité des institutions, mais aussi sur la capacité de ces institutions à permettre et à garantir que les hommes mènent en elles une vie qui les satisfasse, une existence accomplie, c'est-à-dire ce qu'on peut appeler une ”vie bonne“ - raison pour laquelle, selon Aristote, le domaine de l'éthique conduit à celui de la politique pour s'y accomplir comme en ce qui l'englobe et dont il dépend.” Ainsi, cette définition de la philosophie politique moderne, nous permet d'aborder véritablement la finalité de la sociologie, comme la critique de ces mécanismes qui visent à rendre légitime la domination de la classe politique. Une découverte à faire donc.











