Être yogi, je ne crois pas que ce soit faire une posture à la perfection, avoir l’air toujours zen et vivre dans un appartement témoin ou dans une maison d’exposition Ikea.
C’est appréhender la vie, ses difficultés, vivre intensément, trouver du recul dans ce merdier, trouver de la saveur dans la fadeur de l’habitude. C’est rester à la fois dans le monde et en soi, équilibre précaire qui fait de la plupart d’entre nous de très mauvais funambules : qui sait avoir cette présence dans ces deux lieux à la fois ? Nous avons cette drôle de tendance à tout compartimenter au lieu d’intégrer, à séparer au lieu d’aller vers une intégration de ce qui nous semble opposé. Et pourtant, c’est peut-être cela le plus essentiel dans le « vrai » yoga, avoir la finesse, la sensibilité pour sentir ce point de rencontre entre le beau et le laid, entre l’essentiel et l’inutile, entre l’amour et l’indifférence.