10. Japanese Breakfast - Soft Sounds from Another Planet
Après avoir surpris les critiques l’an dernier avec Psychopomp, le premier album du collectif mené par Michelle Zauner, le groupe a confirmé les grandes attentes des médias avec ce nouveau disque. Moins éclectique que son prédécesseur, Soft Sounds réussit à établir une belle uniformité pendant 37 minutes ce qui est très agréable. Zauner propose également de très belles compositions et elle sera assurément à surveiller dans les années à venir.
Morceaux favoris : Diving Woman, Machinist, Boyish, Till Death
9. Loud - Une Année Record
Loud a vraiment eu Une Année Record. Après s’être séparé de LLA en septembre 2016 suite au dernier spectacle de la formation au festival OUMF, le mystère planait quant à la suite de sa carrière solo. Loud a ensuite enflammé le web avec sa chanson 56k et la sortie de son EP New Phone. Avec un très bon EP en poche, on pouvait croire qu’il s’arrêterait là cette année. Une Année Record fit toutefois son apparition sur le web fin octobre et Loud enflamma l’internet à nouveau. Loud propose avec cette nouvelle galette des textes extrêmement riches en références et des refrains tellement accrocheurs qu’il est impossible de ne pas les répéter dans notre tête. Il est aussi impressionnant de voir la diversité des productions sur ce disque et comment Loud s’adapte à celles-ci. Les collaborations avec son ex-comparse Lary Kidd et 20Some des Dead Obies en fin de disque sont impeccables et permettent de créer l’un des meilleurs posse cuts de l’histoire du rap québécois.
Morceaux favoris : Nouveaux riches, TTTTT, Devenir immortel (et puis mourir), Hell What A View, On My Life (feat. Lary Kidd & 20Some)
Avec Melodrama, Lorde réalise l’album pop de l’année et confirme tout les espoirs qu’avaient les critiques musicaux à son endroit. Celle qui a été désignée par David Bowie comme étant la prochaine grande star de la musique, réussit à faire de la pop à sa façon à la manière du Thin White Duke il y a quelques décennies. Pure Heroine était inventif et amenait de la fraîcheur à la musique pop, mais on sent que sur ce dernier opus que Lorde a pris le temps de faire maturer ses morceaux et qu’ils ont été réalisés à la perfection à la suite de plusieurs mois de travail.
Morceaux favoris : Green Light, Homemade Dynamite, The Louvre, Perfect Places
7. Tyler, The Creator - Flower Boy
Je n’avais jamais vraiment été un grand fan de la musique de Tyler avant Flower Boy. Les controverses qu’ils l’ont impliqué durant les dernières années m’avaient probablement plus marqué que sa musique pour être totalement honnête. J’ai donc découvert à ma grande surprise un disque où Tyler se confie à ses fans sur de multiples pièces ce qui est plutôt rare dans le milieu du hip-hop. Même si l’album propose des bangers avec Who Dat Boy et I Ain’t Got Time, le reste du disque s’éloigne de l’esthétique trap très à la mode en ce moment pour se concentrer sur des instrumentaux plus près du soul qui sont franchement très réussis.
Morceaux favoris : See You Again (feat. Kali Uchis), Who Dat Boy (feat. A$AP Rocky), Boredom (feat. Rex Orange County & Anna of the North), 911 / Mr. Lonely (feat. Frank Ocean & Steve Lacy)
Malgré de grande collaborations (Drake, Kanye West, SBTRKT) dans les dernières années, je n’avais jamais pris le temps de m’intéresser à Sampha. Quelle erreur. Avec Process, la planète entière découvre le grand talent du jeune britannique. Sampha impressionne avec la qualité de la production de ses morceaux qui sont parfois très minimalistes (No One Knows Like The Piano, Timmy’s Prayer), mais qui peuvent aussi être complexes et rythmées (Blood On Me, Reverse Faults, Under). De plus, les performances vocales du jeune auteur-compositeur sont sublimes et s’agencent parfaitement aux textures sonores.
Morceaux favoris : Plastic 100ºC, Blood On Me, (No One Knows Me) Like The Piano, Timmy’s Prayer
Après 22 ans d’absence sur disque, il était difficile d’espérer un si beau retour de la part d’une des formations les plus importantes du genre shoegaze. Slowdive reprend là où ils nous avaient laissé avec des chansons rappelant Souvlaki, l’album clé du groupe sorti en 1993, tout en mettant au goût du jour ses compositions ce qui donne un album de retour mémorable. Même si plusieurs groupes ont essayé de les copier à travers les années, il est difficile de trouver aujourd’hui un meilleur groupe de shoegaze que Slowdive.
Morceaux favoris : Slomo, Star Roving, Sugar For The Pill, No Longer Making Time
4. Father John Misty - Pure Comedy
Avec Pure Comedy, Father John Misty a fait un pari très risqué. Pure Comedy c’est un album double (13 morceaux pour une durée totale de 1h14) portant sur l’humanité dont la plupart des morceaux ont des arrangements très minimalistes. Avec le sens de l’humour très cynique de Josh Tillman, l’album aurait facilement pu devenir un regard ironique sur la société nord-américaine qui vit des moments tumultueux avec son président qui est jugé par certains comme une bombe à retardement. C’est cependant avec bonheur que j’ai pu découvrir un Father John Misty qui ici semble totalement sincère dans ses propos, même s’il se permet quelques touches d’humour comme à l’habitude. C’est un album difficile d’approche de par sa longueur et ses arrangements minimalistes, mais qui est une expérience très satisfaisante si on s’arrête et on prend le temps d’écouter l’oeuvre au complet d’un trait.
Morceaux favoris : Pure Comedy, Total Entertainment Forever, Ballad of the Dying Man, Leaving LA
Le jeune Archy Marshall propose un album totalement différent de ce qui se fait à l’heure actuelle dans le monde de la musique. Avec une fusion entre le rock, le jazz et des beats de hip-hop accompagnée d’une voix singulière, King Krule nous transporte dans un autre univers. En 1h06 et 19 morceaux, l’album peut parfois traîner, mais c’est en très grande majorité un excellent album qui mérite d’être écouté en tant qu’expérience, puisqu’il est assez difficile de retirer des chansons du contexte du disque.
Morceaux favoris : Biscuit Town, Dum Surfer, Slush Puppy, Cadet Limbo
2. Kendrick Lamar - DAMN.
Il n’est plus vraiment surprenant de voir Kendrick Lamar sur toutes les listes de fin d’année. Kendrick Lamar est sans aucun doute le meilleur rappeur de notre génération et il le prouve encore une fois avec DAMN. Des textes très denses et des morceaux accrocheurs sont présents partout sur DAMN. L’album est fort possiblement le plus facile d’approche pour les non-initiés à l’univers de Kendrick en raison de la présence plusieurs morceaux pop, mais sans sacrifier la qualité des textes qui ont fait la renommée du rappeur de Compton.
Morceaux favoris : DNA., ELEMENT., LOYALTY. (FEAT. RIHANNA), DUCKWORTH.
1. LCD Soundsystem - American Dream
C’est le retour que j’attendais sans doute le plus cette année. La bande de James Murphy est de retour sur disque et je peux dire que j’étais déjà un peu vendu dès les deux premiers singles call the police et american dream. On retrouve tout ce qui nous plaît (ou pas) avec LCD Soundsystem sur ce quatrième opus, mais il est intéressant de voir des morceaux plus personnels et loin au niveau sonore de ce qui nous était proposé sur This Is Happening. Des pièces comme i used to et change yr mind sont parsemées de guitares ce qui est plutôt inhabituel dans l’univers de LCD. On sent définitivement l’influence qu’a eu David Bowie ou Talking Heads sur James Murphy lors de l’écriture des ses chansons. Les pièces comme tonite et call the police sont cependant composées dans le style LCD que les fans du groupe aiment tant. Mon seul bémol sur le disque est la pièce emotional haircut qui n’est pas particulièrement mauvaise, mais qui est très mal placée entre american dream et black screen au climax de l’album.
Morceaux favoris : oh baby, i used to, how do you sleep?, call the police, american dream