Sapa, la fantastique - VN Nord - étape 3
Dernière étape de notre voyage, Sapa. Cette ancienne station balnéaire prisée des français se trouve à 12 petites heures d'Hanoï.
Bien décidées à visiter cet endroit parait-il "démentiel", Elinor et moi avons pris le bus de nuit de Hanoï pour y aller. Le chemin pour s'y rendre a, en soi, été une aventure pour le moins exotique. Quelques heures après le départ, la pause pipi devenant pressante, le bus s'arrête dans une station. Sachant qu'on trouverait des toilettes à la turque, la préparation psychologique était à bloc. Jusqu'à ce qu'on découvre en réalité des toilettes collectives ou chacune fait ses besoins devant les autres. Pour le moins animalier.
Enfin, après cette mésaventure, nous sommes arrivées à Sapa, sous la pluie. Mais rien à déplorer face à la vue sur la montagne depuis notre chambre d'hôtel. La journée passe rapidement dans cette petite ville à l'activité impressionnante avec toutes ces femmes de l'ethnie H'mong qui vendent des bijoux artisanaux et proposent de se faire votre guide pour la journée.
On rencontre finalement notre petite guide, une femme appelée Gia, âgée de 37 ans, mère de 6 enfants, dont l'aîné âgé de 19 ans est marié et la dernière âgée de 9 mois est encore en couches. Et le départ se profile. A 9h le lendemain matin, nous partons donc, sac-à-dos et baskets dans les starkings blocs pour une excursion de la vallée.
Et l'émerveillement est complet. Dans les vallées, une fois un peu éloignées de la ville et des chemins touristiques, on peut voir des pans entiers de montagnes façonnés par les rizières, dans lesquelles travaillent des familles entières, des plus jeunes enfants, aux grands parents. La montagne en est donc recouverte, créant un paysage fantastique d'herbes vertes à flan d'une montagne de forêt. On y croise parfois des personnes avec des buffles d'eau, animaux destinés à aider à la culture du riz, millénaire dans cet endroit. Notre guide nous explique qu'elle possède elle-même un buffle, dont le prix peut aller jusqu'à 35 millions de dông (1200 euros) quand le salaire moyen est de 6 millions de dôngs.
Après 4 heures de marche, nous nous arrêtons chez Gia, dans la montagne, maison où les enfants du village traînent lorsqu'ils ne gardent pas les buffles. Elle nous explique qu'elle a fait construire une douche et des toilettes l'année dernière pour pouvoir accueillir des touristes comme nous, venus faire un trek en pleine nature. Il s'agit de la seconde maison du village à bénéficier de ce genre d'équipement.
Après le retour de tous les membres de la famille, ils nous invitent à faire des nems avec eux. Et même sans parler la même langue, on se met tous à table ensemble pour manger la meilleure cuisine vietnamienne que j'ai goûté jusqu'à présent. Du bon riz qu'elle cultive avec sa famille, des pois, du tofu cuit avec du porc et de la tomate, du canard, des nems. Le tout sans oublier de trinquer avec l'alcool de riz, fait artisanalement. Et on ne trinque pas qu'une fois mais bien 4 ou 5. Comment dire non à l'hospitalité de ces gens qui nous accueillent chez eux et nous traitent si gentiment?
Ils répondent à toutes nos questions, qu'elles portent sur leur habit traditionnel que les femmes font elles-mêmes, les teintures à base de plante d'indigo, leur coiffure traditionnelle avec des peignes sculptés, leur religion Shaman dans laquelle la prière pour son prochain est essentielle. Tout ce que nous avions pu lire jusqu'alors dans les guides et vu dans les musées, n'est rien face à toutes les informations que nous donne Gia.
Le lendemain, Gia joint à nous Alma, une suédoise en tour de l'Asie pour le reste du trek. On repart donc sous un soleil magnifique pour une marche dans la vallée. Après 3 heures de marche par le "hard way" pour éviter les touristes, nous arrivons dans un autre village où l'on s'arrête pour déjeuner. Il fait chaud et on est épuisées mais la beauté de l'endroit nous fait oublier tous les inconvénients. On croise sur les routes, des enfants qui gardent les buffles, qui s'occupent de leurs petits frères et soeurs. Ils sont beaux et gentils et toujours prêts à vous saluer, même s'ils se trouvent de l'autre côté de la vallée.
Après un déjeuner sympathique, nous repartons pour 2h30 de marche pour arriver en haut d'une magnifique cascade avec vue sur la rivière, au bord de laquelle nous allons faire notre deuxième nuit de homestay. De nouveau, nous sommes accueillies de manière royale par le propriétaire qui se fait une joie de trinquer une nouvelle fois avec nous avec de l'alcool de riz.
Le dernier jour pointant, nous reprenons pour une ultime marche dans cet endroit incroyable, au dessus des terrasses de riz.
Finalement, il est temps de rentrer à Sapa en moto, car 15 kilomètres nous en sépare. A l'arrivée, nous disons au revoir à Gia et un immense merci pour sa gentillesse et le temps qu'elle nous a accordé.
Une fois dans le bus, Sapa s'éloigne et disparaît dans la brume et redevient aussi énigmatique qu'elle l'était en arrivant, et dissimule encore une fois ses trésors cachés.