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Geraint Thomas s'échappe du peloton pour rejoindre Tom-Jelte Slagter et prendre le maillot jaune.
Le Hollandais de Garmin-Sharp bat le nouveau maillot jaune Geraint Thomas dans un sprint à deux.
Après avoir échoué de peu lors des deux premières étapes, le sprinteur de Giant-Shimano s’impose enfin et s’empare du maillot jaune.
Le coureur d’Omega Pharma-Quick-Step a facilement disposé du grand favori Peter Sagan au terme de l’ascension finale.
Le Samyn 2014 : la victoire de Maxime Vantomme contée
Une course cycliste peut presque toujours contenir les éléments relatifs nécessaires pour répondre à la morphologie du conte définit d’après les trente-et-une fonctions de Propp. Il est cependant interpellant de voir à quel point la course d’hier colle parfaitement à ces fonctions. Quand sport et théorie de la communication se rencontrent.
L’ordre initial:
1. Eloignement: En octobre dernier, Maxime Vantomme apprenait avec stupeur l’arrêt de sa formation Crelan Euphony. Dans un contexte de crise, il dû donc se mettre à la recherche d’un nouvel employeur. Autrement dit une tâche peu aisée. Le choix ne vint pas tout de suite laissant s’éloigner les pelotons professionnels. Ce qui n’a pour autant pas inquiété le coureur qui ne perdit jamais espoir. Reconnaissant tout de même une longue attente.
2. Interdiction: Quitter le peloton professionnel ne lui jamais effleuré l’esprit. A 27 ans (28 ce samedi), et 7 ans chez les pro, interdiction dans sa tête de retourner chez les amateurs.
4. Interrogation: Mais n’est-ce pas là faire la fine bouche? Lorsque la fin d’année approche et qu’aucune solution ne semble se dégager, les interrogations surviennent tout de même. Consciencieux, Vantomme continua à s’entrainer bien que sans emploi.
5. Information: Jos Braeckevelt, son ancien directeur sportif chez Katusha où il courra entre 2009 et 2012, joue les entremetteurs avec la modeste formation Roubaix-Lille-Metropole. L’information d’un coureur belge de talent sur le marché est intéressante. Le courant passe, Vantomme signe en décembre et est le dernier coureur à rejoindre l’équipe. Au prix de sacrifices salariaux évidents.
8. Manque: Etre performant, signifie avant tout gagner. Quand on ne gagne pas, il y a un manque. Quand on est convaincu de son talent et que l’on veut faire rebondir sa carrière pour combler ce manque, il faut faire preuve d’abnégation et s’attaquer au noeud du problème.
L’intrigue
9. Médiation: Vantomme l’a confié après la ligne. En s’engageant avec Roubaix-Lille-Métropole, il savait qu’il arrivait dans une équipe modeste.
10. Réaction: Mais un vélo reste un vélo, il n’y en a pas eu réaction négative dans le fief de Vantomme. Qui, justifiant pour le coup sa saison 2013 jonchée de top 10, continua sa préparation sur de mêmes bases.
11. Départ: La préparation cycliste passe par les stages dans des hôtels au soleil. Roubaix-Lille-Métropole avait plutôt opté pour un couvent du sud de la France. Ou comment démarrer une préparation expiée de tout pêchés…
14. Acquisition: Après la ligne, le Flandrien indiqua qu’il avait travaillé son sprint en côte. Il y a donc bien eu une réaction (voir 10).
15. Déplacement: Sa saison démarra avec le Tour Méditerranéen enchainé avec le Tour du Haut-Var. Suivit ensuite Kuurne-Bruxelles-Kuurne où il signa une 19ème place.
16. Lutte: Autrement dit le jour de la course. Journée décidément bien mal démarrée pour l’équipe. Coincé dans les bouchons, le bus n’arriva qu’à vingt minutes du départ. Un stationnement hasardeux dudit bus modifia d’ailleurs la hauteur de selle le vélo d’un certain Maxime qui ne manqua pas de le faire remarquer et rectifier par le mécano. S’en suivit une lutte de près de 5h sous un soleil printanier.
17. Marquage: Pour avoir terminé 6ème il y a deux ans, Vantomme savait que le sprint se lançait du côté droit de la chaussée.
18. Victoire: Un choix qui se révéla payant. Le train de la Française des Jeux se cantonnant au côté gauche, cela laissa la porte ouverte au coureur de Roubaix-Lille-Métropole qui, devança tout le monde en lançant son sprint aux 200 mètres. Autrement dit tôt. Très tôt pour un faux plat montant. Qu’importe, la victoire est au bout devant Tsatevich et Bouhanni.
Le dénouement
19. Résolution: Remporter une course du calibre du Samyn, au nez et à la barbe de sprinteurs de premier plan, résout de manière brillante ce manque de gloire engendré par l’absence de victoire.
27. Reconnaissance: Ce qui rapporte à l’équipe une magnifique promotion et l’assurance d’avoir fait le bon choix en faisant signer ce garçon au dernier moment. Maxime Vantomme et Roubaix-Lille-Métropole entament la saison de la meilleure manière possible.
31. Mariage: Comme quoi, ce mariage de raison mènera peut-être au mariage, la 31ème fonction de Propp. A savoir l'accession au trône du héros.
Simon Gerrans (front) and Mark Renshaw, 2007 Bay Cycling Classic.
Patrick Gaudy, le terrien
Sport roi en Flandres, le cyclo-cross fait preuve de bien peu de considération au sud du pays. Malgré ce substrat peu propice, un coureur wallon se bat pour faire sa place dans cette discipline. Pour preuve, sa récente seconde place au championnat de Belgique élite sans contrat 2014.
Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Patrick Gaudy, 36 ans, je suis employé dans un magasin de cycles situé à Wavre qui s’appelle Barracuda. J’y suis depuis 14 ans. J’en suis à ma 22ème année de licence en VTT et 4 ans en cyclo-cross bientôt. Je suis un fan de vélo, de l’entrainement, j’adore ça.
Que représente justement le mot « vélo » pour vous ?
Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est toute ma vie mais c’est pratiquement le cas. Tout tourne autour du vélo…
Comment êtes-vous venu au vélo ? Et pourquoi ce sport ?
A la base j’étais nageur. J’ai eu une blessure au coude et j’ai donc du arrêter. J’avais 14-15 ans et je nageais 5 à 6 fois par semaine. Ca commençait à devenir monotone. J’ai ensuite voulu faire du foot. J’en ai fait pendant 1 an. J’adorais ce sport dans la cour de récréation ou au cours d’éducation physique mais pas en club. C’était collectif et ça ne me convenait pas. Mon père s’est mit au VTT et un peu comme tout le monde je me suis mis à aller rouler avec lui les dimanches matin. J’y ai pris goût. J’ai commencé à faire des endurances VTT et c’est parti comme cela.
Quand est-ce que les choses sérieuses ont commencé?
J’ai accroché mes premières vraies compétitions à 16 ans.
Quand est-ce que vous avez décidé d’essayer d’en faire votre métier?
Je ne sais pas si tu te poses vraiment la question. J’étais dans un engrenage où ça allait de mieux en mieux. Très vite ça a bien été. La première année j’ai gagné la coupe de Belgique. En junior, j’ai fait vice-champion de Belgique. L’engrenage se poursuit : équipe nationale, Championnat d’Europe, championnat du Monde… J’y ai vraiment pensé quand j’ai terminé ma scolarité. Là tu te dis : « C’est bien mais qu’est-ce que je vais faire ? » Mes parents m’ont accordé un an pour rouler. Maisen Belgique, il n’y a pas de moyens pour le VTT. Donc même si tu es bon, tu ne gagnes pas ta vie. Donc un moment il faut travailler, c’est une autre vie qui commence…
A partir de quand on se dit : « je n’ai pas le choix, je vais devoir bosser » ?
En arrivant dans la catégorie Espoir, tu as 21 ans, tu entres dans la vie active mais tu n’as pas d’argent. Tu ne peux même pas vivre de primes, tu n’as rien en fait…
Est-ce que cela a remit en cause votre passion pour le vélo ?
Non, je me disais « Je continue et puis je verrai bien ». Il y a eu des hauts et des bas et puis voilà. Ayant fait le tour de ce que pouvait proposer le VTT, je me suis mis au cyclo-cross il y a quelques années.
A quel âge avez-vos entamé la pratique du cyclo-cross ?
32 ans.
Comment est venue l’envie de faire du CX ?
J’en avais déjà fait mais dans des petites ligues parallèles l’hiver quand j’étais espoir pour dire de garder le rythme pour le VTT. J’aimais déjà cette discipline et puis mon frère a commencé à en faire et je me suis dit « pourquoi pas moi ?». J’ai débuté l’année suivante. En fait, j’en avais marre du VTT car c’était toujours les mêmes endroits de courses, je n’avais plus envie de partir à l’étranger pour faire de belles courses. Ici il n’y avait plus grand-chose non plus. Pour le Cyclo-cross, tout est pratiquement basé en Belgique donc je me suis lancé.
Jonglez-vous aujourd’hui encore entre VTT et CX ?
Oui, l’année dernière, j’ai fait environs 7ou 8 courses en VTT. Pareil sur route. Je fais beaucoup de route pour l’entrainement et par période des courses pour préparer des objectifs ou au début de saison. Mais ce n’est pas ce que je préfère dans le vélo. J’ai une licence UCI élite sans contrat avec laquelle je peux courir aussi bien sur route, qu’en en VTT ou en cyclo-cross. Les points UCI obtenus te permettent de rouler en catégorie A. Si tu n’as pas de points UCI, tu dois rouler en B.
Sentimentalement parlant, êtes-vous plutôt CX ou VTT ?
Franchement j’aime bien les deux. Ici nous sommes à la fin de la saison de cross et il me tarde de remonter sur un VTT. Ce qui est triste, c’est qu’en VTT ça reste de l’amateur…
Faire carrière dans le VTT en Belgique ce n’est pas possible ?
Depuis quelques années les choses changent avec des dispositifs comme le plan Rosetta*. Si tu as un bon niveau tu peux aussi essayer de rentrer dans l’armée. Mais il n’y avait rien de tout cela à mon époque. Si tu étais très bon, tu rentrais dans une équipe américaine. Et c’est tout. Mais il n’y a eu que 2 Belges qui en ont profité : Roel Paulissen** et Filip Meirhaeghe***. Le reste, moi compris, on était tous en retrait. Aujourd’hui ils sont quoi…5 en Belgique à tirer leur épingle du jeu ? Parfois en étant au chômage et sans gagner leur vie grâce au vélo.
* : le plan Rosetta est une convention de premier emplois belge en vigueur depuis en 2000. Celle-ci permet aux jeunes de moins de 26ans d’entrer sur le marché de l’emplois endéans les 6 mois après leur sortie d’école. La Direction générale du sport de la Fédération Wallonie-Bruxelles engage des sportifs sous ce type de contrat : « Ce contrat assure aux sportifs la sécurité d’une rémunération mensuelle garantie et d’une couverture sociale, mais aussi l’accès à de nombreux services proposés par des professionnels compétents, impliqués et disponibles (préparateurs physiques, préparateurs mentaux) »
Source : http://www.adeps.be/index.asp?m=page&i=1363
** : Roel Paulissen est un vététiste professionnel belge, spécialiste du marathon dont il a remporté les championnats du Monde 2008 et 2009.
*** : Filip Meirhaeghe a été vététiste professionnel de 1996 à 2009. Il a été champion du monde de cross-country en 2003 et médaille d’argent aux JO de Sydney en 2000. Il est aujourd’hui le sélectionneur de l’équipe belge de VTT.
Qu’est-ce qui vous motive dans la pratique du CX ?
Plus je vieillis et plus j’aime les efforts courts…
C’est étonnant car on a tendance à dire que plus l’âge avance et plus on apprécie les épreuves d’endurance…
Moi le marathon (VTT) ça ne m’intéresse pas du tout. Au bout d’un moment je m’embête sur le vélo donc ce n’est pas la peine. Le Cyclo-cross c’est une heure et avec mes horaires et mon emploi du temps, je m’entraine souvent une heure et demie, deux heures voire trois heures certains jours. C’est bien pour moi. En faisant beaucoup de spécifique et avec le cross, ça correspond très bien à mon rythme de vie.
Honnêtement, ce qui me motive aussi c’est d’être le seul Wallon à ce niveau et si je peux motiver d’autres coureurs Wallons, ça me ferait plaisir. J’ai envie de faire bouger les choses et faire connaître le cyclo-cross en Wallonie.
Que représente en général pour vous la notion d‘effort cycliste ? La notion d’effort dans le vélo, dans le CX ?
C’est difficile à dire…Je ne sais pas, tu as des sensations de vitesse, tu bouges, tu es dans la Nature, tu varies les terrains de jeux facilement en vélo car tu es très vite ailleurs.
A quoi pensez-vous quand vous roulez (de manière générale)?
Depuis l’arrivée des capteurs de puissance, tu es vraiment obnubilé là-dessus. Tu n’as qu’une envie : rester dans ton boitage (terme pour désigner la puissance développée pendant le pédalage).
Mais vous prenez quand-même du plaisir en roulant ?
Oui bien sûr mais ça a aussi changé à ce niveau, avant tu étais sur ton vélo et tu gambergeais, tu pensais beaucoup. Maintenant comme les séances d’entrainement sont courtes, tu n’as pas le temps de gamberger.
Cet aspect mécanique de l’entrainement vous plait ?
Oui. Il y a évidemment des périodes où c’est plus difficile, quand il y a beaucoup d’entrainements, quand tu vas vraiment loin dans l’effort… Un moment donné on se pose la question : « Mais pourquoi je fais ça ? ». Mais bon, ça dure un jour ou deux, une heure ou deux, et puis c’est parti… Tu es toujours à l’affut des sensations. Plus de vitesse, plus de puissance…
Qu’est-ce qui, hormis le vélo, est important pour vous ?
Il y a la famille. Je suis marié et père de deux enfants donc ça compte. Mes enfants commencent à avoir un âge où ils s’intéressent au sport. Mon garçon (8 ans) joue au football et il ne se débrouille pas mal du tout…
Vous voulez qu’il fasse du vélo plus tard ?
S’il veut, il en fera mais ici il est accroc au foot. Honnêtement, il se débrouille déjà bien sur un VTT. Mais il fera ce qu’il aura envie de faire. Ma fille (13ans) commence à vouloir faire du vélo. Je l’ai initiée il y a quelques mois et on essaye d’aller rouler ensemble régulièrement… Je commence à penser à l’après… Il faut autre chose pour couper du vélo parce que je travaille dans le vélo, je m’entraine sur un vélo… Il faut savoir couper sinon tu deviens fou.
Est-ce que le fait d’être travailleur, d’avoir un rythme de vie non-professionnel vous apporte quelque chose au coureur que vous êtes ?
Non. Franchement non, je ne préfèrerais pas bosser pour pouvoir rouler (rires). Je ne pense pas que le boulot m’apporte quelque chose à ce niveau-là.
Physiquement, combien perd-on de pourcents dans une situation comme la votre ?
Ce n’est pas facile à estimer mais je suis parti en stage à Benidorm il y a un mois. J’avais beaucoup de volume à faire juste avant le championnat de Belgique. Au niveau récupération il n’y a rien à faire… Tu roules tout le temps, chaque lendemain tu te sens mieux. Tu te dis que si tu étais à la maison, avec le boulot, tu partirais avec de moins bonnes jambes, une fatigue qui s’accumule. Donc je me dis que sans le boulot où je suis toujours debout, la récupération serait meilleure et je pourrais m’entrainer plus.
Qu’est-ce qu’une journée type de Patrick Gaudy ?
Je me lève en général vers 6h-6h30. Je m’entraine 1h30-2h sur le vélo. A l’extérieur avec l’éclairage ou parfois sur home-trainer. Ce qui a été peu le cas cette saison vu que l’hiver a été clément. J’ai également des entrainements course à pied car il en faut aussi. A 9h je dois être au magasin jusqu’à 18h30. Puis je rentre à la maison et on ne parle plus vélo. S’il faut s’occuper du matériel c’est à ce moment-là mais c’est rare quand je m’entraine en soirée. Parfois l’été pour un entrainement course à pied.
La course à pied nécessite-t-elle une grande préparation pour un cyclo-cross men ?
Il faut certainement la travailler. Le truc est de savoir enchainer la course et remonter sur le vélo en continuant l’effort, c’est un enchainement nécessairement à travailler.
Le pilotage du vélo de cyclo-cross demande-t-il des apprentissages particuliers par rapport au VTT ?
Je pensais que j’avais la technique grâce au VTT. Mais j’avais tout faux. C’est encore plus technique. Le vélo ne pardonne rien. Il n’y a pas d’amortisseurs, les freins freinent mal, il n’y a pas de confort donc il faut beaucoup travailler les trajectoires. Le sable nécessite une technique bien particulière que j’ai du apprendre. La technique doit être entretenue aussi. A un tel niveau ça ne pardonne pas. Tu es déjà à bloc donc si tu commences à faire des erreurs techniques, tu perds vite des mètres et tu es largué. C’est LA difficulté du cyclo-cross. Tu es constamment à bloc et tu dois rester lucide. Chaque virage doit être réfléchit avant d’être abordé. Pareil pour le bac à sable où à chaque tour, les trajectoires changent. Il faut être vigilent en permanence. J’ai aussi du prendre de la puissance, apprendre a pousser plus gros. C’est pourquoi depuis trois ans je travaille avec un capteur de puissance qui me convient mieux que le cardio.
Le saut de planches fait partie de la panoplie technique à maitriser ?
Oui et non car jusqu’à maintenant mes rivaux directs ne les sautaient pas. Je n’avais donc aucun intérêt à le faire. Depuis cette saison, ça arrive de me retrouver dans des beaux groupes où les coureurs sautent les planches donc la question se pose. Je me dis que je pourrai gagner un peu d’énergie en les imitant. Je pense donc à travailler cela également.
Vous vous occupez vous-même de votre matériel ?
Je me charge du nettoyage en semaine mais je n’aime pas m’occuper de la mécanique (rires). J’ai quelqu’un qui monte mes boyaux, et s’il faut gérer la mécanique cette personne est là pour m’aider ou alors je porte le tout à l’atelier du magasin.
Cette personne vous suit sur les compétitions ?
Non, rarement. J’ai mon père et une autre personne qui sont-là…Bien que mécaniquement je ne pense pas qu’ils soient des as (rires). Par contre ils sont là pour laver et entretenir les 3 vélos à ma disposition. Un premier vélo sert à la reconnaissance deux heures avant le départ donc il a besoin d’être remis en état. Ils assurent également le service dans la zone technique pendant la course.
Que pensez-vous de la considération du CX en Wallonie ?
Je vais être franc : Thierry Marichal*, a dit que les vététistes qui font du cyclo-cross l’hiver, ne le font que pour passer leur temps.
(* : Thierry Marichal a été cycliste professionnel sur route de 1996 à 2007 puis a ensuite travaillé dans le département des sports et plus particulièrement cyclisme de la Province de Hainaut. Il est aujourd’hui directeur sportif dans l’équipe Wanty-Groupe Gobert)
Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Cela montre bien qu’il n’en a que faire et que la fédération ne suit pas spécialement non plus.
Révoltant ?
Oui bien sûr parce que c’est un commentaire stupide et je pense qu’il y a pas mal de jeunes coureurs, routiers surtout, qui seraient tentés de faire du cross. Car ce sport se modernise. Avec des stars charismatiques comme Nys, Stybar… Il y a pas mal de gars qui voudraient rouler mais il n’y a rien qui est fait pour les inciter à essayer.
Qu’est-ce qu’il faudrait faire ?
Il faudrait déjà commencer par en parler. Ne pas nier les Wallons quand ils sont sur une course qui est retransmise sur la RTBF par exemple (voir plus loin dans l’interview). Il faut également essayer de faire évoluer les choses dans les clubs. On dit que c’est un sport flamand mais il n’y a pas de barrière Flamands-Wallons entre les coureurs ni chez les organisateurs.
« On dit que c’est un sport flamand mais il n’y a pas de barrière Flamands-Wallons entre les coureurs ni chez les organisateurs. »
On dit que c’est le sport roi en Flandres car cela fait des décennies que c’est comme cela mais il n’y a jamais vraiment eu de Wallons qui ont décidé d’y aller et essayer de faire changer les mentalités. Il faut promouvoir ce sport car l’avantage dans le cyclo-cross par rapport au VTT, c’est qu’il y a des moyens. Les jeunes veulent aller sur la route car il y a moyen d’y gagner sa vie. En cyclo-cross c’est pareil, il y a moyen d’en vivre si tu es pro. C’est un atout indéniable.
« Contrairement au VTT, il y a des moyens dans le cyclo-cross, on peut y gagner sa vie ! »
Créer une grande équipe wallonne de cyclo-cross comme l’équipe Wallonie-Bruxelles sur la route pourrait inciter les Wallons à courir.
Théoriquement oui mais on ne pèserait pas lourd. Il n’y a pas de coureurs suffisamment compétitifs. Il faudrait surtout en parler pour créer un projet solide qui puisse avancer. Du sérieux sur le long terme qui forme des jeunes. Pas quelque chose à l’emporte-pièce.
Niveau compétitions, les terrains en Wallonie comportent bien des atouts pour organiser des parcours de qualité. Il suffit de voir la qualité du circuit de la Citadelle de Namur…organisé par Golazo, une entreprise flamande.
Certes mais il faut des terrains adaptés : pas trop de racines, pas de pierres, pas trop vallonné. Namur est un extrême en terme de difficulté. Cela dit il y aurait clairement moyen d’organiser de belles choses. Ce que je comprends moins, c’est comment un cross comme celui de Dottignies* s’est vu mourir sur quelques années. Pour l’anecdote, l’organisateur se plaignait en autre qu’i n’y avait pas assez de coureurs francophones au départ. Je reçois des invitations d’organisateurs flamands, l’organisateur du cross d’Overijse s’est déjà déplacé jusqu’à mon lieu de travail pour me proposer de venir courir. Pourquoi l’organisateur wallon ne ferait pas la même démarche ?
« Je reçois des invitations d’organisateurs flamands, certains se sont déjà déplacés jusqu’à mon lieu de travail pour me proposer de venir courir. Pourquoi l’organisateur wallon ne ferait pas la même démarche ?»
C’est en constatant ce genre d’ineptie que je me dis que les Wallons ont toujours une guerre de retard, c’est triste. Autre exemple en VTT, la fédération cycliste Wallonie-Bruxelles (FCWB) recrée la Cup 5 (challenge de VTT). C’est une bonne chose car ça va créer des courses ouvertes à tous. La première manche va se courir un samedi… C’est bien mais ceux qui bossent le samedi, comment font-ils? Pourquoi pas un dimanche comme partout ? Consternant.
(* Après 16 éditions, le cyclo-cross de Dottignies, qui a longtemps été la seule épreuve de renom disputé en Wallonie, disparaît suite à un différent sur le terrain où se tenait l’épreuve ainsi qu’à cause d’un manque d’attrait des sponsors.)
Lorsqu’on recherche des articles vous concernant, ceux-ci sont rares et pour la plupart issus de la presse régionale dont l’un des auteur n’est autre que Laurent Saublens également directeur technique de votre club (VC Blancs Gilets). Est-ce que cela veut dire que la presse sportive ne connaît pas Patrick Gaudy ?
Je pense qu’elle me connaît. Laurent Saublens rédige beaucoup depuis quelques mois. Un journal provincial a écrit quelque chose récemment, par contre dans la presse nationale je n’ai jamais eu d’article consacré.
J’ai eu droit à un reportage de la télévision publique (RTBF) suite à ma 3ème place au championnat de Belgique élite sans contrat en 2011. Celui-ci s’est fait sur demande de Raphaël Scaïni qui est journaliste à la RTBF mais qui est également un ami. Ce sujet me suivait une journée d’entrainement et a été présenté dans l’émission « Au Quotidien » (émission de la RTBF d’informations de proximité diffusée jusqu’en 2011).
Même pas dans le cadre d’une émission sportive donc ?
Non, l’idée était surtout de montrer le cliché typique du Wallon qui a brillé au championnat. En dehors de ça il n’y a que le régional qui tente de s’intéresser à moi. Une télévision locale voudrait assister à une compétition mais apparemment c’est hors de leur budget…
N’est-ce pas décourageant sachant que vous voulez faire bouger les mentalités ?
Si. Honnêtement c’est frustrant. Surtout sur deux points : Tout d’abord de ne pas être reconnu de manière générale. Quand je compare mes performances par rapport à certains sports plus médiatisés, je ne comprends vraiment pas. La seconde frustration est de me juger à mon âge. « Il a 36 ans, il n’a plus d’avenir. »
« On me juge sur mon âge au lieu de se baser sur mes performances. C’est très frustrant ! »
Nys en a 37…
Nys est une star. Si j’avais dix ans de moins, je pense que je serais dans une grande équipe de cyclo-cross. On me juge à mon âge plutôt qu’à mes résultats, à ma motivation, aux tests physiques… Je pense avoir beaucoup plus de motivation que pas mal de coureurs qui sont dans de belles équipes. Et j’ai encore du potentiel…
« Je me suis déjà posé la question de prendre une licence dans un pays où j’aurais droit à plus de considération. Comme au Grand-Duché du Luxembourg… »
Vous regrettez d’être Wallon à ce niveau ?
Non, je regrette que les Wallons, que la fédération wallonne ne me pousse pas, ça oui… Sinon je suis fier d’être Wallon justement, je n’ai pas envie de changer mais parfois je me dis pourquoi ne pas prendre une licence dans un autre pays où il y aurait plus de considération et d’aide…
Vous pourriez prendre une licence dans un pays peu connu et disputer les manches de coupe du Monde.
Le Grand Duché du Luxembourg par exemple. Quand je regarde une coupe du Monde, il y a des coureurs qui terminent dans le top 25 que je bats régulièrement.
Le cyclo-cross est entrain d’exploser aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y tenter votre chance comme le Belge Ben Berden qui, d’un niveau moyen en Belgique, y a vite performé ?
Il y a gagné des courses en effet. Pour parler des Américains, j’ai déjà souvent été confronté à Jonathan Page. Il effectue toute sa saison en Belgique et nous avons plus ou moins le même niveau. Mon frère m’a déjà parlé de cette idée d’exil. Mais bon, tout quitter pour quoi ? Cela dit, on entend parler d’une coupe du Monde aux USA l’an prochain, preuve que ça décolle bien.
A Las Vegas où un cross qui a lieu en septembre réunit la crème de tous les continents…
Le cross de Las Vegas me tenterait bien. Essayer de trouver l’argent, y aller et faire la course. Ça pourrait être une action médiatique intéressante et une belle expérience.
Hormis votre employeur, Barracuda, avez-vous d’autres sponsors ?
Non, mon club (VC Blancs Gilets) m’aide bien financièrement. Mais en dehors de cela, j’ai juste la marque Pearl Izumi qui me fournit des accessoires comme les chaussures mais ce n’est que du matériel, rien de financier.
Vous avez plus de contacts pour la saison prochaine.
Que dalle!
Et niveau cycles ?
En cyclo-cross, c’est moi qui paye tous mes vélos. Donc quand on m’en vole deux comme il y a peu, ça fait un gros trou dans le budget…
A combien se chiffre l’investissement ?
Je ne remplace pas mes vélos tous les ans. Je comptais les changer fin de cette saison mais le vol a anticipé la chose. Cela aurait fait trois ans pour les cadres. Mécaniquement ça se change plus souvent. Il faut également plusieurs roues et boyaux, ce qui coûte cher également. Un boyau coûte en moyenne 65€ pièce. Je roule sur des FMB ou des Dugast. Ce sont deux firmes qui ne sponsorisent rien. Même les meilleurs doivent payer leurs produits. Un vélo me revient environs à 7000€. J’en ai 3. Une quinzaine de paire de roues… C’est clair, c’est un budget.
Niels Albert a cumulé la saison dernière 135.000€ de prix et Sven Nys demande 8000€ pour s’aligner à un cross hors classement*. Quel est le pricemoney de Patrick Gaudy?
(Rires) Cela fait trois saisons que j’ai des contrats avec le Bpost Bank Trofee (anciennement GVA). Rien de comparable avec les chiffres que vous avez cités, c’est une somme ridicule. Juste une petite dringuelle dirons-nous (rires).
(* source : http://sportmagazine.knack.be/sport/nieuws/wielrennen/niels-albert-koning-van-het-prijzengeld/article-4000253742441.htm )
De quoi payer l’essence ?
Oui l’aller-retour quand même.
Il y a donc des primes de départ pour le Bpost ?
Oui, tous les coureurs qui y sont présents ont une prime. Pareil pour le Superprestige et les autres challenges. Ce qui me permet d’engranger de l’argent, ce sont les courses luxembourgeoises, car ils veulent avoir des coureurs belges et ils te payent pour y aller. Le niveau est en deçà du niveau belge donc tu peux plus facilement rentrer dans les primes et prendre des points UCI.
Comment déterminez-vous votre saison, vos grands rendez-vous avec le top niveau (Bpost, Superprestige…) ?
Je fais partie d’une agence de management qui discute et négocie mes primes de départ. Quand on s’engage pour un challenge, tu es obligé de courir toutes les manches donc comme j’ai un contrat pour le Bpost Bank Trofee, je m’engage à participer à tout. Superprestige, je n’avais pas de contrat en début de saison donc j’ai participé à quelques courses par-ci par-là.
L’agence de management est indispensable ?
Les premières années, je me chargeais moi-même de ces questions mais il faut savoir à qui s’adresser. Eux ont directement les bons contacts et pour une commission de 7% sur les primes, depuis deux ans que je travaille avec eux, ça vaut vraiment la peine.
Voyez–vous une évolution dans vos primes ?
Je crois que nous sommes 4 coureurs élites sans contrat dans cette agence. Et pour des coureurs comme nous, le championnat de Belgique sert de référence. Si je gagnais la course, je pouvais multiplier par trois ou par quatre mes primes de départ. Ici, avec ma deuxième place, je vais peut-être doubler. Ça reste de toute façon à négocier.
Après avoir regardé les classements du Bpost, on comptabilise cinq manches courues sur les six déjà écoulées…
Oui, j’ai raté Baal car j’étais malade.
Vous devez justifier vos absences ?
Oui, il faut fournir un certificat, c’est du sérieux, les organisateurs ne rigolent pas avec cela.
Votre fait d’arme le plus récent et peut-être le plus marquant, est votre 2ème place au Championnat de Belgique Elite sans contrat derrière Kenneth Van Compernolle. Content de ce résultat ?
Oui et non. Une seconde place à un championnat c’est toujours bien. Maintenant vu les résultats de la saison, je devais gagner. Van Compernolle était encore pro l’an dernier mais il ne m’avait battu qu’une seule fois avant la course. J’étais également un ton au dessus des autres prétendants contrairement à l’an dernier. Le fait est que le championnat me stresse énormément. Je ne suis pas à 100% de mes moyens comme je le suis sur les autres courses. C’est un point sur lequel je dois travailler. Van Compernolle est parti juste après le bac à sable dont il était mieux sorti. Il a pris dix mètres, on s’est tous regardé, personne ne savait y aller. Je sais que c’est un coureur qui roule très fort au train donc dès que je l’ai vu partir, j’avais compris qu’il ne se retournerait jamais jusqu’à la ligne. Je suis à la fois déçu car je voulais ce titre mais je suis tout de même satisfait car je me suis mis à plat-ventre et jusqu’à 100m de l’arrivée j’étais encore troisième. La différence s’est faite dans le dernier bourbier où j’ai attaqué. Et c’est passé !
Quand on jette un oeil à vos saisons précédentes, on remarque une progression linéaire avant celle-ci (2013-2014) qui est de loin la meilleure : sept top dix sur dix-neuf courses (à dater du 30 janvier), c’est plus d’une course sur trois. Comment expliquez-vous ce boum ?
Peut-être par le fait que j’ai un entraineur depuis huit mois (rires). Avant je faisais tout moi-même. Mais au bout d’un moment, je stagnais. L’année dernière, je ne savais plus que faire. Je me suis donc adressé au préparateur physique Charles Dewolf . On a beaucoup plus travaillé en intensité et en spécifique. Cela a fait beaucoup. Ma saison est bonne, j’en suis content car j’ai été très régulier peut-être même trop régulier. J’aurais voulu avoir un ou deux coups d’éclat.
Il y a eu quand même 2 victoires dont une élite A à Contern (Lux)...
Oui ça reste un bon souvenir.
On note également une 21ème place au Koppenbergcross…
C’était un objectif dont je ne suis pas spécialement satisfait de ma course. Jusqu’à la saison dernière, j’avais un avantage sur les parcours vallonnés comme Overijse, Koppenberg…peut-être grâce au VTT. J’avais donc misé sur ce type de cross difficile cette année. Mais je remarque que j’ai davantage progressé sur les tracés roulants et rapides. Je miserai donc plus sur ce type de circuit l’an prochain. Il y a des courses où je me battais pour des tops 15. Mais à ce niveau, une petite erreur se paye cache et tu te retrouves 18ème ou 20ème. J’ai bien repéré les compétitions où je peux prétendre à mieux pour les cibler dès l’an prochain.
Depuis que vous travaillez avec un préparateur physique, le volume d’entrainement a augmenté ou s’est affiné ?
Le volume, c’est difficile de le travailler avec mes horaires car je ne peux pas faire beaucoup plus que ce que faisais avant. Je n’ai pas envie non plus de me lever à 5h du matin, il y a un minimum de confort de vie à respecter. Avec le préparateur, nous avons donc davantage travaillé le spécifique, la force, la PMA*…
* PMA = Puissance Maximale Aérobie. Autrement dit la puissance développée quand la consommation d’oxygène est à son maximum (VO2Max).
Ces bons résultats n’attirent pas plus l’attention sur vous ?
Une nouvelle fois, je pense que mon âge joue contre moi. Le peloton dont les pros commence toutefois à me reconnaître, à me saluer à l’échauffement quand on se croise. Depuis cette année je vois une différence mais au niveau des équipes c’est un milieu très fermé. Quand on voit de grosses équipes comme Telenet-Fidea, Sunweb-Napoleon Games, BKCP Powerplus…que j’ai essayé d’intégrer il y a un an via Craft (équipementier textile). Mais sans succès car ces grandes formations ont leurs viviers de jeunes où elles puisent. Il y a parfois des transferts mais entre les leaders. C’est rare de voir un français ou un américain intégrer ces équipes.
Le public flamand vous reconnaît ?
Oui, je commence à avoir quelques fidèles (rires), c’est drôle car je n’en avais pas l’habitude. Les gens me prennent en photo, j’ai imprimé des cartes personnalisées que l’on distribue depuis mon mobile-home, c’est cool. Cette saison je n’ai fait que quatre courses en catégories B donc la plupart du temps, je roule avec les A sur des circuits bondés. Par exemple, au dernier championnat de Belgique il y avait 23.000 entrées payantes sans compter les VIP…
Et une audience moyenne de plus de 750.000 personnes sur la télévision flamande*…Où votre nom a été prononcé à plusieurs reprises !
Il n’y a qu’en Wallonie qu’on en parle pas… A la suite du championnat, j’ai reçu pas mal de mails de gens s’indignant du fait que malgré ma présence à l’écran sur le podium, aucun commentaire n’a été fait à mon sujet. J’ai pourtant roulé un an comme espoir dans l’équipe de Gérard Bulens qui était consultant ce jour-là… Après la course, il y a eu une conférence de presse où il y avait une dizaine de journalistes. Il n’y avait aucun francophone. J’ai tout de même eu droit à quelques questions. Il y a trois ans lors de ma troisième place à un autre championnat de Belgique, il y avait des journalistes de la RTBF. Cette fois-ci, rien.
(* : source : http://www.tv-visie.be/nieuws/belgie/kijkcijfers-10-11-en-12-januari-2014_63526/ )
Au 30 janvier, date de cette interview, que pouvez-vous encore espérer de cette saison ?
Je vais participer au Bpost à Lille le 8 février et au Superprestige à Hoostraten le 9 février. Ce sont mes deux dernières courses car je me fais opérer du dos le 1O février. J’ai intensifié l’entrainement ces dix derniers jours pour tenter quelque chose sur ces courses.
Que concerne votre opération ?
J’ai eu un grave accident de la route en janvier 2012. J’ai eu la chance d’en sortir vivant mais avec trois vertèbres cassées dont deux broyées… Avec l’incertitude de pouvoir refaire du sport par la suite. Ma revalidation s’est bien passée et j’ai repris la compétition six mois plus tard. L’opération consistera à retirer l’arthrodèse (deux tiges et les six vis) qui soutient ma colonne vertébrale. Cela engendrera deux semaines complètes sans vélo.
On est plus fort à 36 ans qu’à 25 ?
Pour moi oui clairement (rires) ! Je me sens toujours de plus en plus fort. Je me connais de mieux en mieux, je ne commets plus des erreurs que je faisais avant tant au niveau de la nutrition, du sommeil, de la nervosité… J’ai toujours eu une hygiène de vie très stricte donc mon corps n’a pas eu besoin de piocher dans les réserves. Je pense que j’ai encore un peu de marge de progression. Mais c’est clair que je ne gagnerai plus cinq places dans les classements. A ce niveau, les places sont chères. Parfois on me dit « oui mais entre 17 et 20 avec l’entrainement il y a moyen.» Oui mais ce sont à chaque fois les mêmes concurrents qui sont pro. Tout le monde se bat, ce n’est pas évident.
Vos aptitudes physiques sont-elles qualifiables de hors-normes?
Non, je ne suis pas hors-norme. Mes tests physiques sont bons et je les améliore encore. J’ai les capacités, il faut que je les exploite ? Il y a encore du boulot, il y a encore de quoi faire. En moyenne j’évolue à 175 pulsations de moyenne en course avec des pics à 180 grand max.
Combien de saisons espérez-vous encore faire ?
Je ne sais pas…Peut-être encore deux à ce niveau. Après on verra comment je réagis. Car mine de rien c’est éprouvant. Quand tu travailles le samedi, tu dois prendre congé, il faut charger le camion, partir le dimanche matin… Le cross c’est beaucoup de boulot pour une heure de course. Lors d’un dimanche type, je fais du rouleau à jeun le matin. Si mon fils joue au foot à Wavre, je vais vite le voir, je pars ensuite à la course, faire la reconnaissance, se changer, préparer les vélos, se préparer soi-même, l’échauffement sur le rouleau, la course, le décrassage, le trajet retour, tout laver…
La vie familiale se conjugue bien avec le tout?
Ce n’est pas toujours facile bien entendu. Ce fut plus compliqué par le passé que maintenant.
Est-ce que cette dernière joue un rôle important dans votre vie sportive ?
Oui surtout mon épouse qui est assez terre à terre donc elle m’empêche d’avoir la grosse tête, ce qui est une bonne chose (rires).
Votre meilleur souvenir sur un vélo ?
Ma troisième place au championnat de Belgique il y a trois ans à Anvers. C’était ma première saison et j’ai couru à bloc du début à la fin. Le podium s’est joué cent mètres avant la ligne. Et quand j’y repense, je suis vraiment allé au bout de moi même. M’accrocher comme je l’ai fait… c’est quelque chose qui me marque.
Votre pire souvenir sur un vélo ?
Les mauvaises sensations à l’entrainement, les jours de galère… Et peut-être l’année après mes études où mes parents m’ont laissé rouler. J’aurais dû faire des résultats mais je me suis tellement pris la tête que ça été l’une de mes plus mauvaises saisons. Je me suis mis tellement de pression à vouloir bien faire que ça m’a bloqué. Aussi bien physiquement que mentalement. J’ai suivi une aide psychologique car mes tests physiques étaient bons, il n’y avait pas de raison que cela ne marche pas en course.
Votre job, le fait d’avoir un salaire chaque mois vous a permis d’évacuer cette pression ?
Non, mon travail c’est uniquement pour vivre, il ne me passionne d’ailleurs pas plus que ça… Quelque chose qui me motiverait serait d’être jardinier ou quelque chose du genre. Là je serais passionné par ce que je fais.
Jardinier, une activité qui a un lien avec la terre comme le cyclo-cross et le VTT…
Oui dans le bois, dans la boue…Depuis tout petit j’ai toujours dit que je serai jardinier.
Un souvenir d’une course, d’un fait de course particulier ?
Ma participation à la manche du trophée GVA de Namur lors de ma première saison. C’était ma première grosse course, j’étais dans l’inconnu total. Je m’étais dit que je devais me mettre à bloc et je termine 21ème. Lorsque j’ai consulté mon cardio en rentrant à la maison, j’avais passé une heure à 180 pulsations de moyenne avec une pointe à 181 ! Autrement dit, je suis resté à fond pendant une heure. C’est peut-être cette course qui m’a incité à continuer. Puis tu roules avec les cadors de la discipline, devant la foule, les supporters…
Un coureur qui n’est plus en activité et pourquoi ?
Paul Herygers*. Car quand j’ai commencé à aller voir les courses, c’était lui la star. Un showman atypique dont j’aimais le style.
* Paul Herygers a été champion du monde de cyclo-cross en 1994. Champion de Belgique en 1993 et 1997
Un coureur d’aujourd’hui et pourquoi ?
Nys est un exemple. Il veut faire bouger les choses, il veut mondialiser ce sport, il roule aux Etats-Unis, son passage récent chez Trek etc.. En plus de ses résultats et de son professionnalisme, il bouge. Les autres ne font pas cela. Quand on voit Niels Albert, hormis faire la tête et râler, il ne fait rien d’autre. Il n’est pas accessible.
Vous voyez-vous encore acteur dans le monde du vélo dans 20 ans ?
Pourquoi pas, si j’ai des opportunités…
Vous n’êtes pas « dégouté du milieu » ?
De certaines parties du milieu oui (rires) mais il a encore des choses que j’aime. Devenir entraineur ou conseiller sont des choses que j’aimerai bien faire. Transmettre ma passion.
Votre graal ultime en tant que coureur encore accessible ou non ?
Faire de gros résultats sur certaines courses. Un top 15 dans une manche du Bpost ou des top 10 dans certains challenges. Ce seront les objectifs de la saison prochaine. Plus forcément être régulier mais taper des résultats sur quelques courses pour marquer les esprits.
Dernière question : pourquoi Pat’ l’Indien ?
A une époque, je faisais un peu de VTT course en ligne. Mais comme j’avais l’habitude des circuits fermés, je n’avais pas l’habitude de regarder les flèches. Je me suis perdu quelque fois donc du coup on m’a surnommé Pat’ l’Indien...
Entretien : @Gwenn_L
Résumé saison 2013-2014 (d’après les-sports.info)
19 courses (à dater du 28 janvier)
top 20 : 13
top 10 : 7
Podiums hors victoire : 3
08/09 Wiekevorst (niveau national) : 3
26/12 Differdange : 3
12/01 CHdB ELITE SANS CONTRAT : 2
VICTOIRES : 2
24/11 Hoegaarden : niveau national
27/10 Contern (Lux) : course UCI A
Bpost : 5 manches/6 déjà disputées (en reste 2 : Lille 8/2 - Oostmalle 23/2)
13/10 Renaix : 25
01/11 Koppenbergcross : 21
16/11 Hasselt : 20
21/12 Essen : 19
22/12 Loenhout : 19
Superprestige : 2 manches /6 (en reste 2 : Hoogstraten 9/2 Middelkerke 15/2 )
03/11 Zonhoven : 21
29/12 Diegem : 17
Résumé saison 2012-2013
13 courses
Top 20 : 5
Top 10 : 2
Résumé saison 2011-2012
16 courses
Top 20 : 8
Top 10 : 2
Podium : 1
Tom Boonen (2002).
dailypeloton.com interview:
http://www.dailypeloton.com/displayarticle.asp?pk=912
Aperçu du Trek de Sven Nys. Première sortie officielle à Baal le 1er janvier 2014 pour la 6ème manche du B-Post Trofee.
Aperçu du Trek de Sven Nys. Première sortie officielle à Baal le 1er janvier 2014 pour la 6ème manche du B-Post Trofee.
Stijn Vandenbergh (1m99) sur le vélo de Mark Cavendish (1m75).
Rigoberto Uran (à l'avant plan à droite) déjà en kit #OPQS . Autorisé? (Source @AlePetacchi )
Paris-Roubaix est une course de traditions. Outre les célèbres pavés qui jalonnent le parcours, il est aussi une coutume qui clôture l'épreuve : le passage dans les douches du stade vélodrome. Un lieu devenu mythique. Telle l'Alpe d'Huez, dont les virages portent le nom d'un vainqueur à son sommet, chaque douche roubaisienne est ornée d'une plaque gravée du nom de chaque vainqueur de l'Enfer du Nord... En 1982, c'est Jan Raas qui décroche le gros lot. Les autres se décrottent et pansent leurs plaies...
Cyclisme et approche scientifique. Voilà une indissociable combinaison pour sans cesse tenter d'améliorer les performances. Mais avant d'améliorer quoi que ce soit, il faut avant tout analyser.
Depuis 2000, l'équipe FDJ s'offre les services de Frédéric Grappe, docteur en science, biomécanique et physiologie de l'entrainement sportif spécialisé dans le cyclisme.
Les photos postées à ce jour sur son compte Twitter illustrent une recherche sur les vibrations qu'induisent la pratique cycliste tant sur le coureur que sur sa machine. En l'occurrence, ces tests ne se pratiquent pas n'importe où puisque ce sont sur les mythiques pavés de Paris-Roubaix que les coureurs de la FDJ se sont fait secouer.
En 2013, Paris-Roubaix comptait 254,5 km de course où les coureurs ont traversés 28 secteurs pavés soit un total de 52,6km de secousses traumatisantes pour les organismes. Nul doute donc que les résultats de cette étude seront pertinents.
Très impressionnante, cette vidéo nous plonge dans l'ambiance du tourniquet de Gand. Car non, ceci n'est pas filmé en accéléré.
Ride the stairs people. Ride the stairs.
put J-pows is not riding the stairs, he is just hopping them.
Le kit 2014 de l'équipe Omega Pharma - Quick-Step arbore fièrement une cocarde indiquant être équipe pro depuis 2003. L'occasion de revenir sur la composition de celle-ci dressée par memoire-du-cyclisme.eu