J. 07/09
Dans le ciel
Seul
Un papillon blanc
haut sâĂ©lĂšve.
Par la fenĂȘtre,
Je prends dictée.
Claire Keane
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almost home
Lint Roller? I Barely Know Her
d e v o n

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J. 07/09
Dans le ciel
Seul
Un papillon blanc
haut sâĂ©lĂšve.
Par la fenĂȘtre,
Je prends dictée.
Un monde sans miroirs
Imagine-toi entouré
dâyeux sans reflets
Regards et contre- regards
Tu as bien appris ces images de lâautre
De photographies ou dâesquisses
Une anatomie reproductible à degrés
Types, caractĂšres, attitudes
Ce sont des livres.
Ainsi se sont-il lus.
Ce qui reste à écrire
Tu sais que tu nâes pas ce quâils voient
Mais ce quâils devraient voir, tu lâignores.
Un monde sans miroirs.
Dominicales #18 La messe est bite
Dimanche, manche
Dis manche, dĂźme hanche
On n'a pas mieux
Pour un dimanche
Queue
D'offrir Ă Dieu ou percepteurs
Des coups de hanche
Trous Ă semence
AprĂšs la quĂȘte
Mouche le manche
Tombe la lance
Dimanche
Le Verbe devint Chair
La viande, trop chÚre payée.
Dominicales #17 LâidĂ©e
Câest le projet dâun parfait ignare.
Des dix doigts dont on lâavait appris Ă se servir comme dâun instrument propre Ă lâexploration des cavitĂ©s nasales, il tenait lâidĂ©e.
Câest au cours dâune de ses expĂ©ditions poussĂ©es au pif quâil atteignit son cerveau. à ce stade dâailleurs, ses deux mains Ă©taient enfoncĂ©es dans ses narines, et respectant les voies croisĂ©es, la gauche dans la droite, et la droite dans la gauche ; imaginez, une terrible confusion pour la politique.
Notre ami put ainsi palper ses hĂ©misphĂšres en tout quiĂ©tude, il touchait des doigts le lobe occipital, le lobe pariĂ©tal, ses deux beaux lobes temporaux autant que tempĂ©rĂ©s et son lobe frontal oĂč siĂ©geait une Ă©lite administrant ce royaume gris et blanc. Il sâarrĂȘta ensuite trifouiller du cĂŽtĂ© des scissures de Rolando et de Sylvius au fond desquelles il trouva lâidĂ©e qui, sous lâeffet de lâĂ©motion, le fit Ă©ternuer.
Des dix doigts, il tenait lâidĂ©e, des deux mains, sa cervelle.
Dominicales #16 Résolutions
Commencer Ă y penser.
Quand je dis penser, le âyâ figure bien entendu les dites rĂ©solutions.
Nan mais on sait jamais hein.
Faire une liste.
De résolutions. Pas de courses..
Idem que N°3.
Ranger la liste dans un placard.
Passer lâannĂ©e sans sâen soucier.
A la fin de lâannĂ©e, la ressortir et puis la lire.
Constater le succĂšs dâune entreprise si bien pensĂ©e.
On recommence ?
Dominicales #15 Une fois lâan
Une fois lâan chacun allait de son constat et de sa rĂ©solution. Mr. Pouinpeunenfaut, rĂ©sidant au fond du cul-de-sac de la rue Sans issue de la trĂšs honorable citĂ© des Kakiratures nichĂ©e sur les hautes collines des AlĂ©as sinusoĂŻdes Ă©tait au mitan de sa vie et en faisait le constat dĂ©cisif.
Il avait toujours eu pour devise : âMieux vaut avoir trop que pas assezâ, sans songer quâon pouvait avoir juste ce quâil faut au lieu de trop. Câest avec ce pointilleux sens de la mesure que Mr. Pouinpeunenfaut accumula ainsi au cours des annĂ©es une collection de tas. De tas ? Oui. De tas de quoi ? Peu importe, ou plutĂŽt notre aimable personnage ne le savait pas. Comme il disait : âDe trop tout tas nâest pas.â
Minuit sonna lâannĂ©e nouvelle et Mr. Pouinpeuneufaut, seul au milieu de ses tas, pour la premiĂšre fois de sa vie se demanda : âEt maintenant, quâest-ce que jâen fais ?â
Par la fenĂȘtre, deux oiseaux ivres gueulaient leurs rĂ©solutions :
- PLUMAGE INTĂGRAAL !
- Cette annĂ©e câest dĂ©cidĂ©, jâenterre ma carriĂšre de chanteur.
Leur amie, rĂ©cemment disparue, sâĂ©tait finalement retrouvĂ©e chez une modeste et non moins chaleureuse famille humaine. Au fond du plat, la pintade sâennuyait ferme comme lâĂ©tait sa chair.
BONANĂ. Stay determined.
Dominicales #14 Histoire aléatoire
Lâanimal courait les terres de PhĂ©nicie. Quel animal me demanderez-vous ? Je me trouverais bien embarrassĂ© de vous rĂ©pondre puisque celui-ci ne cesse de se transformer : de bonne compagnie il devient sauvage, maniaque du pas, il se fait client de la pensĂ©e et prĂ©sente Ă qui veut bien lâentendre un alphabet divin composĂ© par ses soins, tsoin-tsoin. Câest que le petit pĂšre germe dâune germination interminable, dâun Ă©tat qui ne paie pas de mine Ă un autre qui en paie un peu plus, ou plus ou moins (minable). Aussi, pour imaginer ça plus prĂ©cisĂ©ment, il faut voir ses rĂ©cepteurs sensoriels Ă©laborer comme une mutation perpĂ©tuelle (mutatis mutandis), tentative toujours imparfaite pour faire rentrer le dehors dans le dedans. Et tout ça un dimanche, câest fou.
Dominicales #13 Hein ? Improversation.
Encore deux semaines et les dominicales auraient repris en janvier. Ăâ aurait Ă©tĂ© bien dommage que dâattendre lâannĂ©e suivante pour mâadonner Ă lâinutile exercice du billet hebdomadaire. Dâautant plus regrettable que la densitĂ© Ă©minente des propos considĂ©rĂ©s ici en souligne lâinexpugnable importance.
Je reviens, pour lâexercice. Il sâagit dâun jeu dont la seule rĂšgle semble de tomber les dimanches, comme une sorte de messe en somme. Aussi, dâĂ©crire sans buts. Pas toujours. Ou dâĂ©crire pour la forme, comme on sâexerce, physiquement, avec la rĂ©gularitĂ© tranquille du sportif du dimanche. Ou mieux, ce que chacun, dans lâexpĂ©rience commune du monde et de ses semblables vĂ©rifie quotidiennement, dans sa bouche et celle des autres : parler pour ne rien dire.
Cela dit, un tel exercice, prenant pour objet ce rien finit par sâĂ©puiser de son absence ; et je dis cela sans prĂ©sumer dâun sens possible Ă cette proposition.
Aussi, voyez que je commence cette phrase sans ĂȘtre Ă mĂȘme de dire oĂč je la conduis. Mais je mens. En effet, sans doute, je la conduis Ă sa propre abolition. La prĂ©diction est lĂ .
https://www.youtube.com/watch?v=VP5HoBilUIs
*Penser Ă renouveler Dominicales.
Dominicales #12 Extraits du Journal V Tabula rasa
Mardi 1er Septembre
15h13.
B.U. Salle Prévert.
Jâaime lâidĂ©e dâun art non figuratif.
Mardi 8 Septembre
12h53.
Les TĂ©moins de JĂ©hovah : une nuisance publique. Je ne sens pas tellement dâamour dans cette maniĂšre de publicitĂ© du divin.
Dieu est opaque, bien entouré de communicants.
Jeudi 10 Septembre
16h45.
Jâimagine, de maniĂšre floue et sans dĂ©tails, un langage pictographique, non-Ă©nonçable verbalement, fondĂ© sur la composition dâĂ©lĂ©ments simples exprimant une chose ou une idĂ©e qui lâest tout autant et applicable partout pourvu quâon en apprenne le code. Un langage dâidĂ©es, intuitif et sans paroles.
Mardi 15 Septembre
14h33.
Certaines relations finissent par devenir obsolĂštes. Il peut-ĂȘtre assez dĂ©plorable de constater que la beautĂ© dâun lien quâon cultivait nâexistait que parce quâon lâavait voulu soi seul et quâune fois quâon dĂ©laisse lâeffort, cette beautĂ© nâest plus rien et le lien quâun simulacre dâamitiĂ© tel que lâon pourrait changer sans effets la personne avec laquelle on croyait sâĂȘtre liĂ© par une autre prise au hasard.
Dominicales #11 Lâemploi du temps
Je voulais Ă©crire sur lâemploi du temps et de fait sur la gestion de celui-ci, sur les choix quâil implique, les sacrifices et les renoncements, sur une nĂ©cessaire hiĂ©rarchie dans les activitĂ©s et les prioritĂ©s par les critĂšres que lâon veut pourvu quâils soient justes et partant de lĂ des mots que je nâai pas sur le gouvernement de soi, le recommencement perpĂ©tuel du vouloir, la libertĂ©, sur la finitude qui mâĂŽte la plume et le temps que jâĂ©cris jusquâĂ elle, sur lâattente et les miettes, la sensation et le souvenir, la recherche du temps perdu ou celui quâon retrouve.
Mâont paru bien mauvaises les tentatives. Astreint Ă dĂ©livrer ici quelques mots Ă une frĂ©quence hebdomadaire, je mâen suis tirĂ© ainsi. Il faut encore apprendre et refaire, sans arrĂȘter de recommencer.
Dominicales #10 Confessions dâun diariste et scribouillard entre autres noms
âje ne dĂ©sire que ce que je nâaurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touchĂ© le cĆur du monde.â
Stig Dagerman
Je ne sais pas Ă©crire. Je ne sais pas si je le saurais un jour. Et si je le sais, saurais-je que je sais ? Quiconque lâa-t-il dĂ©jĂ su ?
Je ne sais pas si jâaimerais mieux savoir Ă mon insu ou de mon plein grĂ©. Je ne ferais peut-ĂȘtre que croire que je sais ou que je ne sais pas. Je ne devrais pas croire Ă tout ça, au risque peut-ĂȘtre de croire que je ne crois pas quand je crois ne le sachant pas.
Incroyable.
Faut-il se rĂ©signer Ă choisir entre le savant et lâignare, entre le crĂ©dule et le mĂ©crĂ©ant ? Faut-il aussi se poser des questions qui nâen sont pas quand on se propose de nây pas rĂ©pondre ?
Ce que je fais peut mâapparaĂźtre parfois vain, superflu, solitaire, sâadressant au monde et ne touchant personne, une piĂšce oĂč acteur et spectateur seraient la mĂȘme personne, une parole recluse en elle-mĂȘme, lâimage de sa propre image, un Ă©gotisme Ă©norme.
Pourtant, plus jeune jâavais Ă©tĂ© profondĂ©ment marquĂ© par ces paroles dâAlbert Einstein :
âMoi, en tant quâhomme, je nâexiste pas seulement en tant que crĂ©ature individuelle, mais je me dĂ©couvre membre dâune grande communautĂ© humaine. Elle me dirige corps et Ăąme depuis ma naissance jusquâĂ ma mort.
Ma valeur consiste Ă le reconnaĂźtre. Je suis rĂ©ellement un homme quand mes sentiments, mes pensĂ©es et mes actes nâont quâune finalitĂ© : celle de la communautĂ© et de son progrĂšs.â
Albert Einstein, photographié par Ferdinand Schmutzer en 1921.
Et par ces autres :
âLâhomme solitaire pense seul et crĂ©e des nouvelles valeurs pour la communautĂ©. Il invente ainsi de nouvelles rĂšgles morales et modifie la vie sociale. La personnalitĂ© crĂ©atrice doit penser en juger par elle-mĂȘme car le progrĂšs moral de la sociĂ©tĂ© dĂ©pend exclusivement de son indĂ©pendance. Sinon la sociĂ©tĂ© est inexorablement vouĂ©e Ă lâĂ©chec, comme lâĂȘtre humain privĂ© de la possibilitĂ© de communiquer.â
On retrouve ces propos dans lâouvrage Comment je vois le monde, qui rassemble divers articles touchant une variĂ©tĂ© de sujets sur lesquels le physicien sâest exprimĂ©.
Ce rapport entre communautĂ© et individu mâa beaucoup sĂ©duit et probablement influencĂ© mon idĂ©e de âlâindividu crĂ©ateurâ sans pour autant que je puisse en tirer une dĂ©finition prĂ©cise.
Lorsque jâai âcommencĂ©â Ă Ă©crire il y a un peu plus de cinq ans, un journal quâil mâarrive de feuilleter dâun Ćil amusĂ© et passablement attendri, je ne voulais pas le faire pour moi seul. Bizarre. IdĂ©alement, il aurait fallu tout ĂȘtre, tout connaĂźtre et tout communiquer en un instant dâune Ă©ternitĂ© foudroyante.
Jâavais en tĂȘte quelques projets jamais rĂ©alisĂ©s Ă ce jour, par un manque de discipline, de confiance et surtout une grande confusion. Quelques Ă©crits notamment. Jây tiens toujours et me suis rĂ©cemment mis Ă douter du bien-fondĂ© de ces idĂ©es, me dĂ©clarant que je devrais peut-ĂȘtre mieux laisser tomber et gageant que je nâapporterai rien de sensible au lot dâĆuvres qui paraissent rĂ©guliĂšrement et abondamment, prĂ©cisĂ©ment Ă ceux qui les reçoivent. Mais, quitte Ă parier, autant miser sur une Ă©ventualitĂ© favorable qui si elle se trouve juste ne sera quâun supplĂ©ment.
Je continuerai du moins, entre autres choses, Ă Ă©crire pour mon seul intĂ©rĂȘt et, Ă©ventuellement, celui de quelques autres.
Dominicales #9 Une rentrée
Ou comment parler dâun sujet dâactualitĂ© quand on est au courant de rien.
On connaĂźt toujours suffisamment peu une chose pour se permettre dâen parler en toute ou partielle ignorance et je ne dĂ©rogerai pas Ă la rĂšgle comme je le fais chaque jour, plus ou moins, de parler sans savoir, de savoir sans parler; non pas que la rentrĂ©e ne me concerne pas, jây aurai droit dans lâintimitĂ© prĂ©servĂ©e de ma fonction inutile et Ă me lire, Ă vrai dire, on pourrait me suspecter dâemployer le meilleur de mon temps Ă en gagner pour ne rien dire que ces trois derniers mots allongĂ©s de quelque matiĂšre littĂ©raire sans valeur intrinsĂšque - et je le sais, mon Ă©criture semble affectionner les soustractions, le surplus de lâabsence ajoute au dĂ©tail - dont le seul but paraĂźt de nous perdre en des discours qui ne finissent pas de commencer.
Commençons, ores. Il est temps de rentrer.
Dominicales #8 Extension informatique des mondanités - la galerie des glaces numériques
Ce billet tombe un jour aprĂšs le Rayâs Day dont jâai pris connaissance aujourdâhui; manque de pot. Lâinitiative me paraĂźt assez intĂ©ressante pour que je me dĂ©cide Ă y participer lâan prochain, sans trop savoir pour lâinstant ce que jâoffrirai en cette occasion Ă qui veut bien me lire.
Jâai vu, Ă travers la suite de zĂ©ro et de un qui composaient ce miroir, un autre moi-mĂȘme. De cet avatar, je peux en tirer cents autres, figurines composĂ©es et dĂ©composables que je fais, pour mon bon plaisir, jouer sur ce théùtre en extension. On nâen connaĂźt pas lâĂ©tendue.
Je suis une entitĂ© sans matiĂšre dont on devine lâexistence par les traces laissĂ©es sur place au passage marquĂ©.
Ă la permanence de lâĂ©crit se joint lâinstantanĂ© du discours. Qui parle ? Qui Ă©coute ? Ăchanges vifs, plats, passionnĂ©s, affectifs, conventionnels. Soliloques. Monologues Ă plusieurs.
Cet autre numérique, je ne le connais pas.
Dominicales #7 Pérégrinations
 âTout Ă©tait ensemble; mais vint lâentendement qui mit tout en ordre.â
  Anaxagore
Câest comparable Ă avancer dans le noir. On nây voit rien. On peut craindre de trĂ©bucher ou quelque monstre profitant de lâobscuritĂ©; dâune obscuritĂ© Ă laquelle on ne sâhabitue pas, sans ces silhouettes aux teintes sombres, aux nuances de bleu et de gris dont le tracĂ© visible mais indistinct communique parfois Ă lâĆil des visions du noir au fond de lâhomme. Ici, on ne trouve plus ni devant ni derriĂšre, ni haut ni bas, ni proche ni loin. Ă peine un corps eĂ»t-il encore un sens dans les tĂ©nĂšbres. Sans quâil puisse y avoir quelque chose il y a tout. Et dans cette absence de parties, il faut pouvoir malgrĂ© tout se frayer un chemin. Extraire du nĂ©ant quelques Ă©clats de lumiĂšre, luminaires bienveillants accrochĂ©s sans que lâon sache comment. Câest ainsi dâĂ©crire, sans savoir ce que lâon a Ă dire, ce que lâon veut dire, ce quâil est nĂ©cessaire de dire, ou superflu. On part de rien, ou dâun tout mĂȘlĂ©, embrouillĂ© Ă lâextrĂȘme, et lâon tire de soi. Parfois, la pĂȘche est bonne et lâon suit fĂ©brilement une poussĂ©e audacieuse, et parfois il faut creuser longuement et laborieusement, pour quelques mots, quelques phrases indĂ©cises. Ce travail ne finit jamais.
Dominicales #6 LâIVP ou lâinterruption volontaire de projet
âqui entend avancer dans le monde ne doit pas savoir oĂč il veut aller.â
Ludwig Tieck
Il y a plus dâune maniĂšre dâavorter. La maĂŻeutique est un art dĂ©licat et difficile et lâenfant qui ouvre les portes de la vie un brouillon dâhomme. Encore quâon pourrait se demander si la chose ne va pas de mĂȘme pour les individus adultes.
Quoi quâil en soit, il nâest pas question ici dâenfants de naissances de bĂ©bĂ©s mort-nĂ©s de grossesses non dĂ©sirĂ©es ou dĂ©sirĂ©es de drames intra-utĂ©rins dâhĂŽtes parasitaires pas plus que du film Alien ni de cigognes ni de choux ni de petit graine plantĂ©e non plus de semence dâĂ©jaculation ou de germination du cycle de la vie de la poussĂ©e pulsionnelle constante qui par dĂ©rivation et sous rĂ©serve de conditions favorables accroĂźt la population et/ou la frĂ©quence des rapports sexuels sans saisons que les hommes sont comme les fruits dâun arbre fertile mĂ»rs ils se dĂ©tachent de leur branche et tombent sur le sol puis sont croquĂ©s par la mort.
Non, de cela il nâest pas question ; si, si lâon veut, mais pas sur un plan littĂ©ral compris dans un espace unidimensionnel qui rend tout dĂ©placement impossible et annule du mĂȘme coup son Ă©tendue, câest Ă dire ses propriĂ©tĂ©s spatiales. En revanche, sur un plan imagĂ© compris dans un espace au nombre de dimensions que vous souhaitez et permettant le dĂ©placement des Ă©vocations multiples ; il en est question. Câest une affaire de choix.
Bref, jâavais annoncĂ© plus tĂŽt une pentalogie, un texte en cinq parties que je ne vais finalement pas achever. Puisque la chose est dite, autant en dĂ©voiler le thĂšme : les sens, le systĂšme sensoriel. Il y a plusieurs raisons Ă ma dĂ©fection. La premiĂšre, câest que plus jâavançais dans lâouvrage, moins je visualisais ce que je pouvais apporter de moi-mĂȘme Ă ce travail, celui-ci constituant principalement en un effort de synthĂšse de sources diverses. Secondairement, ce que jâai Ă©crit jusquâĂ prĂ©sent, et mĂȘme si cela est habituel, ne me satisfait en rien. Aussi, je ne pouvais pas me rĂ©soudre Ă poursuivre, conclure puis publier un texte qui ne mâinspire que le fardeau dâune tĂąche Ă accomplir et qui respirerait cet esprit de contrainte, eu Ă©gard aussi, dâailleurs, Ă ce que dâautres peuvent proposer, en bien mieux, traitant du mĂȘme thĂšme.
Je ne pense pas quâil soit de bon augure, lorsquâon Ă©chaffaude et construit un projet, de penser dĂ©jĂ aux suivants, hĂątif Ă la fin. Et câest peut-ĂȘtre un signe quâil faut renoncer Ă cette idĂ©e pour une autre, mais aprĂšs quoi ce procĂ©dĂ© peut se rĂ©pĂ©ter Ă lâinfini et lâon ne conclut jamais. Lâessentiel ici, me paraĂźt rĂ©sider dans le choix de ce qui compte le plus Ă nos regards ; si on se trompe, il suffit de sâorienter diffĂ©remment mais il vaut mieux toujours savoir pourquoi lâon renonce, mĂȘme quand câest par paresse, et de ne pas se presser. Festina lente, comme on dit. Et Lecouteur Ă Enig Marcheur : âTu gnore donc que si tu comptine hue Ă aller trop vite en beuh zogne tu vas te bĂ»cher en rivant lĂ oĂč tu vas.â
Dominicales #5 Comment interagir avec ses semblables ? (2)
âToutefois vous devez vous exercer au petit jeu de moi et toi.â
Alain
Jâavais dit la semaine derniĂšre quâinteragir avec quelquâun(e), câĂ©tait un peu se renvoyer la balle. DerriĂšre cette idĂ©e, je vois celle de la rĂ©ciprocitĂ©. Lâinteraction, lâaction rĂ©ciproque mentionnĂ©e prĂ©cĂ©demment. On ne peut, par exemple et comme le veut lâexpression âparler Ă un murâ, interagir avec ce dernier. On peut agir sur lui, il peut ĂȘtre agi par une cause autre quâhumaine mais fondamentalement il ne nous renvoie rien de lui-mĂȘme.
Un autre mystĂšre des liens humains est quâon ne voit jamais solidement, pas plus quâon ne la saisit, cette balle que lâon se passe de moi Ă toi. On a lâimage mais pas le modĂšle. Le modĂšle est du vĂ©cu. Câest que lâexpression des idĂ©es a besoin dâun support pour ĂȘtre dite, et ce support est le langage. On remarque aussi quâil nous faut parfois, pour penser, recourir aux objets ; ici, la balle. Jâignore dâoĂč me vient lâimage mais elle me paraĂźt parlante.
Mon esprit fait Ă mon insu une analogie entre passes Ă la balle et interactions sociales humaines. Sâil y analogie, il y a traits communs ; la chose implique au minimum deux personnes ainsi quâun mouvement de va-et-vient dâun bord Ă un autre (le coĂŻt nâest pas loin ; par quoi on voit quâil est bien des images qui permettent de nous reprĂ©senter les interactions en sociĂ©tĂ©).
Pour en revenir Ă ce mur qui ne nous renvoie rien, Ă lâinverse nous savons dâexpĂ©rience que la glace dâun miroir reflĂšte notre image, rencontrĂ©e et reconnue par nous. Jâai parfois tendance Ă penser que chacun recherche en lâautre sa propre image, par le miroir des yeux. De cette maniĂšre, chacun valide lâautre en le reconnaissant, en le laissant se reconnaĂźtre et cela rĂ©ciproquement.
Nous exigeons un retour sur ce que nous sommes, un reflet fidĂšle et juste. LâidentitĂ© passe par lâaltĂ©ritĂ©. Mais cette identitĂ© se trouve brouillĂ©e lorsquâon ne se reconnaĂźt pas ou plus Ă travers lâautre. Au reste, ce ne sont lĂ que des images et lâon est ce quâon est. Les images ne sont pas sages.
Dominicales #4 Comment interagir avec ses semblables ? (1)
âJe connais lucidement et sans arriĂšre-pensĂ©e les frontiĂšres de la communication et de lâharmonie entre moi et les autres hommes.ââ
Albert Einstein
On ne peut dĂ©finitivement pas faire sans eux, et mĂȘme en sây sentant Ă distance, tout ce que lâon sait et le gros de ce qui est nĂ©cessaire Ă chacun repose sur un fondement humain de relation. Je ne rĂ©pĂšterai pas ici que lâhomme est un animal social, un animal politique, zoon politikon (câest exactement ce que tu es en train de faire) et je ne rĂ©pondrai pas Ă la question posĂ©e plus haut si ce nâest en nâapportant pas de rĂ©ponse(s) mais peut-ĂȘtre en soulevant dâautres questions.
Quâil sâagisse de la famille, des amis, de connaissances, dâinteractions routiniĂšres, un Ă©change avec un ou plusieurs individus peut vite constituer un mystĂšre ardu pour qui se retrouve dĂ©muni au cours du processus.
La question du âcommentâ ne se pose peut-ĂȘtre pas Ă tous, notamment pour ceux pour qui les liens se tissent naturellement, avec une apparente facilitĂ©. Autant dire que la chose tient dans ce cas de lâĂ©vidence. En la matiĂšre, il nây a rien dâĂ©vident pour moi.
Les usages partagĂ©s rassemblent les gens. Il faut penser Ă ces rites tacites auxquels on obĂ©it plus ou moins volontiers et plus ou moins consciemment si on ne sây refuse pas carrĂ©ment. Rien ne les justifie si ce nâest une forme de tradition, lâefficacitĂ© sociale quâon leur attribue, des croyances.
Lâobservation attentive de ses congĂ©nĂšres permet bien en effet de se figurer le monde comme un théùtre, Ă condition de se rappeler quâil nâest permis Ă personne de se retirer du jeu pour y assister, car on nâen sort pas. Tout le monde joue. Si bien que, lors dâune rencontre au hasard, on peut sâĂ©tonner soi-mĂȘme dâavoir, comme par un obscur automatisme, une attitude sociable et sympathique alors que, morose et atrabilaire, on dĂ©sirait rester seul.
LâidĂ©e dâinteraction suppose celle dâune action rĂ©ciproque. Interagir avec quelquâun(e) ou avec quelques un(e)s, ce serait un peu se renvoyer la balle (comme on est en Ă©tĂ©, imaginez du beach-volley). Je te/vous donne quelque chose ; tu/vous me donne/donnez quelque chose. Une balle ?
Une suite la semaine prochaine. à toi.