La journée a été chaude. Une vraie journée d’été comme on les attendait depuis longtemps. La journée a été longue. Une journée de révisions de partiels. Les derniers partiels de ma vie.
Après avoir passé une journée seule enfermée dans mon appartement, j’ai eu besoin de sortir. J’ai eu besoin de prendre l’air qui se rafraîchissait. J’ai attrapé un carnet, un stylo et je suis sortie en bas de chez moi, sur les quais. Je pensais me retrouver seule face à la Loire dans le soleil couchant. Mais en ce vendredi soir je n’ai pas été la seule a avoir eu envie de profiter de ce rafraîchissement d’une soirée d’été. Familles, couples, jeunes et moins jeunes étaient nombreux à se balader sur les quais de la Loire ou à profiter d’un banc, d’un pic nic et du paysage du soleil tombant sur la Loire.
Mais la première chose que j’ai vue une fois sur les quais ce n’est pas la Loire.Ce n’est pas elle qui m’a laissé le premier souvenir de cette soirée de presque été. J’étais obnubilée par les petites lampes sortant d sol et décrivant un chemin le long de la Loire. Quelques jours plus tôt, j’avais lu dans le magazine municipal que des lampes détecteurs avaient été placées sur les quais de la Loire pour éclairer le chemin des joggeurs de nuit. Soit disant qu’elles s’éclairent au contact du sol.
Enfoncée dans mes pensées, à tenter de comprendre ce système, j’en ai oublié la chose première pour laquelle j’étais là : la Loire. J’ai fini par relever la tête et tomber face à un visage éclairé d’un jeune homme. Tout dans son regard curieux et son sourire amusé tendaient à croire qu’il était amusé de voir une jeune femme perdue dans ses pensées fixant le sol avec un carnet et un stylo dans chaque main. Curieux personnage pour un vendredi soir à 22 heures, je l’admets.
Nos regards se sont croisés très brièvement, l’espace de quelques secondes. A peine le temps que je décrypte ce visage et que je comprenne qu’il s’agissait d’un regard bienveillant, qu’il était déjà passé. Trop tard pour lui demander comment fonctionnent ces lampes ancrées dans le sol. Mais ce que j’en retiendrais c’est un sourire malicieux, des yeux pétillants de curiosité et une rencontre bienveillante. Furtive mais bienveillante.
Ce soir ce n’est pas la Loire qui aura marqué mon esprit mais cette rencontre impromptue, fugace et silencieuse.












