Le soir, une fois que tout est terminé et que chacun rentre chez soi, Stan et Burt partent ensemble vers la rue où leurs maisons respectives se trouvent. Celle de Burt est la première sur leur chemin, et tandis que Burt s’engage dans le petit jardinet, Stan reste cloué sur place.
- Euh… A demain, du coup, bredouille-t-il.
Burt se stoppe net et se retourne, l’air incrédule.
La panique gagne Stan, qui ne sait vraiment pas comment réagir ni répondre à ça.
- Euh, bah… Je sais pas ?
Burt se met à sourire et Stan se sent fondre. Les épaules se relâchent, et il suit Burt à l’intérieur.
La fatigue ne leur laisse pas beaucoup d’options, les deux se retrouvant à bâiller aux corneilles avant d’avoir pu fermer la porte d’entrée. Burt, le visage toujours fendu du sourire le plus doux qui soit, invite Stan à le suivre jusqu’à la chambre. Stan se remet alors à paniquer un peu. Hein qu’est-ce que quoi ? Mais il essaie de faire bonne figure, et de toute façon il n’est pas sûr que son corps puisse encore supporter une seule nuit hors d’un vrai lit. Il se retrouve alors planté en caleçon et débardeur, buguant encore quelques secondes sur le lit avant d’en soulever le drap et se glisser dessous.
Burt s’endort rapidement. Stan beaucoup moins.
Allongé sur le dos, il contemple le plafond. Il n’est vraiment pas sûr de la conduite à adopter. Il tourne la tête vers Burt et est pris d’une soudaine envie de le toucher, juste pour le sentir à ses côtés, et juste parce qu’il peut.
Mais sa main s’arrête à une dizaine de centimètres de l’épaule de Burt. Il n’ose pas, il n’ose plus. Il rabat alors sa main vers lui. Puis la retend vers Burt. Puis la ramène. Puis recommence la manœuvre une dizaine de fois, en visant l’épaule, les cheveux, le milieu du dos… Mais jamais il ne va au bout de son geste.
La onzième fois, il garde définitivement sa main pour lui et se remet à fixer le plafond.
Mais cette fois, un bras est tendu à travers le matelas et ce n’est pas le sien. Toujours endormi, Burt se retourne et pose son bras sur le torse de Stan, qui se glace violemment. Mais quelques instants plus tard, une fois la surprise passée, Stan commence à se détendre. Il regarde à sa gauche et sourit.
Il pose sa main sur celle de Burt et s’endort doucement.