âCe sont partout les mĂȘmes Ă©chos. Lâabandon dâun pays, jachĂšres forcĂ©es, carcasses de bagnoles, de machines Ă laver sur les trottoirs, dans les jardins, la cour des fermes. (...) Un pays dĂ©sarticulĂ©. Un pays de spectres. LĂšvres scellĂ©es, disent pourtant quâils ont du mal, quâils sont seuls. Un pays de fantĂŽmes dont le silence est lâultime dignitĂ©. Un pays de femmes et dâhommes et dâenfants qui se noient lentement, perdent pied. Le menton, la bouche, le nez. Les yeux. Hommes femmes enfants. DĂ©pouilles obĂšses au fil du courant.Â
Un pays dâexilĂ©s de lâintĂ©rieur, un pays de reclus (...). Un pays, langue arrachĂ©e, vidĂ© de son sang, peau retournĂ©, vidĂ© de ses mots. Qui pourra le sauver ? Personne, câest trop tard, personne pour se lever.â
Stéphane Guibourgé, Les fils de rien, les princes, les humiliés







