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Bon! AprĂšs un dĂ©cĂšs dans ma famille et une gastro đ, voici enfin ma vidĂ©o sur lâefficacitĂ© du recyclage!
Ăpisode #8 : entrevue avec Marc Olivier
Marc Olivier est un spécialiste de la gestion des matiÚres résiduelles. Selon lui, un taux d'acheminement aux fins de recyclage de 52 % est insuffisant.
Il mâa expliquĂ© quâau QuĂ©bec, ce sont les entreprises qui vendent des contenants et des emballages qui paient pour la rĂ©cupĂ©ration et le tri des matiĂšres recyclables. Elles ont donc intĂ©rĂȘt Ă ce que ça coĂ»te le moins cher possible, peu importe lâefficacitĂ©. Marc Olivier croit que le gouvernement devrait inciter ces entreprises Ă investir dans les centres de tri pour les rendre plus efficaces. Il pense aussi que le gouvernement devrait encourager la crĂ©ation dâentreprises qui vont utiliser les matiĂšres recyclables sortant des centres de tri. Câest ce quâil appelle lâĂ©conomie circulaire : les matiĂšres consommĂ©es au QuĂ©bec sont recyclĂ©es au QuĂ©bec pour ĂȘtre consommĂ©es Ă nouveau au QuĂ©bec, au lieu dâĂȘtre recyclĂ©es Ă lâĂ©tranger par manque de dĂ©bouchĂ©s.
Il mâa prĂ©cisĂ© que la Chine nâa pas rĂ©ellement fermĂ© ses portes aux matiĂšres recyclables venant de lâĂ©tranger, mais quâelle a seulement relevĂ© ses standards et nâaccepte plus que des matiĂšres de bonne qualitĂ©, ce qui exclut la plupart des matiĂšres provenant des centres de tri quĂ©bĂ©cois.
En ce qui a trait au tri des citoyens, Marc Olivier croit quâun taux de rĂ©cupĂ©ration de 64 %, ça laisse un peu Ă dĂ©sirer. Il mâa affirmĂ© que la dĂ©sinformation circulant autour de ce qui est recyclable et ce qui ne lâest pas nuit au tri.
Ses explications mâont vraiment Ă©clairĂ©e! Je crois ĂȘtre prĂȘte Ă Ă©crire ma vidĂ©o. Je vous en redonne des nouvelles bientĂŽt!
Ăpisode #8 : entrevue avec Recyc-QuĂ©bec
Je suis trĂšs contente dâavoir pu faire une entrevue avec une porte-parole de Recyc-QuĂ©bec! (Brigitte Geoffroy en lâoccurence.)
Non seulement Mme Geoffroy mâa transmis les chiffres Ă JOUR sur le recyclage au QuĂ©bec (le nouveau bilan est sorti la semaine derniĂšre, juste Ă temps pour ma vidĂ©o! đ), mais elle mâa aussi permis de bien comprendre ces chiffres en me donnant les bonnes dĂ©finitions des termes employĂ©s. Une chance que jâai pu lui parler, car mon interprĂ©tation Ă©tait fausse pour plusieurs statistiques!
Bref, jâai maintenant un portrait clair du recyclage au QuĂ©bec. Il ne me manque plus quâĂ parler avec un(e) ou des expert(e)(s) pour avoir une analyse de ces chiffres.
Ăpisode #8 : rĂ©sultats de recherche
Ăa fait longtemps que je ne vous ai pas donnĂ© de nouvelles, mais sachez que ça avance! đ Jâai pris une petite pause pour un voyage, mais lĂ jâai pas mal terminĂ© ma recherche.
Ce qui ressort des articles que jâai lus, câest que le recyclage nâest pas pleinement efficace au QuĂ©bec. Jâai trouvĂ© une tonne de chiffres, mais il va falloir que je fasse le mĂ©nage parce quâils ne sont pas tous Ă jour (en fait, comme Recy-QuĂ©bec tarde Ă sortir un nouveau bilan de la gestion des matiĂšres rĂ©siduelles, la plupart des chiffres que jâai trouvĂ©s datent de 2015, ce qui nâest pas fameux quand on essaie de donner lâheure juste aux gens đ). Il en ressort quand mĂȘme quâune grosse partie des matiĂšres recyclables que nous consommons se retrouve dans les dĂ©potoirs.
Dâune part, les citoyens font un assez bon tri, mais ils pourraient quand mĂȘme faire mieux. Une grosse partie de ce qui pourrait ĂȘtre recyclĂ© est jetĂ©e Ă la poubelle au lieu dâĂȘtre mise au bac de recyclage. Et de lâautre cĂŽtĂ©, il y a les centres de tri qui peinent Ă trouver des dĂ©bouchĂ©s pour des matiĂšres comme le verre et le plastique, qui sont souvent envoyĂ©es au dĂ©potoir faute dâacheteurs pour les recycler.
Reste que câest compliquĂ© de sây retrouver parce que les termes utilisĂ©s ne sont pas dĂ©finis dans les articles ou dans la documentation de Recyc-QuĂ©bec. Par exemple, Recyc-QuĂ©bec a un tableau avec des chiffres pour chaque matiĂšre recyclable intitulé ACHEMINEMENT AUX FINS DE RECYCLAGE DES MATIĂRES PROVENANT DES RĂSIDENCES EN 2015. Je comprends que ce tableau indique la quantitĂ© de matiĂšres qui sortent des centres de tri pour ĂȘtre recyclĂ©es. Mais que signifie « provenant des rĂ©sidences »? Est-ce par rapport Ă ce que les gens mettent dans le bac de recyclage, ou par rapport Ă toutes les matiĂšres recyclables quâils consomment (dont une partie est mal triĂ©e et se retrouve Ă la poubelle)? Jâai envoyĂ© un courriel Ă Recy-QuĂ©bec pour demander une entrevue avec un porte-parole qui saura mâapporter ces prĂ©cisions.
Jâai aussi contactĂ© lâexpert en gestion des matiĂšres rĂ©siduelles Marc Olivier, ainsi que la chaire de recherche sur la valorisation des matiĂšres rĂ©siduelles de Polytechnique, pour demander des entrevues sur le sujet. JâespĂšre recevoir des rĂ©ponses positives!! đ
Ăpisode #8 : l'efficacitĂ© du recyclage
Resalut tout le monde! Je reviens assez vite avec un nouveau sujet parce que j'avais commencé à faire des recherches lorsque j'attendais pour une entrevue pour ma précédente vidéo sur les insectes.
Viet Nguyen m'a demandé si le recyclage était efficace au Québec. Je suis donc allée fouiller sur le site de Recyc-Québec (l'organisme qui gÚre le recyclage dans la province) pour trouver des chiffres sur le taux de recyclage des différentes matiÚres, mais à mon grand désappointement, le bilan le plus récent date de 2015.
J'ai donc Ă©crit Ă Recyc-QuĂ©bec pour demander des chiffres plus rĂ©cents, et on m'a rĂ©pondu qu'il y aurait une mise Ă jour des statistiques cet Ă©tĂ©. Nous sommes rendus en septembre et les nouveaux chiffres ne sont toujours pas sortis. đ J'ai relancĂ© Recyc-QuĂ©bec Ă deux reprises, mais on ne peut pas me dire quand la mise Ă jour se fera...
Bon. Ăa commence bien. J'ai songĂ© Ă choisir un autre sujet et Ă mettre celui-ci en attente, parce que je n'avais pas envie de baser ma vidĂ©o sur de vieilles statistiques, mais j'ai finalement dĂ©cidĂ© d'aller de l'avant, car je trouve ce sujet trop important. Tant pis pour Recyc-QuĂ©bec! Je prendrai les statistiques les plus rĂ©centes que je saurai trouver. Avec un peu de chances, la mise Ă jour sortira avant le tournage de ma vidĂ©o (mais je ne me fais pas trop d'illusions lĂ -dessus). Au pire, j'ajouterai les nouveaux chiffres Ă la description de ma vidĂ©o par aprĂšs.
DĂ©solĂ©e de vous avoir fait attendre si longtemps, voici enfin ma vidĂ©o sur les insectes! Bonne dĂ©gustation đđŠ
Ăpisode #7 : reprise des travaux
Jâai reçu des nouvelles de Cynthia Marcotte et elle nâaura finalement pas le temps de participer Ă ma vidĂ©o. đą Câest dommage, mais au moins, jâai quand mĂȘme eu une bonne entrevue avec une nutritionniste qui sây connaĂźt en entomophagie, alors je me sens prĂȘte Ă tourner ma vidĂ©o.
On se retrouve bientĂŽt!
Ăpisode #7 reportĂ©
Jâai eu des nouvelles de Cynthia Marcotte! Elle a rĂ©pondu Ă mon message sur LinkedIn. Elle me dit quâelle est intĂ©ressĂ©e par ma vidĂ©o, mais quâelle est trĂšs occupĂ©e ces temps-ci. Elle ne pourrait pas me donner son input avant le mois de mai...
Je dois vous avouer que jâai pas mal hĂ©sitĂ© en lisant son message... Je suis bien avancĂ©e dans ma recherche sur les insectes et jâai hĂąte de sortir cette vidĂ©o parce que ma derniĂšre capsule date dĂ©jĂ dâil y a longtemps. Mais en mĂȘme temps, je tiens beaucoup Ă la participation de Cynthia. Vu le thĂšme de ma chaĂźne YouTube, je nâai pas souvent lâoccasion de collaborer avec dâautres youtubeurs, alors je ne voudrais passer Ă cĂŽtĂ© de cette chance.
Jâai donc finalement dĂ©cidĂ© de reporter ma vidĂ©o sur les insectes afin de pouvoir avoir la participation de Cynthia. En attendant, je vais commencer les recherches pour une autre capsule. Je vous tiens au courant de la suite! (Et merci de votre patience. đ)
Ăpisode #7 : entrevue avec Camille Bourgault
EurĂȘka! Jâai trouvĂ© une nutritionniste pour rĂ©pondre Ă mes questions! đ Elle se nomme Camille Bourgault, et elle fait prĂ©sentement sa maĂźtrise sur lâentomophagie.
Quand je lui ai demandĂ© si les insectes Ă©taient, de façon gĂ©nĂ©rale, bons pour la santĂ©, elle mâa tout de suite rĂ©pondu « oui! ». Elle a confirmĂ© les informations que jâavais lues, Ă savoir que les insectes sont notamment riches en bons gras, en vitamines, en fibres et en fer.
Camille mâa dâailleurs prĂ©cisĂ© que certains insectes contiennent deux fois plus de fer que le boeuf pour une mĂȘme quantitĂ©! Ăa mâa vraiment surprise. Elle a aussi soulignĂ© que les insectes, contrairement aux protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, contiennent de la vitamine B12 et peuvent donc ĂȘtre une option Ă envisager pour les vĂ©gĂ©tariens, qui ont souvent des carences en vitamine B12. Et contrairement aux protĂ©ines animales, ils contiennent des fibres. Bref, les insectes sont des aliments plutĂŽt complets!
Est-ce que cela veut dire quâils sont meilleurs pour la santĂ© que la viande? Non, selon Camille Bourgault. Ils peuvent ĂȘtre de bons complĂ©ments Ă nos repas, mais il serait plutĂŽt difficile de remplacer un steak de 10 oz par 10 oz de grillons. Les insectes sont aussi des aliments trĂšs riches, donc ils ne sont pas non plus une solution pour ceux qui voudraient perdre du poids. Elle estime par contre quâils sont plus complets et plus nourrissants que les protĂ©ines vĂ©gĂ©tales. Elle mâa donnĂ© lâexemple dâune personne qui souffrirait dâune carence en fer : les grillons pourraient permettre Ă cette personne dâavoir un plus grand apport en fer sans avoir Ă augmenter sa consommation de viande.
Camille croit quâil faut ajouter les insectes Ă notre menu pour leur goĂ»t (car oui, les insectes goĂ»tent bon Ă son avis) et aussi par conscience environnementale, puisque leur Ă©levage engendre beaucoup moins de gaz Ă effet de serre et consomme beaucoup moins dâeau que lâagriculture ou lâĂ©levage dâanimaux.
Ăpisode #7 : aidez-moi Ă trouver un(e) nutritionniste! đ
Quand le nutritionniste urbain m'a dit qu'il n'avait pas le temps de m'accorder une entrevue, j'étais déçue, mais j'ai vite repris espoir quand j'ai découvert l'existence d'une nutritionniste québécoise sur YouTube, Cynthia Marcotte. Je lui ai écrit via son blogue pour lui demander si elle voulait participer à ma vidéo. Une semaine plus tard, comme je n'avais pas de réponse, j'ai tenté de la joindre par Facebook. Encore là , pas de réponse. Je lui ai donc envoyé une invitation sur LinkedIn, qu'elle a acceptée, mais elle n'a toujours pas répondu à mon message...
Bref, je suis dĂ©sespĂ©rĂ©e!!! đ Quelqu'un peut me dire Ă qui poser mes questions???
Ăpisode #7 : Ă la recherche de nutritionnistes
Bon, jâai demandĂ© au nutritionniste urbain sâil voulait bien participer Ă ma vidĂ©o, mais malheureusement, il est trop occupĂ©.
Avez-vous dâautres nutritionnistes Ă me suggĂ©rer pour une entrevue? Jâai vraiment besoin dâavoir plus dâexplications sur les propriĂ©tĂ©s nutritionnelles des insectes.
Ăpisode #7 : rĂ©sultats de recherche
En lisant sur le sujet, je me suis rendu compte que ça fait plusieurs annĂ©es qu'on parle de lâentomophagie (le fait de manger des insectes) comme dâune solution Ă la malnutrition dans le monde. DĂšs 2004, lâOrganisation des Nations Unies pour lâalimentation et lâagriculture (FAO) produit un rapport qui fait Ă©tat de la valeur nutritionnelle des insectes de la source de revenus quâils reprĂ©sentent en Afrique centrale. Elle y conclut que lâon aurait tout avantage Ă promouvoir la consommation et la commercialisation des insectes.
Dix ans plus tard, la FAO publie une autre Ă©tude, plus Ă©laborĂ©e, basĂ©e sur une tonne de travaux scientifiques. Ses conclusions vont encore plus loin : non seulement les insectes sont-ils des aliments nutritifs, riches en matiĂšres grasses, protĂ©ines, vitamines, fibres et minĂ©raux, mais leur Ă©levage est aussi beaucoup moins dommageable pour lâenvironnement que celui des autres protĂ©ines animales.
Une autre Ă©tude que jâai consultĂ©e confirme que la consommation dâinsectes est Ă privilĂ©gier dans les situations de malnutrition puisquâils sont au moins aussi nutritifs que la viande, et mĂȘme parfois plus. Toutefois, lâĂ©tude souligne que plusieurs insectes contiennent plus de gras, de sel et de calories que la viande et conclut quâils ne seraient pas un choix santĂ© pour quelquâun qui tente de perdre du poids.
Je me demande donc jusquâĂ quel point les insectes peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des sources de protĂ©ines bonnes pour santĂ© dans notre contexte occidental de surpoids?
Jâai bien plusieurs sources dâinformation sur la valeur nutritionnelle des insectes (notamment le rapport de la FAO, cette Ă©tude et ce site). Mais je nâai pas lâexpertise nĂ©cessaire pour analyser ces donnĂ©es nutritionnelles et dĂ©terminer si les insectes sont une option santĂ© pour remplacer la viande. Câest pourquoi ma prochaine Ă©tape sera de trouver des nutritionnistes Ă interviewer. Je pense instinctivement au nutritionniste urbain (Bernard LavallĂ©e), quâon voit souvent dans les mĂ©dias. Si vous avez dâautres experts Ă me suggĂ©rer, nâhĂ©sitez pas Ă me contacter!
Ăpisode #7 : manger des insectes đ
Pier-Luc Poissant m'a posé une question vraiment originale : manger des insectes, est-ce que c'est bon pour la santé? Sa question avait aussi un deuxiÚme volet : est-ce que manger des insectes permettrait de réduire la famine dans le monde?
Vous vous demandez peut-ĂȘtre quel est le lien avec l'actualitĂ©? Il y en a pourtant bel et bien un! De plus en plus, je vois des compagnies lancer toutes sortes de mets et de produits faits Ă partir d'insectes, ici mĂȘme en AmĂ©rique du Nord.
Je trouve donc la question de Pier-Luc trÚs intéressante (je dois avouer que l'alimentation est un de mes sujets de prédilection) et totalement pertinente. Je vais donc tenter d'y répondre dans ma prochaine capsule vidéo!
Le Canada pourrait-il un jour devenir moins dĂ©pendant des Ătats-Unis? Voici enfin la rĂ©ponse Ă la question de Gabriel TĂ©treault!
Ăpisode #6 : entrevue avec Christian Deblock
Jâai envoyĂ© un courriel au Centre dâĂ©tudes sur lâintĂ©gration et la mondialisation de lâUQAM pour demander une entrevue avec lâun de leurs experts. LâĂ©conomiste Christian Deblock a rĂ©pondu Ă ma demande.
Je suis vraiment contente dâavoir pu faire cette troisiĂšme entrevue, car M. Deblock a un point de vue lĂ©gĂšrement diffĂ©rent de celui des deux autres Ă©conomistes Ă qui jâai parlĂ©.
Il mâa expliquĂ© que la question de la dĂ©pendance du Canada envers les Ătats-Unis date de la fin du 19e siĂšcle, mais que câest surtout aprĂšs les deux guerres mondiales que cette dĂ©pendance sâest accentuĂ©e.
Aujourdâhui, avec la diversification des marchĂ©s et la quantitĂ© de biens que nous importons de la Chine, le Canada est un peu moins dĂ©pendant de son voisin quâil ne lâĂ©tait dans la deuxiĂšme moitiĂ© du 20e siĂšcle.
Christian Deblock mâa aussi dit que sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, le Canada avait essayĂ© de sortir de sa dĂ©pendance, mais sans succĂšs. Selon lâĂ©conomiste, lâune des raisons de cet Ă©chec est que les entreprises canadiennes manquent dâaudace. Elles ont lâimpression quâil serait compliquĂ© pour elles dâexporter leurs produits en Europe ou en Asie et se tournent donc presque automatiquement vers lâoption facile : les Ătats-Unis, pays voisin qui, en plus, reprĂ©sente un Ă©norme marchĂ©, trĂšs dynamique.
M. Deblock croit aussi que câest pour cette raison que les nĂ©gociateurs du Canada nâavaient pas trop le choix de faire des concessions au moment de renĂ©gocier lâALĂNA. Plusieurs entreprises canadiennes dĂ©pendent de leurs exportations vers les Ătats-Unis et lâincertitude leur Ă©tait trĂšs nĂ©faste.
LĂ oĂč la vision de Christian Deblockc diffĂšre de celle de Stephen Gordon et Patrick Leblond, câest sur la possibilitĂ© pour le Canada de devenir moins dĂ©pendant de son voisin amĂ©ricain. M. Deblock pense quâavec un coup de pouce du gouvernement, les entreprises canadiennes pourraient aller voir ailleurs et dĂ©velopper de nouveaux marchĂ©s oĂč exporter leurs produits. Il leur faudrait des politiques, des programmes qui les pousseraient Ă devenir plus compĂ©titives, Ă sortir du secteur des ressources naturelles pour se tourner vers des secteurs oĂč il y a une forte demande internationale.
Il mâa donnĂ© lâexemple de la CorĂ©e du Sud, un pays collĂ© sur lâĂ©norme marchĂ© que reprĂ©sente la Chine, mais qui a rĂ©ussi Ă sortir du giron chinois et Ă exporter ses produits, notamment des voitures (pensez Ă Hyundai) et des gadgets Ă©lectroniques (pensez Ă Samsung), Ă travers le monde.
Jâai alors demandĂ© Ă lâĂ©conomiste si notre petite population pouvait ĂȘtre un frein, et il mâa rĂ©pondu que non, en citant la SuĂšde comme exemple, dont les meubles IKEA sont vendus partout sur la planĂšte.
En terminant, Christian Deblock mâa dit : « La meilleure chose quâil nous est arrivĂ©, câest cette renĂ©gociaion de lâALENA. Soudainement, on sâest retrouvĂ© faible. JâespĂšre que cela va pousser nos entreprises Ă dĂ©velopper dâautres marchĂ©s. »
Ăpisode #6 : Ă la recherche dâĂ©conomistes
Je me rends compte quâil nây a pas quâune bonne rĂ©ponse Ă la question de Gabriel; il en existe plusieurs, et elles diffĂšrent selon les points de vue. Câest pourquoi jâaimerais avoir une entrevue avec un(e) troisiĂšme Ă©conomiste, question dâavoir plusieurs points sur le sujet et ainsi pouvoir vous faire part du plus grand nombre de rĂ©ponses possibles Ă la question.
Jâai envoyĂ© une demande dâentrevue par courriel au bureau de lâĂ©conomiste en chef du Canada, qui tient Ă jour les statistiques sur nos exportations/importations, mais on mâa rĂ©pondu quâil Ă©tait impossible de parler directement Ă un Ă©conomiste, que je devais poser mes questions au service des relations mĂ©dias du gouvernement fĂ©dĂ©ral, ce qui ne mâintĂ©resse pas du tout, car câest Ă un spĂ©cialiste que je veux poser mes questions.
Jâai alors envoyĂ© une autre demande dâentrevue par courriel, cette fois-ci Ă Exportation et dĂ©veloppement Canada, qui est une sociĂ©tĂ© dâĂtat dont le rĂŽle est dâaider les entreprises canadiennes Ă exporter. Jâai envoyĂ© un courriel au service des relations mĂ©dias, mais aussi Ă lâĂ©conomiste en chef de la sociĂ©tĂ©, Stephen Tapp. Je nâai pas encore reçu de rĂ©ponse, mais je me croise les doigts! đ€
Avez-vous des Ă©conomistes Ă me suggĂ©rer qui sây connaissent en relations commerciales canado-amĂ©ricaines?
Ăpisode #6 : Entrevue avec Patrick Leblond
Patrick Leblond enseigne Ă lâĂcole supĂ©rieure dâaffaires publiques et internationales de lâUniversitĂ© dâOttawa. Il est un spĂ©cialiste de lâintĂ©gration Ă©conomique nord-amĂ©ricaine.
Selon lui, oui, le Canada est dĂ©pendant des Ătats-Unis. Ils sont notre plus important partenaire commercial, et les AmĂ©ricains sont les plus grands investisseurs au Canada.
MAIS il prĂ©cise que les Ătats-Unis sont eux aussi dĂ©pendants de nous, particuliĂšrement au niveau des Ătats. LâĂ©conomie de plusieurs Ătats amĂ©ricains repose principalement sur les Ă©changes avec le Canada.
Pour cette raison, Patrick Leblond croit quâil est en partie erronĂ© de penser que le Canada nâa aucun pouvoir de nĂ©gociation face Ă son voisin amĂ©ricain. Il rappelle que le pouvoir lĂ©gislatif aux Ătats-Unis (reprĂ©sentĂ© par la Chambre des reprĂ©sentants et le SĂ©nat) est beaucoup plus fort quâil ne lâest au Canada (oĂč il est reprĂ©sentĂ© par la Chambre des communes et le SĂ©nat). Les reprĂ©sentants et sĂ©nateurs des diffĂ©rents Ătats amĂ©ricains ont donc beaucoup de pouvoir, et pour M. Leblond, il est clair quâils mettaient de la pression sur le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump au moment de renĂ©gocier lâALENA.
Bien entendu, comme le Canada jouait dĂ©fensif dans cette renĂ©gociation, ce nâest pas lui qui commençait en position de force. Mais Patrick Leblond estime que les Canadiens nâont pas pliĂ© les genoux lorsquâils se sont entendus avec les AmĂ©ricains. Les concessions faites par le Canada Ă©taient beaucoup moins grandes que ce Ă quoi il sâattendait. LâĂ©conomiste sâest aussi dit Ă©tonnĂ© de voir les Ătats-Unis abandonner plusieurs de leurs demandes initiales.
Quand je lui ai demandĂ© sâil Ă©tait possible pour le Canada de diminuer sa dĂ©pendance envers les Ătats-Unis, Patrick Leblond mâa rĂ©pondu oui, mais quâil devra travailler trĂšs fort pour y parvenir. La proximitĂ© des Ătats-Unis, la langue commune et la similitude de culture font dâeux un marchĂ© incontournable pour le Canada.
Il mâa prĂ©cisĂ© que lâadoption dâententes de libre-Ă©change avec lâEurope et lâAsie a un effet positif sur lâĂ©conomie canadienne. Patrick Leblond croit dâailleurs que le gouvernement a la responsabilitĂ© dâaider les entreprises canadiennes Ă exporter ailleurs quâaux Ătats-Unis. « Pour lâentreprise canadienne, câest facile dâaller aux Ătats-Unis, mais beaucoup plus difficile dâaller en Asie », dit-il. Il pense aussi que le gouvernement doit encourager les entreprises de lâĂ©tranger Ă investir au Canada.
MalgrĂ© tout, « on nâarrivera jamais Ă complĂštement se libĂ©rer ou Ă rĂ©duire de façon importante notre dĂ©pendance des Ătats-Unis», soutient Patrick Leblond. Selon lui, une diversification des marchĂ©s permettrait, au mieux, au Canada de faire passer la proportion de ses exportations qui vont aux Ătats-Unis de 75 % Ă 60 %.